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Les Editoriaux de Jacques Cheminade

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Les éditoriaux de Jacques Cheminade sont publiés tous les quinze jours dans le journal Nouvelle Solidarité, sur www.solidariteetprogres.org ainsi que www.cheminade-le-sursaut.org.


Alors que les cendres islandaises couvraient le ciel de l’Europe, la SEC, l’autorité de régulation des marchés américains créée sous Roosevelt, déposait le 16 avril une plainte civile pour fraude à l’encontre de Goldman Sachs. En même temps, le système de l’euro se dissout face à la crise grecque : l’Union, jetant aux orties les mécanismes de soi-disant solidarité et de convergence mis en place pendant les vingt dernières années, révèle sa nature de courroie de transmission des marchés mondiaux en faisant appel au FMI.

Les manœuvres de Goldman Sachs à l’encontre de ses propres clients étaient connues. Le fait nouveau est leur exposition publique par une agence officielle. L’esprit même des montages financiers en cours depuis les années 2000 se trouve mis en cause. En effet, les banques avaient alors accordé des prêts à des gens qui ne seraient jamais en mesure de les rembourser, en espérant que les Etats complices les renfloueraient en cas de crise tout en laissant tomber les emprunteurs. C’est exactement ce qui est arrivé. Goldman Sachs a été en cela un cas extrême mais en aucun cas une exception. Cette banque, dont tous les dirigeants contrôlent les finances publiques américaines, a vendu à ses clients des titres de subprime (prêts immobiliers à risque) emballés sous forme de CDO (collateral debt obligations), avec la complicité des agences de notation internationales garantissant leur « qualité ». En même temps, elle pariait pour sa part à la baisse, contre ses clients, avec la complicité active du gérant de fonds John Paulson. Paulson y gagna plus d’un milliard de dollars lors de la crise, Goldman Sachs se gava de commissions et ses clients trinquèrent. C’est un jeune normalien français, Fabrice Tourre, directeur exécutif de Goldman Sachs Londres, qui était à la manœuvre et se trouve également poursuivi. Preuve qu’à la City, la débauche financière n’a pas de frontières.

Goldman Sachs a joué un rôle similaire auprès de la Grèce : après avoir aidé les gouvernements ultra-libéraux à maquiller leurs comptes pour entrer dans l’Union européenne, la banque a parié sur la baisse de la valeur des bons du Trésor grec, s’enrichissant ainsi aux dépens de son client.

Or que fait l’Europe ? S’en prend-elle à Goldman Sachs et ses complices ? Non, elle veut s’en prendre à la souveraineté nationale des Etats européens ! Invité le 16 avril par Pierre Lellouche au Quai d’Orsay, Edouard Balladur a réitéré une proposition qu’il avait faite dans Le Figaro du 17 février dernier : que les budgets nationaux soient soumis à l’Eurogroupe avant tout vote au sein des parlements nationaux ! L’Europe des projets deviendrait ainsi une Europe des budgets, fondée sur un principe d’austérité permanente infligée aux Etats. Le nouveau commissaire européen, Olli Rehn, partage l’idée d’Edouard Balladur. Il doit présenter le 12 mai ses propositions « en vue d’améliorer la gouvernance de la zone euro » et imposer « des disciplines communes ».

L’Europe de Lisbonne montre ainsi, autant que Goldman Sachs, son vrai visage. Les André Glucksmann et les Alexandre Adler se déchaînent autour du cadavre, hurlant à la victoire de la Russie et à la trahison de l’Allemagne, voire à la victoire posthume de la RDA. Il est temps de sortir de cette maison de fous et de redonner un sens à notre politique, avec un Glass Streagall global et un Nouveau Bretton Woods, en revenant au système de crédit productif public et aux grands projets des Trente glorieuses, sous peine de sombrer dans le chaos. 

Voir les 5 commentaires

  • La vérité • 30/04/2010 - 10:37

    La vérité pure et simple c’est que les banques qui doivent de l’argent a l’état doivent être déclarées comme étant en faillite et soient controlées.

    Il est temps que le gvt Français prenne les choses au sérieux.

    C’est le principe de "Glass Streagall global et du Nouveau Bretton Woods".Comme au temps de Roosevelt....
    Museler les banques et les faires payer leur dettes.
    Et si necessaire saisir leur biens.
    Car la plus part de ces banques sont ni plus ni moins que des voleurs de grand chemin.
    Vérité

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  • ffi • 22/04/2010 - 19:52

    La gouvernance, c’est comme le gouvernement, sauf que l’on ne sait pas qui tient le gouvernail.

    L’UE apparaît mieux pour ce qu’elle est, un carcan mettant ses membres au service de la finance.

    La sortie de l’UE de la France pourrait être l’action déterminante pour catalyser l’abandon de ce système financier absurde au niveau international.

    La France est encore un pays prestigieux et puissant. Elle est classée au premier rang du patrimoine mondial classé par l’Unesco, elle dispose d’un siège au Conseil de sécurité de l’ONU, elle est 6ème puissance économique mondiale.

    En retrouvant une diplomatie indépendante, elle pourra jouer le rôle d’entremetteur entre les puissances Eurasiatiques (Russie, Chine, Inde) pour renverser ce système.

    Il y a un ancien de Bercy, François Asselineau, qui est en train de monter un parti avec comme mot d’ordre "Quitter l’UE". Ce parti se nomme l’UPR.

    Pourquoi S&P et l’UPR ne ferait-il pas un bout de chemin ensemble ? Il suffit à S&P de vouloir quitter l’UE.

    • Bertrand Buisson • 22/04/2010 - 21:13

      A mon avis les "alliances" entre partis "en devenir" relèvent plus du fantasme que d’une stratégie réelle par rapport à l’état du monde.

      Quant à l’UPR, je vois pas trop ce qu’on a en commun avec eux. D’ailleurs Asselineau a écrit (puis effacé) sur Facebook que S&P n’est pas assez bien pour lui parce qu’on a jamais gagné une élection et qu’on était conspirophile ou je sais pas quoi d’autre encore.

      Bref, c’est désolant de voir le niveau... Je préfère me concentrer sur ce qu’il y a à faire.

    • Etienne • 22/04/2010 - 22:16

      Ou alors IL SUFFIT qu Asselineau veuille faire :
      un VRAI nouveau Bretton Woods, un Glass Steagall Act et une Commission Pecora, ce qui est sûr c est que l enjeu immediat
      n est pas vraiment la sortie de l UE

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  • petite souris • 21/04/2010 - 10:27

    L’Europe des projets deviendrait ainsi une Europe des budgets, fondée sur un principe d’austérité permanente infligée aux Etats. dixit Balladur !

    Balladur a été ministre et premier ministre. Il a agit, à ces postes, contre la France et les français. La preuve en est faite aujourd’hui. Donc, lorsqu’il était au pouvoir, il nous a menti en nous expliquant du ton qu’on lui connait que ce qu’il faisait était bien pour nous.

    En français cela s’appelle de la trahison. Que Sarkozy soit dans la même mouvance, explique par conséquence ce qu’il fait.

    Et ce n’est pas bon ni pour la France ni pour les états-nations européens, et encore moins bon pour les populations.

    Les grands hebdomadaires nous parlent des psys. Est-ce pour masquer cette info ? Est-ce pour nous infantiliser et nous empêcher de réfléchir, ou bien pour nous habituer à courber encore le dos ?

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