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Zbigniew Brzezinski et le 11 septembre
Sur la piste des véritables architectes des attentats

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L’attentat contre le Pentagone indique le plus clairement l’implication d’éléments militaires haut placés dans la tentative de coup d’Etat du 11 septembre.

Pour ceux qui peuvent et veulent comprendre la façon dont se déroule réellement le cours de l’histoire, les éléments tirés des événements du 11 septembre aux Etats-Unis ne permettent qu’une seule conclusion concise : les développements cruciaux intervenus entre 8h45 et 11h environ reflètent une tentative de coup d’Etat militaire contre le gouvernement du président George W. Bush.

J’en suis arrivé très vite à cette conclusion, dès la première heure de cet intervalle, alors que je donnais à la radio une interview en direct qui a duré près de deux heures. Mes propos à l’antenne sont alors devenus partie intégrante de ces développements, à la fois aux Etats-Unis et, par rayonnement, dans une bonne partie du monde (1) .

Pour ceux qui débattaient de cette question, il n’y avait que deux choix compétents, parmi toutes les explications possibles, permettant de justifier la simple éventualité d’une succession d’événements tels qu’ils ont été largement rapportés pendant ce temps :

La première possibilité, la plus sinistre, est que les importants mécanismes de sécurité mis en place pour parer à ce type d’éventualité aient été laissés à l’abandon au point de devenir pratiquement inopérants, ce qui représente, en soi, une situation très dangereuse pour la sécurité nationale.

La deuxième possibilité, plus probable, c’est que de hauts responsables militaires - de ceux qui ont le doigt sur les « interrupteurs » - aient neutralisé un nombre significatif des garde-fous qui auraient suffi à empêcher, au minimum, l’attaque contre le Pentagone (2) .

Pour toute personne ayant des connaissances comparables à l’expérience que j’ai dans le domaine de la défense anti-missiles stratégiques, l’attaque contre le Pentagone, avec ses implications thermonucléaires inhérentes, pèse en faveur de la deuxième. Ceux d’entre nous qui suivent ces questions ont dû reconnaître, tôt ou tard, que la combinaison de ces trois attaques menées à bien était le produit d’une « action menée de l’intérieur ». Enfin, ma connaissance détaillée de la crise stratégique en cours, dans le cadre de laquelle se situaient ces attaques, ne me permet pas d’autre conclusion que celle-ci : il s’agissait d’une tentative de coup d’Etat militaire dont l’objectif stratégique global avait les implications les plus sinistres que l’on puisse imaginer.

Une fois ces faits pris en compte, il faut mettre en évidence deux problèmes majeurs ayant marqué les décisions politiques américaines adoptées par la suite : d’abord, pourquoi d’éminents responsables militaires et du renseignement n’ont-ils apparemment pas conseillé au président Bush de s’opposer à l’opération de diversion consistant à cibler comme principal coupable dans cette affaire Oussama ben Laden, un ancien agent de la guerre irrégulière américaine ? Deuxièmement, pourquoi, malgré l’accumulation d’indices sérieux recueillis depuis le 11 septembre, tant de responsables à travers le monde préfèrent-ils encore se bercer de l’illusion consolante - l’explication officiellement consacrée des événements du 11 septembre - selon laquelle « c’est l’oeuvre d’Oussama ben Laden », même si, plusieurs mois plus tard, on n’a toujours pas apporté publiquement de preuve tangible de ces accusations ?

Les éléments déjà explicitement ou implicitement disponibles au cours des deux premières heures des événements du 11 septembre, constituent un type de preuve par présomption qu’on peut décrire comme « certes incomplète, mais néanmoins probante » pour déterminer le type de réaction officielle immédiate visant à mettre en oeuvre, voire à programmer, la marche à suivre adéquate (3) .

L’ensemble des faits mis à notre disposition au cours des deux premières heures des attaques du 11 septembre et tout de suite après, représente, en soi, un appel à ce type d’action décisive immédiate. L’absence de décision claire, comme celle que j’ai prise à ce moment-là, aurait représenté une erreur stratégique de commandement, que ce soit de la part du Président ou d’un homme d’Etat-citoyen et pré-candidat présidentiel ayant les compétences et les responsabilités spéciales que j’ai. La suite des événements a montré qu’à cet instant précis, le Président avait pris la bonne décision. Moi aussi.

Si l’on aborde ces questions avec une certaine compréhension de l’état actuel de l’histoire de la civilisation européenne moderne, le cerveau, si ce n’est le nom de chacun des acteurs au sein de la faction politique dont cette tentative de putsch servait les intérêts, apparaît de manière indiscutable. Face à ces faits, dans les milieux informés, seules des individus ayant de mauvaises raisons de s’accrocher à des interprétations relevant plus ou moins de la ligne officielle pourraient continuer à défendre le conte de fées rituellement répété par la majorité des médias du monde.

Pour discerner clairement les preuves pertinentes, le lecteur doit reconnaître qu’il existe non pas un seul, mais trois éléments distincts à examiner après les événements du 11 septembre.

Premièrement, la tentative de coup d’Etat militaire en tant que telle, qui pourrait être décrite comme le « détonateur » de l’ensemble de l’opération. La plus grave conséquence possible de ce complot militaire, une escalade thermonucléaire potentielle entre superpuissances, a été évitée grâce à une conversation téléphonique, opportunément établie entre le président américain George W. Bush et le président russe Vladimir Poutine.

Deuxièmement, intervient le facteur politico-stratégique général que constitue la politique de choc de civilisations promue par Zbigniew Brzezinski, Samuel Huntington, etc., dont la tentative de coup d’Etat militaire était un aspect subsumé. Cette politique constitue le principal coupable et la véritable substance de l’opération. Elle est le sujet central du présent rapport, et sa cible. C’est ce facteur qui se reflète de manière si vivace dans la féroce bataille factionnelle au sein du gouvernement américain et dans les grands médias, notamment à travers le débat sur la proposition d’intensifier la guerre contre l’Irak.

Troisièmement, il faut considérer le rôle implicitement kamikaze du régime israélien actuel, dont l’intention caractéristique est de provoquer une guerre généralisée pouvant déboucher, entre autres, sur l’autodestruction d’Israël en tant qu’Etat. C’est ce risque de plus en plus évident, si Israël poursuit sa politique actuelle, qui avait motivé le soutien du Premier ministre Rabin aux accords d’Oslo, comme il l’a reconnu lui-même. L’adoption de ces accords a motivé le coup d’Etat israélien que fut l’assassinat de Rabin. Si Israël poursuit son actuelle politique belliqueuse, elle s’auto-détruira très vite au cours de ce processus, tout aussi sûrement qu’on aurait pu prévoir, en 1939, comment Adolf Hitler finirait.

C’est sur le deuxième de ces trois éléments que doit se focaliser l’attention officielle. Néanmoins, si on néglige l’une quelconque des trois facettes de l’équation du 11 septembre, il est impossible de faire une analyse compétente des événements de ce jour-là. Dès lors que l’on reconnaît ces trois éléments comme les facettes cohérentes d’un même effet et qu’on les situe dans le contexte de la crise économique mondiale, comme il se doit, l’appréciation rationnelle de ces événements devient accessible. Toute autre approche représente une erreur de jugement, une erreur d’analyse.

Comme je le montrerai au cours de cet essai, les indices tendant à démontrer la véritable paternité de ce triple aspect de l’attaque contre les Etats-Unis sont non seulement écrasants, mais concluants. Ces éléments s’accumulent non seulement depuis des années, mais même des décennies et au-delà. A ceux qui ont été pris de court ce matin-là, rappelons que le monstre qui a surgi s’était lentement glissé parmi eux durant ces longues décennies où ils dormaient, tel Rip van Winkle dans la fable de Washington Irving.

Pour comprendre les liens sous-jacents, profonds et anciens, entre ces trois parties distinctes du processus, il faut prendre en compte ce qu’on appellerait, dans une géométrie (physique) différentielle riemannienne, le facteur de connexion multiple.

Ainsi, parmi les ensembles de faits à considérer, qui sont extrêmement importants mais relativement simples, il faut se demander à quel niveau l’infiltration profonde et implicitement hostile du renseignement militaire israélien dans la direction et les opérations politiques et militaires américaines a contribué à la tentative de coup d’Etat militaire et à son pendant politico-stratégique.

Une investigation exhaustive sur l’activité d’espions israéliens aux Etats-Unis, activité gagnant en intensité et en agressivité - y compris la pénétration notoire, durant des années, du dispositif de sécurité de la Maison Blanche sous Clinton par des agents des services de renseignement israéliens (opération dite Mega) - indique la probabilité d’un rôle israélien au moins significatif, quand bien même fortuit, dans la création de l’environnement propice aux événements du 11 septembre.

Considérons les rôles distincts et le contexte historico-stratégico-économique commun de cette combinaison à facettes multiples d’éléments interdépendants.

Planifier l’enquête

Compte tenu des trois aspects de l’attaque, nous devons supposer que cette combinaison d’événements est l’expression de la planification d’un coup d’Etat militaire - une opération militaire « voyou » tentée par un élément haut placé, et implicitement traître, de l’establishment militaire des Etats-Unis. Considérons ceci :

Pour évaluer les preuves d’une telle intention derrière le premier de ces facteurs, nous devons écarter l’erreur d’analyse infantile sur laquelle s’appuie la plupart de la presse mondiale. Une tentative de « coup d’Etat de palais » militaire contre la principale puissance nucléaire du monde, ou même contre le gouvernement d’une puissance nucléaire moindre comme Israël, impose des règles très strictes aux conjurés impliqués. De tels complots, extrêmement risqués, nécessitent le secret le plus absolu.

Par conséquent, en haut lieu, les personnes rationnelles enquêtant sur ce complot auraient supposé que la plupart des exécutants plus ou moins conscients n’en savaient pas suffisamment - ou n’auraient peut-être pas vécu suffisamment longtemps - pour incriminer ceux qui les avaient déployés. Dans des cas de ce genre, attraper et interroger les exécutants n’est probablement pas le bon moyen de rassembler des preuves tangibles contre ceux qui ont organisé le coup. L’enquête doit donc s’écarter des pistes que les comploteurs ont certainement anticipées, pour rechercher des preuves plus fiables.

Sauf coup de chance, les éléments que l’on découvrira au cours de l’enquête sur une telle tentative de coup seront limités à ceux auxquels on peut s’attendre après un acte mené suivant les règles bien spécifiques de ce jeu de conspiration à haut risque. L’enquête doit donc emprunter un flanc qui devrait être évident. Elle doit reposer sur la conscience qu’il ne serait pas possible de motiver une tentative de coup d’Etat militaire de ce type, sauf si elle comportait une intention plausible, existant en dehors et au-delà de la portée du coup en tant que tel. La possibilité de l’existence d’un tel coup dépend de l’existence préalable d’une suite voulue - comme pour signaler la poursuite d’une action déjà préparée.

Ainsi, pour des spécialistes du renseignement compétents, la première question à se poser, au vu des simples faits concernant les attaques de New York et Washington, est la suivante : quelle action devait succéder à la réussite de ces attaques ? Cette tentative de coup d’Etat n’aurait pu être orchestrée sans l’existence d’intentions préalables plus globales, qui sont bien connues de toutes les autorités concernées : a) provoquer des alertes thermonucléaires par effet de ricochet ; et b) créer un état de guerre de religion généralisée sur l’ensemble de la planète, dont l’attitude actuelle des Forces de défense israéliennes est la principale expression. Aujourd’hui, après les événements du 11 septembre, il n’y a pas lieu de douter de ces intentions. Par conséquent, toute enquête compétente et toute évaluation stratégique en découlant doivent être façonnées en tenant compte de ces données.

Dans de tels cas, comme dans l’enquête sur les complices présumés de Jonathan Pollard, l’espion à la solde d’Israël, ou à l’instar de la célèbre « Lettre perdue » d’Edgar Poe, la nature des preuves par présomption établissant désormais ces deux intentions, nous permet de définir l’« espèce prédatrice » qui avait le mobile et la capacité de conduire une telle tentative, bien que nous ne soyons peut-être pas encore en mesure de désigner précisément quelles personnalités spécifiques, répondant à ces critères, ont dirigé la tentative elle-même.

Nous devons donc insister à nouveau sur le fait qu’en raison de la nature du cas, la marche à suivre ne doit jamais être entravée par une approche réductionniste, telle la chasse obsessive à des preuves de type « Sherlock Holmes », désignant des comploteurs spécifiques. Au lieu de nous laisser détourner de cette façon, il faudrait concentrer les ressources naturellement limitées des enquêteurs sur la tâche plus modeste, mais plus urgente, consistant à neutraliser les objectifs implicites du complot en tant que tel. Seuls les perdants habituels s’arrêtent au milieu de la bataille pour compter les scalps ou se venger.

Par conséquent, l’enquête doit considérer le complot du 11 septembre comme un moyen d’arriver à une fin : c’est sur cette fin que l’attention doit être focalisée et contre elle que les efforts doivent se concentrer. Comme pour la guerre, après l’échec du complot, les conjurés deviennent vulnérables, risquant à tout moment d’être découverts, et leur complicité peut être examinée sans danger, calmement et relativement à loisir.

Ces événements ont mis le Président devant deux défis. Déjouer l’objectif ultime du complot était le défi à plus long terme posé au président Bush et à son entourage dans la matinée du 11 septembre. Plus immédiatement, il s’agissait pour lui de reprendre entièrement les forces de sécurité américaines sous son contrôle personnel. Dans ces circonstances, on peut dire qu’il a relevé ce défi immédiat.

Pour apprécier ce défi, il convient de souligner que c’est le même qui m’était posé, durant l’interview en direct donnée à la radio le même jour entre environ 9h et 11h. Par exemple :

Je me trouvais alors dans une situation où l’analyse que je communiquais aux auditeurs devait se faire de la même façon que le Président des Etats-Unis aurait eu à tirer ses conclusions opérationnelles s’il s’était trouvé à ma place à ce moment-là, et vice versa. Telles sont les qualités nécessaires à tout candidat sérieux à la présidence de la première puissance nationale du monde. Soyons reconnaissants, par exemple, que l’ancien vice-Président Al Gore ne se soit pas trouvé à la place du président Bush, ni à la mienne !

Il me semble que pendant les deux heures où j’étais à l’antenne, le président Bush a pris les bonnes décisions initiales. On le sait, ou on peut l’inférer, à partir des informations explicitement ou implicitement disponibles. Je considère que le rapport, donné par le président Bush à de nombreuses reprises par la suite, de la conversation téléphonique qu’il a eue avec le président russe Poutine durant cette période, étaye mon évaluation positive actuelle de la conduite du président.

En revanche, pour ce qui est des décisions prises, apparemment plus tard dans la journée, par le gouvernement américain, le jugement doit être plus nuancé. En fait, la décision ultérieure de viser Oussama ben Laden et de bombarder l’Afghanistan a constitué une erreur stratégique qui continue d’avoir des retombées internationales - comme le conflit aggravé entre l’Inde et le Pakistan - ayant des implications de plus en plus périlleuses pour le monde entier.

Hormis la décision correcte de la Maison Blanche de prendre immédiatement des mesures permettant d’arracher l’initiative stratégique et politique aux conjurés, l’engagement de bombarder de l’Afghanistan a été une erreur. Vous conviendrez que cette erreur se comprend, si vous prenez en compte, comme je le fais, les nouvelles dimensions et configurations de la crise stratégique mondiale en expansion, auxquelles le Président a fait face au cours des heures et des semaines suivant les événements choquants de ce matin-là.

Bien que je ne cherche pas à justifier les actions spécifiques choisies par le Président, il faut bien prendre en compte la situation fâcheuse à laquelle il était confronté, avant de juger son attitude dans ces circonstances. Je crois pour ma part, à la différence de la majorité des conseillers politiques dans le monde, que le choix de l’action à entreprendre dans toute crise doit s’appuyer sur la vérité - et non sur ce qui peut paraître comme un mensonge utile, de peur que le mensonge officiel, d’abord apparu comme « utile » et « confortable », n’enclenche une série de nouveaux mensonges pour couvrir le premier (4) .

Dans toute crise gravissime, telle que celle-ci, le président des Etats-Unis doit acquérir et conserver une crédibilité durable. Tenter de défendre des mensonges qu’on considère utiles finira par saper cette crédibilité, peut-être avec de terribles conséquences. Ainsi, depuis la fin de cette journée du 11 septembre, la politique de notre république a été marquée par une succession de mensonges fabriqués, l’un après l’autre, pour défendre les mensonges antérieurs, c’est-à-dire ce qui passe pour être la « version officielle ». La construction d’un tel « écran de mensonges », même avec les meilleures intentions du monde, conduit toujours, d’une manière ou d’une autre, à des résultats qui peuvent s’avérer aussi mauvais, sinon pires, que le problème qu’on cherchait à éviter avec le mensonge initial.

Par conséquent, dans une telle crise, je dois assumer le rôle que joue ce rapport.

Pour évaluer de manière compétente la situation américaine, nous devons laisser tomber les habituels « oui, mais », afin de comprendre la situation difficile dans laquelle se trouvaient le Président et ceux qui se sont montrés ses conseillers les plus dignes de foi. Nous devons nous obliger à voir la situation telle que le Président et ces conseillers ont dû la voir au moment où le crépuscule tombait sur cette périlleuse journée. Nous devons prendre implicitement en compte toutes les circonstances décisives qui ont légitimement pesé sur la prise de décisions, qui n’ont été rendues publiques qu’à partir d’environ 20 heures, heure de Washington. Nous devons aussi prêter attention à l’influence toxique des taupes virtuelles au sein de l’administration qui, comme les cercles de Richard Perle, sont apparues depuis lors comme les complices soit de la cause des FDI, soit de la faction favorable au « choc de civilisations » proche de Brzezenski, soit des deux.

Une série de faits cruciaux

A cette fin, gardons-nous d’ignorer plusieurs faits déterminants concernant les circonstances qui ont amené à désigner Oussama ben Laden comme coupable :

  1. Cet ancien playboy présumé et actuel « old Fagin » (Personnage du roman Oliver Twist de Charles Dickens, Fagin est un pickpocket qui apprend à des gamins des rues à voler.- NdT) du terrorisme international, Oussama ben Laden, a été et reste, presque sûrement, une créature aussi méprisable que les accusations contre lui le laissent supposer. Il aurait sans doute été assez malfaisant pour jouer le rôle de l’assassin du président américain McKinley pour le compte d’Emma Goldman, voire même le rôle de Goldman elle-même, mais le ben Laden actuel aurait-il eu l’occasion et les moyens d’exécuter une telle attaque contre le président McKinley ? Il s’agit peut-être du sale ivrogne révoltant, détenu dans la cellule 1313 pour agressions sexuelles sur mineurs, mais si on le juge coupable des attentats du 11 septembre, cela fera-t-il disparaître la menace que les vrais auteurs - non incriminés - font encore peser sur les Etats-Unis et le monde ?
  2. Les Etats-Unis connaissaient déjà le caractère révoltant de ben Laden. Il était parmi les « gros bras » que les Etats-Unis et d’autres pays ont utilisés contre l’ancienne Union soviétique, ainsi que contre la Russie, l’Asie centrale, la Transcaucasie et d’autres cibles. Avec les talibans, il était au centre des grandes opérations de trafic de drogue en Asie centrale. Cependant, il n’occupait pas, dans l’espace-temps physique, une place d’où il aurait pu préparer la voie à l’entrée de Teddy Roosevelt à la Maison Blanche, ni orchestrer les horreurs du 11 septembre.
  3. Bien que l’entretien téléphonique entre Vladimir Poutine et George Bush, publiquement confirmé à plusieurs reprises par ce dernier, ait déjoué les objectifs nucléaires et stratégiques initiaux de la tentative de coup d’Etat, les auteurs de cette tentative sont encore libres de leurs actions ; ils restent tapis, occupant toujours les hautes fonctions qu’ils exerçaient dans la matinée du 11 septembre, et s’apprêtent à frapper, menaçant le gouvernement américain et le Président, aujourd’hui encore.
  4. L’escalade thermonucléaire, qui était l’objectif immédiat de l’attaque contre le Pentagone, a été choisie comme tremplin évident vers un autre objectif d’une stratégie plus vaste. Cet objectif était alors parfaitement défini, et il le reste. Il était déjà clair au moment où se déroulait la combinaison des attaques contre New York et la capitale, et la majorité des cercles dirigeants en Europe et ailleurs ont promptement reconnu ce fait dans les heures suivant les attentats. Le but de l’opération était de forcer les Etats-Unis à soutenir le gouvernement actuel des Forces de défense israéliennes, en amenant les Etats-Unis à soutenir un scénario de guerre de religion globale, de type « choc des civilisations ».
  5. La paternité de cette grande stratégie géopolitique était connue de certains responsables de haut niveau en Europe et ailleurs. Ce scénario de choc des civilisations avait été rendu tristement célèbre par l’ancien conseiller à la sécurité nationale, Zbigniew Brzezinski, et par son « Leporello » accommodant, Samuel P. Huntington. Ce scénario jouissait déjà d’une grande popularité parmi les membres « moralement déficients » du Congrès, parmi de puissants cercles financiers américains et dans une large fraction des ministères du gouvernement Bush lui-même. Richard Perle et de Paul Wolfowitz illustrent bien le cas de ces prédateurs cachés dans des postes officiels et dans les structures d’élaboration de la politique gouvernementale, aussi bien que dans les deux grands partis politiques.
  6. La réponse stratégique des Etats-Unis à la tentative de coup consistait à cibler certains cas sur la « liste habituelle de suspects », comme ben Laden et le gouvernement taliban qui se livre au trafic de drogue. Cette ruse avait pour avantage évident de fournir les moyens de donner l’initiative stratégique à la présidence, prenant à revers les forces alignées sur la « politique de l’échiquier » de Brzezinski.
  7. Bientôt, cette politique menaçait de provoquer un retour de flammes. La tactique de diversion consistant à focaliser l’attention internationale sur les cibles désignées, certes révoltantes, a eu pour effet d’éluder la menace stratégique plus grande d’une guerre élargie contre les nations islamiques, du moins provisoirement. Cependant, cette menace accrue a non seulement persisté, mais elle s’est aggravée suite au bombardement de l’Afghanistan. L’on assista à des efforts de plus en plus insistants, notamment de la part d’une puissance faction au sein même de la structure politique américaine, pour forcer le président Bush à soutenir le commandement des Forces de défense israéliennes dans une guerre de religion contre les pays arabes du Proche-Orient, comme l’Irak, s’étendant, par ricochet, en une guerre à motivation géopolitique, de type « choc des civilisations », parmi les populations islamiques et autres de l’Asie.
  8. La féroce bataille factionnelle qui s’est ouvertement manifestée depuis lors au sein du gouvernement américain, y compris les pressions en faveur d’une guerre de religion exercées par les confédérés du député Tom Lantos au Congrès, montre clairement que les attaques du 11 septembre faisaient partie intégrante de l’intention de forcer l’administration Bush soit à disparaître, soit à foncer tête baissée dans le type de guerre de religion qu’Ariel Sharon a tenté de déclencher avec son attaque camouflée contre l’un des lieux les plus saints de l’Islam, la mosquée al-Haram-al-Sharif de Jérusalem.
  9. Faute de renverser les visées du gouvernement Sharon, la combinaison de trois facteurs - l’effondrement en chaîne du système financier et monétaire mondial, l’escalade de la guerre générale contre les populations islamiques et le viol projeté par Israël du deuxième lieu saint de l’Islam, la mosquée al-Haram-al-Sharif de Jérusalem - précipitera le monde entier dans une réédition de la Guerre de Trente ans en Europe (1618-1648), cette fois-ci avec armes nucléaires et à l’échelle mondiale. C’est cette guerre géopolitique globale, cet embrasement de guerre de religion inextinguible que les attentats du 11 septembre étaient sans le moindre doute destinés à allumer.

Les faits identifiés jusqu’à présent sont nécessaires, mais pas suffisants. Nous devons aussi développer les compétences requises pour étudier et faire face au problème très spécial et profond que les faits déjà cités ne font qu’impliquer. Nous devons examiner les motifs de ces cercles dont les intérêts particuliers s’expriment dans les implications en cours des événements du 11 septembre.

En considérant le défi que cela pose aux dirigeants du monde, nous devons éviter la pratique réductionniste simpliste consistant à rechercher des explications plausibles à des ensembles de faits individuels plus ou moins isolés. A la place, nous devons définir la géométrie de l’esprit - la folie - qui caractérise les écrits de Brzezinski, Huntington, etc., depuis la publication en 1957 de The Soldier and the State (5) . Comme je le soulignerai plus loin, c’est cet état d’esprit pervers, insensé, qui anime les différentes forces et politiques en présence.

Sur la carte politique, la pièce maîtresse permettant de définir cette qualité spécifique de délire est incarnée par un Méphistophélès moderne, feu le professeur William Yandell Elliot, membre des « Agrarians de Nashville » et disciple de H.G. Wells. Comme la femme du rabbin de Prague dans la légende, Elliot a engendré tout un défilé de Golems, conduit par Zbigniew Brzezinski, Samuel Huntington, Henry Kissinger, etc., des monstres que l’« apprenti sorcier » Elliot a apparemment créés à partir de la boue de la légende.

Pour comprendre pourquoi les disciples de William Yandell Elliot veulent une telle guerre géopolitique de type « choc des civilisations », la clé est fournie par un discours prononcé par Henry Kissinger le 10 mai 1982 devant un public de Chatham House. Ayant ainsi noté la position sur la carte politique, nous retournerons à l’essentiel de ce discours ci-dessous.

Les hommes font l’histoire, mais...

Pour échapper au brouillard créé par le délire des médias et la confusion qui règne au niveau des gouvernements, un principe doit guider chacun de nos pas vers la découverte de la vérité sur le 11 septembre. Notez bien ceci : les hommes font l’histoire, mais l’histoire fait les hommes, et vice versa. A condition d’être bien compris, ces mots font écho au summum de la sagesse dans tout art de gouverner, ancien et moderne, exprimée à travers des sources comme Solon d’Athènes, les tragédies de la Grèce classique, les dialogues de Platon et les grands drames historiques modernes de William Shakespeare et de Friedrich Schiller. Bien compris, ce principe constitue le seul moyen d’arriver à une analyse politique honnête et compétente de la réponse stratégique à long terme que notre République doit apporter aux événements du 11 septembre.

L’assertion selon laquelle Oussama ben Laden aurait dirigé ces événements relève entièrement d’une « théorie de la conspiration » pour laquelle on n’a officiellement fourni à ce jour aucune preuve scientifiquement plausible. La doctrine qui veut que « Oussama soit coupable » est, à cet égard, un exemple parmi d’autres de la substitution d’une fiction au factuel et au scientifique.

Néanmoins, la conspiration, lorsque ce mot est employé à bon escient, représente le trait le plus caractéristique de toute l’histoire humaine, notamment en matière d’art de gouverner. Comment reconnaître la différence entre l’existence réelle d’une conspiration véritablement efficace et la fiction vulgarisée que la majorité des médias diffusent au sujet du 11 septembre ?

Les sots qui concoctent les diverses versions populaires de « théories de la conspiration » peuvent être divisés en deux grandes catégories. Les plus évidents, ce sont les pervers, incluant les juges et les procureurs corrompus, qui cherchent à présenter l’histoire de manière fantastique, comme si on faisait un reportage sur des acteurs individuels entrant sur une scène vide, commune à tous, chacun marmonnant un texte frivole, des mots tissés et interprétés comme autant d’antécédents situés hors de l’espace et du temps physiques. L’interprétation, symbolique et autre, du simple texte devient la signification de l’action (6) .

A la deuxième catégorie appartiennent les illuminés qui proclament : « Je ne crois pas aux théories de la conspiration » et, alors même qu’ils disent et répètent cette conviction, un plaisantin providentiel démontre un principe de justice supérieur en conspirant silencieusement avec les spectateurs amusés pour mettre le feu au pantalon de ce vantard niais.

De par la nature même de la distinction entre l’individu humain et toutes les formes de vie inférieures, la conspiration est l’essence de toute l’existence humaine ; Platon et tous les plus grands tragédiens et savants, entre autres, l’ont démontré tout au long de l’histoire connue. La distinction qui place les êtres humains au-dessus de toutes les formes de vie inférieures, c’est cette qualité d’activité mentale qu’on appelle la « raison » ou la « cognition », ou ce que le scientifique Vladimir Vernadski appelait « noesis » (du grec classique) (7) . Cette racine, la cognition, permet à l’individu humain de faire des choix qui ne correspondent pas à la notion que peut avoir le statisticien type, à l’esprit obtus, des « forces objectives du déterminisme historique ». Le pouvoir de faire un choix, sur la base de principes, est la qualité humaine essentielle d’où jaillissent souvent les véritables conspirations majeures (8) .

Les êtres humains ont la capacité, propre à leur espèce, de se hisser au-dessus de la prison des illusions qu’est la certitude sensuelle, pour découvrir des principes physiques universels pouvant être expérimentalement démontrés, principes qui sont étrangers et souvent contraires aux convictions de ceux qui préfèrent les certitudes sensuelles bestiales, du type de celles éprouvées par les formes de vie inférieures. La capacité de générer des hypothèses expérimentalement démontrables à partir de l’étude des aspects paradoxaux de l’expérience sensuelle représente la qualité de raison cognitive spécifique à l’individu humain et aux relations sociales entre ces individus. C’est cette qualité de raison qui a été niée par des illuminés, notamment les empiristes, Emmanuel Kant et les disciples de Huntington et de Brzezinski.

Alors que les formes de vie inférieures sont incapables de s’élever, intellectuellement, au-dessus des potentiels écologiques et autres de leur héritage biologique, l’humanité est capable de transmettre, de génération en génération, des découvertes, diversement fausses ou vraies, de principes physiques universels. La transmission de ces qualités d’idées distinctement humaines constitue ce que nous nommons « culture ». Ainsi, l’histoire et la nature de l’humanité s’expriment dans l’histoire de l’évolution, ou de la décadence, de cultures ayant été tantôt des échecs, tantôt heureuses, ainsi que des individus qui les composent (9) . La capacité de comparer et d’analyser les processus exprimés sous forme du développement de ces diverses cultures et leurs interactions, atteint son degré d’excellence le plus raffiné et relativement le plus élevé, dans l’étude du développement évolutionniste des formes de savoir associé aux principes et à la pratique de la culture artistique classique et des connaissances scientifiques modernes classiques, suscitées par les découvertes de Nicolas de Cues au XVème siècle (10) .

Pour faire face aux défis les plus dramatiques posés à la suite du 11 septembre, nous devons nous aventurer sur les voies du travail scientifique, qui sont malheureusement le plus souvent oubliées dans la vie académique d’aujourd’hui, en pleine décadence. Cet oubli a de douloureuses conséquences pour la civilisation européenne actuelle. Le monde se trouve plongé dans la plus grave crise générale de l’histoire mondiale moderne. Dans ces circonstances, nous devons abandonner les sottes politiques auxquelles les nations et leurs gouvernements se sont accoutumés, pour opérer les changements nécessaires, parfois radicaux, dans notre façon de penser politique, et ces changements nous permettront donc d’aborder sûrement les années à venir.

La principale question à se poser est donc : comment pouvons-nous être certains des conséquences, qu’on espère bénéfiques, de ces choix ?

L’exigence dominante de notre réponse aux horreurs du 11 septembre n’est pas simplement de blâmer tel ou tel, mais de définir un mode d’action fiable permettant de sauver la civilisation des conséquences de cette attaque. Enlever l’organe contaminé ne permettra pas forcément la survie de la victime. Maintenant, pour parler avec une confiance raisonnable de la nature des choix actuellement disponibles pour l’avenir, je dois résumer mes méthodes de prévision à long terme, qui se sont avérées en permanence des succès uniques et spectaculaires depuis plus d’un quart de siècle.

Façonner une science de la stratégie

La contribution la plus fondamentale et réussie que j’ai apportée à l’étude des cultures est l’introduction du concept de potentiel de densité démographique relative en tant que seule base compétente pour définir une science physique de l’économie et, par conséquent, la base nécessaire pour clarifier les principes d’une méthode universelle en histoire économique. Comme je l’ai démontré dans d’autres écrits publiés, il n’y a qu’une base scientifiquement acceptable pour mesurer aujourd’hui la qualité relative d’une culture : c’est celle du développement scientifique et artistique, dans ses aspects essentiels, permettant à la culture de maintenir et d’améliorer son potentiel de densité démographique relative.

En abordant de cette manière la science de l’économie physique, nous sommes équipés une étude rigoureuse non seulement de la base optimale pour une étude de l’histoire, mais aussi de méthodes fiables pour façonner le futur de cette histoire. C’est une étude à conduire en ayant surtout en vue les caractéristiques physiquement fonctionnelles de l’évolution ou de la décadence des cultures.

En première approximation, cela veut dire que nous devons étudier les cultures nationales, ou des cultures particulières analogues, ainsi que les relations entre elles, sur une période d’au moins une ou plusieurs générations, et nous devons étudier les modèles de changement de cultures sur plusieurs siècles. Sur cette base, nous devons ensuite examiner la façon dont des changements relativement mineurs introduits dans ces processus culturels, y compris par des individus sur une période très courte, peuvent modifier significativement l’évolution à moyen et long termes d’une culture ou d’un ensemble de cultures. Le principe physique du potentiel de densité démographique relative fournit la clé indispensable à la bonne marche de cette enquête.

Nous devons nous concentrer sur l’introduction volontaire de changements relativement mineurs mais cumulativement puissants, opérés dans les aspects axiomatiques d’une culture, changements souvent effectués par des personnalités individuelles souveraines. Ceci définit la distinction essentielle entre le comportement des cultures humaines et les mœurs des animaux.

On ne saurait trop insister sur le fait que, contrairement à ce prétendent tant Adam Smith que les sociaux-démocrates orthodoxes et les anarcho-syndicalistes, l’histoire n’est pas façonnée par une quelconque pulsation automatique de « forces objectives ». Tous les développements significatifs de l’histoire et de la préhistoire de l’espèce humaine sont le résultat d’une modification volontaire du cours des événements, grâce à des innovations apportées par des individus souverains (11) . C’est par ce biais que l’humanité change ses cultures et révolutionne aussi, pour le meilleur ou pour le pire, ce que les empiristes et d’autres sots persistent à tort à considérer comme les caractéristiques axiomatiques inchangeables de la nature humaine.

Mes découvertes spécifiques dans le domaine de la science de l’économie physique nous mettent désormais en mesure de comprendre ce principe de l’histoire scientifique qu’on appelle parfois volontarisme et de l’appliquer en tant qu’instrument de prévision à long terme, afin de façonner de manière globalement progressiste les développements économiques et autres au sein des cultures et entre elles. En étudiant les cultures de ce point de vue, nous pouvons comprendre la façon dont les innovations faites par des individus peuvent être mobilisées de manière à entraîner des changements culturels qui soient à la fois prévisibles et bénéfiques.

Par la même application de la science de l’économie physique, nous sommes mieux à même d’identifier et de corriger les tendances erronées dans la politique qui mènent, à moyen et long termes, à des catastrophes culturelles aussi bien que physico-économiques. Je parle de catastrophes telles que l’effondrement actuel du système monétaire et financier mondial dominant. Je vais maintenant expliquer sommairement le point à comprendre.

Comme je l’ai déjà souligné, bien que mes propres découvertes originales dans ce domaine de la science n’aient pas suivi la même approche que celles de Vernadski (12) , nos conclusions respectives partagent d’importantes bases communes, malgré les différences entre sa définition de la noosphère et ma découverte et mon développement du principe de potentiel de densité démographique relative. Reconsidérez l’argument que j’ai identifié ci-dessus. Il s’agit d’un principe extrêmement important, bien que mal compris, un principe d’une importance cruciale pour appréhender les implications profondes des événements du 11 septembre. Par conséquent, il mérite une certaine répétition dans ce contexte.

Selon ma définition, et celle de Vernadski, l’univers physique expérimentalement connu est composé d’une multiplicité multiconnectée de trois ensembles de principes physiques universels, interagissant tout en restant respectivement indépendants. Pour résumer, ce sont les domaines expérimentalement définis de l’abiotique, du vivant et du cognitif. Je définis conceptuellement cet univers en termes de géométrie (physique) différentielle anti-euclidienne et riemannienne.

Tout comme l’existence de processus vivants exprime un principe universel par nature anti-entropique - contrairement à la notion fallacieuse d’entropie universelle que Clausius, Grassmann, Kelvin, Boltzmann et autres attribuaient à l’univers dans son ensemble - de même, les processus uniquement humains, spirituels ou cognitifs, exprimés sous forme de découvertes de principes universels de notre savoir dans les domaines de la science physique et de l’art classique, constituent une qualité de principe anti-entropique - parfois défini comme un principe spirituel - qui existe partout dans l’univers, indépendamment des limites des processus abiotiques et des processus vivants inférieurs (13) . Par conséquent, nous pouvons dire, sans le moindre recours au mysticisme aveugle des gnostiques, que l’univers de la science physique est composé de trois espaces- temps, ayant des connexions multiples et définis expérimentalement : l’abiotique, le vivant et le spirituel. Contrairement à ce que croient les gnostiques, la preuve la plus claire et la plus simple de l’efficience physique du principe socratique du spirituel est représentée par toute découverte individuelle, expérimentalement démontrée, d’un principe physique universel.

Ces « forces spirituelles » (c’est-à-dire cognitives), universellement efficientes, sont celles exprimées de façon unique dans la science physique expérimentale moderne : dans l’intuition créatrice cognitive souveraine qui apparaît dans une seule espèce vivante, l’homme, dans l’acte socratique individuel d’intuition cognitive par lequel se produit toute découverte expérimentalement vérifiable d’un principe physique universel.

Il faut comprendre la manière dont l’utilisation des principes physiques universels, découverts au moyen de la cognition, augmente le potentiel de densité démographique relative de l’espèce humaine.Cette compréhension fournit la base conceptuelle nécessaire pour une science physique de l’économie et, donc, la base pour l’étude plus globale des processus sociaux.

Là où Vernadski indique que l’acte individuel de découverte scientifique est la source du pouvoir grandissant de l’homme sur l’univers, je situe, quant à moi, le principe de l’action non pas principalement dans la relation relativement simple de l’individu en tant que tel à la nature, mais dans le rôle primaire de l’individu dans le changement des processus culturels déterminants qui, à leur tour, entraînent un changement des relations fonctionnelles entre la société et la nature (14) .

J’ai reconnu que les principes classiques de composition artistique relevant de ce processus social doivent être considérés comme une expression de principes physiques universels expérimentalement démontrables ayant pour caractéristique d’être anti-entropiques. Et c’est grâce à cette reconnaissance que j’ai réussi, de manière unique, à révolutionner les méthodes de prévision économique et autre à long terme (15) . Ainsi, alors que mes prévisions à long terme ont toutes été publiées et diffusées depuis plus de trente ans, aucune d’entre elles ne s’est trompé dans son objectif déclaré ; en revanche, toutes les prévisions explicitement opposées, basées sur des méthodes contraires, ont échoué (16) .

L’arrière-plan historique

J’ai appliqué avec succès cette méthode d’analyse et de prévision à la crise qui s’est développée sous l’influence de la folie meurtrière qu’on appelle la « conspiration du choc des civilisations » de Brzezinski, Huntington et Bernard Lewis. Pour bien saisir le problème posé par la tentative de coup d’Etat en question, nous devons situer cette conspiration et les développements qui lui sont associés dans son contexte général ; c’est dans ce même cadre que se situe le sujet de la science de l’économie physique. Sans replacer le sujet de la stratégie du choc des civilisations dans l’évolution à long terme de la civilisation européenne s’étendant actuellement dans le monde, il est impossible de fournir une évaluation véritablement rigoureuse et compétente des causes de cette conspiration ni de son influence.

Le problème posé par les implications décisives des événements du 11 septembre se situe donc, généralement, dans le cadre des six derniers siècles de l’histoire mondiale et, plus spécialement, dans les grands bouleversements provoqués par la création des Etats-Unis en tant que premier modèle réussi d’une république d’Etat-nation constitutionnelle, souveraine et moderne.(...)

Depuis la victoire des Etats-Unis, dirigés par Abraham Lincoln, sur la monarchie britannique et son pantin, la Confédération des Etats du Sud, le conflit global entre nations et cultures est centré sur le choix entre le Système américain d’Alexander Hamilton, Mathew Carey, Henry Carey et Friedrich List, et le système britannique d’économie politique. Même compte tenu de l’importance du rôle soviétique pendant une bonne partie du XXème siècle, l’économie mondiale, depuis 1989-1991, est clairement divisée entre les forces rivales représentées par les systèmes américain et anglo-hollandais. Tous les autres conflits se situent forcément dans le giron de ce conflit permanent. Ce conflit comporte trois aspects interdépendants mais distincts.

D’abord, le système américain d’économie politique, tel que le décrivit [le premier ministre des Finances de la jeune république des Etats-Unis] Alexander Hamilton, se base sur le principe dit du bien-être général ou du bien commun, sur lequel s’était appuyée auparavant l’idée de l’émergence et de l’existence d’un Etat-nation souverain. C’est l’établissement de ce principe au cours de la Renaissance du XVème siècle et sous les règnes de Louis XI en France et d’Henri VII en Angleterre, qui définit l’existence historique de la civilisation européenne moderne. La conception selon laquelle le bien-être général est une doctrine suprême du droit naturel se trouve au coeur même de la vraie tradition intellectuelle américaine dont je suis personnellement issu. C’est la tradition méprisée par ce protégé du professeur Elliott qu’est Henry Kissinger, et à laquelle j’adhère.

Deuxièmement, la forme républicaine-démocrate du système américain d’économie politique est diamétralement opposée, de par ses axiomes, au système « libéral » anglo-hollandais, celui-ci se basant sur l’exceptionnel pouvoir et les privilèges de la classe rentière financière que représentaient les Compagnies hollandaise et britannique des Indes orientales. Le conflit entre le président Franklin Roosevelt et le Premier ministre Winston Churchill, au cours de la Deuxième Guerre mondiale, illustre bien cette opposition, tout comme le conflit qui m’oppose depuis 1972 au cercle des golems d’Elliott que sont Kissinger, Huntington et Brzezinski.

Troisièmement, le système anglo-hollandais se base sur la notion hobbésienne de conflit perpétuel axiomatique entre nations, alors que le système américain de John Quincy Adams, Abraham Lincoln et Franklin Roosevelt se donne pour objectif d’établir une communauté de principes partagés, durable et élargie (« multipolaire ») entre républiques nationales parfaitement souveraines. L’idéologie représentée par la dégénérescence morale et intellectuelle des disciples du professeur William Yandell Elliott, durant ces cinquante dernières années, est typique de la tendance vers les formes les plus extrêmes de ce qu’on ne peut que qualifier de nouveau dogme intégriste ultramontain de fascisme universel.

A cet égard, la plus grande tragédie pour le peuple américain est l’hégémonie périodique des ennemis du système américain aux Etats-Unis mêmes. Hormis durant la présidence de Franklin Roosevelt, les Etats-Unis du XXème siècle ont été corrompus et dominés en grande partie par une oligarchie financière rentière internationale, parfois identifiée avec les cercles financiers, juridiques et académiques de la cabale ABC (américaine, britannique, canadienne). Composée de puissants intérêts financiers et de leurs cabinets juridiques qui ont profondément pénétré les institutions du gouvernement, elle se fait représenter, en tant que coalition, par les plus importants « think tanks » et autres groupes de réflexion, soumis à l’influence des golems du professeur Elliott.

La faillite actuelle du système monétaire et financier dominant représente avant tout un effondrement provoqué de l’intérieur du système qui domine le monde depuis la mort de Franklin Roosevelt et se présente provisoirement, suite à la dissolution de l’Union soviétique, comme un pouvoir impérial global.

C’est seulement dans le contexte de l’histoire moderne ainsi définie que l’on peut comprendre de manière adéquate les causes de la crise du 11 septembre et les remèdes pour la résoudre.

Notes

1. L’enregistrement de cette interview avec Jack Stockwell est disponible sur youtube.com. (Retour au texte)

2. Si nous nous référons aux institutions type de sécurité en matière de guerre nucléaire. (Retour au texte)

3. Cette notion de « preuve incomplète mais néanmoins probante » constitue une reformulation du principe fondamental de la découverte et le développement, par Leibniz, du calcul. C’est aussi le principe fondamental de toute notion riemannienne de géométrie différentielle. Cette méthode est explicitement opposée par les réductionnistes, tels que Euler, Lagrange, Cauchy, Grassmann, etc. (Retour au texte)

4. Hollywood devrait créer un prix spécial du film truqué le moins crédible de l’année. On pourrait le baptiser l’« Oussama » et le dédier à la mémoire des auteurs de la supercherie dite du « Journal intime d’Hitler ». (Retour au texte)

5. Samuel P. Huntington, The Soldier and the State, the Theory and Politics of Civil-Military Relations (Cambridge, Belknap Press of Harvard University Press, 1957). (Retour au texte)

6. Il est significatif que les types de « théories de la conspiration » les plus populaires aujourd’hui reflètent le style particulièrement pathologique de fantaisie infantile que l’on associe au Seigneur des Anneaux, Harry Potter et au culte du Pokémon, ou encore à la sorcellerie et à diverses sectes démoniaques sorties du giron de H.G. Wells, Bertrand Russell et Aleister Crowley. La forme d’action mentale qui caractérise ces sectes est un pouvoir magique de la volonté qui agit en dehors de l’espace-temps physique réel. (Retour au texte)

7. cf. Lyndon H. LaRouche, Jr., The Economics of the Noosphere, EIR News Service, 2001, Washington DC. (Retour au texte)

8. Ce type pathologique de « déterminisme historique objectif » constitue l’expression la plus courante de la croyance irrationnelle répandue parmi les anarcho-syndicalistes et d’autres petites sectes socialistes se réclamant de la prétendue idéologie de la « classe ouvrière ». Les qualités mystiques qu’Engels attribuait à la « main calleuse de l’ouvrier » illustrent bien cette pathologie. L’une des causes les plus courantes de l’échec du socialisme en tant que système politico-économique est son « hostilité de classe » à l’« intelligentsia », son hostilité au pouvoir créateur de l’esprit sur lequel repose tout progrès notable de la condition humaine, y compris économique. L’origine habituelle de ces illusions nominalement socialistes est le culte de l’empirisme anglais tel que codifié par Paolo Sarpi et ses disciples. La doctrine de Mandeville, le « laissez-faire » de Quesnay et le « libre-échange » d’Adam Smith représentent des sectes magiques, intrinsèquement irrationnelles, introduites sur la scène de dogmes empiristes. Après avoir nié l’existence de la raison, ces sectes prétendent avoir découvert le secret permettant d’expliquer tout et n’importe quoi. (Retour au texte)

9. Le fait que l’univers comporte une créature - l’homme - qui soit capable de s’élever au sublime est l’argument sur lequel Leibniz fondait son observation sur « le meilleur des mondes possibles ». (Retour au texte)

10. Ces traditions classiques sont tournées en dérision dans l’essai de Samuel Huntington, The Soldier and the State, qui est à l’origine de la stratégie de choc des civilisations et trahit son idéologie explicitement fasciste. La tradition stratégique classique - illustrée par des penseurs militaires modernes comme Lazare Carnot, Gerhard Scharnhorst ou le général Douglas MacArthur, lors de la Deuxième Guerre mondiale - est à l’opposé de l’idéologie fasciste sur laquelle Napoléon Bonaparte et certains de ses disciples dont Napoléon III, Mussolini et Hitler fondaient leurs parodies modernes (« Heil César ») des légionnaires de l’ancienne Rome impériale. The Soldier and the State, paru pour la première fois en 1957, a connu plus de vingt rééditions depuis. Comme le montrent les écrits ultérieurs de Brzezinski et d’Huntington, ce livre contient le noyau idéologique des politiques énoncées dans Le Grand Echiquier de Brzezinski (1997). (Retour au texte)

11. Cet argument devient clair si l’on prend pour modèle un entrepreneur, dont la réussite réside dans l’engendrement soit de principes physiques universels, soit de nouvelles technologies, ou encore d’une combinaison des deux. Ce sont des organisations calquées sur cette image de l’entrepreneur, et non la société d’actionnaires, qui représentent la clé du rôle de l’individu dans l’application de l’économie politique du Système américain. (Retour au texte)

12. LaRouche, op. cit. (Retour au texte)

13. Mon utilisation du terme « spirituel » a un sens physique strictement défini. Il se réfère aux effets physiques (aux « produits ») bénéfiques, expérimentalement démontrables, qui sont uniquement le résultat de l’application de l’acte de la découverte d’un principe physique universel expérimentalement vérifiable. A noter que cette utilisation ne diffère pas de la connotation du « spirituel » que l’on rencontre dans les solutions cognitives que les théologiens attribuent aux « exercices spirituels ». (Retour au texte)

14. Ce ne sont pas les technologies qui sont la source de changements au niveau d’une culture, c’est la reproduction de l’expérience cognitive, consistant à faire des découvertes de principe, qui modifie la façon dont la société entend coopérer afin d’appliquer ces découvertes de façon à changer la relation de la société à la nature au niveau de l’économie physique. A propos de la culture, voir dans The Spirit of Russia’s Science, ma discussion sur les « super gènes » dans le développement du progrès scientifique et culturel. (Retour au texte)

15. Mes découvertes originelles consistaient à reconnaître que les principes de la composition artistique dite classique, dans le sens de Platon, autant que les découvertes de principes physiques universels, contribuaient, de manière distincte mais égale, à déterminer l’accroissement du potentiel de la société. C’est en cherchant une méthode globale pour représenter une fonction de l’augmentation du potentiel de densité démographique relative, sur la base de cette combinaison de principes, que j’ai reconnu que la représentation de mes découvertes devait adopter la forme d’une géométrie différentielle riemannienne. (Retour au texte)

16. La différence entre ma méthode de prévision et celles enseignées habituellement dans les universités est analogue à la différence entre la méthode de Johannes Kepler et celles de ses prédécesseurs relativement malheureux, comme Claudius Ptolémée, Copernic et Brahe. Dans ma méthode, comme dans celle de Kepler, le point de départ est le « cycle » à long terme. Les caractéristiques axiomatiques que l’on peut attribuer au cycle à long terme fournissent alors la base pour évaluer les implications de changements de direction dans les court ou moyen termes. Il faut mettre l’emphase sur les propositions axiomatiques à long terme qui gouvernent le déroulement du grand cycle, au lieu de vouloir projeter des résultats à long terme à partir de l’interprétation statistique des manifestations de court et moyen terme. (Retour au texte)

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