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Le parti anti-euro allemand ? Du national-monétarisme sous un vernis eurosceptique

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Cet article est un résumé de la déclaration publiée le 4 mai par Helga-Zepp LaRouche.

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Le nouveau parti souverainiste allemand, Alternative für Deutschland [(AfD) Alternative pour l’Allemagne], fondé en février à prime abord pour s’opposer à la politique de la Troïka, peut compter sur l’étonnante bienveillance des médias d’outre-Rhin.

Si de nombreux citoyens allemands sont tentés par la rhétorique contre l’euro qu’il propage, la véritable idéologie animant certaines personnalités du mouvement a été exposée le 4 mai par Helga Zepp-LaRouche, présidente de notre parti frère en Allemagne, le Büso (Mouvement des droits civiques-Solidarité).

L’une des raisons pour lesquelles l’AfD est présentée comme une alternative crédible, c’est qu’il jouit du soutien de nombreux professeurs d’économie. Or, pour Helga Zepp-LaRouche, c’est plutôt un facteur disqualifiant puisque « aucun d’entre eux n’avait prévu la crise systémique internationale et d’autre part, pourquoi ferait-on confiance à des personnes appartenant à la même école de pensée que celle qui est à l’origine de la crise pour trouver une solution » ?

En fait, comme le célèbre Joueur de flûte de Hamelin, ils parlent de l’abandon de l’euro pour attirer l’adhésion des eurosceptiques, alors que le programme du parti reste délibérément vague. « A regarder de plus près, même la sortie de l’euro n’est pas si urgente que cela, du moins pas pour l’Allemagne », constate Mme Zepp-LaRouche.

Le président d’AfD, le professeur d’économie de Hambourg Bernd Lucke, estime en effet que les pays « disciplinés » pourraient continuer à partager l’euro, et — alors que la crise risque de balayer l’ensemble de l’Europe dès demain — propose même que l’Allemagne n’en sorte qu’en 2020 !

Des idées à vous faire dresser les cheveux sur la tête

Plusieurs personnalités influentes au sein d’AfD, dont Bernd Lucke, sont des disciples du libéralisme et du monétarisme sauvages (Von Hayek, Von Mises, Société du Mont Pélerin, etc.) que l’on trouve dans l’appel de Hambourg signé par 243 professeurs d’économie en 2005.

Cet appel affirmait que « les coûts du travail sont une clé pour surmonter la faiblesse de la croissance allemande », et que « la vérité déplaisante, c’est qu’une amélioration du marché du travail n’est possible qu’au moyen d’une rémunération encore plus faible pour ceux qui gagnent déjà le moins, c’est-à-dire au moyen d’un écart de salaire plus important. Ceci pourrait être amorti par l’augmentation du temps de travail, moins de congés payés ou l’accroissement des cadences. » L’élargissement de l’écart entre les super-riches et les super-pauvres, constate Helga Zepp-LaRouche, « a toujours été l’objectif des néoconservateurs allemands ».

Par ailleurs, le porte-parole d’AfD Konrad Adam soulève même la possibilité de priver les chômeurs du droit de vote ! Et le professeur Roland Vaubel, membre du Conseil consultatif du parti, qui est proche du Cato Institute américain, laisse entendre qu’on pourrait empêcher les « membres de la classe la plus basse » de se présenter à des postes élus. Un autre membre en vue, le professeur Peter O. Oberender suggère que les bénéficiaires de l’aide sociale [Hartz IV] pourraient alléger leurs problèmes financiers en vendant leurs organes aux riches qui peuvent se les payer ! « Si quelqu’un est menacé dans sa survie, il devrait pouvoir se financer, ainsi que sa famille, par la vente d’organes », explique-t-il.

La même arrogance et ignorance, écrit Helga Zepp-LaRouche, sont manifestes dans la question de l’énergie, si critique pour l’économie réelle. Là aussi, des paroles fortes contre les prix élevés de l’énergie, sans comprendre qu’ils résultent en grande partie des subventions à des technologies à faible rentabilité faisant appel à des énergies diffuses (solaire) et intermittentes (éolien) et par conséquent inutiles pour une nation industrielle.

Quant à la question de Glass-Steagall, c’est le silence total. Le parti ne mentionne même pas le débat édulcoré en cours au Bundestag sur la simple séparation des activités au sein d’une même banque (ring-fencing).

Finalement, si un nombre grandissant de personnes, en particulier dans le sud de l’Europe, envisagent de quitter le système de l’euro, l’« Alternative pour l’Allemagne » propose simplement de « réparer » le système en suivant les critères brutaux du traité de Maastricht, à savoir les habituelles cures d’austérité.

Le remède prescrit par Bernard Lucke et ses co-penseurs « achèvera le patient », avertit Helga Zepp-LaRouche, qui demande aux électeurs de ne pas tomber dans le piège d’un vote qui n’est « anti-euro » que de façade.

Pour son parti, le BüSo, le national-monétarisme et les dévaluations compétitives sont un leurre. Par contre, une sortie ordonnée et concertée avec d’autres partenaires européens doit être préparée avec soin. Son corolaire est la mise en place d’une politique de crédit productif public au service d’une politique de grands travaux utiles pour l’Europe et le monde et pour l’Afrique en particulier.

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