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Les appels au Congrès se multiplient : « Adoptez au plus vite le Glass-Steagall ! »

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Helga Zepp-LaRouche, la présidente de l’Institut Schiller international, a lancé le 1er mai 2013 un appel au Congrès américain pour qu’il réinstaure dès maintenant le Glass-Steagall. Une proposition de loi (H.R. 129) est toujours en attente d’examen à la Commission des finances de la Chambre des représentants, bien qu’elle soit soutenue officiellement par 61 députés, en grande partie grâce aux efforts prodigués par le LPAC (le comité d’action politique de Lyndon LaRouche), au cours des dernières semaines. Cet appel, enregistré sous format audio, a été envoyé à ses principaux destinataires par l’intermédiaire du site larouchepac.com.

J’en appelle à vous depuis l’Allemagne, à vous le peuple américain, et à votre Congrès.

Nous sommes directement confrontés, ici même en Europe, à une crise existentielle. Toute la région trans-atlantique est en proie à un effondrement bien pire que celui des années 30. Pourtant, les choix politiques adoptés au cours de cette période demeurent une référence extrêmement importante. Parce qu’aux Etats-Unis, vous avez eu Franklin D. Roosevelt, qui a adopté le Glass-Steagall, la séparation des banques ; il a nommé une commission d’enquête, la Commission Pecora, et mis en oeuvre une politique de crédit, le New Deal, pour reconstruire l’économie du pays de telle manière qu’à la fin de la guerre, les Etats-Unis étaient l’économie la plus forte du monde.

Comme vous le savez, les choses en Europe ont évolué dans une direction complètement opposée : nous avons eu Mussolini en Italie, Franco en Espagne, Pétain en France, puis, en Allemagne, les politiques d’austérité brutales de Brüning, suivi de Hjalmar Schacht et de Hitler, avec les conséquences que vous connaissez.

Malheureusement, la politique de Brüning, c’est-à-dire les coupes drastiques dans le niveau de vie des populations, est celle qu’applique aujourd’hui la Troïka (BCE, FMI et Commission européenne), particulièrement en ce qui concerne ses prescriptions pour le sud de l’Europe. En conséquence, les économies de ces pays sont en plein effondrement, en pleine désintégration. A cause des mesures adoptées, le niveau de vie est en chute libre et l’espérance de vie tronquée. Dans certains pays, le chômage chez les jeunes atteint 60 % ! Le taux de suicide ne cesse d’augmenter.

Il s’agit là de violations des droits de l’homme. C’est la conclusion à laquelle est parvenu le rapporteur des Nations unies, qui vient de visiter la Grèce. De par la nature même de l’euro, une expérience désastreuse, et sous les diktats imposés par la bureaucratie de Bruxelles, les nations européennes ont perdu leur souveraineté. Cependant, la tension monte entre les Européens du sud –peuple grec, Italiens, Espagnols – et les Allemands, car les premiers blâment le peuple allemand pour la politique de Bruxelles et de [la chancelière allemande] Merkel. L’on constate aussi un regain de tension entre la France et l’Allemagne.

C’est une situation très dangereuse. L’un de ces scélérats, responsables de la politique catastrophique de l’euro, l’ancien président de l’Eurogroupe [les pays membres de la zone euro] Jean-Claude Juncker, a même fait le parallèle avec 1913, affirmant qu’il ne serait pas impensable d’envisager une répétition des événements ayant conduit à la Première Guerre mondiale.

A cause de la désunion qui règne en Europe et de la dictature européenne actuelle, il est absolument impossible de changer cette politique. Tant que les pays resteront enfermés dans ce cadre, ils n’auront aucun contrôle sur leur propre politique. De plus, le système parlementaire dominant en Europe rend très difficile pour les citoyens ordinaires d’accéder à leurs députés, car ces derniers sont liés par leur ’’devoir de loyauté’’ envers le parti.

Par contre, vous, aux Etats-Unis, avez un très grand avantage : vous avez le privilège de la Révolution américaine, de la Constitution américaine et d’un système politique qui permet au citoyen lambda de parler à ses élus, députés et sénateurs, et d’entretenir avec eux une relation directe, en leur rappelant qu’ils sont responsables de l’intérêt général de la population. C’est un grand privilège. Nous, en Europe, n’avons plus aucune souveraineté, et il est donc fort improbable qu’une solution vienne d’ici. Prenez donc, je vous en prie, conscience de la fière tradition de la Révolution américaine, de l’héritage de Lincoln, de Franklin D. Roosevelt, de Martin Luther King.

Je fais donc appel à vous pour lancer le plus grand effort que vous ayez jamais fait pour réinstaurer le Glass-Steagall, car si le Congrès américain agit en ce sens, alors les choses changeront très vite, et tous les pays européens suivront. C’est, je crois, la seule chose qui permettra au monde d’échapper à une terrible catastrophe. »

Plusieurs lettres sont également en cours de rédaction ou ont été envoyées aux députés américains, dont la suivante, signée par des professeurs d’université espagnols :

Honorables membres du Congrès,

La crise économique et financière dont souffre l’Espagne, dans cette Europe de l’euro, a désormais atteint des limites intolérables pour notre population. Le chômage touche 27 % de notre force de travail (plus de 6 millions de chômeurs) et deux millions de foyers n’ont aucun membre de la population active qui ait un emploi. Chez les jeunes, le chômage atteint 57 %, selon les derniers chiffres officiels, et une génération entière, la plus éduquée de l’histoire de notre pays, est en train de perdre tout espoir dans le système démocratique et en son propre avenir.

Les politiques d’austérité imposées par la Commission européenne, la BCE, et le Fonds monétaire international n’ont fait qu’empirer la situation.

Nous avons appris qu’une proposition de loi, H.R. 129, avait été présentée au Congrès américain par les députés Marcy Kaptur et Walter Jones. Il s’agit de la « Loi de retour à la prudence bancaire de 2013 », similaire à la loi Glass-Steagall du président Franklin D. Roosevelt, qui vise à séparer les banques commerciales et productives des banques spéculatives, impliquées dans la spéculation qui a engendré toute cette crise. Nous sommes convaincus que si cette loi est adoptée aux Etats-Unis, elle constituera un exemple qui s’étendra à toute l’Europe et à l’Espagne en particulier.

Ceci permettra d’extirper du domaine public le cancer de la spéculation et d’assurer l’émission de nouveau crédit pour la production et pour relancer l’économie.

C’est pourquoi nous vous prions instamment, avec tout notre respect, de prêter attention à cette proposition de loi et de l’adopter urgemment. Au nom de tous les Espagnols et de toute la population européenne, nous vous en serions profondément reconnaissants. »

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