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Pour une Europe des patries et des projets : Non à l’Europe-Empire !

Spécial élections européennes 2009
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L’Europe au défi de la City

Déclaration de Jacques Cheminade, 6 mai 2009

Les élections européennes auraient pu être l’occasion d’un grand débat politique sur notre avenir. Après le désastre du G20 et l’abandon en rase campagne du Nouveau Bretton Woods par Nicolas Sarkozy à Londres, le gouvernement et l’UMP ont fait en sorte de les réduire à un filet d’eau tiède. Le Parti socialiste, incapable de se donner une mission et livré à ses querelles internes, n’a rien de substantiel à proposer. Seul Debout la République, de Nicolas Dupont-Aignan, et le Front de gauche poursuivent, chacun à leur manière, le combat contre les dogmes libéraux et le traité de Lisbonne. Cependant, aucun mouvement de fond ne se lève pour dénoncer le danger immédiat d’une désintégration économique et sociale du monde dans lequel nous vivons, en traçant les perspectives pour y échapper, à la dimension du tragique de l’histoire présente. Aucun ne désigne clairement l’adversaire, l’ordre oligarchique de la City de Londres et de Wall Street, qui porte en lui les ferments de la guerre de tous contre tous et du choc des civilisations.

Pour notre part, nous n’avons pas pu présenter de liste, faute de moyens financiers dans un système électoral dominé par l’argent, ce qui ne nous empêche pas de tenter obstinément d’inspirer toutes les forces républicaines de notre pays face à l’urgence tragique des choses.
Dans le vide créé par la pusillanimité et l’absence de courage des principaux courants politiques dominant notre pays par leurs réseaux et leurs influences, trois dangers apparaissent.

Le premier, et le plus grand, est la résignation de l’opinion, entretenue par les médias et l’abrutissement de la communication par le virtuel. Un monde de l’immédiat, sans histoire et sans avenir, se substitue ainsi à l’univers de la création humaine, qui s’inspire toujours des élans passés pour transformer l’avenir. Peuplant les écrans d’images, il prive le peuple d’une parole vraie.

Le second est la tentation de la violence dans les rapports sociaux, fomentée par les extrêmes de droite et de gauche, dans la seule perspective de désigner des boucs émissaires, sans remettre en cause le système culturel qui les engendre. L’écologisme, dans ce contexte, n’est qu’une béquille pour la carrière de vieux opportunistes ou une arme pour propager le sentiment que l’homme est un prédateur de la nature, en entretenant le doute sur les créations qui ont porté son histoire.

Le troisième, manifeste dans « l’affaire Dieudonné », est la déchéance du politique dans les manipulations communautaristes. La présence de listes « antisionistes » est ainsi une sinistre farce face aux défis réels que nous lance l’histoire. En attisant le conflit israélo-palestinien en France et en alimentant un antisémitisme « populaire » qui apparaît dans les quartiers, on encourage la haine et la division, non l’égalité et la réconciliation. Faut-il rappeler une fois de plus que le but de toute politique impériale, et aujourd’hui celle de l’Empire britannique auquel M. Sarkozy s’est soumis, est de diviser pour régner, le Moyen-Orient étant, depuis l’accord Sykes-Picot de 1916, le terrain favori de ce jeu criminel ?

Il faut sortir la France, l’Europe et le monde de cette course à l’abîme, non en focalisant les choses sur de faux débats, mais en traçant la voie pour sortir de la mondialisation financière par le développement économique mutuel, et en rassemblant toutes les forces disposées à le faire, sans rejet dogmatique ni préjugé sectaire.

Notre rôle, à Solidarité et Progrès, nous le voyons (après avoir prévu ce qui se passe aujourd’hui comme une conséquence des aberrations d’hier, et proposé la perspective du Nouveau Bretton Woods) comme celui à la fois du fil de l’épée et du catalyseur face au gouffre qui s’ouvre devant nous.

Que des chefs de gouvernement socialistes ou se disant tels, comme José Luis Zapatero ou Gordon Brown, se soient prononcés pour un renouvellement de José Manuel Barroso à la tête de l’Europe, que les listes des « grands » partis soient constituées de recalés d’autres élections au suffrage universel, de ministres en déshérence ou de dirigeants à caser loin de leurs bases d’origine, ne fait qu’entretenir un terrible scepticisme, sans confrontation de différentes visions de notre intérêt commun. Les cyniques disent que la lutte des places s’est substituée à la lutte des classes ; nous disons plutôt que le désir d’occuper des créneaux avantageux s’est substitué à tout sens de mission alors que la crise balaie le monde.

Qu’on ne se plaigne donc pas des « dérives » si on ne traite pas ce qui les engendre. La République a pour mission d’extirper le mal en s’attaquant à ses causes. Lorsqu’elle ne le fait pas, le sommeil de la Raison engendre des monstres.


Helga Zepp-LaRouche : cessons de nous penser petit !

Le système de financement de la vie électorale allemande étant plus démocratique que le français, le Büso, le Mouvement des droits civiques-Solidarité, parti frère de Solidarité & Progrès, participera à la prochaine élection européenne. Sa présidente Helga Zepp-LaRouche, a répondu à nos questions.

Propos recueillis par Christophe Paquien,

Nouvelle Solidarité : Depuis le début de la crise financière mondiale, l’Europe a été incapable de proposer une réponse efficace. Pourriez-vous nous expliquer pourquoi ?

HZL : Le problème est que l’Europe, sous la domination de l’Union européenne et de la bureaucratie de Bruxelles, est bloquée dans le paradigme néolibéral, paradigme qui a complètement échoué, tout comme le paradigme communiste entre 1989 et 1991. La bureaucratie européenne s’entête dans cette voie. Témoin, son obstination à compléter le cycle de Doha. Ils continuent à insister sur l’OMC, le libre-échange et le paradigme de la mondialisation. Depuis le traité de Maastricht et le Pacte de stabilité, l’Europe se retrouve enfermée dans un carcan qu’elle s’est elle-même imposée et qui empêche toute solution efficace à la crise. La vieille élite bruxelloise, en particulier si vous regardez le traité de Lisbonne qui n’a heureusement pas encore été signé, mène une politique qui est celle de l’Empire britannique. L’un des porte-parole de la City de Londres, le chroniqueur du Daily Telegraph Ambrose Evans-Pritchard, disait ironiquement, il y a quelque temps, qu’étant donné que l’Union européenne suit à 100 % la politique de la City, la Grande-Bretagne avait bien raison de ne pas faire partie de la zone euro et de manipuler Bruxelles de l’extérieur. Le problème, c’est que toutes les institutions européennes de haut niveau sont dominées par les intérêts du libre-échange. Et ce, malgré le fait que la Grande Bretagne soit probablement l’un des Etats d’Europe les plus touchés par la crise. Ils ont nationalisé toutes leurs banques et leurs mauvaises dettes : la Grande-Bretagne est en faillite ! Et on voit bien le véritable caractère de l’Union européenne dans le fait que les Britanniques, avec le gouvernement suédois, ont demandé à la Lettonie de couper son budget de 40 %, ce qui ferait de nombreuses victimes dans la population. La raison plus profonde qui fait que l’Europe se montre incapable de répondre à la crise, c’est qu’elle est toujours dominée par un paradigme oligarchique. Bien au-delà de l’existence de monarchies ou du rôle de certaines noblesses, c’est surtout la supposition quasi-unanime qu’il existerait des « petites gens », qui pensent et expriment tous les jours que « de toutes façons, on ne peut rien y faire ». C’est l’adaptation à un système perçu comme devant être strictement oligarchique. Ce qu’il faut, c’est une nouvelle Révolution américaine permettant de transformer les nations européennes en véritables républiques et les Européens en véritables citoyens qui participent activement au développement souverain de leur nation.

NS : L’Allemagne est le principal partenaire économique de la France, et vice-versa. Pourriez-vous expliquer à nos lecteurs à quel point la crise affecte le potentiel industriel allemand ?

HZL : L’Allemagne a été nommée « champion du monde des exportations ». Ce rôle s’est accru durant ces dix dernières années avec l’existence de la zone euro, au détriment du marché intérieur allemand. Pendant cette période, les salaires ont stagné, entraînant une chute du pouvoir d’achat de la population. Maintenant, avec la crise financière internationale, les exportations s’effondrent et l’Allemagne, sous le contrôle du traité de Maastricht, n’a pas les moyens de défendre sa propre économie. Elle se retrouve donc dans une situation intenable, dans laquelle on demande au contribuable allemand de renflouer les Etats d’Europe de l’est en banqueroute. Or cela ne pourra pas durer bien longtemps. Ce que l’Allemagne devrait faire, c’est reprendre le contrôle de sa création de crédit et de monnaie, utiliser des banques comme le Kreditanstalt für Wiederaufbau, comme lors de la reconstruction d’après-guerre, afin de générer du crédit pour investir dans des infrastructures aux niveaux national et international, comme dans le contexte de notre projet de Pont terrestre eurasiatique.

NS : L’Europe a été une source de culture humaniste. Quel rôle cette tradition peut-elle jouer pour dépasser cette crise et construire le monde de demain ?

HZL : Il faut remettre en cause nos axiomes, penser au-delà de la mondialisation, du libre-échange et de l’idée de l’homme qui lui est associée, c’est-à-dire d’un homme vu comme une bête dans un contexte de survie darwinienne du plus apte, où certains sont laissés de côté. L’Europe ne pourra survivre que si elle revient à l’esprit des périodes où elle pensait l’universel : les classiques grecs, la Renaissance italienne qui permit de surmonter l’âge sombre du XIVe siècle, la tradition de l’Ecole polytechnique en France, la culture classique allemande, avec l’idée de l’homme qui y était associée, la célébration de la créativité humaine et de ses pouvoirs cognitifs. Si l’on revient à l’idée de la paix de Westphalie, qui dit que l’on doit respecter l’intérêt de l’autre comme si c’était le nôtre, alors nous avons une chance. Nous devons raviver les principes d’économie physique de Leibniz, ré-explorer la tradition musicale classique de Bach à Beethoven, retrouver l’optimisme de Friedrich Schiller, le poète allemand de la liberté. Si nous revenons à ces grandes périodes et que nous les faisons revivre, alors nous pourrons instaurer une nouvelle période classique, une nouvelle Renaissance. Si nous ne le faisons pas, en une ou deux générations, je prédis que la végétation aura envahi la cathédrale de Cologne, comme c’est le cas aujourd’hui dans les anciens châteaux du royaume khmer au Cambodge.

NS : Merci beaucoup, Helga. Et bonne chance à vous et à tous les autres patriotes allemands.


Ce texte est la partie concernant l’Europe dans « Mon projet contre les puissances de chantage du fascisme financier », présenté par Jacques Cheminade à l’élection présidentielle de 2006-2007. Nous le reprenons ici pour que nos lecteurs soient en mesure de juger ce qu’il a exprimé avant le krach, et puissent aujourd’hui juger les listes européennes en présence le 7 juin 2009 avec cet instrument de mesure.

UNE EUROPE DES PATRIES ET DES PROJETS

L’Europe doit changer d’institutions et de manière de penser.

1) L’Europe ne doit plus se faire par l’argent, autour d’un projet monétariste et marchand, mais par référence à de grands projets, à l’échelle de l’Eurasie et de l’Eurafrique, mobilisant les hommes et redonnant priorité au travail, à la production et aux infrastructures. L’Europe ne doit pas être le cheval de Troie de la mondialisation, mais la locomotive d’une reprise mondiale.

2) Les critères de Maastricht et du pacte de stabilité, combinaison de politiques monétaires et budgétaires restrictives et relais d’un système financier et monétaire international injuste, inefficace et destructeur, doivent être abandonnés. Il faut également faire sauter le verrou des doctrines de l’impuissance publique, de l’approche comptable et des statuts de la Banque centrale européenne (BCE).

Le grand public et vous-mêmes, lecteurs, ne savez sans doute pas que les Etats européens (la France ou n’importe quel autre) n’ont plus le droit de faire émettre des crédits à long terme et faible taux d’intérêt qui seraient remboursés par les paiements engendrés par la réalisation des projets. Un plan Marshall serait aujourd’hui interdit !

Quelle hypocrisie ! Il y a autant d’argent qu’on veut pour gonfler les bulles financières à la veille d’un krach, mais pas pour entreprendre une politique de développement physique, en faveur des peuples et des patries. C’est pourtant ce qu’il faut immédiatement faire.

3) Le verrou financier ayant sauté, l’on pourra en effet jeter les bases d’une politique de grands travaux.

Pour cela, il faut que l’Europe investisse annuellement l’équivalent de 1000 milliards d’euros dans des infrastructures allant de Lisbonne à Pékin, avec un programme de recherche commun démarrant sur la base de 200 milliards d’euros. Un financement de l’innovation par un emprunt de la Banque européenne d’investissements, de l’ordre de 150 milliards d’euros, doit venir s’ajouter à l’effort. Notre contribution, à nous autres Français, doit être de 200 milliards d’euros par an pour les infrastructures (ports, ponts, trains à grande vitesse, canaux, énergie) et de 30 milliards d’euros pour la recherche. C’est beaucoup ? Oui. Mais il y a aujourd’hui des sommes bien plus importantes gaspillées sur les marchés financiers, dans des opérations qui engendrent de l’argent sans créer de richesse.

200 milliards d’euros pour les infrastructures et 30 milliards pour la recherche : l’emprunt et l’impôt ne peuvent y faire face. Il faut donc autre chose ; l’émission de crédit public productif, à terme de quinze à cinquante ans, et à faible taux d’intérêt, par une banque nationale, une véritable « Banque de la France », associée à une véritable Bundesbank de l’Etat allemand. Seule la mise en place de banques nationales, associées à des monnaies nationales, permettra en effet à l’Europe de sortir de la prison monétaire où elle s’est enfermée. C’est ce qui est nécessaire pour rebâtir l’Europe en retrouvant la volonté politique qui nous manque depuis plus de trente ans. C’est ce qui est nécessaire pour mettre en place une politique de bien commun, exemplaire vis-à-vis du monde, que ni la droite ni la gauche n’ont été capables d’entreprendre en raison de leur soumission aux pouvoirs financiers du moment. C’est ce qui est nécessaire pour susciter la création de cinq à six millions d’emplois qualifiés sur moins de cinq ans. C’est ce qui est nécessaire pour que l’Europe soit une référence de paix dans le monde, car il ne peut y avoir de paix sans développement partagé.

Au moment même où les faucons américains, groupés autour du vice-président Cheney, menacent de bombarder l’Iran, cette politique européenne est le meilleur soutien que nous puissions fournir à ceux qui, aux Etats-Unis, s’efforcent de les écarter du pouvoir et de faire prévaloir, avec Lyndon LaRouche, le retour à une politique américaine libérée de ce qu’Eisenhower appelait en 1961 le « complexe militaro-industriel ».

4) L’espace, un engagement politique fondamental

Par delà les grands projets du Pont terrestre eurasiatique, qui peuvent être conçus comme une « piste de décollage », l’espace doit être la grande ambition de l’Europe. Une politique d’exploration et d’industrialisation spatiale est le nécessaire prolongement d’un grand dessein de développement économique mutuel sur terre.

Or aujourd’hui, les programmes européens vivent sur l’élan de décisions passées ; ils sont tronqués et sans ambition. Il faut être clair : un grand programme spatial, par définition à long terme, est impossible dans le système politique et culturel actuel, fondé sur les gains financiers à court terme, les jeux et les rapports de force. Sa réalisation implique nécessairement un changement de système, le passage à une société fondée sur l’investissement à long terme, l’esprit de découverte et le développement mutuel. C’est ce que je propose, dans la logique de mon projet politique d’ensemble, dont l’espace est à la fois levier et objectif.

Une politique spatiale, animée par cette ambition, ne doit pas se limiter à la banlieue Terre. Elle doit se fixer l’objectif bien plus ambitieux d’explorer et d’industrialiser le système solaire. L’économie correspondant à cet essor humain sera une économie isotopique : la différence entre les propriétés physiques des isotopes des éléments atomiques sera la base d’une physique nucléaire à venir, engendrant un ordre plus élevé de pratique humaine. Il s’agit de la possibilité de transmuter des éléments chimiques et de créer de nouveaux états de la matière, des matériaux synthétisés à partir d’isotopes ou de combinaisons d’isotopes, possédant des propriétés nouvelles se substituant aux matériaux plus primitifs aujourd’hui utilisés dans l’activité humaine.

Or pour maîtriser ces processus subatomiques nécessaires à l’économie isotopique terrestre (médecine, biologie, gestion de la biosphère, nouvelles industries...), nous devons connaître comment ces processus opèrent à l’échelle des espaces-temps solaires et galactiques, et mieux établir de quelle manière les atomes et les éléments ont été engendrés au cours de la préhistoire de notre système solaire.

Cela suppose que l’on aille y regarder de plus près : des réseaux d’observatoires astronomiques devront être mis en place dans l’espace, loin des perturbations de l’environnement terrestre, avec une infrastructure à grande échelle permettant d’approvisionner dans tous les domaines des travailleurs opérant dans ces stations, à une très grande distance de la Terre.

Science fiction ? Non, réflexion sur l’avenir sans laquelle une campagne présidentielle devient un marigot de mesurettes et de marottes.

A court et moyen terme, des initiatives doivent être prises rapidement pour rétablir notre engagement :

  • multiplier par trois le budget de l’Agence spatiale européenne (ESA), très inférieur à celui de la NASA ;
  • créer un Institut européen de recherches lunaires et spatiales en vue de coordonner les initiatives et d’en susciter de nouvelles ;
  • construire un lanceur lourd allant au-delà d’Ariane V-ECA ;
  • en orbite, installer des centres polytechniques de recherche, de formation et de production industrielle, puis des stations « têtes de pont » vers l’interplanétaire ;
  • concevoir et construire un transporteur spatial de la troisième génération, totalement récupérable ;
  • industrialiser la Lune, en exploitant en particulier ses réserves d’hélium3 ;
  • entamer l’exploration martienne, en préparant des voyages par propagation nucléaire, d’abord fission puis fusion, pour réduire la durée des trajets à dix-quinze jours ;
  • financer plus sérieusement tous les projets de découverte d’exoplanètes telluriques et se donner plus rapidement les moyens de voir plus loin dans l’espace et dans le temps ;
  • instituer dans nos lycées des unités de valeur sur l’espace et l’astronomie.

Ce choix de l’espace est l’expression la plus achevée de la volonté d’entreprendre un changement politique, en remettant à la barre des hommes et des femmes vivant de porter plus loin les limites de la vie.

Il est nécessaire, dans cette perspective, que les hommes politiques européens se mettent réellement à croire à l’Europe comme projet, non comme discours. Leur « coopération avancée » ne doit plus être livrée à des instances supranationales dans lesquelles les décisions sont prises sans aucune participation politique des citoyens. Il faut au contraire reconstruire les bases d’un débat dans les arènes nationales de formation des opinions et des volontés, en parlant de concret, de réel : des grands travaux en France même, entre la France et l’Italie, entre l’Europe et la Russie, entre l’Europe et l’Eurasie, entre l’Europe et l’espace méditerranéen, en discutant systématiquement des moyens de financement et en donnant à voir leurs étapes.

5) Une grande ambition culturelle

A ces grands travaux européens, eurasiatiques et eurafricains, catalyseur et creuset d’un développement mutuel, doit correspondre une grande ambition culturelle intra-européenne.

Aujourd’hui, on parle beaucoup de pondération des voix dans les instances européennes, du nombre de commissaires ou de tel ou tel règlement de sécurité ou de chasse, on se pavane et on expertise, alors que ce qui devrait être la base de l’Europe - les échanges entre jeunes étudiants, l’acquisition commune d’une culture - se trouve absolument négligé.

La réalité est que derrière ces synthèses plus ou moins opportunes, il n’y a pas de réflexion en profondeur sur les fondements de la culture européenne, donc pas de volonté politique. Et comment pourrait-ce être le cas, si la politique économique que pratique aujourd’hui l’Europe va à l’encontre des valeurs européennes ?

Tout se tient. C’est pourquoi la « coopération avancée » entre Etats européens, pour que l’Europe retrouve une politique économique digne d’elle-même, pourra seule être la locomotive d’une grande politique culturelle fondée sur le « patriotisme constitutionnel » et le respect de la dignité de la création humaine aujourd’hui à l’abandon. Sans locomotive économique, pas de train des valeurs. Un signal fort doit être donné : tout jeune Européen doit pouvoir passer au moins six mois d’études supérieures ou de formation professionnelle (pour les apprentis, jeunes diplômés, demandeurs d’emploi et salariés en formation) dans un autre pays membre de l’Union. Cela suppose de financer chaque année au moins un million de programmes Erasmus (au lieu de deux millions en vingt ans, de 1987 à 2008, et au moins 100 000 étudiants inscrits en France doivent pouvoir et vouloir en bénéficier) et 300 000 programmes Leonardo Da Vinci, coordonnés avec les programmes d’aide à l’innovation de PME prenant l’engagement de recruter des diplômés ayant bénéficié d’Erasmus et de Leonardo. Les programmes Comenius, permettant de développer la coopération et la mobilité entre établissements scolaires européens, doivent eux aussi recevoir un financement digne de ce nom (il faudrait passer de 750 000 élèves chaque année à plusieurs millions).

Il faut partir des projets, de ce que l’on fait ensemble : grands travaux en commun, études en commun, lectures en commun, lien social établi autour d’idées discutées, partagées, et d’actes accomplis pour le bien commun. C’est ainsi que se sont formés les Etats-nations, et ce n’est pas autrement que pourra se constituer l’Europe.

Au fur et à mesure de la mise en oeuvre des projets, des délégations de souveraineté seront nécessaires. C’est à travers leur réalisation « physique », s’inscrivant dans le réel, que la nécessité d’une souveraineté correspondant à leur dimension pourra trouver accès dans l’esprit et le coeur des citoyens. Comme la souveraineté des individus s’associe dans les projets des Etats-nations souverains, dans le « bien commun » à un degré socialement plus élevé, les projets des Etats-nations s’associeront au sein de l’Europe locomotive, de l’Europe actrice, au fur et à mesure de l’action. Alors apparaîtra mieux la nécessité des harmonisations sociale et fiscale, inscrites dans un vouloir-vivre en commun long, et non, comme aujourd’hui, relevant de calculs comptables courts.

Alors, mais alors seulement, l’on pourra envisager une souveraineté nationale qui, en enrichissant et non en appauvrissant l’individu et l’Etat, circulera vers les institutions européennes - sans que régions et Europe puissent, comme aujourd’hui, être invoquées contre l’Etat-nation. Les Nations unies des peuples européens, avec un système de mandat représentatif respectant les institutions républicaines existantes, seront le produit éventuel de ce travail, non de remaniements institutionnels venus de bureaux d’experts plus ou moins autoproclamés.

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