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Helga Zepp-LaRouche : La Nouvelle Route de la Soie transforme la planète

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Voici le discours d’introduction d’Helga Zepp-LaRouche, fondatrice de l’Institut Schiller, lors de la conférence internationale du 18 et 19 octobre 2014 en Allemagne.

Mesdames et Messieurs, je vous souhaite à tous la bienvenue à cette importante conférence, et vous fais part tout d’abord des salutations les plus chaleureuses de M. Lyndon LaRouche, qui est en pensée avec nous et dont les travaux prophétiques ont énormément contribué à élaborer et mettre en œuvre une solution dans le monde aujourd’hui.

Je dois toutefois vous dire que nous sommes confrontés à une crise de dimension inégalée. L’humanité est au bord de l’abîme, menacée d’un génocide qui pourrait s’avérer pire que tout ce que nous avons connu dans notre histoire, et c’est ce qui arrivera si l’on continue à appliquer les mêmes politiques dans le monde transatlantique. Nous faisons face à court terme à une combinaison de trois dangers mortels :

D’abord l’expansion des activités terroristes de l’Etat islamique (EI), qui cause déjà un génocide à l’égard des populations kurdes en Irak et en Syrie ainsi que contre les autres minorités religieuses. L’on pourrait très rapidement atteindre le point où les pays contre lesquels ce terrorisme est dirigé n’auront d’autre alternative que de s’engager dans la guerre, ce qui pourrait faire exploser toute la région de l’Asie du Sud-ouest, menant à un conflit global.

Le second danger, lui aussi mortel et instaurant une situation tout aussi dangereuse, est la pandémie d’Ebola, qui est déjà complètement hors de contrôle. Ravageant non seulement les pays d’Afrique de l’ouest, elle s’étend à l’Europe, aux Etats-Unis et à l’Amérique latine. Contrairement aux déclarations irresponsables affirmant que la maladie ne peut se propager dans le secteur dit « avancé » et que les dits pays « avancés » y sont préparés, la situation pourrait échapper à tout contrôle à cause des coupes budgétaires dans le secteur de la santé.

Le troisième danger mortel est que nous devons nous attendre, avec une certitude absolue, à un nouveau krach financier qui sera bien pire que celui de 2008. Si les Etats-Unis et l’Europe s’engagent dans le soi-disant bail in (renflouement interne), autrement dit le modèle chypriote consistant à se servir dans les comptes des épargnants et des entreprises, le monde se trouvera alors plongé dans un nouvel âge sombre, débouchant sur une guerre impliquant un possible recours aux armes nucléaires.

Ce sur quoi je dois insister, cependant, c’est que ces dangers ne découlent pas de processus inévitables car ils sont tous d’origine humaine, et qu’on peut donc y remédier. Mais on doit commencer par reconnaître qu’ils sont la conséquence de la faillite des politiques de l’establishment transatlantique, puis que nous pouvons y mettre fin si nous avons la volonté politique pour cela.

En ce qui concerne la première menace, l’EI, qui poursuit son avancée sur le terrain en dépit des bombardements, mon mari Lyndon LaRouche a produit en 1999 une vidéo, intitulée Storm Over Asia (Tempête sur l’Asie), qui montrait de manière prophétique jusqu’où nous conduiraient les politiques des Anglo-américains.

Dans cet extrait, M. LaRouche expliquait en détails comment la nouvelle version du Grand jeu qu’on était en train de lancer contre la Russie, puis plus récemment contre la Chine, impliquait le recours au terrorisme pour préparer ce qui pourrait devenir une nouvelle guerre mondiale. Il y soulignait, entre autres, le rôle traître de la Turquie. Je vous encourage vivement à regarder cette vidéo sur le site du LaRouche PAC.

L’idée de faire appel à la « carte islamique » contre la Russie avait été présentée à l’origine par [Zbigniew] Brzezinski, lors d’une conférence de la Commission trilatérale à Kyoto en 1975. Ensuite, après avoir entraîné les moudjahidines pour combattre l’Union soviétique en Afghanistan, le mouvement s’est emballé de lui-même, se propageant de l’Afghanistan à l’Asie centrale, vers le Daghestan, la Tchétchénie, le Pakistan et au-delà.

Ensuite, comme si cela n’avait pas déjà créé suffisamment de problèmes, s’y ajouta la politique de « changement de régime », résultant de la volonté anglo-américaine de transformer le monde en empire global, dans la foulée de la chute de l’Union soviétique. Cette politique de changement de régime a aggravé la situation en démantelant les Etats, sur lesquels repose l’organisation de l’ordre international.

En 2003, la guerre contre Saddam Hussein et l’Irak, entièrement fondée sur des mensonges fabriqués par Tony Blair et le MI 6, conduisit au bombardement de l’Irak, renvoyant ce pays « à l’âge de pierre », tout en en faisant un lieu d’incubation pour la vague de terrorisme que nous voyons à l’œuvre aujourd’hui.

Vint ensuite la guerre contre la Libye, qui reposait encore une fois sur des mensonges, et où l’on parvint à tromper les puissances disposant d’un droit de veto à l’ONU – la Russie et la Chine – en leur faisant croire qu’il ne s’agissait que d’une « intervention humanitaire », ce qui explique qu’elles soient restées neutres lors du vote au Conseil de sécurité. Si l’on regarde aujourd’hui le résultat en Libye, on voit un pays plongé dans le chaos le plus total.

Il y eut ensuite les mensonges contre la Syrie, selon lesquels le gouvernement d’al-Assad aurait utilisé des armes chimiques, ce qui n’a toujours pas été prouvé. Au contraire, il a été démontré que ce sont les rebelles qui en ont fait usage, soutenus en cela par l’Arabie saoudite et l’Occident. Les médias occidentaux continuent néanmoins à colporter, aujourd’hui encore, le mensonge que le gouvernement syrien aurait eu recours à des armes chimiques.

Les frappes militaires ont été arrêtées in extremis, mais si vous regardez la région aujourd’hui, l’Irak et la Syrie se retrouvent aux prises avec l’EI, tandis que l’Europe doit composer avec cette proposition complètement insensée, émanant du Parti vert [en Allemagne], d’envoyer des troupes allemandes sous le mandat de l’ONU, chose impossible pour la simple raison que le soutien des Verts au coup d’Etat nazi en Ukraine a contribué à isoler la Russie, de sorte que les chances de voir l’ONU autoriser une telle opération sont pratiquement nulles.

Le ministre allemand des Affaires étrangères a souligné lui aussi ce paradoxe, avant de se rendre en Arabie saoudite pour lui demander de jouer un rôle prépondérant dans la lutte contre l’EI ! Vous pouvez aussi bien demander à la chèvre de garder le jardin et de protéger le chou. Le porte-parole de la CDU, Philipp Missfelder, prétend qu’il ne peut exister de solution pour la Syrie que sans al-Assad, mais qu’on peut le soutenir pour le moment, sinon l’EI prendra le pouvoir…

Nous avons affaire à des amateurs ! Ces politiques irresponsables jouent avec une situation qui pourrait très rapidement conduire le monde à une troisième guerre mondiale. En ce moment, aux Etats-Unis, une révolte gronde, où les gens exigent que l’on remonte aux sources de cette crise avec l’EI, en enquêtant sur les circonstances réelles des attentats du 11 septembre 2001 et en rendant publique la totalité du rapport [d’enquête conjointe du Congrès sur les attentats du 11 septembre], rédigé à l’époque sous la direction du sénateur Bob Graham. La vraie bataille aux Etats-Unis, qui pourrait déterminer le cours des événements mondiaux, est d’obtenir la publication de la section de 28 pages de ce rapport, qui reste confidentielle à ce jour. Ces 28 pages avaient été placées sous le sceau du secret par George Bush, et Obama en avait promis la publication au cours de sa campagne électorale de 2008, afin de permettre aux familles des 3000 victimes des attentats de savoir ce qui était réellement arrivé.

Grâce à nos efforts, il y a actuellement un nombre croissant de députés et sénateurs qui exigent la publication de ce chapitre. La chaîne canadienne CBC a diffusé il y a deux semaines une émission de 11 minutes expliquant précisément l’importance de ces 28 pages. Premier extrait vidéo : « Notre plus grand problème est nos alliés. Nos alliés dans la région ont été notre plus grand problème en Syrie. » C’est la voix du vice-président Joe Biden, qui a prononcé il y a deux ou trois semaines un discours très remarqué, où il a déclaré que le problème avec l’actuelle campagne de bombardements contre l’EI par les Etats-Unis, est que les « alliés » – Arabie saoudite, Qatar, Emirats arabe unis – ont une politique assez différente et que les Etats-Unis n’ont pas d’alliés.

Mais les propos de l’ancien sénateur Bob Graham (bien que toujours soumis au devoir de réserve) vont plus directement aux sources du problème, en augmentant la pression pour que ces 28 pages classées secret défense soient enfin publiées. Extrait suivant [Graham] : « La connexion est directe. Non seulement l’Arabie saoudite a promu cette forme extrême de religion, mais elle en a été la principale source de financement – d’al-Qaïda d’abord, puis de ses diverses succursales partout dans le monde, plus particulièrement celles en Somalie et au Yémen ; et maintenant, il y a le soutien de l’EI... »

Cette déclaration est de la dynamite. Le scandale est, de toute évidence, que tous les chefs d’Etat en Europe et ailleurs savent cela ! Le sénateur Bob Graham est une personnalité très connue et jouissant d’une grande réputation. Il a dirigé l’Enquête conjointe du Congrès [sur les activités des agences de renseignement] sur les circonstances entourant le 11 septembre, et M. Steinmeier, par exemple, en tant que chef de cabinet de l’ex-chancelier Schröder, était responsable des services secrets. Etant aujourd’hui ministre des Affaires étrangères pour la seconde fois, il est impossible qu’il ne soit pas au courant, et ceci vaut également pour tous les gouvernements européens.

Le scandale que nous devons faire éclater auprès du grand public, puis utiliser pour obtenir un changement de politique, est le fait que ces pays mêmes qui ont financé et développé, d’abord les moudjahidines, puis al-Qaïda et al-Nousra, et enfin l’EI, sont censés faire partie de la coalition qui doit combattre l’EI, ce qui est évidemment grotesque.

L’agence de presse Bloomberg publiait il y a deux jours un reportage affirmant que l’Etat islamique encourage des combattants tchétchènes à s’attaquer à Poutine, et l’un des hauts dirigeants de l’EI, un Géorgien portant le sobriquet « Omar le Tchétchène » (son nom est Omar al-Shishani) affirme ouvertement que la cible de l’EI est le Président russe. Nous savons également que la majorité des combattants de l’EI sont tchétchènes et qu’ils se préparent à étendre à la Russie les combats qui font rage actuellement en Asie du Sud-ouest.

Le chef des nazis en Ukraine, Dmytro Iarosh, de Secteur droit, a demandé au seigneur de guerre tchétchène Dokou Oumarov de prendre les armes contre la Russie ; ce Iarosh, soit dit en passant, s’est battu aux côtés des Tchétchènes au cours de leur première guerre contre la Russie.

Comme nous le voyons clairement, ces opérations ne visent pas seulement le Moyen-Orient, elles sont dirigées contre la Russie et la Chine aussi. Le chef de l’EI, Abou Baker al-Baghdadi, a publié, le 4 juillet dernier, une carte montrant comment le Califat qu’il entend instaurer, doit s’étendre jusqu’au Xinjiang, en Chine. Il a également nommé vingt pays sur lesquels les musulmans ont, selon lui, des droits.

Quelle conclusion tirer de tout cela ? Plutôt que s’allier à des pays qui ont financé et encouragé des groupes terroristes, depuis les moudjahidines jusqu’à l’actuel EI, nous devons absolument, si nous souhaitons empêcher que cette situation ne dégénère en troisième guerre mondiale, changer de politique et former une alliance incluant la Russie, la Chine, l’Inde, l’Iran, la Syrie et l’Egypte. La crise ne pourra être résolue que si nous changeons le cours de notre politique en nous engageant dans cette direction.

Cela signifie également que nous devons de toute urgence mettre sur la table la question d’une architecture de sécurité « inclusive », car si nous espérons éviter une troisième guerre mondiale, nous ne pouvons nous permettre de laisser certains pays s’engager sur la voie d’un affrontement avec la Russie. Il nous faut revenir au droit international, au respect complet de la souveraineté des pays, telle que développée dans le cadre des négociations pour la Paix de Westphalie et telle qu’elle est représentée aujourd’hui par la Charte des Nations unies.

Aussi, tout le paradigme des changements de régime par des « révolutions de couleur », qui sont une forme de guerre, bien que non déclarée, doit être banni, en particulier la doctrine Blair d’intervention soi-disant « humanitaire ». En 1999, l’ex-Premier ministre britannique a prononcé un discours à Chicago, qui a complètement transformé la doctrine de l’OTAN et de l’Occident, en affirmant essentiellement que dorénavant, les interventions militaires humanitaires pourraient être entreprises par l’OTAN sans même l’accord de l’ONU. La première fois que cela se produisit, ce fut lors de la guerre au Kosovo contre la Yougoslavie. Il faut aussi en finir, et au plus vite, avec le « droit de protéger » (R2P), une conséquence de la doctrine Blair qui a été adoptée en 2005 au sommet mondial des Nations unies. Car cette politique a conduit à l’érosion qui ronge en ce moment l’Asie du Sud-ouest et l’Afrique.

Il faut revenir à la Paix de Westphalie de 1648, qui mit fin à 150 ans de guerre religieuse, et qui fut à l’époque une véritable percée, établissant les premiers principes du droit international. Si l’on prend les principes de Westphalie, le premier stipule : pour parvenir à la paix, tous les crimes commis par tous les belligérants doivent être oubliés. Le second principe est : dorénavant, la politique étrangère doit reposer sur l’« intérêt d’autrui ». Il faut respecter entièrement la souveraineté nationale, ce qui signifie qu’il faut abandonner l’idée d’intérêt géopolitique d’un pays ou d’un groupe de pays. Car c’est la géopolitique qui a mené à deux guerres mondiales au cours du siècle dernier et qui est sur le point de nous conduire à une troisième, conséquence du Grand jeu consistant à encercler la Russie et la Chine.

Il faut donc remplacer la géopolitique par l’idée des intérêts communs de l’humanité, et il faut construire une nouvelle architecture de sécurité, prenant en compte l’intérêt de tous les pays, sans exception, sur cette planète. Le président chinois Xi Jinping a déclaré à plusieurs reprises qu’il est impossible d’envisager un monde où l’on aurait la sécurité pour certains pays seulement, et le chaos pour les autres.

Si nous portons maintenant notre attention sur le second danger mortel, la pandémie d’Ebola, nous constatons qu’elle est entièrement hors de contrôle. Il n’y a à l’heure actuelle aucun traitement ni vaccin, et c’est un virus extrêmement agressif, avec un taux de mortalité de 70 à 80 %. Il progresse à un rythme exponentiel, et l’on estime que d’ici janvier prochain, on aura, et ce sont là des estimations prudentes, 1,5 million de personnes infectées ! Il y a actuellement entre 10 000 et 20 000 nouveaux cas par semaine. En fait, les personnels médicaux ont arrêté de compter, car la situation est totalement hors de contrôle.

En mars, lorsque la première éruption se manifesta en Afrique de l’Ouest, principalement en Sierra Leone, au Libéria et en Guinée, ces pays ont demandé de l’aide auprès de l’Organisation mondiale de la santé et des Nations unies, sans rien obtenir. Aujourd’hui, nous avons une situation comme celle décrite par Boccace dans le Decameron et les personnels médicaux ont pratiquement abandonné le combat dans ces pays. Ils ont commencé par rassembler les malades dans des camps pour les soigner, puis dans des camps de détention, qui se sont transformés en camps de la mort. Ils ont alors dit aux gens de rentrer chez eux, de prendre de l’aspirine et de ne pas quitter la maison, ce qui signifie que toute la famille serait bientôt contaminée.

Déjà en 1972, mon mari avait appelé à la formation d’un groupe d’étude pour évaluer les implications des politiques d’ajustement structurelles du Fonds monétaire international, car il estimait que si l’on continuait à appliquer ces politiques, cela aurait pour conséquence ultime une catastrophe biologique. Or, nous savons aujourd’hui [les documents ont été rendus publics en 1992, ndt] qu’Henri Kissinger, alors Conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis, avait rédigé en 1974 un mémoire, le tristement célèbre NSSM-200, où il disait que la natalité dans certains pays du tiers-monde constituait la plus grande menace à la sécurité nationale des Etats-Unis, car leur population excédentaire utilisait trop de matières premières, et qu’il fallait donc enrayer la croissance démographique. Avec les politiques d’ajustement structurel du FMI, si vous dites à un pays du tiers-monde, « vous ne pouvez pas investir dans la santé ni dans l’infrastructure, car vous devez d’abord payer votre dette », les conséquences sont très claires. Les conditions déplorables dans lesquelles se trouvent plongés de nombreux pays, notamment en Afrique, en sont les conséquences délibérées, voulues par le système mondial actuel.

Il faut aussi se rappeler que la réduction démographique a été la politique britannique depuis au moins la Deuxième Guerre mondiale, lorsque Bertrand Russell écrivait, dans un article de la revue Science intitulé « L’Impact de la science sur la politique », qu’il serait salutaire qu’une pandémie mortelle se déclare à chaque génération, car la population se verrait alors réduite et les survivants pourraient procréer plus librement sans provoquer de surpopulation. Sans oublier que le prince Philip a déclaré publiquement à plusieurs reprises, dans des conférences publiques, que s’il pouvait se réincarner, il aimerait que ce soit sous la forme d’un virus mortel capable de réduire la population mondiale.

En 2008, le Centre américain pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) avait rédigé un mémoire à l’intention du futur président Obama, qui n’a été publié qu’ hier (le 17 octobre) dans le Washington Times, en vertu de la Loi de libre accès à l’information, disant que les coupes budgétaires prévues pourraient mener à une situation où des maladies comme la rage, l’hépatite A, puis Ebola, pourraient devenir des menaces mortelles. Ceci a de toute évidence été ignoré et les coupes budgétaires ont été brutales.

Nous devons remédier aujourd’hui, aux Etats-Unis comme en Europe, à une situation bien pire qu’auparavant, car il s’avère, par exemple en Espagne, où les premiers cas d’Ebola se sont manifestés et où plusieurs infirmières ont été contaminées, qu’il n’y a aucune procédure concernant les personnels de santé ! Plutôt que d’hospitaliser les gens dans des unités de niveau 4, rien n’a été prévu et les infirmières ont dû déterminer elles-mêmes ce qu’elles devaient faire. Aux Etats-Unis, il n’y a que quatre hôpitaux où l’on peut traiter des malades au niveau 4 ; en Allemagne, il n’y a de place que pour 50 patients. Mercredi dernier [le 15 octobre], il y a eu une visioconférence aux Etats-Unis, organisée par le syndicat National Nurses United, à laquelle participaient 11500 infirmières. Reprochant à Obama le manque total de préparation au sein des institutions de santé, elles ont expliqué n’avoir reçu aucune formation, aucun équipement de protection ni masque respiratoire, et ne disposer d’aucun moyen pour éliminer les déchets contaminés.

Des travaux effectués par Rebecca Milner, de l’International Medical Corps, à l’Université du Minnesota, montrent comment, contrairement aux affirmations officielles, Ebola peut se transmettre par voie aérienne. Autrement dit, il est faux de dire que transmission ne se fait que par contact physique.

Les militaires espagnols ont proposé en août dernier, c’est-à-dire il y a deux mois, lorsque le cas de l’infirmière espagnole fut porté à la connaissance du public, de faire appel aux unités ABC de l’armée, des équipes spécialement formées pour faire face aux attaques atomiques, biologiques et chimiques, pour prendre en main la situation, puisqu’elles ont été formées pour cela. Le gouvernement espagnol a rejeté la proposition. Au lieu de cela, les patients ont été envoyés à l’hôpital Carlos III de Madrid, où l’unité la plus avancée pour le traitement des maladies contagieuses a été démantelée il y a un an afin de réduire les coûts, dans le cadre des privatisations. Le personnel non qualifié n’eut alors droit qu’à une vidéo de 20 minutes et, naturellement, ces gens se sont retrouvés contaminés.

Des experts de ces unités ABC en colère ont accordé une entrevue à El Confidencial Digital, expliquant qu’au cours de leur entraînement, leurs équipes apprennent comment mettre et enlever leur équipement de protection plusieurs centaines de fois, sous l’œil attentif d’un officier qui relève la moindre erreur, leur disant : « Si c’était pour de vrai, vous seriez déjà mort. » 500 médecins, infirmières et autres personnels soignants ont par ailleurs publié une déclaration affirmant que le virus le plus mortel, c’est la politique du gouvernement espagnol et des responsables du secteur sanitaire, qui mettent en pièces le système de santé publique en le privatisant. Ce qui ne se limite pas, bien entendu, à l’Espagne.

Les ministres européens de la Santé soutiennent obstinément que l’épidémie n’est pas hors de contrôle, qu’elle ne peut se transmettre par voie aérienne, mais il faut reconnaître que la pire menace n’est pas la propagation rapide d’Ebola en Europe, mais plutôt la politique de la Troïka, qui a démantelé les systèmes de santé de la Grèce, de l’Italie, de l’Espagne, du Portugal, et la négligence criminelle de ces gouvernements apparaît aujourd’hui par le simple fait qu’ils limitent pratiquement leurs dispositions à un examen des passagers débarquant aux aéroports et aux gares ferroviaires, consistant à prendre leur température, ce qui n’empêche aucune contamination ni contagion.

En regardant les chiffres pour l’Europe, on constate une chute du nombre de lits d’hôpitaux pour 100 000 habitants entre 2013 et 2014, à cause des politiques d’austérité de la Troïka. En Allemagne, il a été réduit de 6 %, en France de 16 % et en Italie de 18 % ! L’Europe n’est pas prête à faire face, car il faut 20 personnes pour traiter un seul patient. Vous pouvez imaginer dans quelle situation nous sommes.

Bien entendu, la première chose à faire serait de déclarer l’état d’urgence pour mettre fin à la crise en Afrique, ce que l’on ne fait pas en ce moment. Toutes les armées du monde devraient envoyer des navires hôpitaux sur les côtes d’Afrique de l’Ouest, puisque les pays les plus durement touchés se situent sur la côte atlantique. On pourrait ainsi soigner très rapidement un grand nombre de patients. Il y a bien 3500 soldats américains qui ont été envoyés là bas pour réaliser certaines installations, mais ils n’ont pas construit un seul bâtiment ! Ainsi, plutôt que d’attendre et de perdre un temps précieux, l’on devrait simplement prendre certains immeubles et les transformer rapidement en hôpitaux de niveau 4, afin d’empêcher la propagation de cette épidémie avant qu’il ne soit trop tard. On doit déployer toutes les unités des armées du monde qui ont été formées pour faire face à la guerre biologique, car ce sont là les seules capacités dont nous disposions à l’heure actuelle dans ce domaine. Ici encore, faute d’une collaboration entre les Etats-Unis, la Russie, la Chine, l’Inde, les pays européens et autres, on ne pourra pas résoudre ce problème.

Voici donc deux situations dans lesquelles il est parfaitement suicidaire pour l’espèce humaine de rechercher l’affrontement avec la Russie, et je puis vous assurer qu’au cours des semaines et des mois à venir, la panique ira croissant dans le monde par rapport à tout cela. Il faudra la transformer en un mouvement en faveur d’un changement profond de paradigme, conduisant à une nouvelle architecture de sécurité à l’échelle internationale, où tous les pays travailleront ensemble pour faire face à ces menaces mortelles.

Déjà, au cours des années 1970, LaRouche avait appelé à une Initiative de défense biologique, dans le contexte des mesures imposées par le FMI. LaRouche réitéra cet appel après les attaques à l’anthrax aux Etats-Unis, dans le contexte du 11 septembre 2001, demandant qu’un effort de défense national soit entrepris pour contrer la guerre biologique, en s’inspirant des leçons tirées de la Guerre de Corée, à l’origine de la loi Hill-Burton aux Etats-Unis.

En février 2006, j’ai moi-même demandé que soit lancée une Initiative de défense biologique, alors que l’épidémie de grippe aviaire avait déjà touché trois continents et qu’il y avait un danger de mutation immédiat de ce virus, lui permettant de se transmettre de personne à personne. En 1991, l’Organisation mondiale de la santé avait indiqué qu’il y aurait une fenêtre d’opportunité de dix ans avant qu’une combinaison d’anciennes et de nouvelles pandémies, ainsi que de maladies résistant aux antibiotiques, ne crée les conditions d’un holocauste biologique. Ce délai de grâce a pris fin il y a quatorze ans maintenant, et il est évident qu’il est plus urgent que jamais de rassembler les ressources à l’échelle internationale dans le domaine de la santé, et d’éviter le type de redondance que l’on voit aujourd’hui pour des raisons de brevet et de profit, car nous faisons face à une nouvelle peste noire qui pourrait provoquer un effondrement de la population mondiale, comme ce fut le cas au XIVe siècle.

Cette Initiative de défense biologique requerrait un véritable programme à marche forcée, mais suivant une approche entièrement nouvelle, non pas au profit des laboratoires pharmaceutiques mais pour étudier une question fondamentale, qui est de savoir ce qu’est réellement la vie, autrement dit de déterminer la nature de la connexion entre la biosphère et la noosphère, dans le sens où l’entendait le scientifique russe Vladimir Vernadski.

Il était déjà établi dès les années 1970 que le monde se dirigeait vers un nouveau krach financier et l’émergence d’un nouveau fascisme. Rappelez-vous le célèbre avertissement lancé par mon mari Lyndon LaRouche le 15 août 1971, lorsque le président Nixon découpla le dollar de l’étalon-or, démantelant le système de Bretton Woods. Il avait alors averti que tout cela conduirait à un nouveau krach.

Entretemps, le système financier international est devenu un système criminel, qualifié de « système cannibale » par Jean Ziegler, le nouveau commissaire chargé de l’enquête sur les activités des fonds vautours, qui en sont la composante la plus criminelle et le principal responsable, dans une large mesure, de l’état dans lequel se trouve non seulement l’Argentine, qui se bat courageusement contre eux, mais aussi l’Afrique. En effet, ces fonds vautours, qui exigent de l’Argentine 850 millions de dollars pour des obligations pourries qu’ils ont acquises pour 48 millions de dollars (soit un rendement de 1608 % sur six ans !), s’étaient conduits de la même manière à l’égard du Congo-Brazzaville : il s’agit d’un fonds dénommé Elliott Management, appartenant au même Paul Singer qui est aujourd’hui en guerre contre l’Argentine.

Il serait bon de savoir combien de médicaments, de nourriture, de logements on pourrait se procurer avec les millions que les fonds vautours empochent, sans compter les coûts associés à leurs activités criminelles. Combien de vies auraient pu être sauvées au cours des quatre dernières décennies, et aujourd’hui encore ? Nous avons souligné tout au long de cette période que les politiques du FMI étaient cent fois pires que celles d’Adolf Hitler, et si l’on compte combien de gens sont morts à cause d’elles, on peut affirmer que ce n’est absolument pas exagéré.

Ce système, qui nous a menés à une situation où 85 individus dans le monde possèdent autant de richesses que les 3,5 milliards de leurs congénères, est sur le point de s’effondrer. Il va se désintégrer, et au train où vont les choses, si rien ne change entretemps, ce sera bien pire qu’en 2008, car les banques trop grosses pour sombrer sont 50 % plus grosses, et 50 % plus endettées. Un grand nombre d’experts de la finance martèlent que « le big one est sur le point d’arriver ». William White, l’ex-dirigeant de la Banque des règlements internationaux (BRI), et Guy Debelle, le chef de la Commission des marchés de la BRI, affirment que ce sera un krach relativement violent ; Thomas Hoenig, le vice-président du Fonds de garantie des dépôts américain (FDIC), a déclaré récemment que si une seule banque trop grosse pour sombrer s’effondrait, tout le système suivrait. Tout ce que les autorités, aux Etats-Unis comme en Europe, ont prévu est un renflouement interne (bail in), une coupe transversale dans tous les comptes bancaires inspirée du modèle chypriote.

Comme je l’ai dit au début, ces trois menaces existentielles convergent, et si aucun changement fondamental n’a lieu dans le paradigme en place, nous passerons tous à la trappe, y compris les responsables de cette situation.

Il existe fort heureusement une porte de sortie, parce qu’un processus parallèle est en train de se développer, en réaction directe à ce système de casino totalement immoral et criminel fondé sur l’optimisation des profits de quelques-uns, entraînant la pauvreté et la mort pour des millions sinon des milliards d’individus. Un système alternatif se prépare depuis longtemps déjà. Ce processus, qui remonte au combat du Mouvement des non-alignés au cours des années 1960, puis à la bataille pour un Nouvel ordre économique mondial dans les années 1970, a connu de nombreux échecs et fut temporairement écrasé. Notre mouvement se bat pour ce système alternatif depuis que Lyndon LaRouche a proposé la création d’une Banque internationale de développement en 1975, et nous avons poursuivi le combat pendant près de quarante ans.

Mais une nouvelle ère a débuté lorsque le président chinois Xi Jinping a proposé l’année dernière, au cours d’une visite au Kazakhstan, la construction d’une Nouvelle route de la soie. L’ancienne Route de la soie, construite en grande partie il y a deux mille ans, à l’époque de la dynastie Han. Elle permit à l’époque l’échange de nombreux produits et d’idées, ainsi que des échanges culturels, et il s’agissait là en effet d’une immense victoire puisqu’il avait fallu relever d’incroyables défis, comme le désert du Taklamakan, tandis que l’on ne se déplaçait qu’à cheval, à dos de chameau, à pied et par bateau.

C’est un endroit que j’ai eu la chance de visiter en août dernier, à l’invitation de la Fondation Soong Ching Ling et de l’Académie Dunhuang. Nous avons pu voyager le long de l’ancienne Route de la soie, depuis Lanzhou jusqu’à la Grande muraille à Jiayuguan, Dunhuang et encore plus à l’ouest, dans le désert de Gobi. C’était très intéressant. Vous ne voyez que le désert, mais regardez ici ces arches : c’est le début de la nouvelle ligne ferroviaire, qui ralliera Lanzhou à Urumqi, et au-delà. Elle se construit à une vitesse prodigieuse.

La nouvelle Route de la soie n’est pas qu’une liaison entre la Chine et l’Europe, via l’Asie centrale : il s’agit d’un concept ouvert, tous les pays de la planète sont invités à s’y joindre. En novembre dernier, Xi Jinping y ajoutait une autre proposition, la Nouvelle route de la soie maritime, et en mai, s’est tenu le sommet de Shanghai entre les présidents Poutine et Xi Jinping, une très grande réussite, au cours duquel furent annoncés l’accord de trente ans conclu sur les ventes de gaz, ainsi que quarante autres accords. En juillet, le sommet des BRICS s’est réuni à Fortalezza, au Brésil, rejoint ensuite par les dix-sept chefs d’Etats du CELAC, puis ceux de l’Unasur, suivis plus tard par les rencontres de l’Association des pays du Sud-est asiatique (ASEAN) et de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS).

Il s’agit là de plus de la moitié de l’humanité ; ces pays sont engagés dans un paradigme complètement différent de tout ce que vous pouvez imaginer, ici en Europe ou aux Etats-Unis. Il y a un optimisme culturel incroyable en Chine. C’est un pays qui a connu un développement extraordinaire au cours des trente dernières années, développement qui a demandé des centaines d’années à la plupart des pays du secteur qu’on dit avancé. La Chine offre aujourd’hui ce même type de développement aux pays désireux de se joindre à la Nouvelle route de la soie.

Ceci implique une nouvelle conception de l’homme, l’humanité se définissant par rapport à son futur et à sa relation à l’ordre cosmique. Cette partie du monde associée aux BRICS opère déjà selon des principes entièrement différents : la Route de la soie n’est pas une conception géopolitique, elle surpasse l’intérêt national en tant que fondement de la coopération entre les grands pays, dans l’intérêt commun de l’humanité. A Fortalezza, une myriade de projets de développement ont été adoptés par les pays participants, et je vais vous en énumérer quelques-uns pour vous donner une idée de leur ampleur.

Tout d’abord, les pays participants se sont mis d’accord sur des mécanismes de crédit et sur certains principes visant à élever le niveau de développement de toute la planète. Trois banques sont en train d’être mises en place : la Banque asiatique d’investissement dans l’infrastructure, la Nouvelle banque de développement, la Banque de l’Organisation de coopération de Shanghai. L’objectif sera de fournir du crédit, non pour la spéculation mais seulement pour les projets. Ces banques, même si elles ne sont pas encore complètement opérationnelles, offriront une bouée de sauvetage lorsque sombrera le Titanic du système transatlantique.

Parmi les nombreux projets adoptés, mentionnons la construction, avec l’aide des Chinois, d’un second canal de Panama au Nicaragua, reliant le Pacifique et les Caraïbes, appelé à devenir le foyer de tout le Bassin de l’Amérique centrale et des Caraïbes. Ce projet a été conçu par un grand groupe chinois, qui a déjà travaillé à la construction de deux ports, d’un aéroport, d’un lac artificiel, d’une cimenterie et d’une aciérie, ainsi que par le Changjiang Institute of Survey, Planning, Design and Research, concepteur du barrage des Trois gorges. La Russie a aussi fait part de son intérêt à participer au projet.

Ensuite, il y a la ligne ferroviaire transcontinentale reliant le Pérou au Brésil. Il s’agit là d’un projet gigantesque, qui relierait pour la première fois le Brésil à la côte Pacifique, via le Pérou. Lors d’une rencontre avec Xi Jinping, la présidente brésilienne Dilma Rousseff a déclaré que ce projet est essentiel pour l’intégration du continent sud-américain et pour faciliter les exportations brésiliennes vers l’Asie. La Bolivie a entretemps demandé à la Chine son aide pour construire la partie du projet traversant son territoire, une route transcontinentale alternative allant du Brésil jusqu’au Pérou, en passant par la Bolivie.

Il y a toute une série de projets entre la Russie et le Nicaragua, la Russie et Cuba, la Chine et Cuba (29 grands projets) ; entre la Russie et la Bolivie, des projets de centrales nucléaires et autres infrastructures ; entre la Chine et la Bolivie, une coopération dans le domaine des satellites ; entre l’Argentine et la Russie, des projets d’infrastructure ainsi que dans le nucléaire, la construction et l’opération de centrales commerciales, ainsi qu’un réacteur de recherche, pour dessaler l’eau de mer, etc. Ensuite, entre la Russie et le Brésil, des accords commerciaux, militaires et de coopération dans le nucléaire (on parle de doubler les échanges commerciaux chaque année), et les deux pays travaillent ensemble au développement d’un système de défense anti-aérien, puis à l’expansion du système de navigation au GPS Glonass ; entre le Brésil et la Chine, un véritable partenariat stratégique s’est mis en place et les deux pays travaillent à renforcer leur coopération dans le spatial, ainsi qu’à un travail conjoint avec l’Afrique pour développer des satellites. Le Brésil vend également des avions à la Chine, sans parler des nombreux échanges de scientifiques entre les deux pays. Entre l’Argentine et la Chine, il y a 19 accords en tout, infrastructure, coopération nucléaire, entre autres. Mentionnons enfin les accords entre le Venezuela et la Chine, la Chine et le Mexique.

Les relations Inde-Chine

Lorsque Xi Jinping s’est rendu en Inde entre les 17 et 20 septembre dernier, pour une importante visite d’État, les deux dirigeants se sont entendus sur dix accords économiques majeurs et sur une coopération dans le domaine nucléaire, en particulier pour développer des réacteurs au thorium, ainsi qu’un réacteur à lit de boulets chinois de démonstration, d’une puissance de 100 MW.

Tous ces projets sont extrêmement importants parce qu’ils montrent la voie vers l’avenir. Alors que ces pays construisent à grande vitesse, toute la région transatlantique a jeté l’éponge, comme dans le domaine du nucléaire, au bénéfice de la spéculation à court terme. Mais même si ces projets sont évidemment cruciaux, l’esprit d’une nouvelle Renaissance des pays des BRICS et des autres pays qui coopèrent avec eux est encore plus important. Car les populations d’Europe et des Etats-Unis sont devenues si pessimistes qu’elles ont du mal à imaginer que certains dirigeants, ailleurs dans le monde, soient en train de se battre réellement pour le bien commun de leurs propres peuples.

Je vous encourage vivement à regarder de plus près le discours prononcé par Xi Jinping lors de sa visite en Inde, car c’est un discours qui représente le plus haut niveau de gouvernance et qui exprime, de fait, le principe de la Paix de Westphalie.

Xi a rappelé que la Chine et l’Inde partagent une longue histoire d’amitié s’étendant sur deux mille ans. Le bouddhisme s’est développé en Inde et a été amené par des moines en Chine. Il a mentionné Ji Xianlin, le maître d’études chinoises qui était un expert du Sanskrit, ainsi que l’amiral Zheng He, de la dynastie Ming, qui a fait plusieurs voyages d’exploration et s’est rendu en Inde à six occasions. Ils en ont ramené l’astronomie, des calendriers, la littérature, l’architecture, qu’ils ont introduits en Chine. De son côté, la Chine a apporté à l’Inde la fabrication du papier, la soie, la porcelaine, le thé et la musique.

L’Inde a soutenu la Chine au cours des Guerres de l’opium et la Chine a encouragé l’Inde au moment de sa lutte pour l’indépendance, a souligné Xi Jinping, citant ensuite longuement le grand poète indien Rabindranath Tagore, adoré des Chinois, lorsqu’il visita la Chine : « Je ne sais pas, mais je me sens comme si je revenais chez moi lorsque je suis en Chine. » Et en repartant : « Mon cœur reste ici. »

Xi Jinpin s’est ensuite adressé à la jeunesse chinoise et indienne présente :

« J’espère que vous pouvez assimiler la sagesse de l’histoire ancienne de la Chine et de l’Inde, et poursuivre vos efforts pour rechercher la vérité. En Chine, gardez vos cœurs jeunes, et en Inde également. Entretenons le même esprit et créons un avenir meilleur, main dans la main. Quiconque souhaite réussir cherche à aider les autres à réussir. Quiconque souhaite être compris, s’efforce de comprendre les autres. Tandis que la Chine œuvre à son propre développement, nous souhaitons sincèrement que l’Inde soit prospère, active et puissante. Nous sommes la locomotive du développement en Asie et au niveau global, et nous nous retrouvons à nouveau à la frontière des temps. La Chine et l’Inde travaillent ensemble au bénéfice de l’autre, de l’Asie et du monde entier. »

Xi a insisté sur le fait qu’il avait ressenti dès son plus jeune âge un profond intérêt pour la civilisation indienne, résumant avec une grande maîtrise les périodes marquantes de l’histoire indienne : civilisation du Gange, culture védique, période Goupta, avant de réciter de très beaux passages de Tagore.

Tel est l’esprit dans lequel l’Institut Schiller a été créé il y a trente ans : si les pays veulent vivre en paix les uns avec les autres, il nous faut mettre en avant et souligner les points culminants atteints par les autres cultures. La Nouvelle route de la soie ne sera pas seulement une plateforme supérieure de développement économique, bénéfique à autrui et apportant le progrès à tous les pays participants, c’est aussi une métaphore pour une nouvelle Renaissance, où chaque pays mettra de l’avant et fera revivre ce qu’il y a de meilleur, de plus beau, dans la poésie, la musique et la philosophie.

A l’occasion du 2565e anniversaire de la naissance de Confucius, Xi Jinping a déclaré dans un séminaire international : « Si un pays ou une nation ne chérit pas sa propre pensée et culture, s’il perd son âme, quel que soit ce pays ou cette nation, il ne pourra pas rester debout. » Voilà le problème de l’Europe et des Etats-Unis : nous avons perdu notre culture et notre âme.

Xi Jinping a également déclaré : « Les classiques devraient être enchâssés dans l’esprit de l’élève et constituer les gènes de la culture chinoise. » Pour la Chine, Confucius, Mencius et ses cinq mille ans d’histoire sont en train de devenir très rapidement l’identité de la nation entière, et le gouvernement chinois fait d’immenses efforts pour que chacun puisse se familiariser avec ces cinq mille ans d’histoire chinoise, et y adhérer. En Inde, des efforts similaires sont entrepris afin d’étudier les écrits védiques, le Rig Veda, le magnifique cantique de la création ; le Sanatana Dharma, la religion éternelle dominant toutes les autres, ce qui est exactement l’idée de Nicolas de Cues selon laquelle il existe une vérité supérieure unissant toute l’humanité, et un être supérieur au-dessus de la religion. Comme l’a écrit Tagore dans sa célèbre correspondance avec Einstein : « Lorsque notre univers est en harmonie avec l’homme, l’éternel, nous le connaissons en tant que vérité, nous le ressentons en tant que beauté. »

Pour la Russie, cela signifie le pouvoir de la poésie de Pouchkine et la prescience de Vernadski, qui doit de la même manière incarner l’identité nationale. Si nous voulons, nous Européens, survivre, nous ferions bien de faire revivre notre belle tradition forgée par Platon, Léonard de Vinci, Cervantes, Rabelais, Rembrandt, Nicolas de Cues, Leibniz, Bach, Beethoven et Schiller, et faire revivre la noble conception qu’ils avaient tant d’eux-mêmes que de l’homme en général.

Comme l’a déclaré Narendra Modi, nous devons former un mouvement de masse en faveur du développement, non seulement en Inde et dans les pays en voie de développement, mais aussi en Europe et aux Etats-Unis : nous ferions bien de rejoindre les BRICS pour créer un monde meilleur et plus harmonieux, pour le développement de tous les peuples de la planète. Ce mouvement de masse pour le développement doit s’inspirer d’un amour passionné de l’humanité !

Pour la Russie, ce nouveau paradigme doit se fonder sur la beauté de la poésie de Pouchkine et les travaux de Vernadski qui, comme l’écrit Lyndon LaRouche dans son livre Earth’s Next Fifty Years, doit être défini comme le point de référence sublime, intégrant la question cruciale de savoir quelle différence il y a, d’un point de vue quasi axiomatique, entre les pays. A quoi ressemblera, essentiellement, la noosphère dans deux générations ? Quelle est la meilleure manière de répondre aux exigences de la souveraineté des pays et des individus au cours des deux générations à venir, et au besoin urgent d’améliorer les caractéristiques et la qualité de la noosphère ?

Il faut s’attaquer aux problèmes actuels du monde du point de vue de l’avenir : quel dessein voulons-nous pour l’humanité dans deux générations, ou dans cent ans ? Si nous ne souhaitons pas nous retrouver dans un nouvel âge des ténèbres, avec seulement quelques millions de gens vivant dans des conditions misérables, presque à l’état sauvage, ou si nous ne souhaitons pas voir l’humanité disparaître, pour la simple raison que nous n’aurions pas réussi à nous débarrasser de l’Empire avant qu’il ne provoque notre extinction par voie thermonucléaire, il faut clamer haut et fort que l’identité de l’humanité est d’être la seule espèce créative connue jusqu’à présent dans l’univers.

Il faut donc bâtir un mouvement de masse voué à servir les buts communs de l’humanité, avec une vision du futur, en vue de construire un monde dans lequel toute l’humanité ait accès à l’énergie et aux matières premières, puisque nous aurons établi une base sur la Lune pour exploiter l’hélium-3, qui servira à produire de l’électricité grâce à la fusion nucléaire, ainsi que d’autres matières premières. Nous aurons alors les conditions pour l’émergence d’une économie isotopique, la maîtrise de techniques médicales de haute précision, la fabrication de moteurs pour la propulsion spatiale permettant des accélérations constantes de 1G, des voyages vers des corps célestes encore plus éloignés, vers Mars et les astéroïdes. Et nous serons en mesure de défendre notre planète contre les astéroïdes, les météorites et les comètes.

Des révolutions scientifiques nous permettrons de savoir ce que représentent réellement notre système solaire, notre galaxie, notre univers avec ses milliards de galaxies. La nouvelle architecture de sécurité internationale inclusive devra être définie de ce point de vue. Le concept de Nouvelle route de la soie ne sera pas qu’une liaison entre les pays de notre planète, comme le fut l’ancienne Route de la soie, ni même un pont terrestre mondial reliant tous les continents, mais un ascenseur pour l’espace, capable d’élever l’humanité à un niveau de pensée supérieur, celui de la coincidentia oppositorum, la coïncidence des opposés développée par Nicolas de Cues.

Telle doit être l’identité de l’humanité à l’ère de la Nouvelle route de la soie, celle d’une espèce créatrice, vivant en harmonie avec les lois du cosmos.

Madame LaRouche montre ici un vidéo :

Narrateur : Un rêve chinois remontant aux temps anciens est devenu réalité. La sonde lunaire, baptisée du nom de la déesse mythique chinoise Chang’e, a amorcé sa descente vers la Lune le 14 décembre à 21 heures, heure de Beijing. Quelque 12 minutes plus tard, elle s’est posée dans le cratère Sinus Iridum, dans la baie des Arcs-en-ciel.

[Les Chinois annoncent le contact réussi avec le sol, sous les applaudissements.]

Narrateur : Juste un jour après l’arrivée de Chang’e-3 sur la surface lunaire, le rover Lapin de Jade débutait sa tournée d’exploration. Alors qu’il avait parcouru 9 mètres vers le nord, le rover et l’atterrisseur se sont photographiés l’un l’autre. Ces images en couleur ont été immédiatement transmises vers la Terre, grâce à un système de relais conçu par les Chinois. C’est la première fois que le drapeau chinois est planté sur un corps extraterrestre ! Alors que les photos de l’espace étaient transmises vers le Centre de commande et de contrôle de Beijing, des applaudissements et des félicitations fusaient de toute part. Le directeur du programme lunaire chinois a déclaré que la mission Chang’e-3 était une réussite complète !

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Les choses sont donc entre nos mains. Souhaitons-nous que l’humanité devienne vraiment humaine ? Voici, en agrandissement, un détail de la fresque de la Chapelle Sixtine montrant Dieu touchant la main d’Adam.

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C’est le symbole de l’homme devenant un être créateur. Voici maintenant une interprétation présentée par un Chinois lors d’une conférence récente, montrant comment la Chine tend la main aux Etats-Unis.

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