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Le rôle de l’Arabie Saoudite dans les attentats du 11 septembre

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Intervention de Christine Bierre au colloque de l’Académie de Géopolitique de Paris, le 11 décembre 2014 à l’Assemblé Nationale.

Les 28 pages qui pourraient mettre fin au terrorisme anglo-saoudien

Depuis toujours, les attentats terroristes majeurs, ceux dont les conséquences bouleversent l’ordre mondial ou font basculer les nations dans l’horreur de la guerre, ont toujours été orchestrés par des États ou des forces institutionnelles puissantes qui en contrôlent la politique.

Dans la période allant de la guerre menée par les Occidentaux contre l’URSS en Afghanistan (1979-1989) jusqu’à aujourd’hui, le terrorisme international a été dominé par des éléments djihadistes dont la trace des financements remonte presque toujours à deux parrains immensément riches, l’Arabie saoudite et le Qatar, et à leurs commanditaires occidentaux, le Royaume-Uni, les États-Unis et leurs affidés. La piste saoudienne a été évoquée dans les attentats du 11 septembre, dans le Nord Caucase et en Asie centrale contre la Russie, dans la guerre menée par les Occidentaux contre la Libye et la Syrie, dans les tueries de Daech en Irak et en Syrie aujourd’hui.

Le système est bien rodé, et on connaît désormais les commanditaires, les acteurs et les cibles de ce terrorisme. Exemple : le 4 décembre dernier, jour où Vladimir Poutine devait prononcer son discours annuel devant le Conseil de la Fédération, un « émirat du Caucase » lançait une violente attaque à Grozny, en Tchétchénie, provoquant une dizaine de morts et 28 blessés.

Montrant qu’il connaissait parfaitement la source de cette attaque, Poutine rappela dans son discours « la politique d’endiguement » menée par les Occidentaux contre la Russie dans les années 1990-2000, lorsqu’ils soutenaient la rébellion Tchétchène. Et Poutine de déclarer :

Nous nous souvenons bien de l’identité et des procédés de ceux qui, presque ouvertement, ont soutenu à l’époque le séparatisme et même le terrorisme pur et simple en Russie, désignant comme des « rebelles » des meurtriers, dont les mains étaient tachées de sang, et organisant pour eux des réceptions de haut niveau. (...) Le soutien occidental au séparatisme en Russie, incluant un soutien informationnel, politique et financier, en plus du soutien des services spéciaux, était absolument évident et ne laissait aucun doute sur le fait qu’ils seraient heureux de laisser la Russie suivre le scénario yougoslave de désintégration et de démantèlement, avec toutes les retombées tragiques que cela entraînerait pour le peuple russe.

Le 7 décembre dernier, réponse du berger à la bergère : un article signé par Ilan Berman paraissait dans la revue Foreign Affairs du Conseil des Relations étrangères (CFR) de New York, une institution fondée en 1921 par Allen et John Foster Dulles pour coordonner au plus haut niveau les politiques de l’oligarchie anglo-américaine. Dans cet article intitulé « Pourquoi la Russie devrait craindre le terrorisme », Berman annonce, avec une prescience étonnante, que « La Russie pourrait devenir prochainement un théâtre important pour l’Etat islamique ». Cette organisation, dit-il, a « reçu beaucoup de soutien des militants du Nord-Caucase et pourrait en recevoir bien plus, étant donné la décision annoncée par l’EI de commencer à concentrer son attention sur l’espace postsoviétique ». Berman évoque ensuite le rôle que pourrait jouer le chef militaire de l’État islamique, Abou Omar al-Chichani, un commandant géorgien qui avait promis d’éliminer Poutine. Mais, de source russe, aurait été éliminé en Syrie.

Mais même si partout l’on accuse désormais l’Arabie saoudite, le Qatar et leurs parrains anglo-américains, les organisateurs de ce terrorisme de plus en plus sanguinaire n’ont jamais été conduits devant les tribunaux de l’humanité, et on en reste au niveau des accusations, des on-dit et des informations qui circulent uniquement parmi les spécialistes.

Un combat en cours

D’où l’importance de mes propos aujourd’hui. Je ne vais pas vous livrer une énième hypothèse sur le terrorisme ; je vais vous parler d’un combat en cours actuellement aux États-Unis qui pourrait être décisif. Car il pourrait établir les preuves de la participation de l’Arabie saoudite aux attentats du 11 septembre, et obliger ainsi les États-Unis à rompre sa relation privilégiée avec ce pays et d’autres qui pratiquent la même politique. Ce combat, mené par un groupe de patriotes particulièrement actif mais qui est minoritaire, au cœur même de l’Empire, mérite toute notre attention et notre soutien.

Si le rapport de la Commission « officielle » d’enquête sur les attentats du 11 septembre, dirigée par Thomas Kean et Philip D. Zelikow, s’est employé à enterrer la vérité, ce n’est pas le cas de l’enquête menée en 2002 par la « Commission parlementaire bipartisane sur les failles du renseignement américain dans les attentats du 11 septembre », co-présidée par l’ancien sénateur démocrate de Floride, Bob Graham.

Cette commission a réellement fait son travail et publié son rapport en 2002. Mais voilà que le Président de l’époque, George W. Bush, a décidé de frapper du sceau du secret défense, les 28 pages que contiennent les informations les plus sensibles, celles qui permettent de remonter aux sources de financement des pirates de l’air, lors de leur séjour aux États-Unis dans les mois qui précédèrent les attentats. Et toutes les pistes mènent vers l’Arabie saoudite et son ambassadeur aux États-Unis à l’époque, le prince Bandar bin Sultan.

Le sénateur Bob Graham n’a jamais avalé la décision de George W. Bush de ne pas publier ces pages, et encore moins qu’Obama, qui avait pourtant promis lors de sa première campagne présidentielle de le faire, ne tienne pas sa parole. Pire encore, le 29 mai 2009, à la veille d’une visite en Arabie saoudite, Obama demanda à la Cour suprême de justice de confirmer la décision d’une cour d’appel, interdisant aux familles des victimes des attentats de poursuivre des fonctionnaires saoudiens ou des membres de la famille royale, bénéficiant tous d’un statut d’immunité reconnu par une loi fédérale américaine de 1976.

Depuis, Bob Graham mène campagne pour que ces 28 pages soient publiées, convaincu, comme il l’a dit dans un entretien le 19 novembre au site du Comité d’action politique de Lyndon LaRouche, qui soutien activement son action, que si l’on avait pu prouver le rôle de l’Arabie saoudite dans les attentats du 11 septembre, l’Etat islamique, ou Daech, n’existerait pas aujourd’hui.

On pourra en finir militairement avec Daech, a-t-il dit, mais ce serait une victoire à la Pyrrhus si peu de temps après, un autre groupe émergeait, nourri au même abreuvoir dont sont sortis Al Qaeda et l’EI.

Il faut souligner que Bob Graham n’a rien d’un « conspirationniste ». Il a pris sa retraite en 2005, après avoir exercé des mandats électifs pendant 38 ans : d’abord à la Chambre des représentants et au Sénat de Floride ; ensuite, en tant que gouverneur de Floride où deux mandats ont fait de lui le gouverneur le plus apprécié de cet État ; enfin, au Sénat des États-Unis, où son mandat a duré 18 ans. Lors des attentats du 11 septembre, Graham présidait la prestigieuse Commission restreinte du renseignement du Sénat, où il siégeait depuis 10 ans.

En 2004, il publia un ouvrage Questions de renseignement, où, tout en évitant soigneusement de violer le secret défense, il expose certaines découvertes de la commission bipartisane. En 2010, il publia un roman où il pointe un doigt accusateur sur les accords de ventes de pétrole contre armes, signés entre la compagnie britannique BAE et l’Arabie saoudite en 1985, qui ont permis au prince Bandar de constituer une vaste caisse noire pour financer les menées des djihadistes contre les ennemis de l’Empire anglo-américain. Pour Graham, pas l’ombre d’un doute : ce sont les relations trop proches entre la famille Bush et le Royaume saoudien qui expliquent la molles de la réaction américaine.

Au fur et à mesure que de nouveaux « djihadismes » de plus en plus violents apparaissent, d’autres responsables américains ont rejoint son combat. Le 3 décembre 2013, les députés Walter Jones (républicain de Caroline du Nord) et Stephen Lynch (démocrate du Massachussetts) ont déposé la résolution HCR 428 à la Chambre de représentants, pour obtenir la déclassification des 28 pages. Depuis ils ont été rejoints par Thomas Massie (républicain du Kentucky) et 19 autres élus. Ils sont désormais 10 démocrates et 10 républicains.

L’ancien sénateur est aussi fortement épaulé par les victimes du 11 septembre, dont l’association « Familles unies pour la justice contre le terrorisme » co-présidée par Terry Strada, dont le mari est décédé dans les attaques contre les Twin Towers .

D’autres enquêteurs sont venus renforcer le dossier présenté par Bob Graham et collaborent étroitement à cet effort pour déclasser ces documents. Il s’agit de l’auteur Anthony Summers, de Dan Christensen, éditeur d’un site en Floride, le Broward Bulldog, et de son avocat Thomas Julin.

Les 28 pages

Que révèlent ces 28 pages, et au-delà, les rapports de ces enquêteurs ? Le rapport de la Commission bipartisane s’est intéressé à deux des 19 pirates de l’air ayant participé aux attentats du 11 septembre, qui s’étaient installés à San Diego en Californie.

Ces deux hommes, Nawaf Al-Hamzi et Khalid Al-Mihdhar, sont arrivés à Los Angeles en 2000, où ils ont été accueillis par deux saoudiens Osama Basnan et Omar al-Bayoumi. Ce dernier est un agent connu de la Direction générale du renseignement saoudien (GID). Al-Bayoumi a fourni aux apprentis terroristes une forte somme d’argent en liquide, un appartement et des cartes d’affiliation à la sécurité sociale. Il les aida aussi à s’inscrire dans une école de pilotage en Floride.

Les enquêteurs de la Commission bipartisane ont découvert des liens de financement entre ces pirates de l’air et Al-Bayoumi. Pendant la période où il prit en charge les pirates de l’air, Al-Bayoumi reçut des financements provenant de différents fonds saoudiens, des réseaux des princes richissimes finançant Al-Qaeda, ainsi que des comptes bancaires de l’ambassadeur d’Arabie saoudite aux États-Unis à l’époque, le prince Bandar, et de sa femme, la princesse Haïfa, sœur du prince Turki bin-Faisal, alors à la tête de la Direction générale du renseignement saoudien (GID). Ces chèques passaient par un compte de la Riggs National Bank de Washington qui, suite à ce scandale et à ses liens multiples avec la CIA, fut obligée en 2005 de changer d’identité.

Surtout, les enquêteurs de la Commission bipartisane ont découvert, en passant au peigne fin des dossiers au bureau du FBI, que les deux pirates de l’air en question étaient connus et suivis par un de ses agents ! Dans son rapport publié en 2004, Bob Graham dénonce le fait que le FBI a refusé à ses enquêteurs d’interviewer cet agent du FBI qui avait pourtant hébergé les pirates de l’air.

L’équipe de Floride

En 2011, l’équipe d’enquêteurs du site Broward Bull Dog, a rendu publiques ses trouvailles sur un autre groupe de pirates de l’air du 11 septembre, opérant à Sarasota, en Floride.

Summers et Christensen ont découvert que trois autres pirates de l’air, y compris le chef présumé des opérations, Mohammed Atta, auraient été directement en contact avec une famille de riches Saoudiens étroitement liés à la famille royale saoudienne, installée à Sarasota, en Floride.

Il s’agit de la famille al-Hiijjii, Abdulazzi, le père, sa femme Arnoud et son beau père Esam Ghazzawi. Les trois pirates de l’air, Atta, Marwan al-Shehi et Ziad Jarrah, se seraient rendus de nombreuses fois à leur domicile. L’analyse des communications téléphoniques de cette famille, après les attentats, a permis d’identifier des conversations avec onze des preneurs d’otages !

Le 30 août 2001, moins de deux semaines avant les attentats, cette famille s’est mystérieusement volatilisée, quittant précipitamment cette résidence en laissant de la nourriture sur la table, les voitures dans l’allée, l’eau coulant dans la piscine et des couches sales dans les chambres.

Le FBI avait été alerté des liens entre les al-Hiijjii et les pirates de l’air, par les shérifs locaux et les gardiens de la résidence où vivait cette famille. Dès le lendemain des attentats, ils avaient fouillé la maison et interviewé les habitants du quartier. Mais rien de tout cela n’a filtré, ou n’a été transmis aux enquêteurs de la Commission.

Conclusion

Voici donc la nature des preuves qui figurent dans les documents qu’il s’agit de déclasser. Cependant, les enquêteurs sont persuadés que ces 28 pages ne sont que le tout début d’une véritable enquête, le petit bout d’un énorme iceberg de crime.

Quelles sont les prochaines étapes pour la déclassification des 28 pages ? La résolution HCR 428 est l’une des voies pour y parvenir. Trois nouveaux élus viennent de l’endosser, mais tout est fait pour empêcher qu’elle soit votée. A titre d’exemple, la résolution HCR 758 condamnant la Russie qui vient d’être adoptée par la Chambre, a été votée deux semaines seulement après son introduction, alors que nos amis ont déposé la leur il y a un an.

Il y a aussi une issue administrative, sur laquelle travaille l’avocat de Breward Buldog, Thomas Julin. Après avoir épuisé tous les autres recours, on peut encore faire appel à un panel intergouvernemental, incluant des représentants des départements d’État et de la Justice, des agences de renseignement et des archives nationales, qui donne un avis à caractère consultatif au Président. Ce panel, connu pour exercer une certaine indépendance de jugement, pourrait se prononcer cet hiver.

Enfin, les familles des victimes avancent aussi sur le terrain législatif. Elles sont à l’origine d’un projet de loi, JASTA (Justice contre le terrorisme), qui donnerait aux familles le droit d’assigner en justice, aux Etats-Unis, les riches financiers des actes de terrorisme sur le sol américain. Selon nos sources, ce projet de loi pourrait être présenté prochainement en commission au Sénat.

Christine Bierre

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