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Obama prépare son départ... en guerre

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Bien qu’il s’agisse de manoeuvres de l’OTAN, ces blindés paradant à Narva, une ville estonienne sur la frontière russe, arborent ostensiblement le drapeau américain...
Crédit : beforeitsnews

Barack Obama réaffirme la suprématie de l’empire anglo-américain et poursuit sa tentative d’encercler militairement et commercialement la Russie et la Chine. Une politique qui pourrait vite dégénérer en nouvelle guerre mondiale.

Ceux qui avaient espéré que les négociations de paix entre Américains et Russes sur la Syrie éloigneraient le spectre d’une nouvelle guerre mondiale, auront été brutalement détrompés par la récente virée de Barack Obama en Europe.

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Nouvelle Solidarité N° 7/2014. S’abonner.

Pendant ses deux mandats de quatre ans, les réseaux américains ont savamment distillé l’idée que le Président américain voulait réellement changer les choses mais que l’establishment ne le laissait pas faire. Et voilà qu’à la fin de son deuxième mandat, alors qu’il n’a plus rien à perdre, il est venu réaffirmer, avec toute son arrogance, le leadership des Etats-Unis sur le monde.

En une semaine, entre le 20 et le 26 avril, Obama a tenté d’éteindre les incendies qui menacent l’ordre du monde conçu par deux grands impériaux britanniques, Sir Alfred Milner et Cecil Rhodes. Au tournant du XXe siècle, voyant que les États-Unis avaient supplanté l’Empire britannique en tant que première puissance mondiale, l’élite britannique, soucieuse de maintenir son rang, a développé le concept de « partenariat particulier anglo-américain » qui a fait tant de mal au monde depuis. « British brains and American money », disait John Maynard Keynes, résigné et amer.

Leur credo ? Le libre-échange à outrance, le malthusianisme, et la géopolitique de MacKinder et Haushofer, selon laquelle celui qui contrôle l’Eurasie (Russie, Chine, Asie centrale) domine le monde, et que c’est par le contrôle de l’Europe occidentale et orientale qu’on peut maîtriser cette masse continentale.

Couvrir l’allié saoudien ?

Premier incendie à éteindre, celui qui pourrait emporter l’alliance privilégiée de ce couple avec l’Arabie saoudite, provoqué par les révélations insistantes aux États-Unis sur les liens entre de hauts responsables saoudiens et les pirates de l’air des attentats du 11 septembre.

On parle souvent du « Pacte du Quincy », scellé à la fin de la Deuxième Guerre mondiale entre le Royaume d’Arabie saoudite et les États-Unis pour assurer l’approvisionnement pétrolier de ces derniers, mais pas assez de l’accord Al-Yamamah d’échange d’armes contre pétrole, signé en 1985 entre Margaret Thatcher et le prince Bandar d’Arabie saoudite. Ce pacte a généré des fonds à profusion, permettant aux partenaires de déployer des armées de djihadistes contre leurs ennemis à travers le monde, depuis la guerre contre l’Union soviétique en Afghanistan jusqu’à celle pour chasser la famille Al-Assad du pouvoir en Syrie !

C’est pour gérer tout cela qu’Obama est allé à Riyad le 20 avril. La campagne menée par des élus américains et les familles des victimes du 11 septembre, pour obtenir la publication des 28 pages classées secret défense, extraites du rapport de la Commission conjointe sur le 11 septembre, établissant le rôle du prince Bandar Bin Sultan, ambassadeur de l’Arabie à Washington à cette époque, dans ces attentats (voir NS N°9/2016), a connu une véritable percée ces jours-ci.

Cependant, ce que Ryad n’a pu supporter, c’est l’adoption par la Commission judiciaire du Sénat d’un projet de loi (JASTA), donnant droit aux familles des victimes de traîner des responsables saoudiens devant la justice pour complicité avec le terrorisme. En visite à Washington en décembre, le ministre des Affaires étrangères saoudien avait même menacé les États-Unis de vendre 750 milliards d’avoirs en dollars, en représailles !

De quoi a-t-on discuté à Riyad ? La suite des événements donne peut-être des indications. D’abord, on a enterré la publication des 28 pages. Avant le voyage, de hauts responsables de l’Administration avaient laissé planer l’espoir qu’elles pourraient être rendues publiques, du moins en partie.

Mais le 1er mai, le directeur de la CIA John Brennan, qui était du voyage, annonçait dans l’émission Meet the Press de NBC, qu’elles ne seraient pas publiées. Ensuite, le 6 mai, le Pentagone annonçait l’envoi au Yémen de forces spéciales au sol, en tant que conseillers multi-usages dans la guerre menée par l’Arabie saoudite contre les rebelles Houthis.

Reprendre le contrôle de l’Europe

Obama a ensuite gagné le Royaume-Uni pour quatre jours de rencontres avec David Cameron et la famille royale anglaise (voir encadré ci-dessous), avant de se rendre en Allemagne, où il a inauguré la foire industrielle de Hanovre et organisé un mini-sommet avec les chefs d’États de France, d’Allemagne, d’Italie et du Royaume-Uni.

C’est en véritable chef de l’Empire qu’Obama est venu en Europe, bousculant sans ménagement ses interlocuteurs pour qu’ils évitent la fracture de l’UE et assument les dépenses militaires nécessaires à contrer la « menace » russe.

Au cœur de ses préoccupations, la crainte de l’implosion de l’UE, sous le poids de la crise financière non résolue de 2008 et des vagues massives de migrants. Mais aussi, crainte dissimulée que l’Europe ne lâche les États-Unis pour se rapprocher de la Russie. Car l’Europe subit de plein fouet les conséquences de la volonté d’empire américaine – résurgence du nazisme en Ukraine, sanctions contre la Russie, déferlantes de migrants fuyant les guerres de l’OTAN pour redessiner le Moyen-Orient.

Certaines couvertures de presse en disent long sur le malaise entre « les alliés ». Le 23 avril, Sylvie Kauffman, « l’américaine » du journal Le Monde, écrivait :

Il y a sept ans (...) lorsqu’il a pris ses fonctions, Barack Obama ne soupçonnait sans doute pas qu’avant de quitter la Maison-Blanche, il devrait faire une dernière tournée en Europe pour tenter de ramener les Anglais à la raison et convaincre les continentaux de ne pas mollir face à la Russie. (...) Aujourd’hui, l’heure est grave et Barack Obama vient dire aux Européens que le moment n’est pas venu de baisser la garde face à ce que l’on considère au département d’Etat comme une "Russie révisionniste", qui conteste ouvertement l’ordre de l’après-guerre froide.

Contre le Brexit

C’est dans le Daily Telegraph qu’Obama a ouvert le tir contre le « Brexit », le slogan des partisans de la sortie de la Grande-Bretagne de l’UE lors du référendum du 23 juin. Le choix que vous ferez, a averti Obama, est

d’un intérêt profond pour les Etats-Unis (…) Une Europe forte n’est pas une menace au leadership global de la Grande-Bretagne ; elle le renforce. (...) votre voix puissante en Europe garantit la prise de positions fortes par l’Europe dans le monde, et maintient l’UE ouverte (...) et liée de près à ses alliés de l’autre côté de l’Atlantique.

Obama ne s’est d’ailleurs pas gêné pour proférer des menaces contre son alliée privilégiée. Si elle quitte l’UE, « un accord commercial entre l’Angleterre et les Etats-Unis, (...) ne risque pas d’arriver de si tôt, car notre objectif étant de négocier un accord commercial avec un grand bloc, l’Union européenne, (...) le Royaume Uni se retrouvera en queue de peloton ».

Sommet de l’OTAN en juillet à Varsovie, un sommet de guerre

Mais c’est son discours « aux peuples d’Europe », prononcé à Hanovre, qui fut le plus lourd de sens, rappelant Churchill lorsque, face au rideau de fer, il appelait « à une relation particulière entre l’Empire britannique et les États-Unis » et à une Europe unie face à l’URSS.

Dans un tour d’horizon, Obama a dénoncé les dangers qui « menacent l’Europe et la communauté transatlantique », parmi lesquels « l’agression russe qui a violé de façon flagrante la souveraineté et le territoire d’une nation européenne indépendante (...) Une Europe forte, unie, a-t-il clamé, est une nécessité pour le monde car une Europe intégrée reste vitale pour notre ordre international. »

Le président Obama a demandé aux dirigeants européens de consacrer plus de moyens à la défense. C’est ainsi qu’Angela Merkel a effectivement accepté d’envoyer des soldats allemands en Europe de l’Est, une décision vivement dénoncée par Helga Zepp-LaRouche, la présidente de notre parti frère outre-Rhin.

L’examen des initiatives militaires prises par l’OTAN ne peut qu’amener à la conclusion que leur objectif est de provoquer et d’encercler la Russie et la Chine, une politique qui risque de nous conduire fatalement à une nouvelle guerre mondiale.

Que constatons-nous ?

  • Une intensification des manœuvres navales dans la Baltique et en mer Noire, près des frontières russes (dernier incident en date, l’approche du destroyer USS Donald Cook, équipé de systèmes antimissiles, à seulement 120 km de Kaliningrad ;
  • le projet d’un déploiement en rotation permanente de troupes de l’OTAN en Pologne et dans les États baltes, dont la décision finale sera prise à Varsovie en juillet ;
  • un positionnement avancé de systèmes d’armement lourd, dont des chars M1, des véhicules de combat Bradley et de l’artillerie lourde, ainsi que le déploiement de chasseurs furtifs F-22 en Lituanie et en Roumanie.

Le plus inquiétant, cependant, est la volonté de Washington de moderniser son arsenal nucléaire, un projet estimé à 1000 milliards de dollars, notamment des armes nucléaires déployables en cas de conflit.

Ce programme la modernisation des têtes nucléaires B61 déjà installées en Allemagne, en Italie, en Belgique, aux Pays-Bas et en Turquie, ainsi que le système LRSO de missiles de croisière aéroportés, conçu pour déjouer les systèmes de défense aérienne de l’ennemi.

Le TTIP : une « OTAN économique »

A quelques mois de son départ et alors que s’ouvrait à New York, le 25 avril, le XIIIe round des négociations entre la Commission européenne et les États-Unis sur le Traité de libre-échange transatlantique (TTIP/TAFTA), Obama est venu régenter ses alliés, très réticents à le signer.

Il tente désormais de le faire passer en criant au loup contre la Chine. Dans le Washington Post du 3 mai, il annonçait clairement la couleur : « L’Asie Pacifique est en passe de devenir le marché le plus grand et le plus lucratif au monde. »

Dans ce contexte :

C’est aux Etats-Unis, et non à des pays comme la Chine, d’écrire les règles [commerciales]. La Chine et quinze autres nations viennent de se rencontrer en Australie dans le but de signer un accord, le Partenariat régional économique complet avant la fin de cette année.

Face à cette volonté de l’Empire anglo-américain d’imposer sa suprématie au monde, seul un message venant d’une Europe retrouvant son indépendance pourrait créer un choc salutaire aux États-Unis, les poussant peut-être à retrouver leur âme.

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La Reine forever  !

Le quotidien britannique The Guardian du 22 avril rapporte avoir demandé à Barack Obama si la « relation particulière », liant Londres et Washington, serait endommagée au cas où le Royaume-Uni voterait pour la sortie de l’UE.

Obama a répondu par cette anecdote : « Parmi les membres de mon staff, a-t-il précisé, il y a une personne qui d’habitude, lorsqu’on se déplace à l’étranger, ne quitte jamais sa chambre d’hôtel. [Or, cette fois-ci,] elle m’a fait savoir qu’elle voulait venir au château de Windsor dans l’espoir d’y apercevoir la Reine. Gracieusement, la Reine a accepté de la rencontrer lorsque les gens s’alignent pour la saluer. Elle a donc rencontré la Reine. Elle a failli s’évanouir… C’est ça la relation spéciale. Et rien n’aura d’impact sur cela, c’est du solide. Et elle continuera, espérons-le, éternellement… »

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