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Hussein Askary : Un plan de développement révolutionnaire pour les proche et moyen-orient

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Voici un résumé du discours d’Hussein Askary à la Conférence internationale de l’Institut Schiller des 24 et 25 novembre dernier, en Allemagne.

Pour la vidéo de son discours, voir ici.

Pour la transcription complète, cliquez ici.

Résumé

L’orateur, un Iraquien vivant en Suède, a présenté les perspectives à avoir à l’esprit pour résoudre la situation aux Proche et Moyen-Orient et y établir une paix durable. Pour cela, il a repris l’approche de l’économiste et homme politique américain Lyndon LaRouche, selon laquelle la seule voie viable pour instaurer la paix entre les peuples de la région passe par un plan de développement économique mutuel. Cette proposition de LaRouche, présentée pour la première fois à Bagdad en 1974, est connue sous le nom de « Plan Oasis », en particulier du fait qu’elle est centrée sur le développement de nouvelles ressources en eau, source récurrente de conflit dans cette région.

Ces nations aujourd’hui en guerre doivent être considérées comme des Etats-nations souverains, quelle que soit leur attitude actuelle. Askary a bien insisté sur la condition préalable à ce projet, en termes de principes : la nature humaine « ne consiste pas à rivaliser, comme le prétend l’économie d’aujourd’hui, ni à se venger d’anciennes injustices politiques, ni à gagner des terres en les prenant aux autres ».

De nombreux projets dorment, ou pour certains d’entre eux sont en cours de réalisation, qui permettraient de s’attaquer au désert et à ce que cela implique. Mais de petits projets disséminés ici ou là, comme ceux de l’ONU, de la FAO et de l’UE, s’avéreront toujours un échec, aussi bons soient-ils en eux-mêmes. Il faut un plan d’ensemble, impliquant une coopération régionale entre nations, pour attaquer simultanément le désert sur tous les fronts.

Le désert, une menace commune

Askary a commencé par montrer des images satellites de la NASA et de l’ESA, décrivant la trajectoire et l’évolution des tempêtes de sable et de poussière, fréquentes dans ces contrées. Elles naissent dans la région située entre l’Iran et la Syrie, puis descendent tout en gagnant en force, poussées par des vents venus de zones à haute pression qui rencontrent des zones à basse pression, pour finir dans la mer d’Arabie. L’enjeu est donc, grâce aux technologies spatiales, d’attaquer ces tempêtes dès leur naissance pour les neutraliser.

Pour affronter cette menace régionale commune qu’est le désert, il faut le faire reverdir et le rendre hospitalier, ce qui nécessite de l’eau en abondance. Askary a donc défini les sources d’eau éventuellement disponibles : les hydrologies de surface et souterraine et le dessalement de l’eau de mer. « A terme, l’enjeu est de permettre au cycle hydrologique naturel d’acquérir un rythme de vie qui lui soit propre. »

L’hydrologie de surface

Askary a présenté de nombreux projets dans ce domaine, dont notamment :

  • le canal Sibaral, qui consiste à détourner les eaux de l’Ob et de l’Irtych, en Russie, vers la mer d’Aral, grâce à un barrage à leur confluence et à un canal de 2550 km, permettant à terme un transfert de 60 km³ d’eau ;
  • le « fleuve d’Iran », pour transformer les deux dépressions désertiques du pays en immenses lacs d’eau salée, dans l’espoir qu’ils modèrent le climat et, grâce à des unités de dessalement, fertiliser de nouvelles terres arables ;
  • le « pipeline de la paix », suggéré dans les années 1980 par le gouvernement turc dans le cadre du processus de paix israélo-arabe. Ignoré par les Etats-Unis et l’Europe, il prévoyait le transfert des eaux des fleuves Seyhan et Ceyhan par deux pipelines distincts : l’un à l’ouest, de 2700 km et passant par la Syrie, la Jordanie, Israël, la Palestine et l’Arabie saoudite, et l’autre à l’est, de 3900 km, traversant la Syrie, l’Irak, le Koweït et les autres Etats du Golfe. Ils pourraient transporter 16 millions de mètres cubes d’eau par jour.

L’hydrographie souterraine

Deux scientifiques sont connus pour ce qu’ils ont appelé le modèle de Grand bassin hydrographique : Robert A. Bisson, coauteur du modèle d’Exploration des grands bassins hydrographiques (Megawatershed Exploration) avec Farouk El-Baz, le scientifique américano-égyptien de la NASA qui avait cartographié la Lune pour y déterminer des sites d’atterrissage. Ils contredisent la conception traditionnelle des eaux souterraines, qui veut que la pluie tombe au sommet des montagnes, que sa majeure partie disparaisse par ruissellement et évaporation, tandis qu’une faible partie s’infiltre sous terre pour former ce que l’on appelle les aquifères horizontales.

Bisson et El-Baz estiment que la plupart des précipitations ont lieu dans les régions supérieures des montagnes, c’est-à-dire là où il nous est le plus difficile d’effectuer des mesures. De ce fait, 80 % des pluies ne seraient pas prises en compte. Celles-ci s’infiltreraient à travers un vaste réseau de fissures et de failles, créées lors de la formation des chaînes de montagnes, ainsi que par les activités tectoniques et sismiques continues, pour s’écouler verticalement plus profondément que les aquifères horizontales et sur de plus grandes distances, donnant naissance à des rivières souterraines pouvant s’étendre sur des dizaines de milliers de kilomètres carrés, dont nous ne tiendrions pas compte dans nos estimations. L’on pourrait donc trouver de l’eau souterraine en des endroits complètement inattendus. Pour leurs recherches, ils s’appuient sur la cartographie par télédétection, une technologie spatiale.

En 2006, pendant la crise du Darfour, Farouk El-Baz a visité le Soudan pour y présenter son étude. « Le conflit au Darfour, au départ, n’est pas d’ordre politique : il l’est devenu suite au rôle des Britanniques et de leurs supporters aux États-Unis. Il s’agissait initialement de différentes tribus, sédentaires et nomades, s’affrontant pour l’eau. » El-Baz a montré que sous le Darfour s’étend un grand lac, d’une taille proche de celle du lac Érié aux États-Unis, proposant d’y creuser immédiatement un millier de puits afin d’y pomper de l’eau pendant au moins cent ans.

Le dessalement de l’eau de mer

Il est désormais parfaitement clair pour les gouvernements du Golfe et d’autres régions arides dans le monde, que la meilleure solution pour garantir l’approvisionnement en eau pour les consommations domestique, urbaine et industrielle, consiste à dessaler l’eau de mer. D’importantes mesures ont été prises par les pays de la région pour construire des unités de dessalement conventionnelles à grande échelle, en investissant généreusement dans une combinaison de processus de dessalement d’eau et de production énergétique, recourant au gaz naturel et au pétrole.

Plus des deux tiers de la production mondiale d’eau potable par dessalement se font dans la région. L’Arabie saoudite, à elle seule, en produit 25 millions de mètres cubes par jour et les Émirats arabes unis environ 3 millions. Cependant, ces pays devront plus que doubler ces niveaux au cours de la prochaine décennie et les tripler la suivante.

Le problème majeur de ces prévisions tient au choix des énergies. L’Arabie saoudite utilise 1,5 millions de barils de pétrole par jour pour produire l’électricité et la chaleur requises pour le dessalement. Non seulement le coût, mais aussi la charge de la production physique et l’impact environnemental qu’impliquent le doublement et le triplement du dessalement sont à prendre sérieusement en compte. En outre, c’est une perte économique physique nette, dans le sens où ces matières premières, qui pourraient servir à la production pétrochimique au lieu d’être brûlées, ne peuvent rivaliser avec l’énergie nucléaire, en termes de densité de flux énergétique.

L’Institut Schiller avait proposé de coupler des unités de dessalement à des centrales nucléaires : on appelait cela les « nuplexes ». Cette idée n’est pas neuve : pendant la présidence d’Eisenhower, l’une des idées en vogue pour résoudre la crise israélo-arabe consistait à prêter assistance à l’Egypte, à Israël et aux autres pays en construisant de petites centrales nucléaires pour dessaler l’eau de mer. Car la plupart des guerres entre Israéliens et pays arabes n’ont pas pour origine des questions religieuses, mais des questions relatives au contrôle de l’eau. Gaza en est un exemple.

Selon un rapport de l’ONU publié en octobre, Gaza ne serait plus vivable en 2020, du fait de l’épuisement des aquifères. En effet, celles-ci, peu profondes et bordant la mer, sont contaminées par les eaux usées des habitants et le sel s’y répand. Les gens tombent malades en la buvant. Gaza a donc un besoin immédiat d’une unité de dessalement pour produire 500 millions de mètres cubes d’eau potable par jour.

Selon les études de l’Agence internationale à l’énergie atomique (AIEA), les réacteurs nucléaires de taille moyenne sont appropriés pour le dessalement, en cogénération d’électricité, utilisant la vapeur à basse pression de la turbine et l’alimentation en eau de mer du système de refroidissement final.

De nouvelles technologies sont étudiées dans ce domaine, montrant toutes qu’il faut atteindre des niveaux de température et de pression supérieurs pour qu’elles deviennent vraiment intéressantes, ce que l’on ne pourra réaliser efficacement qu’avec l’énergie nucléaire. Si les réacteurs nucléaires à haute température de quatrième génération se sont avérés depuis longtemps les plus efficaces, les efforts consentis pour investir dans ce domaine sont presque nuls.

La politique agricole

C’est une chose d’avoir de l’eau, c’en est une autre de savoir comment l’utiliser sous forme concentrée, afin d’en tirer le plus grand profit. Il faut s’orienter vers de nouvelles technologies agricoles et d’irrigation, y compris dans le domaine de la biogénétique, afin de développer de nouvelles formes de plantes, de graines et d’arbres résistant mieux au climat et davantage capables de retenir l’eau.

Une technique très efficace, utilisant l’effet de serre, est l’hydroponie. L’on n’a pas besoin de sol. Les graines sont semées dans des conteneurs en plastique ou en fibres, remplis d’une eau enrichie en minéraux dont la plante a besoin. C’est efficace, rapide et très productif. Un autre système est l’aéroponie : on maintient les graines en suspension et l’on arrose directement les racines avec de l’eau riche en minéraux. On économise ainsi beaucoup d’eau : l’eau qui s’évapore dans la serre est recyclée. Les statistiques démontrent l’efficacité de ces méthodes, comparées à la culture en plein air.

« Au Moyen-Orient, il est commun d’inonder le champ d’eau : les plantes prennent ce qu’elles peuvent, le reste va à Dieu. Ou à l’évaporation. Ces technologies modernes sont utilisées en Australie, en Israël et ailleurs, et nous devons absolument nous en doter. » L’on pourrait ainsi économiser autour de 90 % de l’eau habituellement utilisée.

Askary a conclu en revenant sur la volonté politique nécessaire pour mettre ces projets en oeuvre. « Ce cercle vicieux peut et doit être brisé. Cela requiert au préalable certaines conditions globales, bien sûr, notamment de rejeter le système géopolitique meurtrier actuel qui repose sur la devise « diviser pour mieux régner », et restructurer le système financier et bancaire. Ces deux éléments seront le signal donné à ces nations pour changer d’état d’esprit : passer de la destruction à la construction. »

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