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La chute des prix du pétrole fait boomerang contre la City et Wall Street

La rédaction
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La chute des prix du pétrole organisée par l’Arabie saoudite, avec l’aval d’Obama, pour déstabiliser la Russie, commence déjà à se retourner contre les intérêts de la City et de Wall Street.

D’abord, quatre des principales mégabanques de Wall Street, Citigroup, JPMorgan Chase, Morgan Stanley et Goldman Sachs, sont largement exposées aux dettes associées aux gaz et pétroles de schistes, qui se sont accumulées au rythme de 100 milliards de dollars annuels depuis une décennie, et à la bulle des produits financiers dérivés, totalisant 20 000 milliards de dollars, qui est venue se greffer sur ces dettes. Citibank par exemple, qui est la plus exposée des mégabanques new yorkaises dans ce domaine, comptait en novembre dernier 7 % de « pétro-dettes » dans ses actifs. [1]

Deuxièmement, le résultat de cette tentative de déstabilisation de la Russie n’a pas conduit à une décote de sa dette mais de celles des grandes sociétés pétrolières européennes, dont BP, Total et Shell, qui ont été placées sur la liste de surveillance de l’agence de notation Standard & Poor’s. Ces géants pétroliers se sont endettés depuis une décennie en payant des dividendes élevés à leurs actionnaires et en achetant leurs propres actions, et ce malgré le fait que la demande en pétrole et en gaz dans la zone transatlantique ne soit jamais remise de la crise financière de 2007-2008. Alors que la dette des entreprises du secteur pétrolier atteint les 1600 milliards de dollars, les revenus ne devraient pas dépasser les 300 milliards si le prix du baril reste au niveau des 50 dollars.

La ligne de front du problème de cette dette se situe dans le secteur nord-américain des gaz et pétroles de schistes, où les coûts de production sont les plus élevés par rapport au reste de l’industrie des hydrocarbures. Les faillites de sociétés de forage et d’extraction ont déjà débuté, et les dettes encourues pourraient bien constituer le détonateur d’une nouvelle crise s’étendant à l’emploi et à l’économie réelle.

Le Wall Street Journal faisait remarquer le 14 décembre que les « inquiétudes à l’égard des junk bonds s’étendent au-delà du secteur pétrolier », puisque la bulle de 1300 milliards de dollars de junk bonds (des obligations « pourries », à haut rendement mais spéculatives) a commencé à se contracter, après avoir progressé fortement entre 2011 et la mi-2014.

Quant au chroniqueur financier du Telegraph de Londres Andrew Critchlow, il avait prévenu le 14 novembre que les entreprises de forage dans les gaz et pétroles de schistes représentaient un tiers de tous les emprunteurs (ou émetteurs d’obligations pourries) des Etats-Unis. Il avait prédit que si le prix du baril restait dans les 60 dollars (le West Texas Intermediate Crude est coincé dans les 50 dollars depuis plus d’un mois), 30 % de ces mêmes emprunteurs se retrouveraient en cessation de paiements.

Un rapport de Citibank publié fin novembre indiquait que les revenus du secteur bancaire s’étaient contractés de 17 % au troisième trimestre, et que ceux provenant des prêts, largement dominé par des prêts à haut taux d’intérêt aux entreprises évoluant dans le secteur de l’énergie, avaient chuté de 60 %.

Mais au-delà du problème des prêts et des obligations pourries, il y a celui, à un peu plus long terme, des produits dérivés.

Avec la chute des prix du pétrole de 50 % au cours du second semestre de 2014, les banques ont soudainement constaté qu’un type de produit dérivé largement répandu dans le secteur des matières premières, appelé « three-way collar » est devenu très dangereux pour elles. Les pertes sur ces dérivés pourraient atteindre les centaines de milliards de dollars pour l’ensemble du secteur bancaire, étant donné les centaines de milliers de milliards de dollars (240 milles milliards de dollars pour les grandes banques américaines) auxquels elles sont exposées.

En 2012, la Réserve fédérale américaine avait publiquement soulevé l’idée de forcer les banques à sortir du marché des matières premières, mais s’était contentée de leur « suggérer » de le faire. Les banques ont bien entendu fait la sourde oreille. A l’exception de JPMorgan Chase, qui s’était faite attraper dans un scandale de manipulation des prix, toutes les autres s’étaient engagées encore plus en avant dans l’aventure.

En 2013, la Fed avait sermonné Wall Street de mettre fin aux prêts à fort effet de levier, consentis en majorité aux sociétés engagées dans la ruée sur les gaz de schistes, mais avait dû reconnaître un peu plus tard qu’elle n’avait pas, ici non plus, été écoutée.

Il semble donc que l’heure des comptes ait sonné et que l’effet de levier s’apprête à agir dans le sens inverse, d’où le concept d’implosion.

La seule manière de sortir le monde transatlantique de ce pétrin est de couper les banques en deux et de laisser couler les activités associées à la spéculation, tout en protégeant l’argent des épargnants, des Etats et des contribuables.

Et vite ! Car le temps presse.


[1Ce chiffre doit être revue à la hausse, car Citibank a racheté depuis les activités de trading sur les matières premières de Deutsche Bank et de Credit Suisse.

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