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Réouverture du cas Robert Boulin, un espoir pour la République

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Fabienne Boulin, 36 ans de combat.
Crédit : sudouest.fr

Bonne nouvelle ! Le parquet de Versailles vient finalement d’ouvrir, le 30 septembre, une nouvelle information judiciaire sur les circonstances de la mort de Robert Boulin, pour « arrestation, enlèvement et séquestration suivi de mort ou assassinat ».

Depuis le 30 octobre 1979, la mort tragique de Robert Boulin, ancien ministre de Travail de Raymond Barre, hante la République française. Bien que tout ait été fait depuis trente-six ans pour maquiller ce meurtre en suicide, tous les responsables politiques savent qu’il a été éliminé.

Jérôme Lavrilleux, directeur adjoint de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012, mis en examen dans l’affaire UMP/Bygmalion, n’a-t-il pas avoué dans une interview à l’Obs, en dénonçant la complicité de Sarkozy dans cette affaire de fausses factures, qu’il lui arrivait « d’avoir peur » et qu’il n’avait « pas envie d’apprendre à nager dans 20 centimètres d’eau comme Robert Boulin » ?

Le 30 octobre 1979, le corps sans vie du ministre est en effet découvert au petit matin, agenouillé dans 50 centimètres d’eau dans l’étang Rompu de la forêt de Rambouillet. A 9h40, sans la moindre enquête, la thèse du suicide est imposée par l’AFP à tout le monde. Y compris à la famille Boulin qui, au départ, n’ose craindre le pire.

Sauf Mme Boulin. « Ma mère a toujours su que mon père avait été assassiné, rapporte sa fille. Elle a toujours dit que mon père lui disait ’ce sont des assassins : ils nous tueront tous...’. »

La famille ne met en doute la thèse du suicide que lorsqu’elle voit, un an plus tard, les photos de l’identité judiciaire, qui montrent un Robert Boulin au visage tuméfié, avec de multiples fractures et coups aux yeux. Le 1er juin 1983, elle dépose plainte contre X pour homicide volontaire. Entre 1983 et 1988, la famille qui se bat pour faire autopsier d’autres organes de Robert Boulin découvre que prélèvements sanguins, poumons et autres organes ont tous disparu de l’Institut médico-légal ! En janvier 1988, l’Express révèle que le corps a été déplacé après la mort, car des lividités cadavériques indiquant la position lors du décès ont été découvertes sur le dos de M. Boulin, alors qu’il a été retrouvé sur le ventre.

Qui voulait assassiner cet homme intègre, résistant de la première heure et neuf fois ministre sous la Ve République, et pourquoi ? Le meurtre se déroule sur fond de campagne diffamatoire contre lui dans les médias, l’accusant d’avoir acheté un terrain de 40 000 francs à Ramatuelle (Var) de façon irrégulière. L’intermédiaire dans cette vente était Henri Tournet, un proche de Jacques Foccart, le fondateur du Service d’action civique (SAC). Créé au départ pour assurer la sécurité du parti gaulliste, le SAC est devenu une police parallèle dont les agissements ont surtout desservi la cause du gaullisme.

Mais c’est le contexte politique qui pourrait expliquer qui pouvait tirer parti de sa mort, y compris à l’étranger. Chez les gaullistes, un « coup d’Etat » mené avec l’aide de Charles Pasqua, fondateur du SAC et ami de Foccart, venait de porter Jacques Chirac à la tête du parti, éjectant du pouvoir les « barons du gaullisme », résistants et compagnons de Charles de Gaulle à la Libération.

Robert Boulin était des leurs. Certains furent accueillis par le Président de la République d’alors, Valéry Giscard d’Estaing, comme Robert Boulin qui devint ministre de Raymond Barre dans son gouvernement.

A la veille de l’élection présidentielle de 1981 opposant Mitterrand, Chirac et Giscard, ce dernier songe à remplacer son Premier ministre, très impopulaire, par quelqu’un d’irréprochable et de social. Le nom de Boulin est évoqué avec insistance.

Enfin, il y a le dossier. Déterminé à se défendre, le jour de sa mort il se rend à un rendez-vous, emportant avec lui un dossier compromettant, dont seul son fils a pu entrevoir quelques titres : Elf, Eurodif, financement des partis, des affaires mettant en cause des acteurs nationaux et étrangers, qui ont éclaté bien plus tard...

Le soir de l’enterrement, Jacques Chaban-Delmas, ancien Premier ministre et ami de Boulin, dit à Jean Lalande, frère de Mme Boulin : « Si vous avez un dossier, je suis avec vous et je lâche les chiens. Si vous n’avez pas de dossier, je ne bougerai pas, car je ne pèserais pas plus lourd que Robert. »

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En 1984, Laetitia, la fille d’Alexandre Sanguinetti, un autre baron du gaullisme, disait que selon son père, « les dossiers de Boulin concernaient des facturations diverses et variées de grosses sociétés, françaises ou étrangères, qui servaient au financement occulte des partis, et notamment au RPR. » En 2009, Jean Charbonnel, autre grande figure du gaullisme et ex-ministre, déclare à France Inter qu’il s’agit pour lui d’un « règlement de comptes politique ».

Le cas Robert Boulin vient d’être rouvert par la justice grâce à un témoignage recueilli en 2013 par Benoît Collombat, auteur de la remarquable enquête Un homme à abattre, contre-enquête sur la mort de Robert Boulin, parue chez Fayard en 2007 : le témoin affirme avoir vu Boulin le jour du crime dans sa voiture en compagnie de deux autres individus.

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