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Santé : non à l’uberisation !

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Dans le cadre des échanges mensuels sur internet avec Jacques Cheminade (Dialogue avec la nation, DALN), Gilles Guillen, chirurgien-dentiste à Grasse, a posé la question suivante à laquelle Agnès Farkas, en charge du secteur santé de S&P, répond.

Question : Nous sommes touchés de façon croissante par l’uberisation de nos activités, car l’on nous oppose des low-cost qui nous rendent de plus en plus impossible la compensation indispensable [des actes sans possibilité de dépassement] et de la CMU sur la secteur « libre » de notre activité dont le coût nous est grandement reproché, à tort.

Comment soutenir dans ces conditions la qualité et la survie des cabinets ? Pourquoi ne pas créer une charte de qualité avec un système d’étoiles, comme dans les hôtels, assorties d’un côté d’un cahier des charges précis, et de l’autre, de la possibilité d’ajuster de façon reconnue, ses tarifs à ses coûts de production ?

Réponse : L’Etat doit être le garant d’une santé pour tous au plus haut niveau technologique et humain. Pour y parvenir l’éducation d’un personnel de santé qualifié a un coût, le matériel a un coût et les services de santé ont un coût. L’idée même de low-cost est insoutenable car elle implique une santé à multiples vitesses, donc à un tri chez les patients et chez le personnel soignant. Les 41 000 chirurgiens-dentistes qui exercent en France en font les frais.

Une indépendance professionnelle

Le modèle de privatisation de la santé américain nous montre ce qu’il ne faut pas faire en France. En laissant les complémentaires santé modéliser les remboursement des frais, l’État américain a réduit considérablement l’accès aux soins. En effet, celles-ci proposent de garantir un volume de clientèle aux praticiens qui « signent » avec elles mais, en échange ces derniers s’engagent à voir leurs prestations et tarifs encadrés par une convention.

De plus, sous des prétextes de rentabilité financière pour le pays, la main a été donnée aux assurances privés qui ont majoré leurs devis au détriment des plus démunis.

Résultat : en 2011, selon l’OCDE, plus de 40 % des Américains de 20 à 64 ans à faibles revenus avaient des caries dentaires non traitées sur la période 2005-08, contre 16 % seulement des personnes à revenus élevés.

Sur la même approche, l’Etat français a diminué les remboursements tout en ouvrant le marché aux complémentaires santés. A ce jour, 33 % des Français renoncent à se soigner ou reportent leurs soins dentaires, faute de moyens et contrairement aux idées distillées dans les médias, les chirurgiens-dentistes français ne sont pas dans leur grande majorité responsables du coût élevé des soins bucco-dentaires :

Depuis 27 ans, les soins conservateurs (traitements des caries et dévitalisations, traitement des gencives), préventifs et chirurgicaux (extractions) n’ont quasiment pas été réévalués. Leur remboursement par l’Assurance Maladie non plus. Ces soins sont aujourd’hui parmi les moins chers d’Europe. Depuis 27 ans, les remboursements des prothèses n’ont pas évolué : 705 F (107,50€) en 1988, 107,50€ en 2015 !

Il faut rappeler que les actes sans possibilité de dépassement représentent à eux seuls près de 65 % de l’activité d’un cabinet dentaire français, mais seulement 35 % de son chiffre d’affaires. Alors que les frais de fonctionnement et l’inéluctable respect des obligations réglementaires, toujours plus lourds, représentent aujourd’hui près de 65 % du chiffre d’affaires du praticien. 2/3 des recettes passent dans les charges et les frais (le coût horaire moyen de fonctionnement d’un cabinet est de 150 €/h : un détartrage est au tarif de 28,92€ et dure au minimum 30 minutes).

(Manifeste des chirurgiens dentistes Sauvons nos dents)

Donner les moyens

La Sécurité sociale doit être rétablie dans les critères de 1945 du CNR (Conseil National de la résistance). C’est-à-dire assurer une santé pour tous, garantie par l’État. Les soins dentaires doivent donc êtres remboursés correctement et éviter autant que possible le recours à des remboursements par le privé qui ne manque pas d’augmenter ses prestations.

L’Assurance Maladie doit organiser un investissement massif dans les soins préventifs, conservateurs et chirurgicaux. Des soins préventifs réguliers réduiront la nécessité de recourir à des actes prothétiques. Le choix de la prévention et d’un suivi régulier fera, non seulement des économies, mais sera une garantie d’un niveau élevé de santé. Tout au contraire, une mauvaise prévention conduit à la multiplication des caries et un recours aux soins lourds et onéreux.

Aujourd’hui, 90 % des chirurgiens-dentistes sont installés en libéral. Les autres exercent en milieu hospitalier ou sont salariés. Il faut leur donner le moyen de choisir librement leur façon de travailler et la décision du type de traitement à appliquer à leur patient et donner la liberté au patient de choisir son praticien. La Santé ne peut et ne doit pas être un commerce. L’Etat doit être le garant d’un ajustement des tarifs des dentistes à leurs coûts de production, et non une autorité qui en fait des « variables d’ajustement » d’un système en voie de décomposition.

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