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La solution à la crise migratoire passe par la Nouvelle route de la soie

La rédaction
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Séminaire EIR à Francfort :

75 citoyens allemands, suisses mais également syriens, ont assisté le 23 mars 2016 à Francfort en Allemagne, au séminaire diplomatique intitulé « Résoudre les crises économique et migratoire avec la Nouvelle route de la soie », organisé par l’hebdomadaire international fondé par l’homme politique américain Lyndon LaRouche, l’Executive Intelligence Review (EIR). Le journaliste italien Claudio Celani, un des rédacteurs de l’EIR, en fut le modérateur.

Plusieurs invités de premier plan y ont pris la parole :

  • Helga Zepp-LaRouche, présidente internationale de l’Institut Schiller ;
  • Hussein Askary, rédacteur de l’EIR, spécialiste des questions moyen-orientales ;
  • Mehreteab Mulugeta Haile, consul général de la République démocratique populaire d’Éthiopie (RDPE) en Allemagne ;
  • Marcello Vichi, ancien responsable international de la société italienne Bonifica et « père » du concept Transaqua ;
  • Andrea Mangano, vice-président de la Société italienne des ingénieurs hydrauliques et co-concepteur du projet Transaqua.

Lors de la deuxième partie du séminaire, ils furent rejoint par :

Voici le résumé des interventions :

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Au centre Helga Zepp-LaRouche présidente internationale de l’Institut Schiller, à gauche le modérateur Claudio Celani (EIR), et Marcello Vichi, « père » historique du concept Transaqua, à droite.

Résoudre les crises économique et migratoire

Dans son discours introductif, Helga Zepp-LaRouche a souligné qu’il ne s’agissait nullement d’un séminaire académique mais plutôt d’une vraie discussion sur la crise existentielle dans laquelle se trouve l’humanité. Face à cette crise plus vaste, dont la crise des migrants, les guerres et le krach financier sont l’expression, des solutions existent.

Au lendemain des attaques terroristes de Bruxelles, on doit se rappeler les paroles du sénateur américain Bob Graham suite aux attaques contre Charlie Hebdo à Paris lorsqu’il affirmait que si les 28 pages du rapport bipartisan du Congrès américain (documentant le rôle de l’Arabie saoudite dans les attentats du 11 septembre) auraient été déclassifiées, alors, de telles atrocités auraient pu être empêchées.

Il va sans conteste que l’intervention militaire russe en Syrie a changé les règles du jeu en dévoilant le rôle de la coalition pro-Daesh que forment l’Arabie saoudite, le Qatar, les États-Unis et le Royaume Uni, et en particulier la Turquie dont les politiques ont été vertement dénoncées par deux anciens ambassadeurs américains à Ankara. L’accord de l’UE avec la Turquie est une abomination qui s’inscrit dans l’image générale de violations des droits de l’homme dépeinte par un rapport chinois.

Alors que les Occidentaux envisagent l’éventualité de balancer directement de l’argent « par hélicoptère », [c’est-à-dire directement aux États, aux entreprises et aux citoyens] afin d’empêcher leurs propres banques spéculatives de sombrer, l’initiative chinoise de l’OBOR (One Belt, One Road, c’est-à-dire Une ceinture, une route ou la Nouvelle route de la soie) représente une véritable solution d’échange pour une stratégie gagnante/gagnante. C’est-à-dire une politique qui n’est pas seulement dans l’intérêt de la Chine mais également dans celui d’autres nations. Et c’est précisément cette politique de développement mutuel qui peut « assécher » le marécage de misère et de sous-développement favorisant le terrorisme. Soit l’Europe s’engage aux cotés de la Russie, de la Chine, de l’Inde, de l’Iran, de l’Égypte et d’autres nations, pour lancer un vrai Plan Marshall pour la Syrie et l’Afrique, ou son économie en faillite ira droit dans le mur, disait Mme Zepp-LaRouche.

La Nouvelle route de la soie passe par l’Afrique de l’Est

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Hussein Askary, rédacteur de l’EIR.

De retour d’un voyage en Égypte où il a été reçu au plus haut niveau, Hussein Askary a présenté l’édition en langue arabe du dossier spécial de l’EIR sur la Nouvelle route de la soie. Askary a précisé que le jour même du séminaire de Francfort, en dépit des frappes aériennes saoudiennes, une réunion se tenait sur le même sujet à Sanaa, la capitale du Yémen, et elle était présidée par un des plus grands poètes du pays.

Pour Askary, le concept de « Nouvelle route de la soie » dépasse de loin la simple construction de quelques échangeurs d’autoroute et des tronçons de lignes ferroviaires. Il s’agit de créer des artères de vie irriguant des vastes couloirs de développement permettant d’améliorer les conditions d’existence de quelque 450 millions d’individus dans l’Asie du Sud-Ouest, c’est-à-dire le Moyen-Orient, avec au centre, la Syrie.

Cela implique la création d’axes de transport rapide par un système de crédit à mettre sur pied et à l’abri des exigences monétaristes des institutions occidentales. Tout comme l’Égypte, la Syrie dispose d’un grand potentiel industriel et agricole. Grâce au type d’investissement qu’effectue la Chine en Afrique de l’Est, ce potentiel pourra se concrétiser.

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Ce dossier est disponible en arabe, en anglais et en chinois. Commander.

Le consul général d’Éthiopie Mehreteab Mulugeta Haile a présenté les grandes orientations économiques fixées par son pays. Depuis les années 1990, elles ont permis d’améliorer le revenu par tête d’habitant, le taux d’alphabétisation et la santé publique. Avec une croissance annuelle du PIB de plus de 10 %, l’Éthiopie aspire à devenir un pays à revenu moyen d’ici 2025. Un habitant doit pouvoir s’offrir une ferme d’élevage ou un commerce à un prix inférieur à ce qu’il paye actuellement à un passeur pour s’exiler en Europe.

L’Éthiopie, est elle-même, avec 800 000 réfugiés en provenance du Soudan du Sud, de la Somalie et de l’Érythrée, un pays qui accueille un nombre énorme de migrants sur son territoire, une réalité rarement mentionnée dans la presse européenne. L’Éthiopie se transforme, passant d’un pays exportateur de produits de base en pays exportateur de produits à forte valeur ajoutée. C’est dans ce contexte que les coopérations avec la Russie, l’Inde, la Chine et le Brésil se révéleront d’une importance majeure.

Le projet de remise en eau du lac Tchad

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Pour sa part, Marcello Vichi a passé en revue 35 ans de combat en faveur du projet Transaqua, allant des propositions initiales formulées par la société italienne Bonifica dans les années 1982-1985 aux avis formulés par plusieurs gouvernements africains ainsi que les Nations unies, soulignant que l’idée de capter une infime partie du débit du fleuve Congo est l’unique option viable pour la remise en eau du lac Tchad. Bien que pendant des décennies on a qualifié ce projet continental de « mégalomaniaque », les flux de réfugiés arrivant en Europe ont conduit cette dernière à repenser son point de vue. Car l’enjeu de Transaqua dépasse de loin la question de l’eau pour le lac Tchad. Véritable plan de décollage pour tout l’Afrique centrale, il s’agit plutôt d’une perspective de vie et de développement capable de convaincre les populations locales, au lieu de prendre les chemins de l’exil, de s’investir dans le développement de leurs propres régions et pays.

Andrea Mangano a ensuite rappelé ce qu’était le lac Tchad il y a 35 ans et ce qu’il en reste aujourd’hui, car 90 % de sa ressource en eau a disparue. Le lac subit donc le même sort que plusieurs autres lacs intérieurs coupés des méandres qui les alimentaient : la mer Aral, le lac Ourmia, le lac Turkana ou encore la Mer morte. La seule chose qui améliore la situation c’est de l’eau transférée et des économies de consommation grâce à des technologies nouvelles. C’est l’objectif de Transaqua qui capterait 5 % du débit des méandres du fleuve Congo. Ces 5 % représentent pas moins que 14 fois le volume du Rhin et pour l’instant finissent sans la moindre utilité dans l’Océan atlantique !

Le projet Transaqua ne permettra pas seulement de revigorer le lac Tchad, mais, puisqu’il s’agit d’un aménagement plus vaste des cours d’eau, de produire de l’électricité grâce à des barrages et de créer des voies navigables ouvrant au développement plusieurs régions jusqu’ici enclavées.

Lors du panel élargi, Mohammed Bila a attiré l’attention sur les grandes migrations vers le Sud qu’a connu le Tchad avec le dessèchement du lac et surtout depuis la grande sécheresse de 1973 lorsque le lac a soudainement perdu 40 % de son eau. Les éleveurs, qui sont partis avec leurs troupeaux vers le Sud ne reviendront jamais tant que le lac ne se remplit pas de nouveau et tant que le groupe terroriste Boko Haram continue à sévir.

Pour sa part, Ulf Sandmark a raconté que, lors de deux voyages qu’il a faits en Syrie, il s’est rendu compte qu’on ne peut envisager la reconstruction de la Syrie, uniquement dans le cadre d’un programme de reconstruction régionale. C’est avec Hussein Askary qu’il a conçu les pistes d’un programme de reconstruction pour la Syrie, baptisé « projet Phénix ». Cette initiative a reçu un accueil extrêmement favorable en Syrie où toute la presse en a parlé.

Discussion

Le débat s’est ensuite engagé avec la salle permettant aux intervenants de préciser des aspects de leurs présentations. Le rôle néfaste de l’Empire britannique dans le sabotage du développement fut également abordé. La faillite du système financier mondial actuel et la menace d’une guerre mondiale qui en résulte furent également des sujets de discussion.

A la fin, chacun était bien convaincu que les combats à mener en valent la peine. Nous sommes dans une course contre la montre pour changer de paradigme civilisationnel. Contrairement à la propagande occidentale, la Chine n’investit pas en Éthiopie pour s’accaparer des matières premières, car l’Éthiopie n’en a aucune !

Helga Zepp-LaRouche a conclu en incitant les participants à mettre « le feu au derrière » de leurs responsables pour qu’ils changent pour de bon et qu’un mouvement de masse pour le développement doit se constituer.

Vichi a lancé un appel passionné en priant les gens de rester optimiste et de ne pas se laisser démonter. Une nouvelle image, celle d’un homme doué de raison et de créativité doit de nouveau prévaloir comme cela fut le cas en Europe lors de la Renaissance du XVe siècle, a suggéré Celani.

Pour Sandmark, la Nouvelle route de la soie n’est pas juste un sujet d’étude pour ingénieurs et experts mais un sujet à vulgariser par le moyen de séminaires, réunions et conférences.

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Cette nouvelle dynamique des BRICS est le fruit d’un combat international pour le droit au développement mené par Solidarité et progrès en France et l’Institut Schiller à l’international.

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