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Premier gouvernement Sarkozy Puissances d’argent, jet-setteurs et Judas

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Par Jacques Cheminade.
Paris, le 18 mai 2007

Au cours de son séjour maltais, Nicolas Sarkozy avait déclaré : « Il faut beaucoup de Vincent Bolloré, beaucoup de Martin Bouygues, beaucoup de Bernard Arnault, beaucoup de François Pinault à la France ». Salle Gaveau, après le premier tour de l’élection présidentielle

Par Jacques Cheminade

Paris, le 18 mai 2007

Au cours de son séjour maltais, Nicolas Sarkozy avait déclaré : « Il faut beaucoup de Vincent Bolloré, beaucoup de Martin Bouygues, beaucoup de Bernard Arnault, beaucoup de François Pinault à la France ». Salle Gaveau, après le premier tour de l’élection présidentielle, il nous avait dit qu’il protégerait les Français victimes d’injustices sociales avant de gagner après le deuxième tour le Fouquet’s du roi des casinos puis le yacht de son ami milliardaire. Son gouvernement porte l’empreinte de cet état d’esprit : émanation de l’oligarchie financière, il arbore l’étiquette de dame patronnesse pour épater la galerie.

Il ne saurait cependant cacher la vérité, exposée par ses propres amis, comme Thierry Wolton dans Le Figaro du 7 mai : « Avec l’élection de Nicolas Sarkozy, la France amorce un tournant néoconservateur de la même nature que celui qu’ont connu en leur temps la Grande Bretagne de Margareth Thatcher, l’Amérique de Ronald Reagan, l’Espagne de José Maria Aznar ou encore l’Italie de Silvio Berlusconi ». Ce dernier se proclame d’ailleurs l’inspirateur de son ami français, tandis que l’ex néo-fasciste Gianfranco Fini lui tresse des lauriers. La réalité est que le gouvernement Sarkozy est en rupture avec l’histoire de l’état-nation France et les politiques suivies depuis la victoire contre le nazisme. Le soutien que lui ont apporté tour à tour le néoconservateur américain Richard Perle - « il nous débarrasse de l’obsession gaulliste de se démarquer des Etats Unis »-, le banquier Félix Rohatyn et Tony Blair en sont la meilleure preuve. Le rôle d’Antoine Bernheim, le vieux lion de Lazard Frères et de la compagnie d’assurances Generali, qui entretient avec le nouveau président de la République un lien quasi paternel, explicite s’il le fallait davantage la sponsorisation et le coaching de la synarchie financière.

Nous utilisons ces deux mots franglais pour illustrer le côté jet setteur mondialiste de l’aventure. Voici un Président nouvellement élu sortant du Fouquet’s encadré par son personnel, en jeans et blazer sport, et plus tard son Premier ministre allant le voir en baskets et en short. Nous avions eu avec M. Giscard d’Estaing devine qui vient dîner, c’est désormais devine avec qui je vais jogger ou yacht clubber. La dignité de la fonction s’évanouit, puisque la France est devenue une filiale du mondialisme financier.

Bercy se trouve redécoupé, avec un ministère du Budget, des Comptes publics et de la fonction publique : la « logique » ultra-libérale est de réduire les dépenses publiques à ce qui est nécessaire à la survie de l’Etat, tout le reste et surtout le plus rentable se trouvant remis au privé. Cette logique de comptable sacrifie l’équipement à long terme à une rentabilité à court terme, celle qui a permis la fortune de MM. Bouygues, Bolloré, Arnault et Pinault, et détruit le pouvoir d’achat de 75 % du reste de la population. « Travailler plus pour gagner plus » revient ainsi à enrichir les spéculateurs, les marchands de services et les bénéficiaires de commandes publiques. A noter que la majorité des fonctionnaires actuels du Ministère de l’Economie et des Finances se trouvera rattaché à ce ministère des restrictions, alors que le nouveau ministère de l’Economie, des Finances et de l’Emploi aidera de son côté à organiser le dispositif du privé créé grâce à l’autre.

A cette logique financière correspond une politique internationale servant ses promoteurs. Bernard Kouchner, le nouveau Ministre des Affaires Etrangères, est un pseudo « homme de gauche » qui a soutenu la guerre de l’Administration Bush-Cheney contre l’Irak. Il sera encadré par Jean-David Levitte, l’homme qui rétablit le contact avec l’Administration Bush après le veto opposé par Jacques Chirac et Dominique de Villepin à cette même aventure américaine en Irak. Un secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, se trouvera chargé de faire avaler aux Français le mini-traité européen que Nicolas Sarkozy veut faire voter à un Parlement qu’il espère à sa botte pour annuler le « non » du peuple français de mai 2005.

L’ami de trente ans de Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, a obtenu le ministère pour le moins controversé de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du co-développement. Il pourra ainsi s’occuper directement pour le compte de son patron de l’Afrique, et sans doute y déceler de jeunes talents.

Bref, l’on pourrait ainsi continuer au risque de devenir fastidieux. Mentionnons simplement les deux Judas, ou plutôt traîtres de comédie, que sont Hervé Morin, l’ami de François Bayrou devenu ministre de la Défense, et l’illustre Eric Besson, secrétaire d’Etat chargé de la prospective et de l’évaluation des politiques publiques, poste auquel l’ont sans doute préparé ses anciennes fonctions chez Vivendi.

Au moment où le processus menant à la destitution du vice-président Cheney se met en place aux Etats Unis, inspiré et guidé par mes amis américains, et où s’établit une coopération économique entre la Russie, l’Inde et la Chine, le gouvernement Sarkozy ôte à la France tout pouvoir d’intervention indépendante. Il est, au sens propre du terme, et sans jouer avec les poulets dont il s’entoure, un gouvernement croupion.
Cette farce politique, entre judas, homme d’affaires, vedettes du show biz et jet setteurs est donc une véritable tragédie.

J’ai défini ce que notre mouvement politique entend faire. Non se positionner au sein du système, comme font les autres, mais définir un projet pour en sortir. Un projet et non un programme, c’est à dire une orientation susceptible d’inspirer et de catalyser un ensemble de forces attachées à la justice sociale, à la création humaine et à son expression économique, à l’opposé de la logique prédatrice du profit à court terme qui dégénère dans la guerre de tous contre tous.

Pierre Mendès France demandait à propos des interlocuteurs qu’il connaissait mal : « Est-ce un homme d’honneur ? ». C’est la question que ce gouvernement amène à nous poser, pour inspirer une nouvelle Résistance face à l’occupation financière et contre-culturelle de notre pays.

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