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Tremonti sur les réformes de l’UE : « Même Thatcher n’aurait pas osé »

La rédaction
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D’après l’ancien ministre italien Tremonti, l’UE ressemble de plus en plus à la cour de l’empereur romain Elagabal, l’un des plus décadents.
Crédit : http://www.boston.com

L’ancien ministre des Finances italien, Giulio Tremonti, qui est aujourd’hui sénateur, a pris la parole devant le Sénat le 18 mars après un discours du Premier ministre Matteo Renzi, pour dénoncer l’actuelle politique de l’UE à l’égard de la Grèce.

Au regard des souffrances subies par la population grecque, a-t-il fait remarquer, même Margaret Thatcher n’aurait pas osé mettre de l’avant de telles réformes. Il a ensuite comparé Bruxelles à la cour de l’empereur romain Elagabal, l’un des plus dégénérés (règne : 218-222 après J.-C.).

C’était la première intervention remarquée de Tremonti après la démission forcée du gouvernement dont il faisait partie en décembre 2011, suite aux manigances de l’UE et de la BCE.

L’ancien secrétaire américain Timothy Geithner et l’ancien Premier ministre espagnol Zapatero ont tous deux publiés des indications montrant l’existence d’une conspiration pour renverser le gouvernement dont Tremonti faisait partie et pour le remplacer par un cabinet de technocrates dirigé par Mario Monti.

Celui-ci avait pour mission d’appliquer le même type d’austérité en Italie que celle qui a presque tué la Grèce. Ainsi, lorsqu’il fait référence à la Grèce, Tremonti parle aussi pour l’Italie et au nom de ceux qui soutiennent, toujours plus nombreux en Italie, les Grecs dans leur combat contre l’UE.

Le problème n’est pas que la Grèce est entrée en Europe, mais que l’Europe est entrée en Grèce. Les causes de la crise ne sont pas, comme l’affirment certains, liées à un budget grec obscure et opaque, qui est une entité presque négligeable. La véritable tragédie grecque est venue du côté de la finance privée, en commençant par l’euro. Dans une euphorie qui a débuté en 2002, d’énormes flux de capitaux ont été prêtés par les banques européennes à la société grecque, finançant joyeusement les Jeux olympiques, l’achat de piscines et de voitures (ces dernières n’étant pas exactement fabriquées en Grèce), et d’autres illusions.

Pendant une décennie, on s’amusait des deux côtés, tant chez les débiteurs que les créditeurs, qui encaissaient d’immenses sommes sur les intérêts accumulés. Fatalement, la crise éclata. Vous voyez, selon les principes de l’économie de marché, si le débiteur fait défaut, le créditeur fait défaut lui aussi. Dans le cas de la Grèce, c’est le contraire qui s’est produit. D’où l’aide à la Grèce, incluant ce que nous avons fait de manière très généreuse, en aidant tout le monde et en particulier les banques créditrices allemandes et françaises – tout le monde sauf les Grecs.

Après la cure européenne, le gouvernement grec a vu sa dette grimper et le PIB du pays s’est effondré. Et pourtant, de manière compulsive, l’Europe continue à demander encore plus de privatisations, plus de libéralisation. En regardant la condition dans laquelle se trouve aujourd’hui le peuple grec, même Margaret Thatcher n’aurait pas exigé de telles mesures !

Les valeurs européennes de base, a poursuivi Tremonti, ne sont plus « celles de notre tradition historique », mais celles d’un « passé pré-chrétien et païen ». « Je voudrais être clair : Elagabal, avec ses valeurs et son style de vie, s’y retrouverait parfaitement à la cour de Bruxelles. »

L’historien B.G. Niebuhr fait remarquer que « la renommée d’Elagabal dépasse celle de tous les autres dans l’histoire » à cause de sa « vie véritablement dégoûtante ».

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