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L’administration Trump envisage-t-elle un Glass-Steagall « du XXIe siècle » ?

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Stephen Mnuchin, lors de son audition au Sénat.

Comme le débat organisé dans le cadre des primaires socialistes l’a encore une fois démontré, à part Jacques Cheminade, aucun candidat n’imagine qu’un nouveau krach financier puisse menacer l’argent des Français. Pourtant, plus que jamais, le système bancaire du monde transatlantique risque d’exploser et provoquer des faillites en chaîne d’institutions considérées aujourd’hui comme saines.

Aucun candidat également, à part Jacques Cheminade, propose d’imposer à titre préventif, une séparation stricte des banques permettant de mettre l’argent des Français, c’est-à-dire leur épargne et l’argent qu’ils déposent dans leurs comptes, à l’abri du tsunami financier que provoquera l’explosion de l’énorme bulle spéculative qui nous menace.

Aux États-Unis, pays où la crise bancaire continue à jeter des milliers de gens à la rue, grâce aux campagnes tenaces des nos alliés du Comité d’action politique de l’homme politique américain Lyndon LaRouche, le sujet de la séparation bancaire est sur toutes les lèvres.

Repris par la sénatrice Elizabeth Warren et le candidat Bernie Sanders, le sujet d’un nouveau Glass-Steagall a finit par s’imposer comme une revendication obligatoire des plateformes électorales des deux grands partis américains.

Comme nous avons déjà indiqué sur ce site, Donald Trump se dit favorable à la démarche. Il est donc normal que le jour de son assermentation nous tentions d’y voir plus clair.

Le 19 janvier, la commission des finances du Sénat américain a longuement interrogé Steven Mnuchin, le candidat choisi par Donald Trump pour devenir son secrétaire au Trésor.

À noter d’abord, le fait que Mnuchin a cité le premier secrétaire au Trésor américain Alexander Hamilton pour qui la richesse d’une nation peut être promue « en multipliant la variété des objets produits par les entreprises ».

Ensuite, c’est lors des échanges avec les membres de la commission, que la sénatrice démocrate Maria Cantwell demande à Mnuchin si l’administration Trump s’apprête à rétablir la loi Glass-Steagall.

De façon évasive, Mnuchin répond qu’il en a discuté avec Trump et qu’il ne s’agit pas de rétablir le vieux Glass-Steagall de 1933, mais d’une sorte de « Glass-Steagall du XXIe siècle » dont il ne précise ni les contours, ni le contenu...

D’après le Wall Street Journal :

Mr Mnuchin a affirmé que l’Administration Trump envisagerait une restructuration majeure des plus grandes banques américaines à la lumière de propositions visant à réformer les régulations du secteur financier.

« L’administration examinera le Glass-Steagall, et ce que j’ai mentionné comme le Glass-Steagall du XXIe siècle, comme un élément de la reforme des régulations » a-t-il précisé devant le Commission des Finances du Sénat en référence à la loi datant de la grande dépression qui jadis interdisait les banques traditionnelles de fusionner avec les banques d’investissement de Wall Street. Cette loi fut abrogée en 1999, mais bien des critiques de Wall Street, notamment ceux à gauche, comme le sénateur Bernie Sanders ou Elizabeth Warren, n’ont cessé de se mobiliser pour la rétablir depuis.

M. Mnuchin n’a pas expliqué ce qu’il entendait par une version moderne de la loi. Il a reconnu qu’une telle proposition pourrait provoquer des vagues. « Je pense que séparer les banques des banques d’investissement sous une loi Glass-Steagall aurait des conséquences majeures sur la liquidité des marchés des capitaux et la capacité des banques à prêter » a-t-il souligné.

Le terme « Glass-Steagall du XXIe siècle » est également l’intitulé d’une proposition de loi introduite par Mme Warren pour obliger les mégabanques à se scinder en entités distinctes séparant les banques ordinaires des banques d’investissement.

Alors qu’il a évité d’aborder tout engagement spécifique du futur gouvernement, Mnuchin a affirmé qu’il comprenait bien que mélanger les crédits bancaires ordinaires avec d’autres activités tels que les produits dérivés peut engendrer des risques majeurs.

« Un des grands problèmes auxquels nous avons du faire face lors de la crise financière, a été l’enchevêtrement des banques et des holdings avec des obligations complexes » a reconnu Mnuchin.

En France, le site Les Echos, s’inquiète de « l’imprécision » de Mnuchin et s’interroge sur la portée de ses propos :

Steven Mnuchin a indiqué qu’il soutenait, en principe, la loi Volcker, qui interdit aux grandes banques d’effectuer du trading pour compte propre. Mais il a également cité, en l’approuvant, une récente étude de la Réserve fédérale qui conclut que cette loi a réduit la liquidité sur les marchés des obligations d’entreprises. Il n’a pas expliqué comment cet impact pourrait être limité tout en préservant la loi.

Interrogé sur sa position au sujet d’un retour de la loi Glass-Steagall de séparation des activités de banque de dépôt et de banque d’investissement, il a répondu qu’il ne soutenait pas précisément un retour à cette règle telle qu’appliquée après la Grande dépression. Avant d’ajouter qu’il serait favorable à une sorte de « Glass-Steagall du XXIe siècle », sans fournir plus de précisions. On ne sait pas si cette nouvelle version de la loi contraindrait les grandes banques à se scinder.

La bataille est engagée, il reste à la gagner !

Signez dès aujourd’hui la pétition adressée à Trump par nos amis du Comité d’action politique de Lyndon LaRouche (LPAC) pour un vrai Glass-Steagall !

Un Glass-Steagall sinon rien !

Pour clarifier les enjeux, rappelons en quoi consistent les cinq grandes options débattues au niveau international :

  • Règle Volcker (défendue par l’ancien directeur de la Réserve fédérale américaine Paul Volcker), même pas adoptée aux Etats-Unis. Elle interdit aux banques de spéculer pour compte propre tout en autorisant les banques à utiliser les dépôts pour prêter à ceux qui spéculent. Pas vraiment malin.
  • La loi Dodd-Frank (en voie de démantèlement par l’Administration Trump) a été, sous Obama, une fausse réforme prétendant encadrer la spéculation. Prétendant appliquer la règle Volcker, elle interdisait aux seules banques dont le bilan dépassait les 50 milliards de dollars de spéculer pour compte propre et de posséder plus de 4% de fonds spéculatifs tout en leur permettant de prêter aux mêmes fonds pour qu’elles puissent continuer cette activité. Ecrite sur 300 pages et riche de plus de 3000 pages de décrets d’application détaillants les exceptions, il s’agissait d’une usine à gaz sans effet réel à part un seul : en cas de risque de défaillance, une banque peut se renflouer en faisant appel aux ressources internes de la banque (principe du bail-in), c’est-à-dire en confisquant le capital des actionnaires, des détenteurs d’obligations et dans une certaine mesure, celui des déposants...
  • L’option Vickers (défendue en Angleterre par la Commission Vickers), préconise le cantonnement (ring-fencing) des dépôts et des autres activités bancaires tout en les gardant sous un même toit (holding). Son efficacité a été démontrée en 1929…
  • Le rapport des experts européens dit groupe Liikanen vise à décourager la spéculation en cantonnant de très nombreuses activités spéculatives (y compris les activités de tenu de marché) mais toujours au sein des banques.
  • Le retour au Glass-Steagall Act impose une séparation juridique et opérationnelle stricte en créant des banques dédiées aux activités. Aucune activité de marché ne sera permise aux banques de crédit (dépôts, crédit, épargne, système de paiement public), et de leur côté, les banques d’investissement (banques d’affaires, de marché, etc.) ne pourront pas collecter des dépôts. Les banques de crédit ne pourront plus prêter aux banques d’investissement.

Pour résumer, sur une échelle de 0 à 10 (10 étant l’option Glass-Steagall), on pourrait positionner la réforme française (Moscovici/Berger) et la loi Dodd-Frank sur le chiffre 1, la règle Volcker sur 2, l’option Vickers sur 4, et la recommandation Liikanen sur 6. Cependant, disons-le haut et fort : on est loin du compte car c’est un 10 qu’il faut et tout de suite !

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