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Uber, une machine de guerre contre le droit du travail

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UBERISATION. Verbe conçu d’après le nom de la société Uber. Selon l’Obervatoire de l’uberisation, qui propose de l’accompagner, il s’agit d’un « changement rapide des rapports de force grâce au numérique. (...) Au carrefour de l’économie du partage, de l’innovation numérique, de la recherche de compétitivité et de la volonté d’indépendance des Français, ce phénomène est une lame de fond qui va petit à petit impacter tous les secteurs de l’économie traditionnelle des services. »

Aujourd’hui Uber bouscule le monde des taxis et de VTC. De son coté, Amazone investit l’édition en proposant aux auteurs de publier leur œuvre de façon électronique, et en intégrant les moyens logistiques. WeClaim propose des services juridiques en ligne via des algorithmes de génération documentaire, des outils sémantiques et du big data. Les plateformes de crowdfunding et de peer to peer lending permettent de se financer ou d’emprunter à des taux plus faibles et plus souplement. AirBNB supprime les intermédiaires et propose sur sa plateforme Web mondiale 1,5 millions de lits chez le particulier, accessibles simplement et rapidement et Vizeat modernise la gastronomie en permettant à des hôtes d’offrir facilement, moyennant finances, leurs services culinaires en proposant de venir déjeuner ou dîner chez eux...

Comme le montre cet extrait, la révolution numérique est en marche. Grâce à elle, des professionnels jusqu’ici incontournables, se font court-circuiter par des start-ups qui, grâce à une précarisation de la main d’œuvre et quelques gadgets électroniques, arrivent à offrir des services souvent de moindre qualité mais à des prix tellement plus alléchants. Que faut-il en penser ?

La logique UberPop

Le 11 février s’est ouvert à Paris le procès contre les patrons de la société Uber France pour son application UberPop de mise en contact d’utilisateurs avec des conducteurs. Sous les apparences de covoiturage, elle permettait l’exercice illégal de la profession de taxi.

Déclarée illégale, Uberpop a été suspendue en juillet 2015. Selon l’entreprise, « UberPOP a été une source de revenus importante pour plus de 10000 conducteurs ». Uber a évoqué la possibilité d’en reconvertir certains en chauffeurs VTC. Cela nécessite une formation de 250 heures, une licence délivrée par les autorités et une voiture répondant à des normes strictes d’âge et de taille.

En attendant, Uber, au niveau mondial, continue à sévir dans 377 villes sur six continents. Et d’autres sociétés du même type champignonnent.

Uberpop incarnait à merveille la quintessence de la logique Uber qui n’a pas de salariés, mais paye ses travailleurs à la tâche. Et qui dit zéro salaire, dit zéro cotisation sociale. D’où (à certains moments) des prix hors de toute concurrence ! En pratique, les tarifs sont déterminés par un algorithme qui varie en fonction de la demande de transport ! A Sydney, lors d’une prise d’otages, Uber n’a pas hésité à multiplier ses tarifs par quatre en moyenne pour les personnes désirant fuir la zone… Et lors du réveillon de la Saint-Sylvestre, les tarifs pour traverser Paris, ont été déplafonnés pour atteindre les 200 euros…

Uber, qui emploie 70 personnes en France ne fait que du relationnel et fournit des logiciels. Pourtant, elle prend une marge de 20 % sur la valeur produite tout en exploitant des milliers de personnes non salariés précarisées (maintenant avec le statut « d’indépendant »), bien contents de grappiller quelques euros pour boucler leurs fins de mois. Plusieurs milliers de Français ont conduit, sans la moindre formation et avec leur propre véhicule, le weekend et la moitié du temps, la nuit.

La société Uber a été fondée à San Francisco en 2009 par Garrett Camp, Travis Kalanuck et Oscar Salazar sous le nom de UberCab (« SuperTaxi »). Rapidement, elle a eu le soutien de financiers de Wall Street, de Goldman Sachs et de Google, à ce jour le plus grand actionnaire et qui siège au Conseil d’administration.

Machine de guerre

La première chose à souligner c’est qu’Uber n’est pas une simple entreprise, mais une forme radicale de guerre politique et idéologique au profit de ce qu’on a le droit de qualifier d’oligopole bancaire anglo-hollandais. Au lieu d’acheter des hommes politiques, cet oligopole se sert des jeunes entrepreneurs pour imposer des changements politiques.

Comme nous allons le voir, Uber est anglo-hollandaise dans la mesure où les Pays-Bas et les paradis fiscaux britanniques lui sont essentiels.

  • D’abord, l’application d’Uber fait en sorte que lorsqu’on règle une course, disons de 20 euros, cet argent arrive directement sur les comptes d’Uber BV, la maison mère installée au Pays-Bas, permettant à « Uber France SAS » de ne payer aucun impôt sur ces bénéfices ;
  • De cette somme, la société hollandaise reverse directement 16 euros au chauffeur en France ;
  • Sur les 4 euros restants, la même société verse 2 euros (10 %) à Uber France pour des services relationnels « avec les partenaires [les chauffeurs...], de la promotion de la marque, et du support marketing ».
  • Enfin, sur les 2 euros restants, la société hollandaise Uber BV verse 1,96 euros à Uber International CV, une holding basée aux Bermudes, paradis fiscal sous juridiction britannique. Dans les faits, Uber International CV, immatriculée à la fois aux Pays-Bas et aux Bermudes, n’est qu’une simple boîte aux lettres n’employant aucun salarié. Rappelons que l’impôt sur les bénéfices est nul aux Bermudes, et de 25 % aux Pays-Bas. Toujours trop élevé au goût d’Uber ! Pour y échapper, Uber BV paye, pour avoir le droit d’utiliser les brevets d’Uber, une gigantesque redevance qui lui permet de réduire à néant ses bénéfices. Du coup, grâce à une niche fiscale, l’impôt d’Uber BV ne dépasse pas 0,25 % du chiffre d’affaires. Bien joué !
  • Pour conclure, Uber International CV, réglera à son tour 0,028 centimes de royalties à son associé en nom Leben LCC, enregistré au Delaware (USA), un autre paradis fiscal, mais dont le propriétaire final est Uber Technologies Inc. basé à San Francisco…

L’actionnariat des filiales d’Uber :

Uber France SAS
Siège : Paris
Actionnariat : Uber International Holdings BV (100%)

Uber International Holdings BV
Siège : Amsterdam
Actionnariat : Uber International BV (100%)

Uber BV
Siège : Amsterdam
Actionnariat : Uber International BV (100%)

Uber International BV
Siège : Amsterdam
Actionnariat : Uber International CV (100%)

Uber International CV
Siège : Hamilton, Bermudes
Associé en nom : Neben LLC (Delaware)
Propriétaire ultime : Uber Technologies Inc (Californie)

Source : comptes des sociétés, disponibles sur le site de BFM-TV

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Pays où Uber a des problèmes juridiques. En rouge, les pays où elle a été interdit.

Désobéissance civile

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Barack Obama avec son conseiller David Plouffe, actuellement conseiller d’UBER.

Uber se fiche éperdument des lois, des amendes, des procès, des travailleurs et des États. Ça fait plutôt rire. Travis Kalanick, le PDG américain d’Uber, estime que « la désobéissance civile est nécessaire pour défendre les bonnes causes ». Sa mission ? Imposer dans le monde entier son modèle féodal d’emploi sans droit et du « tous indépendants », c’est-à-dire la fin du droit du travail et des Etats-nations modernes. Ses appuis sont multiples et mondiaux.

Et parmi ses conseillers, on peut compter David Plouffe, l’ancien directeur de campagne de Barack Obama. Et en France, Emmanuel Macron, l’ancien protégé de Jacques Attali, en est un des plus fervents partisans. Initié aux secrets des dieux du temple financier, pour ce dernier :

C’est à la façon dont un pays gère le problème de ses taxis que l’on peut mesurer sa capacité à réformer en profondeur.

Enfin, soulignons qu’Uber, qui ne produit aucune richesse réelle, n’est qu’une vaste bulle financière et qu’elle éclatera sans doute d’ici peu. Car, s’il y a cinq ans, il s’agissait d’une simple application de téléphonie mobile imaginée par deux Californiens lors d’une nuit de beuverie parisienne, aujourd’hui Uber, avec seulement quelques centaines d’employés, est supposé « peser » 40 milliards d’euros, c’est-à-dire autant que le groupe EADS-Airbus !

Êtes-vous prêt à vous faire uberiser ? S’il s’agit pour l’instant des chauffeurs de taxis, demain ce sera le tour aux professeurs, aux pompiers, aux médecins, aux avocats, aux restaurateurs et aux infirmières.

Uber, évidemment n’est que la caricature d’un monde qui s’imposera à nous lorsque nous laissons les nouvelles technologies, dans ce cas-ci le numérique, aux mains de requins de Wall Street et la City. Je crois savoir qu’un certain Jacques Cheminade vous avait mis en garde, non ?

Pour S&P :

  • Il faut appliquer la loi Thévenoud qui interdit l’exercice illicite de la profession de taxi et encadre de façon stricte les VTC mis en concurrence depuis 2009 avec les taxi ;
  • Il faut obliger Uber à payer des vrais salaires et donc des cotisations sociales ;
  • Il faut que toute entreprise paie des impôts dans le pays où est produite la richesse ;
  • Il faut que l’Etat investisse dans des transports en commun plus performants.

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  • Eric • 15/02/2016 - 19:01

    Travis Kalanick est tellement têtus, enthousiaste, combatif et particulièrement cupide (...la cupidité est la seule matière enseignée au sein des universités américaines sans qu’il y ait une seule heure de cours portant ce libellé...) qu’il est, à lui tout seul, l’exemple parfait d’une parodie d’entrepreneur high-tech d’aujourd’hui.
    En passant, les états nations seront de plus en plus submergés par les créations de ce genre d’énergumène, il faut avouer, « créatif », et surnageant dans la jungle du capitalisme ultra-libéral américain, dont la corruption est la morale des affaires.
    « la désobéissance civile est nécessaire pour défendre les bonnes causes ».
    Sa mission ? Gagner « un max de fric » en bon négrier des temps modernes !

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