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Quand M. Urvoas fait valser les têtes et la justice

La rédaction
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Crédit : Reuters

A peine nommé Garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas a remercié les neuf dixièmes du cabinet de la ministre démissionnaire. Bien qu’il ait d’abord rassuré l’ancien directeur de cabinet de Christine Taubira, Alain Christnacht, en lui faisant savoir par SMS que « bien sûr, vous restez avec moi », il l’a débarqué peu après en constatant leurs divergences de fond et de méthode.

Pour clarifier les choses, le nouveau ministre a nommé à sa place Thomas Andrieu, ancien sous-directeur de cabinet de Manuel Valls place Beauvau et depuis deux ans directeur des libertés publiques et des affaires juridiques au ministère de l’Intérieur.

A ce titre, il y supervisait les opérations de police administrative, comme les assignations à résidence ou les perquisitions extrajudiciaires de l’état d’urgence, et défendait les positions de l’Intérieur sur les projets de loi constitutionnelle, la déchéance de nationalité ou la loi sur le terrorisme et la procédure pénale. Thomas Andrieu appartient par ailleurs à une de ces généalogies de la préfectorale du même acabit que celles dénoncées par Paul Nizan dans Aden Arabie.

L’Intérieur s’installe donc dans les meubles de la Justice, et celui qui hier défendait les positions de l’Intérieur doit aujourd’hui exprimer sur les mêmes textes celles de la Justice. Situation compliquée, nous dit Le Monde, mais « l’homme est habile », suivant un haut fonctionnaire qui le fréquente.

Il est vrai que cela n’embarrasse pas le moins du monde M. Urvoas qui, dans ses 11 Propositions chocs pour rétablir la sécurité et sur son blog le 13 août 2011, préconisait la fusion des ministères de la Justice et de l’Intérieur dans un esprit que certains qualifient de plus proche de celui du général Boulanger que de Jean Jaurès.

Spécialiste et passionné des questions de sécurité, on ne doute pas que le nouveau ministre saura faire comprendre aux juges que la justice n’est pas chez nous un pouvoir mais une autorité, suivant l’ordre moral de la Charte de 1814 et la lettre du titre VIII de la Constitution du 4 octobre 1958. Aux juges qui se considèrent gardiens des libertés de désormais se convaincre que pour MM. Urvoas et Andrieu, la première d’entre elles est la sécurité, en vertu d’une culture pour laquelle la police judiciaire doit être un peu plus police et un peu moins judiciaire.

Voilà en tous cas qui rejoint les conceptions de Xavier Bertrand et des auteurs des 12 travaux de l’opposition, un ouvrage collectif publié en septembre 2014 par les principaux responsables des Républicains. On peut donc dire que MM. Urvoas, Andrieu, Valls et MM. Copé, Fillon, Bertrand, Hortefeux et Le Maire, même combat. Selon eux tous :

Pour lutter contre les corporatismes et les différences culturelles entre l’Intérieur et la Justice, il conviendrait de mener un rapprochement statutaire entre les deux ministères.

Voilà donc une réforme consensuelle dans l’air du temps, mais n’est-ce pas cette fois, en vérité, le temps d’un coup d’État permanent, même s’il demeure larvé ?

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