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Washington entend torpiller la BAII

La rédaction
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Selon l’ambassadeur français à Pékin, "Nous pourrons, par exemple, construire un chemin de fer à grande vitesse entre la Chine et Lyon, le terminus de la Route de la soie". Ici la "Porte de la soie", fresque murale à Lyon.
Crédit : http://www.mongi-guibane.com/#!la-soie--lyon/co5e

Le secrétaire général par intérim de la Banque asiatique d’investissement dans l’infrastructure (BAII), Jin Liqun, a déclaré le 22 mars que 35 pays ont décidé de se joindre en tant que membres fondateurs à l’institution, à moins d’une semaine de la date limite de déclaration des candidatures, le 31 mars.

Liqun a également déclaré que la banque doit obtenir le feu vert de ses actionnaires pour doubler son capital, qui doit atteindre 100 milliards de dollars.

Furieuse de se retrouver à nouveau isolée [1] après la décision de la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et l’Italie de devenir membres fondateurs de la nouvelle institution, l’administration Obama cherche désespérément à justifier sa bévue.

Les propos de plusieurs hauts responsables de l’Administration, sous le couvert de l’anonymat ou non, sont cités dans un article publié par Ian Talley, dans le Wall Street Journal.

« Face à la défiance de ses alliés », résume le WSJ, Obama propose maintenant qu’un mécanisme de « co-financement » soit mis en place entre la BAII et le duo FMI/Banque mondiale. Afin d’éclaircir ce que ceci peut bien vouloir signifier, le journal cite des responsables du gouvernement Obama :

Cette approche collaborative est conçue pour orienter la nouvelle banque vers les objectifs économiques des principales économie mondiales, de manière à ce qu’elle ne devienne pas un instrument de la politique étrangère de Pékin.

Et de citer ainsi Nathan Sheets, sous-secrétaire américain pour les Affaires internationales : Le co-financement des projets avec les institutions existantes comme la Banque mondiale et la Banque asiatique de développement [contrôlée par la États-Unis et le Japon] permettra de garantir la haute qualité de normes qui ont résisté à l’épreuve du temps.

Le journal présente de manière plus détaillée ce que peuvent être ces « normes de haute qualité » :

Il faut s’assurer que les normes de la nouvelle institution seront conçues de sorte qu’il n’y ait pas d’accumulation de mauvaises dettes [beaucoup apprécieront l’expertise incontestée du FMI en la matière], ni d’abus des droits humains ni de risques environnementaux. (…) La nouvelle banque mise en place par la Chine risque de semer la défiance à l’égard des États-Unis et de générer tout un éventail de problèmes sociaux et économiques. Elle pourrait aider à subventionner les intérêts des entreprises chinoises. Un manque de transparence dans le fonctionnement de la nouvelle banque pourrait nourrir la suspicion, par exemple, sur la manière dont Pékin utiliserait ses financements pour développer des ports en eau profonde dans des ports stratégiques pouvant accueillir une marine Chinoise en voie d’expansion (sic).

Des prêts accordés à des gouvernements sans se soucier de savoir s’ils seront en mesure de rembourser pourraient semer les germes de crises financières à venir (re-sic). Des investissements dans des barrages qui pourraient provoquer une relocalisation massive de la population, sans mesures protectrices adéquates, pourraient multiplier les abus en matière de droits de l’Homme. [2]

Le WSJ ne prend pas la peine d’expliquer en quoi la politique étrangère de Pékin pourrait être source de problèmes à l’échelle internationale, une évaluation que ne partage pas l’ambassadeur de la France à Pékin, Maurice Gourdault-Montagne.

Celui-ci explique en effet, dans un article publié par le site China.org.cn, que l’initiative chinoise « Une ceinture, une route », qui concernera plus de 70 pays, est

une politique stratégique avec une vision de l’avenir, alors que les Français ne se rendent pas pleinement compte de son importance et des opportunités qu’elle peut apporter. D’une grande flexibilité, cette théorie s’applique à différents partenaires géopolitiques. Je pense que la France doit comprendre cette vision, s’adapter et en saisir les opportunités. Nous pourrons, par exemple, construire un chemin de fer à grande vitesse entre la Chine et Lyon, le terminus de la Route de la soie.

Ainsi, termine l’article, « l’ambassadeur français estime en outre que la stratégie de la Ceinture économique de la Route de la soie et de la Route de la soie maritime du 21e siècle est non seulement d’une grande importance pour l’Europe et pour la France, mais qu’elle contribuera également à un monde plus stable.

L’hostilité de Washington à l’égard de cette politique n’a pas empêché le quotidien Xinhua de s’exclamer, le 18 mars dernier, à propos de l’AIIB :

Bienvenue à l’Allemagne ! Bienvenue à la France ! Bienvenue à l’Italie ! (…) L’AIIB est ouverte à toutes les parties intéressées, y compris les Etats-Unis. Washington, qu’attendez-vous ?


[1Obama a été l’un des rares chefs d’État alliés de la France à ne pas se rendre à Paris pour la manifestation du 11 janvier à la mémoire des victimes des attentats contre Charlie Hebdo et la supérette Hypercacher.

[2Ici, l’immense sécheresse qui frappe la Californie depuis maintenant une décennie et qui n’a provoqué aucune réponse du gouvernement Obama ne semble pas inquiéter Wall Street.

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