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Que cachent les bombardements du Yémen par l’Arabie saoudite ?

La rédaction
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Les victimes des bombardements saoudiens sur Sanaa, la capitale du Yémen.
Crédit : Reuters

L’Arabie saoudite et ses alliés, avec un soutien logistique et des renseignements de la part des États-Unis, ont effectué, en violation du droit international, des bombardements aériens massifs sur la capitale du Yémen, Sanaa, et sur plusieurs autres villes.

Des douzaines de civils et de soldats ont été tués, en date du 26 mars. Les sorties aériennes de l’« Opération tempête de fermeté » ont été lancées après que les forces nationales agissant sous l’autorité de rebelles shiites Houthis [1] et de leur branche armé Ansarullah ont réussi, en quelques jours à peine, à s’emparer du sud du pays. Ils avaient pris le contrôle de Sanaa en septembre 2014.

La propagande des Saoudiens et de leurs alliés dans la région (ainsi que dans la presse occidentale) veut que les Ansarullah aient perpétré un « coup chiite » contre le gouvernement légitime du président Abedrabbo Mansour Hadi.

Plusieurs remarques permettent de resituer les évènements.

Premièrement, son mandat a pris fin en février 2014, et a été prolongé d’un an. Il ne peut donc plus prétendre être président.

Deuxièmement, si les Houthis sont effectivement chiites de Zeidi, ils sont soutenus par de nombreuses forces non-chiites et agissent comme une force de rassemblement pour unifier la nation contre un gouvernement corrompu et contre un accord politique concocté par les Saoudiens, qui a maintenu le pays divisé et mis la corruption à l’honneur.

En quelques mois seulement, les Houthis et leurs alliés ont réussi à chasser les djihadistes d’al Qaïda d’une grande partie du pays, ce que n’ont pas réussi les États-Unis et leurs alliés en plus de 10 ans.

Rien qu’au cours des dernières semaines, ils étaient sur le point d’éliminer totalement al Qaïda et l’Etat islamique du sud du Yémen et avaient lancé un dialogue national sur la formation d’un gouvernement national et une réforme de la Constitution.

Après que les Ansarullah s’étaient emparés d’Aden le 25 mars, les Saoudiens ont lancé une campagne de bombardements pour éliminer tout espoir de dialogue national. Un Yémen républicain, avec une culture de tolérance religieuse, serait le pire cauchemar pour la monarchie Wahhabite des Saoud, d’autant plus que les deux pays partagent une longue frontière ainsi qu’une longue histoire.

La situation se complique avec le soutien officiel et non officiel des Iraniens aux Houthis, ce qui conforte la tentative de les assimiler à des agents chiites, travaillant pour le compte de Téhéran. De plus, les États du Golfe et les Saoudiens ont exercé des pressions sur l’Égypte, pour qu’elle se rallie à leur campagne, en exploitant les inquiétudes des Égyptiens sur les possibles conséquences qu’aurait pour le Canal de Suez le contrôle yéménite sur le détroit de Bab El-Mandib.

Cependant, en l’absence d’une intervention diplomatique internationale et d’une initiative égypto-iranienne, l’ensemble de la péninsule arabique sera mise à feu et à sang.

Les minorités chiites en Arabie saoudite et au Bahreïn pourraient être mobilisées pour déstabiliser les Saoudiens. Ces derniers estiment que les Iraniens n’oseront pas intervenir directement, de peur de compromettre les négociations avec les États-Unis sur leur programme nucléaire et la levée des sanctions. Ceci pourrait s’avérer un très mauvais calcul.


[1du nom de ses dirigeants, Hussein Badreddin al-Houthi (en) et ses frères, ou encore Ansar Allah (« les partisans d’Allah ») (également connus sous le nom de Jeunes Croyants), sont une organisation insurrectionnelle chiite et un mouvement sociopolitique de l’école théologique zaïdite du nord-ouest du Yémen

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