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Natalia Vitrenko : ouvrons les yeux sur le danger des néonazies ukrainiens !

La rédaction

Mme Natalia Vitrenko est économiste et fondatrice du Parti socialiste progressiste d’Ukraine (PSPU). Voici la vidéo et la transcription de son intervention lors de la conférence internationale de l’Institut Schiller du 18 et 19 octobre 2014 en Allemagne.

Une alternative constructive à l’ordre mondial actuel, et la stabilité en Ukraine – une voie pour sauver l’espèce humaine

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Natalia Vitrenko, ici à Paris le 24 février 2014 avec Jacques Cheminade, lors du lancement de sa tournée européenne.
Crédit : Institut Schiller

Cette conférence offre aux scientifiques et aux spécialistes de tous les continents une occasion d’échanger face aux tensions belliqueuses extrêmes auxquelles nous nous confrontons. Voici effectivement une chance qui nous est donnée pour tracer une voie qui permettra de sauver le monde et de le réorganiser afin de garantir tant la souveraineté que la stabilité politiques, la croissance économique ainsi qu’une belle qualité de vie pour tous les peuples.

Pour nous, citoyens ukrainiens, ces questions se posent de façon dramatique. La guerre civile saigne notre pays. Nos pertes humaines, nos pertes économiques sont énormes ; le pays se débat dans les griffes d’une dictature néo-nazie qui n’est qu’un outil entre les mains de ceux qui souhaitent déclencher une troisième guerre mondiale.

Notre pays a la chance d’avoir un excellent climat, avec 20 % des Terres Noires très fertiles de la planète, une situation stratégique formidable, et une force de travail exceptionnellement bien formée et qualifiée.

Sous la houlette du FMI

Pendant vingt-deux longues années, l’Ukraine s’est pliée aux conditions imposées par le FMI et la Banque Mondiale, et pendant huit ans, aux règles de l’OMC. Et cette année, elle a signé un accord d’association avec l’UE, prélude à l’abîme – à la désintégration et à l’auto-destruction. Dès 2013, le PNB de l’Ukraine ne représentait plus que 65 % de celui de 1990. Et la chute s’est poursuivie en 2014 : -1 % au premier trimestre ; -4,7 % au deuxième. Les projections pour fin 2015 sont de -10 %. La dette étrangère de l’Ukraine grimpe rapidement, +102,2 % sur l’année 2014.

Au cours des huit premiers mois de 2014, la production industrielle a chuté de 7,8 % tandis que l’hryvnia, notre devise, a connu une dévaluation de plus de 60 %, accompagnée d’une inflation de 90 % sur la période. La guerre civile alimente cette crise économique. Les dépenses militaires dévorent le budget de l’État, les salaires, les pensions de retraite et les allocations sont gelées, tandis que les prix des biens et des services, y compris dans le secteur public, ont déjà augmenté de 40 % cette année. Le niveau de vie a chuté de 30 % et 78 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

Au lieu des valeurs européennes qui nous avaient été promises – l’état de droit, la liberté de parole et de manifestation pacifique, le droit à la vie, à la sécurité et à la dignité, le droit au vote libre – c’est une dictature néo-nazie qui se consolide. Les livres scolaires, les médias de masse, nos institutions étatiques glorifient les collaborateurs de Hitler qu’étaient l’Organisation des nationalistes ukrainien et l’Armée des insurgés ukrainien. La corruption prend désormais une forme nouvelle, « européenne ».

Il ne faut pas voir ce qui arrive en Ukraine comme un simple incident de parcours, au sein d’une communauté mondiale florissante. Que non ! C’est la conséquence froidement planifiée de l’ordre mondial actuel que les États-Unis ont fondé suite à la défaite de l’Allemagne nazie. Ils en ont jeté les bases en 1944 lors de la Conférence de Bretton Woods : le dollar américain devint alors la devise de réserve du monde entier (alors sur étalon or).

La dollarisation a permis à l’oligarchie américaine d’engranger des profits titanesques. Depuis août 1971, les États-Unis, après avoir instauré une économie post-guerre bien plus puissante que celles de l’URSS, de l’Europe ou des autres continents, ont soudainement décroché de l’étalon-or.

Qui osait alors s’y opposer ? Car les États-Unis avaient déjà créé des instruments de mondialisation tels le FMI, l’OTAN, La Banque Mondiale et l’OMC (« GATT »), qui servaient ses intérêts. Pillage sans pitié du monde, destruction des économies nationales – des milliards d’êtres humains vivotaient à peine, ou mourraient, victimes de la faim, des drogues, des épidémies, des guerres, tandis que les États-Unis ne se préoccupaient que de leur propre bien-être. Yougoslavie, Irak, Afghanistan, Libye ou la Syrie ont tous fait les frais des « intérêts nationaux » des États-Unis.

Mais des pays toujours plus nombreux considèrent l’ordre mondial actuel comme injuste et inacceptable : un ordre fixé par le FMI et l’OMC dans des conditions de dollarisation totale, de sanctions économiques, de coups d’état provoqués « sur mesure », de révolutions dites « de couleur » et de conflits armés, et ce, pour servir l’hégémonie américaine.

L’ère des BRICS

Mais de nouveaux dirigeants donnent de la voix. De nouvelles associations de pays comme les BRICS, l’Organisation de coopération de Shanghai, l’Union douanière et l’Union eurasienne affirment désormais leurs intérêts économiques et politiques communs.

Le 8 octobre dernier, le Financial Times publiait une analyse des marchés émergents, indiquant des perspectives qui vont miner la primauté américaine. En termes de PNB, ajusté pour la parité de pouvoir d’achat, le vieux Groupe des Sept, dirigé par les États-Unis, perd du terrain face aux nouveaux sept : le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, le Mexique, l’Indonésie et la Turquie, qui totalisent un PNB de $37 800 milliards comparés à $34 500 milliards pour le G7. La Chine a déjà dépassé les États-Unis. Son PNB (ajusté pour la parité de pouvoir d’achat) représente $17 600 milliards comparés aux $17 400 milliards des États-Unis.

Pour les États-Unis, ne plus être leader du monde, et voir la pyramide du dollar s’effondrer, c’est une véritable menace. Menace non seulement à leur domination mondiale, mais aussi à leur existence nationale même. La dette étrangère américaine est astronomique - $17 000 milliards et son déficit budgétaire représente $1700 milliards. Pour les États-Unis, l’issue radicale est la Troisième Guerre Mondiale, qui est censée avoir lieu sur le continent européen. L’Ukraine est pour eux une mèche pour allumer la flamme de cette guerre.

La renaissance des néonazies

Dès la chute de l’URSS, les États-Unis se sont mis à « travailler » l’Ukraine. Au début des années 1990, la reconstitution et la promotion des groupes et partis néo-Nazis servait manifestement leurs intérêts : l’Assemblée nationale ukrainienne, Auto-Défense du peuple ukrainien ((UNA-UNSO) dans les années 90 ; le Parti national-social de l’Ukraine (SNPU) en 1991, rebaptisé en 2004 Svoboda, l’Association pan-ukrainienne. Svoboda siège dans les législatures locales de Halychyna (l’Ukraine occidentale) depuis 2010 et au parlement national depuis 2012. En 1993, l’Organisation Trident Stepan Bandera fut créée, et devint en décembre 2013 la base de Pravy Sektor (secteur droit).

Et tant d’autres. Tout au long de leur existence, ils ont été généreusement arrosés de subventions et d’informations en provenance de l’Occident.

  • Ceci, en violant la Charte et le Jugement du Tribunal militaire international de Nuremberg, qui obligent les juridictions nationales à intenter des procès à l’encontre des collaborateurs de Hitler ;
  • Ceci, en violant les résolutions de l’ONU condamnant le racisme et le Nazisme, et qui obligent les Etats à interdire, en en faisant un acte passable de sanctions pénales, la promotion de la haine nationale, raciale ou religieuse ;
  • Ceci, en violant la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Convention internationale pour la prévention et la répression du crime de génocide, et la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, qui interdisent toute discrimination fondée sur le sexe, la race, la couleur de la peau, la langue, la religion, les convictions politiques ou les croyances, les origines nationales ou sociales, le statut comme propriétaire, ou sur quelque base que ce soit ;
  • Et en violation de l’Article 37 de la Constitution de l’Ukraine, qui interdit la création et les activités de partis politiques et organisations publiques dont les objectifs programmatiques ou actions visent à inciter les conflits inter-ethniques, raciaux ou religieux, ou qui portent atteinte aux droits et libertés de l’homme,

Or, ceux qui détiennent le pouvoir en Ukraine (sous le président Iouchenko et sous le président Ianoukovitch), ont fait usage des lois et règlements pour faire d’une idéologie nazie celle de l’Ukraine maintenant.

Les néo-Nazis étaient le centre idéologique de l’Euromaidan. Pendant leurs manifestations, des symboles nazis ont été hissés de manière éhontée (la croix gammée, les chiffres 14 et 88, la croix celte et différents drapeaux), ainsi que des portraits de leurs idoles, les collaborateurs et agents de l’Abwehr : Konovalets, Bandera, et Choukhevitch. Sur l’Euromaidan à Kiev, ils ont scandé sans arrêt « Poignardons les Moscovites ! », « Les Communistes à l’échafaud », « l’Ukraine aux Ukrainiens », « Gloire à la Nation et Mort à ses ennemis », « Gloire à l’Ukraine et à ses héros » et et « l’Ukraine au-delà de Tout ».

L’Euromaidan de Kiev avait cessé d’être pacifique dès le 1er décembre 2013. Cela correspond au moment où les forces spéciales de la Berkout [police anti-émeutes] se sont vues interdire l’usage de toute arme, tandis que les guérillas du Maidan utilisaient profusément des bâtons de baseball et de golfe, des pavés de la rue, des cocktails Molotov, et des chaînes. Après, ils s’emparèrent de dépôts d’armement de la police et des bases militaires à Halychyna, et acquirent ainsi des armes automatiques. Ils ont saisi 19 édifices gouvernementaux situés dans le centre de la capitale.

Washington et Bruxelles ont toutefois interdit avec insistance aux autorités d’user de la force, bien qu’elles aient constaté les actes de pillages et de violence des guérillas néo-nazies dans Kiev.

Comparez donc ce comportement de l’Occident aux événements du 9 août 2014, lorsque la police de Ferguson, au Missouri aux États-Unis, tira sur un jeune afro-américain de 18 ans, non armé, du nom de Michael Brown ? Et avec la manière dont la police a accueilli les manifestants pacifiques, touchés par cet événement, avec des gaz lacrymogènes et des balles de caoutchouc ? Après cela, la Garde nationale fut envoyée sur place et imposa l’état d’urgence et le couvre-feu.

Une partie de la population ukrainienne a soutenu l’Euromaidan mais des millions, des dizaines de millions, l’ont rejeté. Ceux qui l’ont rejeté ne voulaient pas que l’Ukraine soit transformée en ennemi de la Russie. Ils se sont opposés à la signature de l’Accord d’association avec l’UE, qui aurait délibérément détruit de forts liens économiques, culturels, d’échange d’information, scientifiques, ou simplement familiaux avec les Russes. Un sondage effectué en février 2014 par la Fondation d’initiatives démocratiques a clairement montré que seuls 16,8 % des Ukrainiens soutenaient complètement les agissements des manifestants. Les participants au Maidan étaient majoritairement originaires de Halychyna : 55 % des protestataires venaient de petits villages de l’Ouest de l’Ukraine. Après cela, les gens ont le culot d’affirmer que le Maidan de Kiev représentait le choix de la population !

Le 20 février 2014, les milices néo-nazies disposaient déjà d’armes à feu. Le 21 février, trois ministres des Affaires étrangères (Allemagne, France, Pologne) forcèrent Ianoukovitch à reconnaître de fait le coup d’État et à se plier aux demandes du Maidan. Le mémorandum contenait des obligations pour chacun des deux côtés. Mais les représentants du Maidan n’avaient pas la moindre intention de remplir les leurs, et personne ne les obligea non plus à s’y tenir. Les unités armées illégales ne furent ni désarmées ni démantelées.

L’idéologie néo-nazie devint l’idéologie du nouvel État. Ceci est une idéologie selon laquelle un groupe ethnique dicte sa volonté à tous les autres. Ceci est une idéologie de représailles contre les Russes (et tout partisan de la Russie) : une idéologie de représailles contre les dissidents. Les nouvelles autorités proclamèrent : « Un pays, une langue, une église, un État. »

Sous ces conditions, des représentants du monde Russe (et ceci ne signifie pas seulement les citoyens de la Fédération de Russie et les gens d’origine russe, mais aussi ceux que l’on nomme les « petites Russes », ces ukrainiens qui s’identifient avec le monde russe et la civilisation slave orientale), ont définitivement sonné l’alarme. La Crimée a explosé, et le 16 mars un référendum exprima pratiquement de façon unanime la volonté d’un retour à la Russie. Le Donbass s’est soulevé. Cette région est habitée par 6,5 millions de gens, la plupart de culture russe, et étroitement liés à la Russie. Le référendum du 11 mai a montré que 75 % de la population des régions de Donetsk et de Lougansk ne voulait pas vivre dans une Ukraine néo-nazie et anti-russe.

Mais le régime de Kiev décida de punir le Donbass, piétinant les valeurs, la volonté et les intérêts de sa population.

Avant avril 2014, nous n’imaginions pas que le gouvernement aurait recours, contre les civils et les rebelles, de méthodes d’annihilation aussi sophistiquées, comme les lanceurs de roquettes Grad et Uragan, les bombes à fraction, les bombes à phosphore, les missiles tactiques Tochka-U (également appelés SS-21), et autres armements offensifs lourds à effet sélectif. Ces combats impliquant l’armée ukrainienne et divers bataillons de volontaires ont conduit à la mort de 3600 personnes, en blessant 8700 autres dans le Donbass, selon des chiffres de l’ONU, sérieusement sous-estimés et datant de début octobre. En comparaison, 3600 soldats et officiers de l’armée ukrainienne ont été tués au cours de la guerre de 10 ans conduite par les soviétiques en Afghanistan ! Cette guerre fratricide dans le Donbass a également provoqué un exode de la population, un million de gens ayant trouvé refuge en Russie et 300 000 dans d’autres régions de l’Ukraine.

Mais les problèmes de l’Ukraine aujourd’hui ne sont pas limités au Donbass. Toutes les émissions des chaînes de télé russes ont été arrêtées dans le pays, et un nombre croissant de films et de séries télé en provenance de Russie sont bannies. Le phénomène appelé « garbage lustration » se développe rapidement : ce sont des actes de rue, au cours desquels des élus ou autres responsables sont tabassés sans autre forme de procès et balancés dans les poubelles. Les calomnies sont répandues contre les gens qui ne sont pas dans les faveurs du régime. Ceci touche non seulement les membres des partis politiques ou les militants ou blogueurs, mais aussi les personnes qui sont seulement actives sur les réseaux sociaux en ligne. Des nervis passent à tabac des manifestants pacifiques, et ce sont les manifestants que les policiers arrêtent ! Ceci est arrivé en juillet 2014 à l’extérieur du Parlement à Kiev, en août à Kherson, et en septembre à Odessa et Kharkov.

Face à cette situation la conscience publique devient saturée par une militarisation croissante, une russophobie bestiale, et la haine de toute opinion dissidente. Tout ceci est typique de la rhétorique des candidats aux législatives prévues pour le 26 octobre prochain.

Iryna Farion du Parti Svoboda, par exemple, a déclaré lors d’un discours le 30 septembre devant des combattants du bataillon Sich que l’Ukraine devait devenir la « tête de proue de la Troisième guerre mondiale », tout en soulignant qu’elle devait être victorieuse.

Dans ces conditions de guerre civile, de pillage, d’intimidation des militants, de censure la plus stricte, de psychose militariste et anti-russe, le résultat de l’élection du 26 octobre ne fait aucun doute. Il y aura un Parlement de guerre qui, sous les ordres des États-Unis ou bien acculés par la menace de soulèvements de masse, pourrait bien déclarer la loi martiale et déclarer la guerre à la Russie.

Étant donné le rôle de l’Europe en tant que joueur passif dans la politique agressive des États-Unis, il ne fait aucun doute qu’une telle déclaration de guerre de la part de l’Ukraine contre la Russie entraînerait les pays membres de l’OTAN, menés par les États-Unis, dans un engrenage infernal. Il ne fait aucun doute que l’humanité encourrait d’immenses pertes dans une guerre nucléaire.

La raison humaine nous oblige à proposer une alternative à ce scénario diabolique. Cette alternative devrait être un ordre mondial foncièrement nouveau, viable, organisé et s’inspirant de principes scientifiques. Bien sûr, ceci implique un ensemble de tâches difficiles, allant de la création d’institutions de crédit et de financement supranationales justes, pour remplacer le FMI et la Banque mondiale, et de nouvelles institutions commerciales pour remplacer l’OMC, au démantèlement de l’OTAN et à l’élimination du monopole du dollar, jusqu’à une réforme de l’ONU et de son Conseil de sécurité.

Ces questions globales ne peuvent pas être envisagées sans une croissance économique, notamment de la production d’énergie et du poids financier des pays en voie de développement. Ceci suppose des projets d’investissement majeurs dans l’infrastructure. Le projet chinois de Nouvelle route de la soie est particulièrement intéressant. Créer une Nouvelle route de la soie est une stratégie pour la transformation radicale du continent eurasiatique.

Ce projet peut donner une forte impulsion à la recherche scientifique, pour le développement et la mise en œuvre de technologies innovantes dans la construction de lignes ferroviaires, la création d’infrastructures modernes connexes, l’expansion de la coopération commerciale, le tourisme et la culture, et la coordination fructueuse entre les pays de l’Eurasie en termes de sécurité. Il ne fait aucun doute que l’exécution d’un tel projet renforcera les nouveaux pays émergents et permettra d’avancer vers un changement fondamental de politique monétaire, à travers la dé-dollarisation et une transition vers l’organisation des échanges en devises nationales.

Le projet de « Nouvelle route de la soie » est aussi extrêmement prometteur pour l’Ukraine. L’ancien État de la Kiev Rus contrôlait la route allant des « Varègues jusqu’aux Grecs », qui reliait les terres du nord de la Russie, à travers Kiev, à Tsargrad (Constantinople). De la même manière, Kiev doit s’intéresser aujourd’hui au développement de ses artères de transport, qui lui permettraient de tirer le meilleur avantage de sa position géographique et de devenir un pays de transit européen.

Une participation dans le projet chinois doit pousser l’Ukraine à développer des manufactures à forte intensité scientifique et technologique, qui donneraient à l’économie ukrainienne du futur une forme entièrement différente, hautement développée.

Ceci mettrait fin à toute détérioration additionnelle des forces scientifiques, technologiques et intellectuelles de notre pays, et fournirait un levier efficace pour combattre le chômage de masse, la pauvreté, la dégradation et l’exode de notre main d’œuvre. Il serait honteux de rater une telle occasion. Il serait honteux si les forces de la guerre, du mal et la cupidité insatiable de l’oligarchie réussissaient à prévaloir sur les forces de la raison, du bien, de la créativité.

Cette occasion pour le salut de l’Ukraine nous sera offerte seulement si la conscience publique peut être protégée contre l’idéologie et la propagande nazies, et si la vie politique de notre pays est débarrassée des partis et des mouvements néo-nazis. Ceci peut être accompli avec les efforts conjoints de la Russie et de l’Europe.

Les normes et les principes du droit international ne permettent pas seulement de faire cela : elles l’exigent, au nom de la mémoire des 50 millions de gens qui sont morts au cours de la Deuxième guerre mondiale.

Ce dont nous avons besoin, c’est la volonté politique.

Résolution adopté :

Une large majorité des 350 participants de la conférence ont adopté une résolution sur la question de l’Ukraine.

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Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

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L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

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S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

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Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

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