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A la conférence de Genève, Jimmy Carter fustige Bush et Sharon

La rédaction

Quelque 700 dirigeants politiques, intellectuels et personnalités de tous pays se sont réunis le 1er décembre à Genève pour la cérémonie de lancement officiel de l’« Initiative de Genève », un nouveau plan de paix israélo-palestinien. Plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement y ont envoyé des messages de soutien, dont le président Jacques Chirac, son homologue égyptien Hosni Moubarak, le roi Hassan VI du Maroc, le Premier ministre britannique Tony Blair, ainsi que le président de l’UE Romano Prodi et de nombreux anciens chefs de gouvernement, ministres et dirigeants politiques.

Dans son discours, Jimmy Carter a dit des choses que seul un président américain pourrait se permettre de dire, fustigeant la politique de l’administration Bush et celle du Premier ministre israélien Ariel Sharon.

Apportant son soutien total à l’accord de Genève, Carter a déclaré qu’il « offre les éléments cruciaux et incontournables d’une paix permanente en Terre Sainte. (...) L’alternative, c’est la poursuite de la violence ». Bien que cet accord soit totalement compatible avec la « feuille de route » soutenue par les Etats-Unis, l’Union européenne, les Nations unies et la Russie, il évite, selon Carter, l’« erreur principale » de celle-ci, qui est l’approche par étapes. « La première phase [de la feuille de route] a été rejetée en grande partie, dit-il, car le gouvernement israélien n’a pas tenu compte des timides objections du gouvernement Bush et a continué de coloniser la bande de Gaza et les étendues de la Cisjordanie, et à bâtir une énorme barrière sur le territoire palestinien. » Ceci a mené au durcissement des revendications palestiniennes et à la poursuite des « attentats violents de groupes terroristes palestiniens et à l’augmentation des vigoureuses représailles de la part d’Israël ».

Notant qu’au cours des vingt-cinq dernières années, la « médiation mesurée » des Etats-Unis avait permis de soutenir les efforts de paix, par contre, « l’administration actuelle de Washington a donné invariablement son soutien à Israël, et le bien-être et la souffrance du peuple palestinien ont été ignorés ou relégués au deuxième plan. Sans le rétablissement d’une influence américaine forte et impartiale, les extrémistes israéliens et palestiniens l’emporteront, avec leur opposition à cette initiative de paix comme à toute autre. »

Les Etats-Unis ont tout intérêt à voir ce conflit réglé, selon Carter, car « il ne fait pas de doute que l’absence de véritables efforts pour résoudre la question palestinienne est une des sources principales du sentiment anti-américain dans tout le Moyen-Orient et une incitation majeure à l’activité terroriste ».

Le discours de Jimmy Carter reflète la campagne que mène Lyndon LaRouche contre le vice-président Dick Cheney, qui donne du courage à certaines personnalités politiques d’un Parti démocrate se trouvant par ailleurs dans une situation désespérée. Par exemple, l’ancien secrétaire d’Etat Warren Christopher qui, une semaine avant la cérémonie de Genève, a publié un commentaire dans le Washington Post dans lequel il critique non seulement l’administration Bush mais également l’attitude des candidats présidentiels démocrates vis-à-vis du Proche-Orient.

Carter a aussi soutenu dans son discours l’initiative de paix du prince hériter saoudien Abdallah. Quant à Israël, il a noté que « grâce aux incitations financières et politiques du gouvernement israélien au cours de la décennie passée, le nombre de colonies israéliennes a monté en flèche. (...) Quels que soient les dirigeants que les Palestiniens pourraient choisir, quelle que soit la ferveur des intérêts américains ou quels que soient la haine et le sang versé, il reste un choix essentiel pour les Israéliens : voulez-vous la paix avec vos voisins ou voulez-vous maintenir des colonies dans les territoires occupés. » Il a aussi appelé les Palestiniens à « renoncer aux violences contre des citoyens israéliens en échange de l’engagement offert par cette initiative de Genève ».

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