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Able Danger et les attentats du 11 septembre

La rédaction

Le New York Times du 8 août 2005 révélait que Mohammed Atta et trois autres pirates de l’air du 11 septembre avaient été pistés pendant un an avant les attentats, dans le cadre de Able Danger, un programme ultra-secret du Pentagone relevant du Commandement des opérations spéciales (SOCOM). Or les avocats du Pentagone travaillant pour le SOCOM avaient refusé de transmettre ces renseignements au FBI ou à la CIA, de peur d’attirer l’attention publique sur leurs méthodes pour obtenir des informations. A l’époque, le SOCOM était dirigé par le général Peter Schoomaker, un acteur de premier plan du courant des cinglés au sein des forces armées américaines.

Pour Lyndon LaRouche, l’importance de l’enquête sur Able Danger et « les tordeurs de cuillères » ne doit pas être sous-estimée. Selon des sources dignes de foi dans la communauté du renseignement américain, cette affaire pourrait devenir un flanc dévastateur pour démolir Donald Rumsfeld et, par extension, le vice-président Dick Cheney.

Le 22 août, un porte-parole du Pentagone, Larry Dirita, a reconnu l’existence d’Able Danger, tout en démentant que l’unité de renseignement secrète ait identifié Atta et d’autres futurs pirates de l’air plus d’un an avant les attaques sanglantes du 11 septembre. Selon lui, l’affaire fait l’objet d’une enquête du sous-secrétaire de la Défense chargé du Renseignement, Stephen Cambone, un néo-conservateur notoire.

Il est cependant peu probable que le Pentagone puisse maintenir son démenti très longtemps. Le New York Times avait été informé de l’existence d’Able Danger par le colonel Anthony Shaffer, qui assurait la liaison entre ce programme et le renseignement militaire (Defense Intelligence Agency) en 2000. Selon lui, Able Danger était une opération hautement confidentielle de dix-huit mois, chargée de recueillir des informations sur le réseau terroriste al-Qaida au plan international, à l’aide de techniques de data mining (extraction de données). Lui-même avait vu les noms d’Atta et des autres pirates de l’air pour la première fois au milieu de 2000. Entre-temps, le récit de Shaffer a été confirmé par deux autres anciens collaborateurs de l’équipe Able Danger, le capitaine de Marine Scott Phillpott et un fournisseur civil du Pentagone, JD Smith.

Il semble que Shaffer ait rencontré deux députés, le président de la Chambre Dennis Haster et le président de la commission du Renseignement Peter Hoekstra, qui l’ont encouragé à rendre publiques ces révélations. Ensuite, sans dévoiler son identité, Shaffer a accordé une interview au New York Times en compagnie du député républicain Curt Weldon, vice-président des commissions des Services armés et de la Défense intérieure.

L’année dernière, Shaffer avait déjà fourni toutes ces informations à la Commission sur le 11 septembre dirigée par Thomas Kean, qui publia son rapport final sur les attentats en juillet 2004. Or ce document officiel et prétendument « définitif » sur le 11 septembre ne comporte aucune mention d’Able Danger. Ceci est d’autant plus bizarre que le directeur exécutif de cette commission, Philip Zelikov, s’était rendu en Afghanistan en 2004 pour y rencontrer Shaffer, alors en poste là-bas, qui lui a donné un briefing détaillé. Or Zelikov devait déclarer plus tard que les informations qu’il avait reçues étaient « historiquement inintéressantes ».

Le 26 août, le président de la Commission judiciaire du Sénat, le républicain Arlen Specter, a écrit une lettre au directeur du FBI Mueller pour lui demander de communiquer toutes les informations dont il disposait sur Able Danger :

« Shaffer affirme que lui et ses collaborateurs avaient découvert, un an avant le 11 septembre, les noms de trois des quatre pilotes du 11 septembre et les endroits où ils se trouvaient. Puisque les terroristes présumés d’al-Qaida se trouvaient sur le sol américain, Shaffer dit qu’il avait demandé à plusieurs reprises aux responsables de la Defense Intelligence Agency de fixer une réunion avec des responsables du FBI afin de leur présenter ces renseignements en vue d’une nouvelle enquête. Shaffer contacta également l’agente du FBI Xanthig Mangum pour lui demander de fixer un rendez-vous à cet effet avec le FBI. Shaffer affirme avoir fait cette demande à l’agente Mangum verbalement et par e-mail. (...)

« La présente est une demande officielle adressée à votre bureau pour lui demander de fournir à la Commission judiciaire toutes les informations et les documents qu’il détient à propos d’Able Danger, du colonel Anthony Shaffer, du capitaine Scott Philpott ou de toute autre personne ayant des liens avec le projet Able Danger, y compris des communications par e-mail, notes, messages téléphoniques, mémos ou toute autre documentation à l’appui . »

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