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Agrocarburants et spéculation, les deux mamelles de la crise alimentaire

7 juin 2011 (Nouvelle Solidarité) — Le 14 avril, l’indice des prix alimentaires de la Banque mondiale, qui mesure les prix mondiaux, indiquait une hausse annuelle de 36 %, proche de son record de 2008. Parmi les hausses majeures enregistrées depuis un an figurent celles du maïs (74 %), du blé (69 %), du soja (36 %) et du sucre (21 %).

Au premier trimestre 2011, le prix du sucre avait augmenté de 73 % depuis juin 2010. Celui du maïs aussi (et même plus au Brésil, en Argentine…). Le blé est sur la même ligne. Bien qu’un peu plus stable, le prix du riz enregistre des hausses de plus de 40 % en six mois au Vietnam et au Burundi. La flambée des prix alimentaires est liée à celle des prix des combustibles : les cours du pétrole brut ont augmenté de 21 % au premier trimestre 2011, suite aux troubles survenus au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

D’après l’institution, dans de nombreux pays, les prix des légumes, de la viande, des fruits et de l’huile de cuisson ont subi une hausse de nature à nuire à l’alimentation des pauvres, et une nouvelle hausse de 10 % précipiterait 10 millions de personnes supplémentaires sous le seuil de pauvreté (1,25 dollar par jour), où sont déjà plongés 1,2 milliard d’individus dans le monde.

Les prix des produits alimentaires se sont envolés sous l’effet de plusieurs facteurs : les phénomènes météorologiques extrêmes (sécheresse, inondations, etc.) survenus dans certains grands pays exportateurs de céréales, les restrictions sur les exportations, l’utilisation accrue de produits agricoles dans la fabrication d’agrocarburants, le faible niveau des stocks mondiaux et une spéculation de plus en plus effrénée.

Le scandale des agrocarburants

Pour expliquer le retour de la crise alimentaire, Lucien Bourgeois, économiste, membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica, pointe du doigt « un élément nouveau qui n’est pas très visible dans les statistiques habituelles, la transformation d’une part croissante de la récolte en énergie ». Il s’agit de la production d’éthanol aux Etats-Unis. Représentant moins de 5 % de la production de maïs avant le 11 septembre 2001, cette proportion dépassait 10 % en 2003, 20 % en 2007, et l’on a désormais franchi le cap de 40 %. Au total, le Centre international des céréales estime que les usages industriels des céréales portent sur 293 millions de tonnes, soit très exactement 16,7 % de la production mondiale !

Le quotidien britannique The Guardian a publié le 1er juin une enquête révélant l’importance croissante du nombre d’entreprises britanniques qui font main basse sur les terres cultivables en Afrique pour produire des agrocarburants. La ruée sur cette forme d’énergie de faible rendement a été encouragée par la décision de l’Union européenne de pourvoir 10 % de l’énergie nécessaire aux transports par des énergies renouvelables en 2020, souligne le quotidien en citant un responsable d’une des sociétés britanniques impliquées, Sun Biofuels, qui exploite 8000 hectares en Tanzanie.

Sur les 3,2 millions d’hectares destinés à la production d’agrocarburants, recensés dans les pays d’Afrique subsaharienne, plus de la moitié sont liés à onze sociétés britanniques, loin devant les entreprises d’autres pays. Le champion en la matière est le groupe Crest Global Green Energy, qui détiendrait à lui seul 900 000 hectares au Mali, en Guinée et au Sénégal. Vient ensuite Gem Biofuels, avec quelque 450 000 hectares à Madagascar. L’Italie suit de près avec sept entreprises implantées en Afrique, suivie par l’Allemagne (six), la France (six) et les Etats-Unis (quatre). Le Brésil et la Chine acquièrent aussi des terres en Afrique pour produire des agrocarburants et de la nourriture, même si dans l’immédiat, l’enquête n’a mis à jour qu’une poignée de projets concrétisés.

Du côté américain, le ministre de l’Agriculture américain Tom Vilsack a rappelé le 24 mai la politique d’Obama dans ce domaine, affirmant sans vergogne que les « agrocarburants n’ont joué qu’un rôle mineur dans la hausse des prix alimentaires ». Petit détail : il s’exprimait devant un parterre de financiers invités à « l’Initiative agricole » du Chicago Council of World Affairs, sponsorisé par Bill Gates et coprésidé par Dan Glickman, un administrateur du Chicago Mercantile Exchange, la plus grande bourse de référence pour la spéculation sur les denrées alimentaires !

En réduisant les surfaces consacrées aux cultures vivrières, surtout dans les pays du Sud, cette production alimente la flambée des produits alimentaires. Rappelons que pour remplir d’éthanol le réservoir d’un 4x4, il faut 230 kg de maïs, soit l’équivalent de la consommation annuelle moyenne d’un Mexicain.

Spéculation

En février dernier, même notre ministre de l’Economie Christine Lagarde, à la réunion du G20 « finance », avait évoqué cette spéculation : « A Chicago, il s’échange dans l’année 46 fois la production mondiale de blé, et 24 fois la production mondiale de maïs, entre des opérateurs privés qui n’ont aucun lien avec la matière première ». Et elle dénonçait une « financiarisation excessive ».

Bruno Le Maire, en tant que ministre de l’Agriculture, avait lui aussi forcé le trait : « Attention à la colère populaire au cas où certains spéculeraient sur la faim dans le monde. (…) Une régulation financière est nécessaire pour ne pas revivre sur l’agriculture ce qu’on a connu dans l’immobilier », déclarait-il devant l’association des journalistes économiques et financiers.

Une telle prise de conscience devrait résulter dans des actes, en particulier lors du G20 Agriculture qui aura lieu le 22 et 23 juin à Paris. Hélas, dans les tragédies de Shakespeare, le personnage français, souvent intelligent mais encore plus souvent soumis ou impuissant, se nomme « Paroles ».


Notre alternative :

Déclaration de Jacques Cheminade :
Sécheresse : coupons l’herbe sous les pieds des spéculateurs !


Voir les 2 commentaires

  • petite souris • 07/06/2011 - 19:27

    Pour remplir d’éthanol le réservoir d’un 4x4, il faut 230 kg de maïs, soit l’équivalent de la consommation annuelle moyenne d’un Mexicain.

    Tout est dit !

    Un plein = la vie d’un homme !!!

    Le FMI et la Banque Mondiale, et les "verts" en sont responsables.

    Shame ! shame ! shame !

    ... en français : Quelle honte !

    ... en petite souris : où sont les hommes ?
    les vrais, les grandes personnes responsables, les exemples à suivre ?

    Répondre à ce message

  • EDITH • 07/06/2011 - 18:24

    Mais vous oubliez les 12 millions de Français qui jouent en bourse(monde diplomatique de janvier 2010) les pauvres si on arrête la speculation ils vont tout perdre !tant mieux et qu’ils fassent une bonne crise cardiaque en plus se serait le nirvana !dans les banlieues les gens se revoltent en s’entretuant parce que les lâches Français de souche ne se regardent que le nombril ,même a ATTAC les bobos ne veulent pas d’une refonte complète du systeme seulement quelques petits arrangements et bien que tout s’ecroule et vite cela les reveillera peut être et comme en Islande ces classes moyennes prendront enfin la mesure de leurs responsabilités.Une assiette vide ça parle moi la mienne l’est déjà depuis longtemps !

    Répondre à ce message

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Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

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Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

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