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Berlin : Wowereit, Buchmann et le Financial Times

La rédaction

Le 17 septembre, les élections municipales auront lieu à Berlin. Alors que la « classe politique » de Berlin était en vacances d’été, le candidat du parti BüSo, Daniel Buchmann, a mené une campagne vigoureuse pour la réindustrialisation de Berlin. Buchmann, les jeunes larouchistes et les activistes du BüSo de Berlin ont distribué 350 000 exemplaires d’une brochure dont le thème central est la réindustrialisation de Berlin.

Le 14 août, au début de la « phase chaude » de la campagne électorale, le « Maire-seigneur » actuel de Berlin, Klaus Wowereit (SPD), s’est senti obligé de répondre à Buchmann. Et le support qu’il a choisi pour s’exprimer n’est autre que le Financial Times, porte-parole de la finance internationale - dans ses versions à la fois allemande et anglaise :

« Berlin doit sortir de son passé industriel. (...) Berlin doit penser son futur en tant que ville post-industrielle et abandonner ses aspirations à faire revivre son industrie. (...) Nos zones de commerces et d’affaires, orientées vers le futur, sont centrées sur les services, le tourisme, la mode, les jeunes industries créatrices et bien d’autres domaines. Nous avons encore 90 000 emplois industriels qui sont relativement stables, mais les investisseurs industriels ne se bousculent pas... Je ne crois pas que nous puissions revenir aux 300 000 emplois industriels que nous avions au début des années 1990. (...) Je me demande vraiment pourquoi les gens pensent que la valeur d’un emploi dans le tourisme est inférieure à celle d’un emploi dans l’industrie », s’est étonné Wowereit.

En retour, le Financial Times ne tarissait pas d’éloges pour le maire sortant : « Les politiciens allemands s’enorgueillissent généralement des racines industrielles de leur pays ; les commentaires de Klaus Wowereit, un des plus influents politiciens sociaux-démocrates, sont donc inhabituels et indiquent peut-être un changement dans l’orientation économique des régions les moins dynamiques d’Allemagne. (...) Le maire a en effet attaqué le point de vue traditionnel qui prise les emplois industriels ». Le Financial Times dit plus loin que les commentaires de Wowereit sont « en avance sur les élections de la ville de Berlin du 17 septembre » et que « le changement d’orientation de Berlin vers une économie de services moderne a bien avancé depuis que M. Wowereit est arrivé au pouvoir ».

L’édition allemande du FT dévoile une des raisons de sa sympathie affichée pour les politiques de Wowereit : les « économies de service » post-industrielles sont caractérisées par un niveau de vie plus bas, si on les compare à une économie industrielle avancée, où les salaires montent pendant que les coûts unitaires de production baissent. Berlin, dans le futur, devra être « une capitale de la mode, des médias et de la musique ». Le « faible niveau de vie » qu’on y trouve en a fait une ville « compétitive » face à n’importe quelle autre métropole européenne.

Pour le candidat du BüSo, les prises de position de Wowereit devraient pousser les Berlinois - qui sont dans leur grande majorité favorables à la réindustrialisation de leur ville - à rejeter un « futur » post-industriel avec de « bas niveaux de vie ».

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