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Certains sénateurs démocrates prêts à faire obstruction à la nomination d’Alito

La rédaction

Ces mises en garde de LaRouche, diffusées sous forme de tracts et d’annonces radiodiffusées à Washington, ont été entendues par nombre de sénateurs démocrates bien décidés à s’opposer sérieusement à cette nomination. Le 26 janvier, le sénateur John Kerry a annoncé depuis Davos (Suisse) son intention de faire obstruction au vote sur Alito au moyen d’un filibuster, c’est-à-dire un débat à durée indéterminée dans l’hémicycle qui revient à bloquer le vote. « Je soutiens un filibuster contre la nomination du juge Alito, dit-il. La confirmation [par le Sénat] du juge Alito reviendrait à un coup d’Etat idéologique à la Cour suprême. Nous ne pouvons pas permettre que la juge Sandra Day O’Connor, connue pour ses positions modérées, soit remplacée par un idéologue d’extrême-droite comme Samuel Alito. (...) Le Président a certes le droit de nommer Samuel Alito à la Cour Suprême. Il est de notre droit et de notre responsabilité de nous y opposer vigoureusement et de lutter contre un tel déséquilibre radical de la Cour suprême. »

L’annonce du sénateur Kerry a pris de court la Maison Blanche. Dès son retour à Washington le 27 janvier, le sénateur a évoqué à la tribune du Sénat sa décision de diriger un filibuster. « Confirmer la nomination à vie à la Cour Suprême du juge Alito aurait des conséquences irréversibles, qui sont déjà définies si les sénateurs prennent le temps d’y réfléchir. (...) Je sais que c’est une bataille difficile. J’ai entendu nombre de mes collègues. J’entends leurs arguments : "Réservez vos munitions pour l’avenir". Mais quel sera l’avenir s’il change si dramatiquement en ce moment précis ? Qu’en est-il de tous ceux qui comptent sur nous pour résister et les protéger ici et maintenant, pas plus tard, pas à tel ou tel moment du futur ?

« Le choix pour la Cour se fait dès maintenant. Je rejette le principe consistant à se livrer à des calculs politiques sur le futur. L’impact, c’est maintenant qu’il va se faire sentir. Le choix se fait maintenant. La direction idéologique [qui sera suivie] est définie maintenant. »

En quelques heures, les sénateurs Hillary Clinton, Richard Durbin, Barbara Boxer et Russell Feingold ont soutenu l’idée de faire obstruction au vote. Le lendemain, le président du groupe démocrate Harry Reid et Diana Feinstein, pourtant opposée au départ, s’y sont ralliés, et les sénateurs Paul Sarbanes, Debbie Stabenow et Ron Wyden pourraient les rejoindre. Selon des sources à Washington, l’ancien président Bill Clinton a mis tout son poids dans la balance contre Alito. Selon ces sources, il ne faut pas sous-estimer son importance dans la mobilisation tardive des démocrates.

Le New York Times appelle au filibuster

A trois reprises dans la dernière semaine de janvier, les 23, 26 et 29, le New York Times a publié des éditoriaux demandant au Sénat de ne pas confirmer la nomination de Samuel Alito. Dans le premier, le quotidien de New York n’y allait pas par quatre chemins : « Le juge Alito est peut-être un homme intègre, mais il n’est pas le type de juge dont notre pays a besoin en ce moment à la Cour suprême. Les sénateurs des deux partis doivent s’opposer à sa nomination. Il semble bien que le juge Alito ait été choisi en raison de ses positions extrêmes en matière de pouvoirs présidentiels. (...) Il a soutenu la théorie marginale de "l’exécutif unitaire", au nom de laquelle on accorderait au Président des pouvoirs encore plus importants de détenir des Américains, et on abandonnerait le système de freins et de contrepoids prévu dans la Constitution. (...) Le véritable danger pour les sénateurs n’est pas de s’opposer au juge Alito, mais de voter pour lui. Si l’extrême-droite s’empare de la Cour suprême, le droit américain et la vie en Amérique risquent de changer de manière dramatique. »

Dans son éditorial du 26 janvier, intitulé « Les sénateurs ont besoin de courage », le New York Times était encore plus direct : « On peut difficilement imaginer une occasion plus appropriée pour les sénateurs de se battre pour un principe. (...) Les prises de position du juge révèlent un lieutenant enthousiaste dans les rangs des théoriciens conservateurs qui ne tiennent aucun compte de notre système de freins et de contrepoids et élèvent la présidence au-dessus de tout. Il a exprimé peu d’enthousiasme pour restreindre le pouvoir présidentiel et a soutenu l’argument spécieux selon lequel l’intention d’un Président au moment de promulguer une loi est aussi importante que celle du Congrès qui l’a rédigée. Ce profil serait inquiétant en tout temps, mais il l’est d’autant plus aujourd’hui que l’administration Bush semble déterminée à utiliser le prétexte de la "guerre à la terreur" et le privilège présidentiel pour faire fi de toute limitation, allant de celles prévues dans la Constitution aux demandes parlementaires en vue d’obtenir des informations. »

L’éditorial conclut : « Le filibuster est un instrument radical. Il est facile de voir pourquoi les démocrates en ont peur. Mais de notre point de vue, il y a des choses plus effrayantes. L’une d’’entre elles serait de voir Samuel Alito à la Cour suprême. »

Commentant cette prise de position du quotidien de New York, Lyndon LaRouche a déclaré le 27 janvier : « Les rédacteurs et éditeurs du New York Times ont clairement compris quels sont les enjeux et ont mis tout leur poids dans la balance contre le fascisme. Nul ne peut le leur dénier. »

« Espions, mensonges et écoutes » : tel est le titre de l’éditorial du Times du 29 janvier, consacré plus particulièrement au programme d’espionnage de la NSA. Ce programme fait partie d’une « attitude à laquelle le gouvernement nous a habitués, écrit le quotidien de New York : lorsque M. Bush n’aime pas les règles, il les change, comme il l’a fait pour la détention et le traitement de prisonniers et comme il a menacé de le faire dans d’autres domaines, tels que la confirmation [par le Sénat] des personnes qu’il nomme au poste de juge. En réclamant des pouvoirs accrus, il a systématiquement fait preuve d’un manque de respect pour la vie privée, les droits civils et la justice équitable. Les fondateurs de notre pays ont créé le système de freins et de contrepoids pour éviter précisément ce type d’arrogance impériale. (...) Tout comme M. Nixon, M. Bush mène une guerre impopulaire et son gouvernement a abusé de ses pouvoirs à l’encontre de groupes opposés à la guerre et même de ceux qui sont simplement contre le Parti républicain. La Commission judiciaire du Sénat est sur le point d’ouvrir les auditions sur l’espionnage sur le sol américain. Tragiquement, le Congrès a refusé, au cours des cinq dernières années, de contenir M. Bush et de restaurer le système de freins et de contre-poids qui constitue le génie de la démocratie constitutionnelle américaine. Il est de la plus haute importance qu’il ne trahisse pas à nouveau le public dans ce domaine. »

De son côté, l’hebdomadaire Newsweek a publié, juste avant le vote sur Samuel Alito, un important article intitulé « Révolte de palais », qui fait état de la lutte engagée au sein du ministère de la Justice contre Dick Cheney et sa cabale juridique, notamment David Addington, Timothy Flanigan et John Yoo. Cette révolte est qualifiée d’« insurrection » contre les tentatives de Cheney d’obtenir des pouvoirs exécutifs sans entrave. Tous ceux qui dirigent la lutte, dont l’adjoint au ministre, James Comey, et Jack Goldsmith, du Bureau du Conseil juridique (OLC), avaient tous été nommés par George W. Bush. Mais, selon Newsweek, ils « se sont opposés aux durs, centrés dans le bureau du vice-Président, qui voulaient accorder au Président des pouvoirs pratiquement illimités dans la guerre à la terreur. »

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Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
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La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

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