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Congrès américain : mettre la destitution de Cheney à l’ordre du jour

La rédaction

Deux thèmes majeurs attendent les membres du Congrès dès leur retour à Washington cette semaine, après dix jours de vacances. D’une part, le sénateur démocrate Joe Biden, soutenu par des collègues, entend déposer une résolution sur l’Autorisation de recours à la force militaire, destinée à remplacer celle adoptée à l’automne 2002 pour permettre des actions militaires contre l’Irak. D’autre part, de hautes sphères de l’establishment financier et politique tentent d’imposer à la va-vite une politique d’investissement dans les biocarburants. Il s’agit d’une alternative dénuée de la moindre justification scientifique, qui ne servira qu’à alimenter une nouvelle bulle financière et à détourner l’attention des véritables problèmes économiques.

Lyndon LaRouche, pour sa part, estime que les priorités du Congrès sont tout autres. Tout d’abord, les élus doivent trouver les moyens d’écarter le vice-président Dick Cheney du pouvoir - soit par une procédure de destitution, soit en le persuadant de démissionner. Le climat politique est de plus en plus favorable à cette option, notamment depuis la publication d’« articles de destitution » dans le Gentlemen’s Quarterly (cf. WI de cette semaine) et, plus encore, à cause du procès de son ancien chef de cabinet, Lewis Libby, qui a braqué les projecteurs sur le rôle criminel de Cheney lui-même.

Cependant, selon LaRouche, les parlementaires auraient tort de compter sur le procès de Libby. Certes, si ce dernier est condamné - le jury n’a pas encore rendu son verdict - une action en justice pourrait très bien être intentée contre le vice-Président. Mais sa condamnation n’est pas certaine, d’autant plus que le jury pourrait décider que le procureur spécial Fitzgerald s’est trompé de coupable, et aurait dû inculper Cheney à la place de Libby, qui n’est qu’un bouc émissaire.

Pour mieux faire passer le message, le Mouvement des jeunes larouchistes (LYM) va renforcer sa présence dans la capitale cette semaine, concentrant son action sur la destitution de Cheney. Cette campagne s’inscrit dans le contexte de la nécessité de rejeter la politique de mondialisation, inspirée de la tradition anglo-hollandaise, et de lancer une politique de reconstruction économique et de réforme financière.

Affaire Plame : Dick Cheney sous le feu

Bien que le jury n’ait pas encore prononcé son verdict dans le procès de Lewis Libby, les débats ont considérablement renforcé la perspective de destitution du vice-président Dick Cheney, dont Libby était le chef de cabinet au moment où l’identité de Valerie Plame a été divulguée à des journalistes. Suite à la clôture des débats le 20 février, une multitude d’articles sont parus dans la presse américaine, indiquant que le vrai responsable de cette fuite était Cheney.

Sur ABC News (22 février), un article intitulé « Cheney sera-t-il le suivant ? » demande si un verdict de culpabilité pour Libby « mènera à une enquête au criminel contre le vice-président Dick Cheney ? ». Pour l’ancien adjoint du procureur spécial Kenneth Starr (en charge de l’enquête Whitewater contre Bill Clinton), la réponse est claire : la suite naturelle du procès contre Libby serait de déterminer si Cheney est lui aussi coupable d’obstruction à la justice. En effet, dans son témoignage devant le Grand jury, Libby avait affirmé qu’en automne 2003, il avait dit à Cheney qu’il avait appris l’identité de Valerie Plame d’un journaliste de NBC, Tim Russert, alors que tous deux savaient pertinemment que c’était le vice-Président qui en avait informé son chef de cabinet plusieurs mois auparavant. Dans le cas où Libby serait reconnu coupable, l’un des scénarios envisagés serait que le procureur Fitzgerald lui offre une réduction de peine s’il accepte de fournir des preuves sur le rôle joué par Cheney.

Un second article sur ABC, « L’obsession de Cheney », soulève l’intervention du vice-Président vis-à-vis de Joe Wilson : « Le procès de Libby a révélé un vice-Président obsédé par la volonté d’anéantir les accusations selon lesquelles l’administration Bush avait manipulé les renseignements avant la guerre d’Irak ». Libby a déclaré que l’affirmation de Wilson, selon laquelle le gouvernement avait trompé le pays pour justifier la guerre, était « une attaque très grave ». En outre, il a montré que Cheney orchestrait mot à mot ce que les uns et les autres devaient déclarer à la presse à propos de Wilson.

Par ailleurs, le mensuel GQ (Gentlemen’s Quarterly) de mars 2007 présente en quatre points les motifs de destitution du vice-Président. L’auteur, Wil S. Hylton, commence en notant que « lorsque les pères fondateurs rédigèrent la Constitution américaine, ils voulaient s’assurer que le Président, le vice-Président et d’autres hauts responsables pourraient être évincés plus facilement que la monarchie britannique ». Dans toute l’histoire américaine, seules dix-sept personnes ont été destituées : « Dans le cas de George W. Bush, on peut avoir plusieurs raisons de ne pas ajouter un dix-huitième nom à la liste. Il y a la raison modérée (deux destitutions présidentielles consécutives feraient plus de mal que de bien à la nation), provocatrice (Bush s’est trompé sur un nombre effarant de questions, mais il est trop infortuné pour en être tenu pour responsable), ou pragmatique (si Bush est destitué, on se retrouvera avec le vice-président Cheney). (...) Aucune de celles-ci ne s’applique à Cheney. » Pour Hylton, les dix dernières années ont été marquées par des mésaventures militaires, une politique fiscale délirante et un effondrement environnemental ; dans tous ces dossiers, « le vice-Président ne s’est pas seulement trompé, mais il a été de mauvaise foi, fourbe et délibérément nocif pour la démocratie américaine ».

L’article cite alors les crimes avérés de Cheney : mensonges pour justifier la guerre, corruption dans le cas d’Halliburton, usurpation de pouvoirs outrepassant le mandat vice-présidentiel défini dans la Constitution. Hylton propose quatre motifs de destitution pour « délits contre la nation » et « crimes contre l’Etat » : « 1) Cheney a délibérément fait obstruction à la capacité de renseignement de la nation, 2) il a personnellement trompé le peuple américain, 3) il a délibérément protégé et écouté un criminel connu [Ahmed Chalabi], au détriment de la politique américaine, et 4) il a maintenu une relation contraire à la déontologie avec ses anciens employeurs d’Halliburton, dont il a privilégié les intérêts avant ceux du peuple américain ».

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