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Crise de General Motors : couler la production pour sauver la dette

La rédaction

Le géant General Motors prévoit de supprimer d’ici 2008 au moins 25 000 emplois, presque 25% de sa force de travail productive, et de fermer plusieurs usines d’assemblage aux Etats-Unis. C’est ce que son PDG Rick Wagoner a annoncé le 7 juin.

Ce dernier prétend que ces mesures sont destinées à rétablir la santé financière de l’entreprise. En réalité, elles s’insèrent dans un plan de pillage plus vaste, dont le prochain pan consistera en compromis sur les accords collectifs d’emploi et de retraite avec le syndicat de l’automobile UAW, Wagoner ayant précisé que la direction allait demander des « ajustements » des contrats. Tout cela en vue de rembourser une part dérisoire d’une dette atteignant presque 400 milliards de dollars.

Rick Wagoner a voulu donner l’impression que les nouvelles mesures permettraient de rendre plus « attractives » les obligations de GM (récemment dégradées au niveau « poubelle » par deux des trois grandes agences de notation), mais les banquiers en ont décidé autrement. Au lendemain de l’annonce de Wagoner, les financiers de Wall Street ont été presque unanimes à dire que les coupes ne vont pas assez loin, et pas assez vite. Scott Sprinzen, analyste chez Standard & Poor’s, estimait que les licenciements ne changeraient rien au statut des obligations de GM. Rappelons que la dette de GM joue un rôle primordial dans la crise des hedge funds, crise que seules les mesures extraordinaires prises par la Réserve fédérale, les banques centrales et l’ensemble de la communauté financière internationale ont permis d’endiguer.

Cependant, rien de ce qui est proposé ne permettrait de « sauver » GM. Les réductions de coûts, la liquidation des actifs et l’augmentation des ventes ne suffiront jamais pour honorer une dette aussi gigantesque. Au lieu d’imposer de telles mesures draconiennes, il faudrait réorganiser la dette de l’entreprise, en annulant une bonne partie de la dette à court terme. Comme le fait remarquer Lyndon LaRouche, cela ne peut se faire que dans le cadre d’une mise en règlement judiciaire supervisée au niveau fédéral. Les nouveaux directeurs devraient donner la priorité à la production et superviser une reconversion des équipements de façon à permettre à l’entreprise de participer à des projets d’infrastructure à grande échelle, lancés par le gouvernement fédéral et financés par des crédits publics à faibles taux d’intérêt.

La crise à General Motors s’aggrave

Le 7 juin, le PDG de General Motors, Rick Wagoner, a annoncé la suppression d’au moins 25 000 emplois d’ici 2008 - soit un quart des effectifs dans la production - et la fermeture de plusieurs unités d’assemblage aux Etats-Unis. Le Sénat américain est appelé à prendre le plus rapidement possible les mesures proposées par Lyndon LaRouche dans son mémorandum du 13 avril, en vue de protéger la machine-outil et la force de travail qualifiée de l’industrie automobile américaine.

Suite au plan social de GM, il semble que ses nombreux équipementiers, ainsi que d’autres entreprises des villes où des fermetures sont prévues, se préparent déjà à leur propre disparition. Un tel effet de tâche d’huile mettrait des dizaines de milliers d’autres travailleurs sur le carreau et provoquerait des pertes immenses au niveau des chiffres d’affaires, des salaires et des recettes fiscales, en particulier dans le Midwest. Si bien que le Chicago Sun-Times du 6 juin se demandait si le Midwest « retombait dans le malaise du Rust Belt [ceinture de la rouille] du début des années 80, quand le taux de chômage du Michigan atteignait 16% et que GM, premier constructeur automobile mondial, avait vu sa part de marché chuter de près de 10% ».

On prévoit que Delphi, le principal équipementier de GM, qui a déjà procédé à des fermetures d’usine et à des licenciements, devra encore réduire de 15 à 20% ses capacités pour compenser la baisse des commandes de GM. Avant même l’annonce de leurs plans sociaux, GM et Ford avaient prévu d’importantes réductions « saisonnières » de la production, étant donné que les parkings des concessionnaires regorgent de voitures, de SUV et de camions.

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