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Dick Cheney, un handicap pour la réélection de Bush

La rédaction

Avec l’aggravation de la situation en Irak et de la crise économique, la grande question que l’on se pose à Washington est de savoir quand le vice-président Dick Cheney se verra obligé de quitter son poste. Depuis que Lyndon LaRouche a lancé sa campagne, en septembre 2002, pour exiger le départ de Cheney - par destitution ou démission - ce dernier a fait l’objet d’attaques de plus en plus nombreuses, portant en particulier sur la manipulation des renseignements destinés à justifier la guerre d’Irak et sur le pouvoir sans précédent qu’il exerce sur les décisions politiques. Outre l’enquête ouverte par la commission du Renseignement du Sénat, Cheney est aussi contesté au sein du Parti républicain par ceux qui le considèrent comme un handicap pour la réélection du Président.

Tout cela est reflété par la grande presse qui continue ses attaques contre le vice-président, notamment le New York Times du 11 novembre, dans un article intitulé « L’argument de Cheney sur les liens entre Al-Qaida et les attentats en Irak mis en doute dans l’administration », ainsi que le Newsweek du 17 novembre, qui titre en couverture « Comment Cheney a vendu la guerre ». Le premier article sur la « longue marche de Cheney vers la guerre », commence ainsi : « (...)La vérité sur la manière dont le vice-président Cheney a cru à des affirmations douteuses et persuadé une nation d’envahir l’Irak. » Passant en revue les activités passées de Cheney, des années 80 jusqu’à aujourd’hui, les auteurs résument : « Dans sa marche vers la guerre, Cheney a créé un gouvernement parallèle de fait qui est devenu le véritable centre du pouvoir . »

Un commentaire du Los Angeles Times du 6 novembre estime que Cheney pourrait même porter un plus grand préjudice à Bush sur le plan de la politique intérieure que sur sa politique extérieure. De son côté, le chroniqueur Robert Novak a dû démentir, dans le Chicago Sun-Times du 9 novembre, « des rapports circulant aux plus hauts échelons des milieux d’affaires selon lesquels [Cheney] ne serait pas candidat à la vice-présidence » pour 2004.

Novak a quelques raisons de se sentir nerveux. The Big Picture, lettre hebdomadaire confidentielle publiée par un consultant républicain de longue date, consacrait son article principal (10 novembre) à la « féroce » bataille de factions au sein du gouvernement à propos de l’éventuel lâchage de Cheney en 2004. « Les soutiens texans les plus fidèles du président Bush sont de plus en plus critiques à l’égard du vice-président Dick Cheney et parlent de l’exclure du ticket de 2004 », selon l’auteur de l’article, Richard Whalen, qui précise que l’influent directeur de communication, Karl Rove lui-même, serait à l’origine de cette campagne en coulisses pour se débarrasser de Cheney.

Selon Whalen, Rove s’oppose à Cheney parce qu’il a été le principal promoteur de la guerre en Irak et qu’il continue à défendre l’occupation alors que la situation est hors de contrôle. Ceci contrarie la stratégie électorale à long terme de Rove qui voudrait pouvoir présenter le Président sortant comme le libérateur de l’Irak et le héros de la guerre au terrorisme. Toujours selon Whalen, Cheney soupçonnerait Bush père d’envisager son remplacement par Colin Powell lors de la convention républicaine pour l’investiture présidentielle, ce qui éliminerait « les doutes quant à la réélection de Bush II en 2004. (...) Une telle ascension de Powell signifierait non seulement une nouvelle ère dans l’égalité des chances raciales, mais redonnerait vie à un républicanisme modéré urbain source d’un puissant dynamisme culturel qui constituerait un contrepoids politique aux fondamentalistes chrétiens évangéliques du Sud . »

Dans l’émission Night Line du 13 novembre, Douglas Brinkley a tenu un langage assez semblable : « Je pense que Dick Cheney (...) est devenu une sorte d’albatros politique pour le Président en place », à cause du chaos et des pertes humaines subies en Irak. « Quelqu’un doit être sacrifié sur l’autel », pense-t-il. Si Cheney devait être candidat « dans ce qui pourrait très bien s’avérer un référendum sur la guerre en Irak et sur l’Irak d’après-guerre », il préférerait sans doute renoncer à la vice-présidence, se contentant d’être un conseiller de haut niveau et, à l’occasion, l’un des porte-parole des conservateurs de Bush.

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