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Elections libanaises : haro sur le général Aoun

La rédaction

Par Christine Bierre

20 juin 2009 (Nouvelle Solidarité)— Grande déception au Liban, notamment dans les rangs du Courant patriotique libre (CPL) du général Aoun, à l’annonce de l’échec de l’opposition lors des élections législatives du 7 juin dernier. En effet, dans les jours qui précédaient l’élection, tout le monde donnait l’opposition gagnante, obligeant la majorité actuelle et les puissances internationales qui lui apportent leur soutien à retenir leur souffle.

Cependant, la situation n’est pas tout à fait un échec. Un statut quelque peu amélioré pour l’opposition est sorti des urnes : la majorité sortante emmenée par Saad Hariri, du Courant du futur, a obtenu 71 sièges sur les 128 que compte le Parlement, contre 57 pour l’opposition composée du CPL du général Aoun, du Hezbollah et du Parti Amal. En 2005, la majorité avait obtenu 72 sièges et l’opposition 56. Plus important cependant, malgré les pressions de l’Angleterre, de ses alliés aux Etats-Unis, de la France et de l’Eglise maronite libanaise, le groupe parlementaire du général Aoun s’est renforcé, passant de 21 sièges en 2005 à 27 aujourd’hui. Sur cette base, le général Aoun a demandé sept postes ministériels dans un gouvernement de coalition.

Fraudes, pressions internationales et changement de la donne régionale

Si ces élections se sont déroulées dans un climat beaucoup plus calme que d’habitude, les pressions et les ingérences internationales ainsi que certains changements de la donne régionale ont fini par peser sur les résultats.

Evoquons d’abord les jumbo-jets ramenant au pays les Libanais de la diaspora, pour « bien voter » en faveur de la majorité, tous frais payés par les Saoudiens. Selon le général Aoun, pas moins de 120000 émigrés ont ainsi fait le voyage. « Ils ont acheté les voix ouvertement, comme s’ils vendaient des légumes au marché », s’indigna-t-il.

Dans le dernier Newsweek, Christopher Dickey révèle qu’une source saoudienne officielle a avoué « secrètement mais avec fierté », que son pays avait dépensé plus d’argent lors des élections libanaises que le président américain Barack Obama lors de sa campagne présidentielle, à hauteur de 715 millions de dollars !

Au-delà, il y eut aussi ce que Michel Aoun a appelé « l’élection mondiale libanaise », c’est-à-dire les pressions massives de la communauté internationale. Du côté anglais, ce sont les alliés saoudiens qui ont joué, comme d’habitude, les porteurs de valises… En France, Nicolas Sarkozy aurait discrètement mis en garde ses interlocuteurs contre une victoire de l’opposition qui propulserait au pouvoir le Hezbollah anti-israélien. Les Libanais évoquent aussi la rencontre à Paris entre le chef d’Etat français et Samir Geagea, chef des Forces libanaises, toujours les meilleurs alliés d’Israël dans le camp chrétien, où il aurait été question de rétablir l’unité des chrétiens libanais…

Aux Etats-Unis, des sources rapportaient à la veille de l’élection que le voyage au Liban du vice-président américain, Joseph Biden, dans les jours précédant le scrutin, ainsi que les interventions d’autres personnalités telles que le secrétaire d’Etat adjoint par intérim pour le Moyen-Orient, Jeffrey Feltman, visaient non pas à empêcher l’opposition d’arriver au pouvoir, mais « juste à réduire un petit peu » sa victoire, afin que les Etats-Unis puissent garder une certaine marge de manœuvre dans le gouvernement qui serait formé par la suite ! « J’exhorte tous ceux qui envisageraient de se rallier à ceux qui se mettent en travers de la paix, à ne pas manquer cette occasion pour s’écarter d’eux », avait déclaré Biden, évoquant le Hezbollah en termes à peine voilés. Il avait également averti que l’aide américaine future dépendrait de la nature du prochain gouvernement.

Tous contre Aoun

Si c’est le Hezbollah, prétendument « iranien », qui est au centre de toutes les craintes, la pression internationale s’est surtout portée contre Michel Aoun, dans une tentative de briser l’alliance unissant les deux mouvements depuis quelques années, qu’ils voient comme offrant une protection au Hezbollah.

Mais au-delà de la question du Hezbollah, c’est le refus du CPL d’accepter l’implantation définitive au Liban des 400000 réfugiés palestiniens vivant dans 12 camps au Liban qui serait au cœur de la tentative de marginaliser le Général. « Les Américains sont contre nous car nous refusons l’implantation », a déclaré Michel Aoun lors de plusieurs entretiens avec les médias.

En filigrane, le droit au retour des Palestiniens

En effet, la question du retour des réfugiés palestiniens en Palestine ou de leur implantation dans des pays arabes voisins, est l’une des principales pierres d’achoppement d’une paix globale au Proche-Orient, et l’un des problèmes que l’administration Obama devra résoudre. Confirmant l’existence au Liban d’un consensus sur ce sujet, les médias libanais ont immédiatement relevé que Benjamin Netanyahou, dans son discours répondant à celui prononcé au Caire par Barack Obama, avait clairement indiqué qu’il était hostile au « droit de retour » des Palestiniens, estimant que « le problème des réfugiés doit être résolu en dehors des frontières d’Israël ».

Ce même problème a été abordé par l’envoyé spécial américain, George Mitchell, lors d’un entretien avec le Président libanais, Michel Sleimane, le 12 juin dernier. Celui-ci prit soin de souligner par la suite que le Liban était « prêt à participer à toute conférence internationale consacrée à la paix au Proche-Orient, sur la base (...) de l’initiative arabe avec toutes ses clauses, notamment celle qui refuse toute forme d’implantation des réfugiés palestiniens ».

Notons enfin que ce sujet a aussi été abordé au cours d’une grande première, une rencontre entre Javier Solana, en charge de la politique étrangère et de la sécurité européenne, avec un haut responsable du Hezbollah, le député Hussein Hajj Hassan. Par la suite, Al Manar, la chaîne du Hezbollah, accusa le diplomate d’avoir « laissé entendre que les réfugiés palestiniens devraient être implantés définitivement au Liban dans le cadre d’un règlement global au Proche-Orient ».

Le Hezbollah voulait-il réellement gagner les élections ?

Au-delà des diverses pressions et fraudes, certains dans le camp de l’opposition se posent désormais la question de savoir si le Hezbollah n’a pas assuré un service minimum pour ces élections. Dans un article paru dans l’Orient le Jour, Scarlett Haddad tente de répondre à cette question.

La journaliste remarque que le Hezbollah semblait plutôt soulagé par les résultats des élections, confirmant les rumeurs qui laissent entendre que l’organisation chiite craignait de se retrouver aux commandes au moment où les Etats-Unis s’engagent dans un processus de négociations incluant Israël et tous les pays de la région.

Le Hezbollah pourrait avoir découragé certaines candidatures et décliné d’aider quelques autres qui auraient pu faire pencher la balance. Et bien que jouant selon les règles, il se serait limité à deux objectifs : 1) montrer que sa popularité est toujours en hausse, ce qui fut fait, car ses 11 candidats ont tous été réélus, et 2) aider le Général Aoun à former un bloc parlementaire important, en l’épaulant dans certaines circonscriptions, ce qui fut fait aussi.

En outre, le rapprochement entre le Roi Abdallah d’Arabie saoudite et le président syrien Bachar el-Assad, suite à la guerre de Gaza, ainsi que l’ouverture du dialogue entre les Etats-Unis et la Syrie, se traduisent par des transformations sur le terrain. La Syrie se serait peu impliquée dans ces élections libanaises et les dirigeants syriens auraient même avoué, rapporte Scarlett Haddad, qu’à « partir du moment où les relations entre Damas et Washington sont en train de s’améliorer, tout comme celles entre Damas et Riyad, les résultats des élections libanaises ne comptent pas » ; d’autant qu’elle considère ses alliés comme assez forts pour se défendre eux-mêmes. « Les autorités syriennes seraient donc prêtes à ouvrir une nouvelle page avec Saad Hariri, devenu Premier ministre, au moment où leurs relations avec les dirigeants saoudiens sont devenues plus cordiales. »

Confirmant ces dires, au lendemain de la victoire de la majorité, Saad Hariri a immédiatement déclaré que le problème des armes du Hezbollah ne devrait faire l’objet d’aucune négociation et même qu’il était prêt à consulter Nasrallah sur le texte qui serait adopté par le nouveau gouvernement sur cette question !

Quel avenir pour le Liban ?

Les premières déclarations des responsables libanais, suite aux élections, indiquent cependant une certaine volonté d’éviter un retour à la guerre civile. Bien qu’aucune déclaration officielle n’ait encore été faite, l’opposition laisse entendre qu’elle serait favorable à ce que le président Sleimane dispose d’un nombre suffisant de ministres pour pouvoir arbitrer réellement entre la majorité et l’opposition. Aussi, elle serait prête à abandonner le tiers de blocage obtenu à Doha avant ce vote, en faveur de garanties à un autre niveau concernant le non démantèlement de la milice du Hezbollah, en échange d’une participation suffisante à un gouvernement d’unité nationale.

Mais bien que les résultats électoraux puissent ouvrir de nouvelles possibilités à la démocratie libanaise, impossible de faire des plans à long terme dans une situation où le pays est totalement dépendant du contexte politique et économique international. Avec l’extrême-droite au pouvoir en Israël et l’intégrisme islamique en Iran, avec l’oligarchie financière londonienne déterminée à provoquer le chaos à travers le monde, le Liban sera tiraillé de tous côtés. C’est là que le combat de Lyndon LaRouche aux Etats-Unis pour changer le régime en place rejoint la lutte des patriotes libanais.

A lire : le plan "Oasis" de LaRouche pour développer l’ensemble du Proche-Orient

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Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

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L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

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