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Emeutes de la faim en Mozambique : le retour du krach alimentaire

La rédaction

3 septembre 2010 (Nouvelle Solidarité) – Les émeutes de la faim qui ont éclaté depuis mercredi à Maputo au Mozambique ont coûté la vie à neuf personnes et blessé 288 autres. Une marche, initialement pacifique, a dégénéré quand les manifestants, pour l’essentiel des adolescents, ont commencé à piller et brûler des magasins. La police a ouvert le feu sur la foule.

La contestation s’est enflammée lorsque le gouvernement, afin de compenser la chute de la monnaie nationale, le metical, a annoncé sa décision d’augmenter le prix de l’électricité de 13,4 % et l’eau de 11,7 %. De plus, le 6 septembre, le prix du pain augmentera de 25 % ! 65 % des 20 millions d’habitants du Mozambique vivent en dessous du seuil de pauvreté. Les manifestants ont érigé des barricades sur les routes reliant Maputo avec l’Afrique du sud voisine, le plus grand partenaire commercial du Mozambique. Le metical mozambicain s’est déprécié par rapport au rand sud-africain, qui a grimpé de 43 % depuis le début de l’année. Or le pays dépend étroitement des importations venant de son grand voisin.

Interrogé par Libération, le rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation, Olivier de Schutter, souligne que la situation du Mozambique n’a rien d’exceptionnel. Toute la région est fragilisée à cause d’un accroissement de sa dépendance vis-à-vis des importations de denrées alimentaires, comme le riz et le blé. C’est le résultat direct de politiques libre-échangistes totalement néfastes imposées par le FMI et la Banque mondiale pendant les années 1980 : « contre des prêts, ces pays ont dû se plier à l’ouverture des frontières, à la mise en concurrence locale avec celle des pays riches ». Cette suppression des barrières tarifaires s’est traduite par « une hausse des importations agricoles de ces pays. Entre 1992 et aujourd’hui, ils ont multiplié leur facture alimentaire par six. Résultat : ils doivent en moyenne consacrer cinq à six fois plus de devises, autrement dit des dollars, à l’importation de blé, de riz et d’autres denrées. Alors évidemment, la moindre hausse des cours des matières premières peut se transformer en véritable choc économique » frappant en premier lieu les plus pauvres.

A cela s’ajoute l’emballement de la spéculation. Si le prix du pétrole flambe, les prix des denrées alimentaires importées, définis par le coût du transport maritime, flambent avec. « Les fonds d’investissement et autres traders continuent de spéculer sur la hausse des prix du pétrole et des matières premières agricoles, formant ainsi une bulle spéculative », affirme De Schutter.

De nombreux experts craignent un retour des « émeutes de la faim » qui avaient touché 37 pays en 2008. Aujourd’hui, bien que les Etats-Unis ou le Canada fassent état de récoltes satisfaisantes, la FAO a annoncé mercredi, intégrant les pertes provoquées par les incendies en Russie, qu’elle s’attend à une baisse de 5 % par rapport à 2009 de la production mondiale du blé qui tombera à 648 millions de tonnes. Comme conséquence, les prix, qui ont grimpé de 5 % rien qu’entre juillet et août, atteignent déjà leurs niveaux les plus élevés depuis deux ans.

Il y a deux ans, la FAO avait appelé de ses vœux un examen critique des politiques et des subventions en faveur des biocarburants, considérés comme un facteur significatif dans la hausse des prix agro-alimentaires et aggravant la faim dans le monde. Ainsi, la politique de l’UE imposant des quotas aux pays membres en termes de consommation de biocarburants a alimenté une politique sauvage, par des intérêts privés, d’accaparement [land grabbing] des terres agricoles « utiles » dans le monde, en particulier en Afrique. « Le secteur agricole africain a été remarqué par des investisseurs internationaux richissimes. Environ 45 nouveaux fonds d’investissements envisagent d’investir environ 2000 milliards de dollars dans ce secteur sur tout le continent dans les cinq ans à venir », écrit Business Report du 1er septembre.

Le 29 mars, Jacques Diouf, directeur de la FAO, avertissait que « les émeutes de la faim peuvent recommencer, car l’ensemble des facteurs qui ont conduit à cette crise sont toujours là ». Puisque rien n’a été fait pour changer la donne, le pire arrive. La FAO annonce aujourd’hui qu’elle organisera le 24 septembre à Rome une réunion spéciale sur les tensions parcourant les marchés des céréales.

Faut-il rappeler que Nicolas Sarkozy a défendu dès juin 2008, au nom de la France, un Partenariat mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire. Là, comme sur le reste, c’est le cas de le dire, on reste sur sa faim…

Au-delà du Mozambique, d’autres pays sont immédiatement fragilisés.

  • Au Zimbabwe, le ministre des Finances Tendai Biti a déclaré mardi que la hausse de 10 % du prix du pain était injustifiée. Cette hausse, selon les boulangers, résulte directement de la hausse du prix du blé importé.
  • En Égypte, ou la moitié de la population survit grâce a un prix du pain subventionné, des manifestations de protestation on déjà fait un mort. La crise sera un enjeu majeur des prochaines élections parlementaires car la légitimité de tout régime dépend de sa capacité de fournir du pain à faible prix au peuple.
  • Au Pakistan, les prix de l’alimentaire ont grimpé de 15 % ou plus suite aux inondations qui ont dévasté un cinquième des récoltes et l’infrastructure agricole du pays. Les inondations ont également détruit les réseaux de distribution, provoquant des pénuries. L’idée d’exporter 2 millions de tonnes de blé est totalement remise en cause.
  • En Chine, le gouvernement a appelé les dirigeants locaux à calmer l’inquiétude populaire en abaissant les prix des légumes. La Chine a connu une hausse des prix des légumes de 14,9 % en avril alors que le prix des fruits montait de 16,4 % le même mois. Les maires sont sommés de garantir que les marchés locaux puissent disposer d’au moins une semaine de stocks. Les banques d’Etat ont reçu comme instruction de prêter de l’argent aux producteurs pour augmenter la production alors qu’on tient pour responsables des pénuries dans certaines régions, les inondations et sécheresses de l’été.

Tout cela ne peut que souligner l’extrême urgence d’une remise à plat de tout le système actuel. Cela veut dire « Glass-Steagall global » et investissements massifs, par une politique de crédit productif public dans les infrastructures de base : eau, énergie, transport, santé, éducation, etc.

C’est le sens de notre combat pour une politique de grands travaux, en particulier pour le projet NAWAPA en Amérique, Transaqua en Afrique et le « Pont terrestre eurasiatique ».


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Voir les 2 commentaires

  • tony • 04/09/2010 - 10:58

    il faudrait retablir la peine de mort pour les speculateurs..tous les brules vifs pour qu il souffre bien comme il font souffrir des milliard de personne dans le monde rien qu en etant derriere un ecran..je trouve inadmissible et meme revoltant de voir des chose pareil dans notre monde..si il continue comme ca sans rien faire il devrait carrement donner le pouvoir mondiale a la finance comme c est deja le cas mais au moin ce serait fait a la lumiere de tout le monde plutot que de les laisser agir dans l ombre..peut etre que la les gens ce rendront compte qu on vie vraiment dans un monde de fou..

    • Bertrand Buisson • 04/09/2010 - 11:05

      Je suis pas sûr que de nouveaux massacres de Septembre servent notre cause...

    Répondre à ce message

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Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
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- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

» Voir le projet complet

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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