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Grippe A – René Descartes : 3-0

La rédaction

25 juillet 2009 (Nouvelle Solidarité)Malheureusement, ce que nous avons annoncé ici se confirme, car à la « une » du journal Le Parisien d’hier on pouvait lire : « Grippe A : le vaccin prend du retard. Alors que les cas de grippe A se multiplient en France, le vaccin ne pourrait être disponible qu’en octobre ou novembre…. »

Si, en dépit de quelques résistances, la plupart des gouvernements du monde se sont concordés à laisser s’installer la pandémie grippale sur tous les continents de la planète – car il ne fallait en aucun cas mettre en cause la mondialisation des flux financiers, des hommes et des biens – on se rend aujourd’hui à l’évidence que cette stratégie fut une erreur suicidaire.

Au lieu de saisir la dynamique vivante spécifique de cette nouvelle pandémie, nos chercheurs et nos hauts fonctionnaires, et surtout leurs ordinateurs, ont tendance à se baser sur des extrapolations linéaires des faits du passé pour modéliser le futur. Erreur fatale. Le virus de la grippe, pourtant un être vivant d’un ordre largement inférieur à la raison humaine créatrice, s’est avéré bien plus malin que les adeptes d’un cartésianisme qui rend l’homme esclave d’une vision de l’espace-temps linéaire et d’un pays dénommé flatland.

Car, en se fondant sur des scenarii du passé, on s’est convaincu que le virus de la grippe n’allait pas trop s’étendre dans notre hémisphère nord (car l’hémisphère sud ça n’émeut plus grand monde), l’été étant a priori une saison peu favorable à son extension. Par conséquent, on espérait disposer largement d’assez de temps pour inventer et produire un vaccin capable de repousser la deuxième vague de la grippe annoncée pour l’automne.

Trois faits démontrent comment la grippe a magistralement battu en brèche cette ligne Maginot cartésienne avec un 3-0 :

  1. Grâce a la mondialisation et le refus de tout protectionnisme, la pandémie a couvert en six semaines un territoire qu’autrefois elle aurait seulement pu conquérir en six mois.
  2. La grippe a lancé une attaque surprise : elle s’est transmise sans se tarir en plein été dans l’hémisphère nord.
  3. La production du vaccin s’avère plus longue que prévue car les rendements de la production des principes actifs (antigènes), qu’ils soient produits à partir d’œufs embryonnées ou de cultures de cellules, ne permettront pas d’obtenir un vaccin avant octobre voir plus tard.

Ainsi, mercredi dernier, notre ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, qui envisageait de préparer le passage au niveau 6 du plan pandémique début septembre a dû se rendre à l’évidence : les vaccins ne seront pas disponibles pour démarrer la vaccination de masse qu’on prépare en France où 94 millions de doses de vaccin ont été commandées.

Interrogé par Le Parisien, le virologue Albert Garcia, qui travaille pour Sanofi-Pasteur, la société française qui produit 40% de tous les vaccins anti-grippaux de la planète, avoue cette échec : « On ne pourra pas livrer avant novembre ». Le producteur suisse Novartis (deuxième producteur mondiale) estime pour sa part qu’avant octobre, rien ne sera disponible.

En attendant, il va falloir se débrouiller avec les moyens du bord : avec des stocks d’anti-viraux (dont 50% seraient périmés, si l’on en croit le rapport du sénateur du Modem du Val de Marne Jean-Jacques Jégou), avec des masques par millions et surtout avec des mesures de santé publique élémentaires : hygiène personnelle et collective, confinement, isolement, quarantaine etc.

Albert Garcia précise que « Si un pic épidémique apparaît en septembre, il faudrait compter sur les mesures sanitaires : la mobilisation des médecins, la fermeture des écoles. Recourir aux vaccins contre le pneumocoque qui protège des complications de la grippe est aussi pertinent. Je pense faire vacciner mes enfants. »

Voilà ce qui doit nous inciter encore plus à exiger un programme « à marche forcée », non seulement pour les vaccins, mais pour en finir définitivement avec Descartes et engager un combat dynamique contre les pandémies.

Vidéo : Non au triage humain : santé publique et population
A lire : La grande aventure des pasteuriens

Voir les 3 commentaires

  • thejoker • 26/07/2009 - 18:13

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/07/26/pour-bernard-debre-la-grippe-a-est-une-grippette_1222942_3244.html#ens_id=1185166

    "Il y a 800 cas répertoriés en France. C’est une plaisanterie ! Va-t-on se mettre à comptabiliser les diarrhées ?
    ...
    Il estime qu’en France "les vaccins ne seront pas prêts avant le 15 novembre", c’est-à-dire "lorsque le premier pic de contamination sera passé".
    ...
    Il fallait laisser les laboratoires développer leurs produits et ensuite acheter en fonction de nos besoins", explique-t-il. "Ce qui me paraît plus grave, conclut le médecin, c’est que l’on a réquisitionné des lits d’hôpital et des ambulances pour rien, faisant perdre des chances et du temps à d’autres malades."

    le risque est il réel ou pas ?
    s&p pense selon le principe de précaution ???!!

    et aujourd’hui le val de grâce serait inaccessible au commun des mortels suite au malaise vagual du president...

    • fred • 27/07/2009 - 12:45

      Espérons simplement que le vaccin n’est pas pire que la maladie originale.

    Répondre à ce message

  • zircone • 26/07/2009 - 21:13

    Je suis entièrement d’accord avec vous. Dès le début, j’avais demandé l’isolement des pays atteints, mais l’impératif économique a été le plus fort. Quand à monsieur Debré, cf message précédent, on lui en reparlera quand on comptera les morts. Au début de l’été la grippe espagnole n’était, elle aussi qu’une grippette, mais elle a fait plus de morts que la guerre de 14. Se rend-il compte que ses dires risquent d’amener à encore moins de vigilance ? Quand on est un medecin digne de ce nom, on ne met pas des millions de gens en danger pour régler ses comptes avec le ministre de la santé.

    Répondre à ce message

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La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

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Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

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S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

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Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

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