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Haditha : le « My Lai » de Bush, Cheney et Rumsfeld

La rédaction

L’Armée américaine mène actuellement deux enquêtes sur la mort de vingt-quatre civils irakiens, tués en novembre dernier à Haditha par des Marines qui tentèrent ensuite d’étouffer l’affaire. Tout a commencé par un attentat contre un convoi militaire qui coûta la vie au chauffeur d’un véhicule. Les autres Marines auraient alors pénétré dans trois maisons des alentours, tuant dix-neuf occupants, vieillards, femmes et enfants. Cinq autres hommes qui arrivaient sur place en taxi ont également été fusillés. Selon le Washington Post du 27 mai, les certificats de décès, les photographies et une vidéo tournée par un étudiant irakien en journalisme après le drame confirment les récits de témoins selon lesquels toutes les victimes ont été tuées à bout portant. Contrairement à ce que prétendaient à l’époque les porte-parole militaires, il n’y a pas eu d’échange de tirs.

Divers officiels, dont des parlementaires informés par les enquêteurs, estiment que les charges sont accablantes. On s’attend à des mises en examen pour meurtre, manquement à la mission et faux témoignage. Trois officiers de Marines, dont un chef de bataillon et deux chefs de compagnie, ont déjà été relevés de leurs fonctions et une douzaine de Marines risquent la Cour martiale.

Il reste à déterminer si certaines maisons détruites l’ont été suite à un bombardement ou à un incendie. Certains affirment qu’une bombe de 250 kg a été larguée sur au moins une maison, ce qui impliquerait qu’un commandant de haut rang ait approuvé la frappe et, par extension, que le massacre de Haditha n’était pas un incident strictement local.

En tout cas, selon les informations rapportées par le magazine Time du 28 mai et les remarques du député John Murtha sur la chaîne ABC, il est clair que la tentative d’étouffer l’affaire n’était pas le seul fait d’un chef militaire sur le terrain. En marge d’une chronologie des faits, Michael Duffy retrace également les efforts du Time pour attirer l’attention des militaires sur cet incident. En janvier, le magazine avait reçu un exemplaire de la vidéo tournée par cet étudiant peu après le massacre. Mais un porte-parole des Marines ne la prit pas au sérieux, la qualifiant de propagande d’al Qaida. Ce n’est que lorsque Time remit la vidéo à un porte-parole militaire à Bagdad qu’une enquête fut ouverte ; elle conclut que les civils tués avaient été victimes de « dommages collatéraux ». Mais alors, pourquoi avoir tué les cinq hommes arrivant en taxi ? Ils n’étaient pas armés et ne présentaient aucun danger, même s’ils essayaient de s’enfuir. Enfin, comment expliquer une telle absence de discipline : stress du combat, ou manquement dans la chaîne de commandement ?

Le député démocrate John Murtha a déclaré à George Stephanopoulos d’ABC que la décision d’étouffer l’affaire avait été prise à un échelon supérieur de la chaîne de commandement. En dépit d’une enquête initiale, personne n’avait eu vent de l’incident avant que Time le dévoile en mars. « Cela remonte toute la chaîne de commandement, jusqu’au général Pace [le chef d’état-major]. Quand a-t-il été mis au courant ? Est-ce lui qui a ordonné d’étouffer l’affaire ? Qui en a donné l’ordre ? Je suis sûr que ce n’est pas lui, mais qui a dit qu’il ne fallait pas le divulguer ? »

En outre, les familles des victimes ont reçu chacune 2500 dollars de l’armée américaine, paiements que seuls des responsables militaires de haut rang peuvent autoriser. « Cette enquête aurait dû être terminée deux ou trois semaines après, elle aurait dû être rendue publique et on aurait dû désigner les responsables. »

Sur la même chaîne, le 30 mai, Murtha continua à dénoncer le massacre. Ce député, qui a servi pendant trente-sept ans dans les Marines, reconnut que cela lui « brisait le cœur » de penser que des Marines aient pu commettre de telles atrocités, mais qu’on ne pouvait pardonner ce meurtre. Il nota aussi que l’Amérique avait « perdu le cœur et l’esprit » des Irakiens et que 80 % d’entre eux souhaitent le départ des troupes américaines. (Il avait déposé une proposition de loi en ce sens en décembre dernier.)

Toujours selon Murtha, les soldats étaient excessivement stressés. ABC rapporte en effet que plusieurs des Marines mis en cause avaient été renvoyés en Irak pour une deuxième mission, et l’un d’entre eux en était même à sa troisième campagne. Selon le Los Angeles Times, un des soldats de l’unité chargée d’évacuer les cadavres affirmait « sentir encore le sang » et sa famille dit qu’il souffre de problèmes psychologiques.

Bien que Murtha n’ait pas nommé le ministre de la Défense, tout en disculpant le général Pace, il laisse entendre que c’est bel et bien Donald Rumsfeld qui est responsable de tout. Les pressions augmentent sur ce dernier, dont la démission est réclamée par de nombreux officiers à la retraite. L’un d’entre eux, le général John Batiste, qui a démissionné l’année dernière après une mission de douze mois dans le Triangle sunnite, fait campagne pour obtenir la démission du ministre.

« Je suis en colère », déclara-t-il au Daily Telegraph. « Je ne m’arrêterai pas. Ils peuvent me chasser, me rejeter, mais je reviendrai, encore et encore, jusqu’à ce qu’on établisse les responsabilités. » Il affirme jouir d’un soutien grandissant au Congrès, dans un parti comme dans l’autre. Il accuse Rumsfeld d’être parti en guerre avec trop peu d’hommes et d’avoir refusé d’écouter les chefs militaires qui en demandaient davantage. Rumsfeld a « une attitude méprisante et arrogante », selon Batiste, qui l’a amené à faire fi des conseils compétents.

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Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
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Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
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La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

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La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

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Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

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