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Halliburton vole l’armée et les contribuables

La rédaction

Les attaques contre le vice-président Dick Cheney continuent de plus belle aux Etats-Unis. En ce qui concerne ses mensonges sur la guerre d’Irak, Newsweek a publié un nouvel exposé sur l’utilisation par ses collaborateurs de « renseignements bruts » venant de Chalabi et du Congrès national irakien. Par ailleurs, de nouvelles révélations sur Halliburton lui causent également bien du souci.

En effet, le 11 décembre, le Pentagone a confirmé qu’un audit interne avait établi que la société dont Dick Cheney était PDG avant d’entrer à la Maison-Blanche avait surfacturé l’armée américaine pour la livraison d’essence aux forces basées en Irak. Halliburton détient un contrat exclusif pour l’importation en Irak de carburant destiné aux forces d’occupation américaines. Ce géant des services énergétiques a surfacturé de plus d’un dollar le gallon, une livraison de quelque 57 millions de gallons d’essence (un gallon fait 3,8 l), soit un bénéfice total provisoire de près de 61 millions de dollars. « Aucune irrégularité du contractant et/ou surfacturation sur les contrats ne sera pardonnée ni ne pourra continuer », a déclaré Dov Zakheim, qui supervise le budget du Pentagone.

Lyndon LaRouche a déclaré depuis longtemps et à plusieurs reprises que le financement de la reconstruction de l’Irak, autorisé par le Congrès à hauteur de 87 milliards de dollars, était essentiellement un moyen de subventionner les partenaires d’affaires de Cheney - notamment Halliburton.

Le 10 décembre, le New York Times rapportait qu’il avait obtenu des documents montrant que le gouvernement américain payait en moyenne à Halliburton 2,64 dollars le gallon d’essence et d’autre carburant, importé du Koweït en Irak, au lieu de 1,60 comme on l’avait cru jusque-là. Par contre, la compagnie pétrolière nationale irakienne SOMO ne paie que 96 cents le gallon d’essence importé. En outre, ces 2,64 dollars ne sont qu’une moyenne. Le prix a augmenté ces dernières semaines, atteignant jusqu’à 3,06 dollars le gallon fin novembre !

Dans une déclaration publiée le 11 décembre, Halliburton reconnaît qu’il peut avoir surpayé l’essence fournie par un sous-traitant koweïtien : « Halliburton ne prend que quelques cents par dollar sur la livraison du combustible koweïtien à l’Irak », précisant qu’il doit facturer le carburant au prix fort parce qu’il est livré dans une zone de combat. Plusieurs employés de sa filiale Kellogg, Brown & Root (KBR) ont été tués ou blessés lors d’attaques par des rebelles irakiens.

Ces révélations sur la surfacturation d’Halliburton surviennent au moment où le Président Bush tente de justifier sa décision d’exclure des contrats de reconstruction de l’Irak les pays n’ayant pas soutenu la guerre, notamment le Canada, la France, l’Allemagne et la Russie.

Par ailleurs, selon les responsables du Pentagone, KBR aurait soumis une offre de service de restauration, que le ministère a rejetée en raison de surcoûts estimés à 67 millions de dollars. Le General Accounting Office du Congrès a découvert qu’en 1997 et en 2000, KBR avait facturé l’Armée pour des dépenses douteuses concernant ses contrats de soutien aux opérations dans les Balkans.

Les démocrates ont critiqué les contrats d’Halliburton, estimant qu’il s’agissait d’un remboursement politique à une société entretenant d’étroites relations avec le Parti républicain et dont les directeurs ont généreusement contribué à la campagne de Bush. Le sénateur Frank Lautenberg a appelé à des auditions sénatoriales sur ces révélations du Pentagone. Deux députés démocrates, Henry Waxman et John Dingell, ont accusé Halliburton d’extorsion de fonds, tandis que Waxman et son collègue Conyers réclamaient une enquête parlementaire sur les accords commerciaux conclus entre Halliburton et le Pentagone.

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