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Helga Zepp-LaRouche : « L’OTAN sur la voie d’une Troisième Guerre mondiale »

La rédaction

8 avril 2008 (Nouvelle Solidarité) - Le 4 avril, Helga Zepp-LaRouche, présidente du Mouvement des droits civiques-Solidarité en Allemagne, a analysé les résultats du sommet de l’OTAN qui venait de se terminer à Bucarest. Le titre même de sa déclaration tire la sonnette d’alarme : « Cap sur le compte à rebours : voulons-nous vraiment une Troisième Guerre mondiale ? ». Notant l’ironie qui veut que le sommet se soit déroulé dans l’immense palais conçu par l’ancien dictateur roumain Nicolae Ceaucescu, renversé et exécuté en 1989 (présageant le sort de l’OTAN, telle l’inscription sur le mur de Balthazar ?), Helga Zepp-LaRouche observe que le sommet devait transformer l’Alliance « en organisation impériale globale ». La principale force motrice de cette transformation est « l’oligarchie financière de l’empire britannique, qui tente de plonger dans le chaos les principaux adversaires de l’empire anglo-américain. En font partie la campagne virulente orchestrée contre la Chine, la campagne britannique opiniâtre contre la Russie et Vladimir Poutine personnellement, et la tentative de ramener le Zimbabwe sous contrôle colonial ».

« Lors du sommet de Bucarest, l’ensemble de l’agenda impérial, à l’exception de l’adhésion de la Géorgie et de l’Ukraine, a été soutenu par tous les pays membres. Ceci comprend l’adhésion de la Croatie et de l’Albanie à l’OTAN ainsi que la réintégration de la France, l’installation de systèmes de défense anti-missiles et de stations radar en Pologne et en République tchèque, le renforcement des troupes de l’OTAN en Afghanistan par l’envoi de 700 soldats français, l’intégration des structures miliaires de l’OTAN et de l’UE, suivant les directives du Traité de Lisbonne, et, selon des rapports non confirmés, le débat sur de nouveaux documents stratégiques, dont celui des cinq anciens chefs d’état-major, qui envisage l’utilisation d’armes nucléaires en premier et "l’évitement préventif de conflits" dans le monde. »

Un regard jeté sur une carte du monde, poursuit la présidente du Büso, « ne laisse pas douter un seul instant que l’entrée de la Géorgie et de l’Ukraine, dans le cadre de la stratégie d’encerclement de la Russie, ainsi que les éléments de défense anti-missiles en Pologne et en République tchèque, constituent une violation des intérêts sécuritaires de la Russie ». Le président Poutine lui-même a présenté « le point de vue russe en la matière, lors d’une conférence de presse à Bucarest, où il a souligné que la création d’un puissant bloc militaire aux frontières russes serait considérée comme une menace directe à sa sécurité nationale ». Il ne suffit pas d’affirmer le contraire, dit-il, d’autant plus que toutes les expansions antérieures ont été précédées de telles assurances. Le président russe a également accusé l’OTAN de maintenir la confusion sur le rôle futur de l’Alliance et de vouloir devenir un acteur mondial, bien au-delà du territoire des Etats membres.

Helga Zepp-LaRouche évoque ensuite le dessein néo-impérialiste présenté par l’Economist du 27 mars, dans un dossier de 14 pages consacré à l’avenir de la politique étrangère américaine. Ce dossier aborde à la fois le déclin des Etats-Unis et la montée en puissance de leurs principaux adversaires du XXIème siècle, c’est-à-dire la Russie et, surtout, la Chine.

L’Economist avait d’ailleurs publié, à partir du 3 février 2007, une série d’articles intitulée Britannia Redux, dont la thèse principale était que la Grande-Bretagne n’était plus « le malade » de l’Europe et que Londres avait retrouvé, grâce à la mondialisation, son rôle de centre de pouvoir légitime. Cette évaluation, estime Helga Zepp-LaRouche, repose en grande partie sur le fait que près de 80% des hedge funds sont domiciliés dans les îles Caïman, une colonie britannique.

« A cela, on pourrait ajouter une longue série d’indications montrant que l’empire britannique est déterminé à sortir de la crise systémique actuelle dans une position dominante, intégrant dans l’empire à la fois les Etats-Unis et une Europe continentale étranglée par l’UE, comme autant de vassaux. » L’empire espère démolir toute perspective de partenariat stratégique entre la Russie, la Chine et l’Inde, avant de les écraser chacun à son tour.

Le Sunday Times britannique du 30 mars a présenté un autre aspect de ce scénario : une Chine affaiblie économiquement et en proie à des troubles internes serait incapable d’empêcher la sécession du Tibet et de certaines régions occidentales du pays. Ce serait le prélude à une grande guerre en Eurasie. Si, à la suite de la crise aux Etats-Unis, la Chine s’enfonce dans le chaos et tente d’affirmer son pouvoir national face aux pires troubles sociaux depuis 1989, les tensions avec le Japon monteront, suivant ce scénario. Et si la mort du Dalai Lama coïncidait avec celle du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Il, le Japon aurait d’autant plus de raisons de se réarmer et l’on pourrait assister à un affrontement militaire à propos de Taïwan.

« De nombreux aspects de ces scénarii démentiels, poursuit Helga Zepp-LaRouche, dans le droit fil des géopoliticiens comme Haushofer, Milner et Mackinder, sont déjà opérationnels. La déstabilisation de la province Xingjiang par des Ouïgours entraînés au Pakistan est déjà lancée. On assiste à des troubles au Séchuan. Le plan qui sous-tend la campagne contre la Chine consiste à créer un Etat musulman hostile dans le Xingjiang, à ériger un grand Tibet et à cantonner la Chine à un territoire relativement limité. Il existe des scénarios similaires pour l’Inde, prévoyant des conflits entre Hindous, Sikhs, Musulmans, Tamils, etc. »

Ce schéma comporte aussi une dimension européenne. « Lors du sommet franco-britannique, lorsque Sarkozy cita l’Entente cordiale mais aussi la tradition colonialiste des puissances européennes comme modèles du rôle de l’Europe dans le monde actuel, il ne se livrait en aucun cas à un accès de nostalgie. Derrière la campagne britannique contre Robert Mugabe (cf. ci-dessous), se cache l’intention d’anéantir l’indépendance du Zimbabwe. Il ne fait aucun doute non plus que les "anciennes" puissances coloniales sont prêtes à torpiller les importants accords conclus en Afrique par la Chine, et aussi par la Russie, prévoyant l’importation de matières premières contre de l’infrastructure et de l’industrie. »

Face à l’effondrement inévitable du modèle financier monétariste, poursuit Helga Zepp-LaRouche, l’élite financière anglo-hollandaise est désespérée. Toutefois, ce qu’elle craint le plus est la possibilité que cette crise mène, aux Etats-Unis, à un retour aux politiques de Franklin Roosevelt. Néanmoins, étant donné l’ampleur et la gravité de la crise financière actuelle, les intérêts de Londres n’ont d’autre choix que d’agir sans attendre, quels que soient les risques.

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Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
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Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

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Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

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Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

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