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Honduras : coup d’Etat ou simple destitution ?

La rédaction

2 juillet 2009 (Nouvelle Solidarité) – A peine la destitution du président du Honduras rendue publique, la plupart des gouvernements - Obama et les chefs d’Etat sud-américains en tête – ont dénoncé un coup d’Etat contre l’ordre constitutionnel hondurien. Mais qu’en est-il vraiment ?

Manuel Zelayas, élu président en 2006, est l’héritier d’une riche famille de propriétaires fonciers historiquement très portée à droite. Ne pouvant briguer un second mandat lors des élections prévues en novembre prochain, il a organisé un référendum afin de convoquer une assemblée constituante lui permettant de modifier cette clause de la Constitution hondurienne. Or la dite Constitution n’autorise pas un président à organiser un tel référendum, si bien que la Cour suprême et le Congrès hondurien ont rejeté sa tenue. Zelaya ayant voulu passer en force en organisant le scrutin malgré tout, la Cour suprême et le Congrès ont ordonné sa destitution pour acte anticonstitutionnel délibéré. L’Armée, qui avait refusé de distribuer les bulletins de vote, a procédé à son arrestation dimanche matin et l’a expulsé vers le Costa Rica voisin. [*]

« Est-ce qu’Obama soutient Zelaya parce que les intérêts étrangers qui sont derrière sa présidence veulent aussi opérer un coup d’état contre la constitution des Etats-Unis ? », a demandé Lyndon LaRouche mardi.

« Zelaya procédait à un coup d’Etat contre sa propre Constitution. Son propre gouvernement et sa propre Cour Suprême l’ont condamné pour délit contre la Constitution. Et si l’on voit de nombreux gouvernements de la région se ranger derrière lui, y compris Obama, c’est qu’ils se méfient tous de leur peuple, y compris le président vénézuelien. Ce n’est pas parce qu’ils sont de grands démocrates qu’ils défendent Zelaya, bien au contraire : ils veulent être tout-puissants ! C’est pour cela qu’ils craignent ce genre d’évènement. Ils font tous des arrangements de pouvoir. »

« Ces gouvernements seront-ils tous complices d’Obama lorsqu’il fera la même chose aux Etats-Unis ? »


[*Le sénateur américain John Kerry, président de la Commission des Affaires étrangères, s’est refusé à tout commentaire sur les évènements honduriens tant que la situation sur place n’était pas clarifiée. Quelques jours auparavant, le 26 juin, il avait toutefois déclaré qu’une « volonté de réécrire la constitution contre l’avis de la Haute Cour, du corps législatif, du ministre de la Justice, et de l’armée hondurienne est profondément inquiétante ».
Pour Roberto Flores Bermudez, ambassadeur hondurien à Washington nommé par Zelaya, il n’y a pas eu de coup d’Etat, il s’agit de pure « désinformation ».

Voir les 15 commentaires

  • kingxvi • 02/07/2009 - 17:10

    Cet article est en opposition avec ceux d’égalité et réconciliation... que penser, qui a raison dans cette histoire ? chavez serait ici un dictateur... dommage ce n’est pas ce que je pensais, et ce n’est toujours pas ce que je pense.

    D’ailleurs chavez (président du vénézuela pour rappel) est pour la souveraineté nationale tout comme Solidarité & Progrès, alors que penser ? Si on pouvait avoir un éclairage argumenté sur la différence des points de vue des articles, ce serait intéressant.

    • Eh clair • 03/07/2009 - 08:27

      Bonjour,

      Je ne connais pas assez la situation de l’Amerique Latine pour apporter un eclaircissement, mais du point de vue de la reflexion je dirais qu’en essayant de savoir a qui profitera ce changement politique peut permettre d’y voir un peu plus clair ?
      Donc, a qui profitera la mise a pied de Zelaya ?

    • H • 03/07/2009 - 17:36

      3 juillet 2009 à 10:03 -Lettre du Honduras - Ninoska Benitez

      1 / Je reviens en ce moment même au bureau. Bon, la résistance du peuple s’est assez bien déroulée. Comme prévu, nous avons été réprimés par l’armée et la police. Il y a des blessés, des arrestations, et certaines personnes ne sont toujours pas localisées, mais nous espérons qu’elles vont bien.
      Lundi 29,l’après-midi
      Après s’être dispersés, certains groupes se concentrent dans les associations syndicales et paysannes pour reprendre la RESISTANCE demain. Un autre groupe de jeunes étudiants est allé au Congrès National, relativement proche de Cofadeh, et ils y ont été dispersés avec des coups et des bombes lacrymogènes.La pression contre ces usurpateurs va en grandissant. La réaction internationale a été inestimable, un grand nombre de personnes s’informent de l’extérieur, grâce à la constante mobilisation, les gens s’informent de ce qui se passe au niveau international en soutien à notre résistance. Nous avons appris la grande manifestation au Venezuela, nous avons été informés qu’il y aurait également une mobilisation en Argentine.
      Aujourd’hui, nous appris avec grand plaisir ce qui se fait au Chili.
      Maintenant, nous devons quitter le bureau, le couvre-feu a été fixé à six heures du soir, et nous imaginons qu’aujourd’hui, ça va être très dangereux, après tout ce qui s’est passé pendant la journée.

    • H • 03/07/2009 - 17:38

      Lettre du Honduras- Ninoska Benitez

      2/Aujourd’hui Tegucigalpa a été paralysée, les boulevards ont été pris d’assaut, les employés du secteur public se sont réunis, quelques habitants de l’intérieur ont réussi à contourner les clôtures militaires et sont arrivés à la Résidence Présidentielle, les syndicalistes ont fermé leurs lieux de travail et se sont joints à la réunion avec des pancartes et des couvertures pour manifester.Nous regrettons profondément la mort d’un employé de la compagnie de télécommunications Hondutel, quelques jeunes de Cofadeh ont vu l’armée écraser quelqu’un et avec quel acharnement le véhicule est passé sur son corps, en patinant même sur son aisselle et son bras. Ce fut terrible, je me suis rendu sur place quelques minutes à peine après l’incident, le sang coulait encore sur les pavés.J’ai discuté avec le Président du Syndicat et il m’a raconté comment l’armée s’est emparée du siège de Hondutel dimanche dans la matinée, ils ont emmené un technicien d’une entreprise privée Multifon qui doit à cette institution plus de 20 millions de lempiras ( 1,2 millions $), ce qui a causé des dommages qui s’élèvent à des millions de dollars. Il y a des endroits où l’on ne peut restaurer la communication sans investir dans des réparations. Cette société appartient à un milliardaire d’ici, Rafael Ferrari, propriétaire des principales entreprises de télévision et radio, et aussi un des acteurs du coup d’Etat.
      Je vous salue, nous devons y aller.

    • Christophe Paquien • 03/07/2009 - 19:02

      Merci à S&P pour cet article qui fait réfléchir à un autre son de cloche que celui de nos chers médias et de H.

      H, c’est gentil de nous faire passer des lettres sur les tensions là-bas, qui sont surement réelles, mais en le faisant, sachez que vous ne nous apportez rien de nouveau (c’est partout), à part un côté émotionnel qui brouille la réflexion.

      Dans tous les cas, moi je me suis indigné lorsque Sarko à voulu changer la constitution pour son bon plaisir. Pas vous ?

    • He clair • 04/07/2009 - 08:15

      Bonjour,

      Merci de nous tenir informe de la sorte.
      Puisque vous etes sur place et avez donc vecu l’ensemble de la crise, pouvez vous nous expliquer ce qui s’est passe de votre point de vue ?

      Zelaya ne savait-il pas qu’il allait provoquer une onde de choc en demandant un referendum sur la constitution ? Ou est-ce d’autres qui ont profite de la situation pour renverser le pouvoir ?
      Le pays etait-il politiquement stable ?
      Que demande le Peuple lors des manifestations ?
      Car en definitive on sait toujours pas a qui profite le changement. Y voyez-vous une la marque d’une force exterieure ?

      Prenez soin de vous.

    Répondre à ce message

  • alevalle • 03/07/2009 - 12:28

    Votre article est complètement irresponsable. Merci de vous informer avant de écrire. Car le référendum ne avait pas "fe de lois".

    Répondre à ce message

  • Bertrand Buisson • 03/07/2009 - 10:09

    Caudillisme (Citation Encyclopedia Universalis) :

    "En Amérique latine, à l’époque de l’indépendance (1811-1825), les structures sociales archaïques qui prévalaient encore se fondaient principalement sur des allégeances personnelles et l’on a donné le nom de caudillos à ceux qui utilisaient la fidélité de leurs clientèles pour conquérir le pouvoir, par la violence le plus souvent, mais aussi par voie électorale."

    Dans le cas de Zelaya, il a été élu sur un programme de droite (sécuritaire et libre-échangiste) puis a cédé au chavisme. Chavez s’en est fait un ami en lui proposant son pétrole à bon prix (et peut être d’autres arrangements aussi). Zelaya a commencé à acvheter l’opinion du peuple avec des mesures sociales tranchant avec la pauvreté généralisée de son pays.
    Comme Chavez et son referendum de l’an dernier, il aurait bien voulu devenir président démocratiquement élu à vie.

    Répondre à ce message

  • FG • 03/07/2009 - 02:16

    En clair, le bonhomme a été destitué parce qu’il a eu l’outrecuidance de vouloir demander l’avis du peuple... Et tout le monde trouve ça normal ! Ah mais bien sûr : il est inconstitutionnel de convoquer une constituante là-bas...

    Allez, encore un effort, et on l’aura notre dictature mondiale !

    Répondre à ce message

  • dra • 02/07/2009 - 19:43

    En fait si j’ai bien lu :

    1) si Zelaya retrouve son "poste" de président de façon inconstitutionnelle mais approuvée par d’autres présidents d’outre atlantique, cela va créer un précédent comme une espèce de jurisprudence à l’échelle internationale

    2) et donc l’on peut s’attendre à ce que d’autres agissent de même là-bas et ici...

    Vive la démocratie !!!
    Vive le suffrage universel !!!

    Enfin, j’appelle cela Dictature et vous ?

    Répondre à ce message

  • un citoyen outragé par tant de légèreté de ton • 02/07/2009 - 17:12

    La suspension des libertés individuelles et des libertés d’association* garanties par la Constitution Hondurienne décidée hier et votée ce matin à 5h par le parlement ne laisse plus de doute quant à la qualification de cet événement : c’est un coup d’Etat qui a mis en place un régime dictatorial.

    *Ces libertés garantissent entre autre : le droit à manifester et à se réunir, l’inviolabilité d’un domicile par les forces de l’ordresans mandat, l’impossibilité d’arrestation et de détention des citoyens sans intervention d’un juge.

    • Bertrand Buisson • 02/07/2009 - 19:21

      Et si Zelaya avait été poussé par quelques intérêts à aller jusqu’au bout de son geste pour pouvoir déstabiliser le Honduras ? Faire entrer Chavez en guerre (ses réactions étant facilement profilables) ?

      Les autres dirigeants du pays eux aussi issus du parti libéral de Zeyala ne l’ont-il pas mis en garde contre son geste ?

      Dans cette situation, pas étonnant que le gouvernement hondurien interdise les manifestation, craignant pour la stabilité des institutions qui pour le coup ne semblent pas avoir fauter, au contraire.

    Répondre à ce message

  • Bertrand Buisson • 02/07/2009 - 18:53

    Zelaya est un personnage ambigu :

    Il soutient les accords de Libre-échange avec les Etats-Unis et il attaque les propriétaire des maquiladoras honduriennes.

    Il joue l’opposant à l’impérialisme américain et somme Obama d’arrêter l’ingérence dans les affaires des pays du continent, mais il veut revenir au Honduras, après avoir été démis par la Cour suprême, avec des chefs d’états étrangers comme escorte (Correa et Kirchner).

    Il a fait campagne en 2005 sur l’insécurité et procède à des emprisonnements longue durée et au doublement des forces de polices, mais dans le même temps, il est soupçonné de laisser la cocaïne en provenance du Venezuela et de Colombie entrer au Honduras (pour récupérer un peu de cash).

    C’est un riche propriétaire terrien qui exploite les paysans sans terre, mais il fait voter des hausses de salaires pour les travailleurs pauvres.

    Bref c’est un populiste sans idéal autre que le pouvoir.
    Peut être que ses opposants aussi, mais en tous les cas, si l’on ajoute les faits (il a sciemment violé la constitution du pays qu’il préside) c’est vraiment débile de se précipiter pour prendre sa défense.

    IL FAUT TOUJOURS SE MEFIER DES EVIDENCES...

    Répondre à ce message

  • Pierre-Eric • 02/07/2009 - 18:02

    Voir sur le site de Michel Collon une vision un peu différente des choses :
    http://www.michelcollon.info
    Plusieurs articles à lire au sujet du coup d’état au Honduras.

    Ce n’est que de la diversité des points de vues que l’on peut espérer comprendre les vrais tenants et aboutissants des événements.

    Répondre à ce message

  • bernard01 • 02/07/2009 - 17:14

    merci pour ses precisons,ce n’est pas dans la presse que l’on trouve cet article.

    Répondre à ce message

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