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Hongrie : Au bord de l’abîme, l’Europe hantée par ses vieux démons

La rédaction

par Christine Bierre,
rédactrice en chef de Nouvelle Solidarité

12 janvier 2012 (Nouvelle Solidarité) — Les banques européennes sont en faillite, l’Europe est en faillite, voilà le constat que même des chefs de gouvernement dressent aujourd’hui en public. Et dans ce contexte de crise terrible, les vieux démons des années trente du XXe siècle ressurgissent tels de vieux fantômes nauséabonds.

Face aux périls, soit les nations se tournent vers l’avant, à la découverte et à la création d’un nouvel avenir, soit elles cherchent le repli identitaire, vers un passé mythique où un peuple se définit, non plus par sa contribution à la culture universelle, mais par son appartenance à une communauté définie par son identification à un sol, au sang d’une seule ethnie et aux valeurs religieuses fondatrices de la communauté.

C’est le tournant que prend actuellement la Hongrie de Viktor Orban, vers la Hongrie millénaire, presque moyenâgeuse, le tout complété par un parfum de sévère ordre moral. Et il n’est pas le seul à promouvoir un tel repli identitaire. Sous des formes différentes, c’est ce que prône Rick Santorum, le républicain américain qui a failli remporter la primaire de l’Iowa, ce que prône aussi en France Marine Le Pen.

Une nouvelle constitution a vu le jour en Hongrie depuis le 1er janvier où le nom du pays, « République de Hongrie », a été remplacé par un simple « Hongrie ». C’est la notion de « nation hongroise » qui apparaît dans la Constitution et qui rassemble non seulement les citoyens de Hongrie mais aussi les nombreuses communautés d’émigrés hongrois disséminées dans la région, en Roumanie, Slovaquie, Voïvodine, Serbie et Ukraine. Par ces temps de crise, c’est ouvrir la boîte de Pandore à des troubles ethniques dans cette Europe centrale souvent prompte à s’enflammer.

L’intellectuel Paul Gradvohl décortique dans Le Monde du 3 janvier, l’exaltation nationaliste qui anime désormais le préambule de la Constitution, ainsi que les références constantes à la religion. « La nouvelle constitution est placée sous le signe de Dieu et de la Sainte Couronne [formulée dès 1222, la doctrine de la Sainte Couronne, celle de saint Etienne, unissait les peuples de la région carpatique soumis aux souverains magyars] ». Le préambule de la Constitution a même été renommé : « Credo national ».

La nouvelle constitution ouvre aussi la possibilité de procéder à une chasse aux sorcières sans fin en rejetant « toute prescription sur les crimes contre l’humanité commis envers la nation hongroise et ses citoyens sous les dictatures du national socialisme et du communisme ».

Selon Paul Gradvohl, c’est l’opposition où agissent un certain nombre de communistes qui est visée ici. Pour lui, cependant, Orban n’est pas un fasciste. Son modèle serait « celui de la Hongrie horthyste de l’entre-deux guerres, un système autoritaire où l’opposition n’a aucune chance et qui s’abrite derrière les frustrations nationales pour maintenir une élite dépassée au pouvoir ».

Par ailleurs, l’Union européenne et la communauté financière sont déchaînées contre Orban car dans la foulée, celui-ci a de facto renationalisé la Banque centrale de Hongrie (BCH) en violation de l’article 130 du traité de Lisbonne.

Le 28 décembre, le Parlement a adopté une loi permettant au gouvernement d’élargir le nombre de membres du conseil des gouverneurs de la BCH et surtout, de nommer un président, aux ordres du gouvernement, en remplacement du précédant qui en devient le vice-président. La rumeur veut que Orban puisse même prendre le contrôle des réserves de la BCH, quelque 35 milliards d’euros, pour rembourser une partie de la dette publique et faire des investissements. Mais dans quelle perspective ?

Organisons, au contraire, une sortie de la crise par le haut. Rétablissons une alliance des républiques souveraines, fondées sur les meilleures valeurs universelles de leur histoire et un projet commun de développement mutuel pour les générations à naître.

Voir les 4 commentaires

  • Colbert_ • 12/01/2012 - 22:38

    Orban a de facto re-nationalisé la Banque centrale de Hongrie et il combat pour de bon les intérêts de la City de Londres.
    Vos critiques paraissent de ce fait exagérées. Pour une fois je ne serai pas d’accord.
    Avant d’attaquer Orban voyons d’abord en détail quelle est sa politique pour l’Instruction et l’Éducation, voyons s’il soutient l’industrie la recherche et la démographie.

    • Kimlou • 13/01/2012 - 01:49

      D’accord avec Colbert. En démocratie, ceux qui doivent prendre des décisions ce sont les élus. Tout ce qui n’est pas élu doit être contrôlé par ce qui est élu. Le peupleu pourra ensuite voir si les élus ont bien fait leur travail L’économie sous l’emprise des gouvernements. Un payx, une nation selon les valeurs humaines de base.

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  • bga80 • 12/01/2012 - 18:19

    Quand est-ce que Cheminade ouvrira les yeux pour se rendre compte que l’on se fait écraser démographiquement ? Aucun pays dans le monde ne permet une telle invasion sauf dans les pays occidentaux principalement européen. Accueillir des étrangers d’accord mais sans doute pas dans des proportions de substitution de population !

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  • petite souris • 13/01/2012 - 00:47

    ...à Mercuria Ciuc, capitale culturelle de la province roumaine de Transylvanie, l’enseignement à l’université se fait en langue hongroise depuis de très longues années, tant et si bien que les "roms" de la région ne parlent plus ni leur langue, ni même le roumain qu’ils apprennent à l’école et oublient aussi vite à l’école de la vie !!!
    il y a même tout au nord ouest de cette région, une petite enclave où l’on ne parle que l’allemand ....

    Répondre à ce message

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Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

» Voir le projet complet

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

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Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
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