Solidarité & progrès

Le parti du travail humainTel. 01 76 69 14 50

14 décembre - Vidéo : La Bulle et la Dette [ACTE 2] Lire 14 décembre - Non à la « normalisation » (comprenez braquage) de la Caisse des dépôts ! Lire 14 décembre - Vidéo : François Gervais - l’urgence climatique est un leurre Lire
AccueilActualité
2-3 juillet 2011, conférence de l’Institut Schiller, Rüsselsheim, Allemagne

John Crombez : Les marchés financiers sont en route pour nulle part

La rédaction

Ce texte est la transcription d’un discours ou d’une contribution à la conférence internationale de l’Institut Schiller organisée sur le thème Sauver l’humanité de l’abîme à Rüsselsheim, en Allemagne, lors du week-end du 2-3 juillet 2011.

Le président du groupe socialiste au Parlement flamand de Belgique, John Crombez, s’est excusé de ne pas pouvoir assister à la conférence mais a transmis la communication suivante :

Depuis le début de la crise financière d’octobre 2008, les données fondamentales du paysage bancaire et financier n’ont pas changé. Malgré bien des annonces et des déclarations osées de la part des dirigeants européens, le vrai changement n’a pas eu lieu. Certains messages appelant à un environnement financier différent n’ont eu d’autre effet que de rendre plus floue la nécessité d’ouvrir les vrais débats qui s’imposent.

Qu’est-ce qui nous a amenés à cette crise ? Pourquoi les autorités de régulation ont-elles été aveuglées durant tant d’années ? Pourquoi les individus qui ont organisé cette crise, ou ceux dont c’était le métier de freiner l’explosion des effets de levier, sont-ils toujours aux commandes ? Et enfin, la question essentielle et non la moindre, pourquoi n’a-t-on pas adopté de lois permettant d’éviter une nouvelle crise ?

Récemment, le comité de Bâle a proposé d’établir une liste de banques « too big to fail » [trop grandes pour sombrer]. Qu’est-ce que cela signifie ? S’agit-il d’un feu vert officiel pour leur permettre de prendre tous les risques qu’elles veulent ? On nous répondrait que cela n’est pas le cas puisque des ratios plus contraignants ont été imposés. C’est un non-sens. Les indicateurs de risque des banques, censés permettre de les surveiller, n’ont pas marché et ne marcheront pas.

Imaginons le tableau des cinq dernières années que pourrait peindre quelqu’un écrivant à l’avenir un livre sur le sujet, disons en 2025. Que verrait-il en regardant en arrière ? Il verrait que les banques ont ajouté risque sur risque, sans aucune limitation raisonnable.

L’explosion des activités bancaires, essentiellement secourues avec l’argent du contribuable, s’est accompagnée d’une perte de 6 millions d’emplois dans la zone européenne. Ensuite, il verra un Parlement européen qui n’a réduit ni l’effet de levier, ni la spéculation ou les bonus, exigeant au contraire des mesures budgétaires avec des conséquences énormes pour les ménages. Ce dernier [le Parlement européen] est guidé par les mêmes banques prenant une fois de plus les mêmes risques (…) Pourquoi n’a-t-on imposé aucune restriction sur l’effet de levier, la spéculation, les bonus ? Parce que le lobbying bancaire a eu plus d’impact sur les décideurs européens que la population.

Disons que ces trois sujets ne sont pas traités.

Aujourd’hui cependant, même dans ces conditions, il existe une possibilité d’imposer un environnement nouveau :

  1. Imposer des « testaments bancaires » [1]. Le Canada l’a fait. Et ce pays est un de ceux qui ont le moins souffert de l’impact des crises bancaires ;
  2. Mettre l’accent sur la protection du consommateur. La vente de produits à haut risque continue partout ;
  3. Imposer une taxe sur les transactions bancaires pour alimenter une cagnotte activable lors de la prochaine crise.

L’une des raisons souvent évoquée pour expliquer pourquoi les gouvernements refusent d’imposer ce type de mesures au niveau national, c’est de dire qu’il est impossible de le faire tant qu’il n’existe pas un modèle cohérent sur le plan international. C’est, pour ainsi dire, un non-sens. J’ai déjà mentionné l’exemple d’un pays relativement plus sûr sur le plan bancaire, le Canada. Ils l’ont fait, bien qu’il n’existe aucun accord international en ce sens. Disons plutôt qu’adopter ces lois à l’échelle d’un pays augmente la possibilité de voir adopter un jour des mesures cohérentes internationales de ce type.

Pour conclure, constatons que trois ans après la crise, nous sommes toujours dans la même situation. Les banques continuent à prendre des risques alors que les pertes se traduisent dans les budgets des ménages. Aucune mesure n’a été prise pour éviter cela, même si des autorités comme Mervyn King [gouverneur de la Banque d’Angleterre] et beaucoup d’universitaires ont clairement déclaré que la situation actuelle est inacceptable. Il n’existe aucun plan pour la croissance et l’emploi. Il n’existe qu’une route pour nulle part, et cette route, avec l’état d’esprit de nos politiques actuels, ne s’arrêtera que avec les prochaines crises potentielles.

Merci de votre attention.


[1En Belgique, John Crombez a participé à l’élaboration d’un projet de loi visant à résoudre le problème des banques « trop grandes pour sombrer ». Cette loi autoriserait les gouvernements à exiger des banques, dans la perspective d’une faillite, qu’elles rédigent leur propre testament, c’est-à-dire un plan prédéfini indiquant clairement la part des dépôts et la part spéculative. De telles instructions pour la fin de vie de la banque permettraient aux Etats, en cas de faillite, de secourir les déposants tout en laissant s’éteindre la partie spéculative. Alors que le débat sur ce type de législation fait notamment rage en Angleterre, en Suisse et en Belgique, le monde bancaire s’est montré peu enthousiaste. Pour sa part, Guy Quaden, le directeur de la Banque nationale de Belgique, a déclaré en février que le testament bancaire défendu par Crombez et Vanderberghe n’était pas impossible, jugeant même son adoption très souhaitable au niveau international. Si une telle législation, reconnaissant les principes sous-jacents de la loi Glass-Steagall, est un petit pas dans la bonne direction, elle reste toutefois insuffisante pour surmonter la crise actuelle.

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Déplier les commentaires||Replier les commentaires
Vous souhaitez aider ? Adhérer, faire un virement mensuel, participer à un stand militant ? Prenez contact avec nous.

Don rapide

Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

» Voir le projet complet

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

Participez à l'effort politique !

Adhérez à S&P, devenez éducateur et créateur de la Nation

Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
Un monde qui peut rentrer en crise à tout moment, y compris avec un risque de guerre.

En adhérant à Solidarité & progrès, en apportant vos moyens financiers et humains, nous pourrons ensemble franchir le seuil de la porte et faire ce qui est nécessaire.
Aller vers un futur qui soit vivable, meilleur, plus juste.

Jacques Cheminade
Faire un don et adhérer plus tard