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L’Allemagne et le modèle scandinave

La rédaction

Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, a déclaré lors d’une interview accordée le 12 juillet au Financial Times qu’il était d’accord avec les déclarations de Tony Blair selon lesquelles l’Europe devrait « repenser » son modèle social. La France, l’Allemagne et l’Italie devraient suivre l’exemple de pays comme la Suède, la Finlande ou le Danemark, qui pratiquent une plus grande flexibilité au niveau du marché du travail et des biens, tout en préservant un haut niveau de protection sociale.

Un aperçu de ce modèle scandinave a été fourni par Lars Calmfors, de l’Institut des études économiques internationales de Stockholm, dans un article paru dans le Financial Times Deutschland du 26 juillet 2004. Calmfors estime que les réformes Hartz IV vont dans la bonne direction, mais qu’elles ne rendront l’industrie allemande à l’exportation plus compétitive qu’à long terme. Etant donné que le système de Maastricht ne permet plus à l’Allemagne 1) de baisser les taux d’intérêt, 2) de dévaluer le mark, ni 3) de lancer des programmes publics d’investissement, la seule option restante est une « dévaluation interne », comme cela a été fait dans les pays scandinaves.

Ce qui veut dire diminuer les salaires réels en réduisant les charges des employeurs pour les retraites et la sécurité sociale, en les reportant sur les salariés. En outre, on augmente la TVA, ce qui se traduit par une baisse du pouvoir d’achat. Calmfors a même réclamé une réduction des revenus par décret gouvernemental. Ancien conseiller des gouvernements suédois et britannique, Calmfors siège au Comité du prix Nobel pour l’attribution des prix d’économie et conseille différents syndicats européens.

La plate-forme économique d’Angela Merkel semble fortement inspirée des suggestions de Calmfors. Dans sa déclaration de candidature à la chancellerie, Helga Zepp-LaRouche a déclaré : « Le programme proposé par [les chefs de file de la CDU/CSU) Angela Merkel et Edmund Stoiber, qui n’avouent qu’une petite partie de leurs desseins, est aussi incompétent que brutal : il mène directement à la réduction des salaires des employés et des revenus des chômeurs et retraités, par une augmentation de la TVA, ainsi que le transfert de divers coûts aux citoyens qui devront assurer une part plus grande des charges sociales. (...) Une telle politique anti-sociale ne peut en aucun cas apporter une solution à la crise globale du système . »

De plus, il est absurde d’importer ce modèle scandinave en Allemagne car les exportations allemandes se portent très bien, alors que le marché intérieur est déprimé. En volume total d’exportations, l’Allemagne a dépassé les Etats-Unis et le Japon, malgré une force de travail plus réduite. Selon l’Association des producteurs allemands de machines (VDMA), la part allemande dans les exportations mondiales de machines se situe à 20 %, soit plus que tout autre pays. Mais en même temps, l’économie intérieure sombre à cause de deux facteurs principaux : la chute des investissements dans l’infrastructure publique et un déclin permanent du pouvoir d’achat des ménages. Les coûts du travail, ajustés à l’inflation, par unité de production, ont en réalité baissé d’année en année depuis 1995.

Cette situation semble même être comprise par le Financial Times Deutschland qui a publié l’article de Calmfors l’année dernière. Le 15 juillet, son économiste en chef Thomas Fricke estimait, dans un éditorial intitulé « Brillamment faux », que le programme économique de Merkel ne ferait que déprimer la demande intérieure, sans stimuler les investissements ou la création d’emplois.

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Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

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Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

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