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L’« Arc-en-ciel » rouge sang d’Ariel Sharon

La rédaction

Le 19 mai, deux jours après avoir lancé leur attaque sur Rafah, dans la bande de Gaza, les forces de défense israéliennes ouvraient le feu sur des milliers de manifestants non armés. De manière littéralement « orwellienne », on avait baptisé cette opération « arc-en-ciel », alors que la seule couleur était le rouge sang. Une source militaire israélienne a déclaré au journal Ma’ariv que les troupes « avaient reçu l’ordre de tuer autant de terroristes que possible ». Ces « terroristes » comprenaient de nombreux femmes et enfants. Sous prétexte de créer un no-man’s land le long de la frontière entre Gaza et l’Egypte afin d’empêcher le trafic d’armes, les Israéliens ont rasé des centaines de logements, laissant des milliers de Palestiniens sans abri.

L’extrême brutalité de cette opération a même scandalisé le ministre israélien de la Justice, Yosef Lapid, qui a déclaré lors d’une réunion de cabinet de Sharon : « La démolition des maisons à Rafah doit cesser. Ce n’est pas humain, ce n’est pas juif et cela nous nuit terriblement dans le monde. » Lui-même survivant de l’holocauste, Lapid a déclaré que l’image qu’il avait vu d’une Palestinienne âgée recherchant des médicaments parmi les débris de sa maison rasée, lui rappelait sa grande-mère qui avait péri dans l’Holocauste. « En fin de compte, dit-il, on va nous vider des Nations unies, poursuivre les responsables devant la Cour internationale de La Haye, et personne ne voudra parler avec nous . »

Ce crime de guerre, le dernier en date d’Ariel Sharon, a reçu le feu vert du président Bush et du vice-président Cheney. Selon le commentaire d’Uzi Benziman, dans le quotidien israélien Ha’aretz du 21 mai, « lorsqu’Ariel Sharon rencontra le président Bush le mois dernier à Washington et obtint de lui son soutien pour divers éléments du plan de désengagement, il obtint aussi son accord sur la possibilité d’élargir le "corridor de Philadelphi" - à savoir la démolition de centaines de maisons - afin d’entraver le trafic d’armes du Sinaï à destination de la bande de Gaza. Une indication de cela se trouve aussi dans le langage officiel du plan de désengagement : "Pendant la première étape, Israël continuera de maintenir une présence militaire le long de la frontière entre la bande de Gaza et l’Egypte (la route de Philadelphi)" . »

En effet, le 14 mai, trois jours avant le lancement de l’opération, un membre de la Knesset, Yissi Sarid, du parti Yahad, a lancé un avertissement : « Les Forces de défense israéliennes entendent démolir la moitié de Rafah. Israël sera accusé de crimes de guerre. L’opération a été planifiée avec l’accord tacite des Etats-Unis. » Toujours selon Benziman, Moshe Ya’alon, le chef d’état-major israélien, a déclaré le 16 mai devant le cabinet que les FDI « avaient été autorisées, il y a quelque temps, à développer des plans d’élargissement du corridor de Philadelphi, mais jusqu’à présent, l’échelon politique n’avait pas décidé de les mettre en œuvre. » De toute évidence, l’« échelon politique » de la Maison-Blanche a donné le feu vert, puisque l’opération démarra le lendemain.

En même temps aux Etats-Unis, la conférence annuelle (17 et 18 mai) de l’American Israeli Policy Action Council (AIPAC), le lobby pro-Likoud en Amérique, résonnait des discours des députés Tom DeLay et Steny Hoyer et du président Bush. Les deux premiers ont annoncé qu’ils préparaient une proposition de loi qui codifierait le contenu de l’infâme lettre que Bush avait remise à Sharon le 14 avril, donnant à ce dernier le feu vert pour annexer les territoires palestiniens et niant aux réfugiés palestiniens tout droit au retour.

Quant à Bush, il profita de l’événement pour lancer de sinistres appels à la « solidarité » entre les Etats-Unis et Israël dans la guerre au terrorisme. Cette propagande lui a valu 23 ovations. Le lendemain, cependant, devant le bain de sang à Gaza, le même Bush s’est dit « troublé », mais pas suffisamment, toutefois, pour exercer des pressions sur Sharon...

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Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
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