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L’Iran : prochaine cible des néo-conservateurs ?

La rédaction

L’on peut se demander si l’actuelle offensive militaire américaine dans la région chiite de l’Iraq ne serait pas un moyen de « transmettre le message » à l’Iran. L’administration Bush/Cheney a de nouveau haussé le ton contre l’Iran au sujet de son prétendu programme de production d’armes nucléaires. L’affaire en restera-t-elle au niveau d’un affrontement rhétorique ou sera-t-elle le signal d’une escalade pouvant déboucher sur une attaque américaine ou israélienne contre des sites nucléaires iraniens ?

Le 2 août, le président Bush déclarait que les Etats-Unis s’attendent à ce que l’Iran leur fournisse « tous les détails » et fasse preuve d’une « transparence absolue » au sujet de son programme d’armes nucléaires - comme si son existence était acquise. Le même jour Condoleeza Rice, conseillère à la Sécurité nationale, ajoutait : « Plutôt que d’engager le dialogue avec le régime [iranien], celui-ci doit être isolé en raison de son mauvais comportement ». Manifestement, elle faisait référence au « dialogue critique » entre l’Iran et l’Union européenne. Selon Rice, les Etats-Unis planchent sur « des résolutions très dures », qui seront vraisemblablement présentées à la réunion de l’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA) en septembre.

Lors de deux autres entretiens télévisés, Condoleeza Rice a agité le spectre d’une intervention unilatérale des Etats-Unis dans l’éventualité où l’administration Bush ne trouve pas le soutien international nécessaire pour sa croisade contre le « programme nucléaire » iranien.

Quant au ministre américain de la Défense, Donald RumsfelD, il devait déclarer au cours d’une visite en Azerbaïdjan, le 12 août, que « l’un des principaux soucis du monde est le lien entre un Etat terroriste possédant des armes de destruction massive et les réseaux terroristes. L’on peut tout à fait comprendre que des nations (...) partout au monde, s’inquiètent (...) des évènements en Iran. » Le 14 août, Rumsfeld était à Saint-Pétersbourg pour des pourparlers avec son homologue russe Sergei Ivanov ; il semble qu’ils ont parlé de l’assistance russe au programme nucléaire iranien.

Au cours des dernières semaines, le gouvernement d’Ariel Sharon en Israël a fait savoir qu’il avait l’intention d’intervenir de manière unilatérale s’il l’estimait nécessaire, avant que le réacteur nucléaire iranien ne devienne « critique ». Début août, Israël a testé, avec succès, le système de missile anti-balistique Arrow II ; l’Iran répondit en testant, également avec succès, la dernière version de son nouveau missile de moyenne portée Shahab-3, capable d’atteindre Israël et les bases américaines dans le Golfe.

Le ministre iranien de la Défense Ali Shamkhani déclara : « Les Israéliens ont récemment essayé d’augmenter leur potentiel en termes de missiles et nous aussi, nous tenterons d’améliorer notre missile Shahab-3 à tous les points de vue. » Il ajouta que les améliorations du Shahab-3 « concerneront toutes ses spécifications, et pas seulement sa portée ».

Le 11 août, le journal séoudien Al Riyadh, proche du prince héritier Abdallah, publiait un éditorial intitulé : « Le Néron des USA : pyromane universel ? », faisant le lien entre le danger d’une conflagration régionale et les élections présidentielles américaines, dont le sort déciderait « de l’échec ou du succès [des Etats-Unis], des régions arabes, et de l’Iran ».

Soulignant le renforcement de la présence militaire israélienne sur les frontières de la Syrie et du Liban, Al Riyadh continue : « L’Iran est devenu la vraie préoccupation, la vraie crainte ; c’est ainsi que le pays est représenté. L’Iran est toujours considéré comme partie intégrante de l’axe du Mal. Ils [les Etats-Unis] parlent maintenant d’arrêter son programme nucléaire soit par des moyens diplomatiques soit par une attaque contre ses installations. » Selon Al Riyadh, l’administration Bush voudra sans doute coordonner une telle action avec Israël « pour des attaques simultanées sur la Syrie et le Liban », puis proclamer au monde que ce furent de grandes réussites qui ont permis de « liquider des "Etats renégats" ».

Mais selon Al Riyadh, il ne s’agit encore que de projets et non de la réalité. « Lorsque l’on se met à soupeser les éventuelles conséquences, celles-ci pourraient s’avérer bien moins favorables [pour les Etats-Unis et Israël] (...). Comment peut-on être sûr que l’Iran n’utilisera pas des armes chimiques ou conventionnelles pour attaquer Israël et les plateformes pétrolières du Golfe ou qu’il n’y ait point un soulèvement des Shiites au Liban, en Iraq et en Asie centrale ? Comment peut-on être sûr qu’il ne se produira pas de réaction libano-syrienne ? Même limitée, celle-ci pourrait embraser toute la région. »

Le pétrole, toujours selon Al Riyadh, pourrait devenir un facteur capable de « semer la zizanie entre alliés et amis, si l’aventure américaine allait au-delà d’une certaine limite ». La production pourrait être stoppée en vertu du dicton : « Après moi, le déluge ». L’Iran pourrait étendre cette guerre beaucoup plus largement et la rendre beaucoup plus douloureuse pour la région et au-delà.

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Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
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La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

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