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La Réserve fédérale : c’est fini !
Sauver le marché des hypothèques, comme pour LTCM

La rédaction

En réfléchissant aux événements de la semaine dernière, il est clair que le bureau des gouverneurs de la Réserve fédérale (FED), en coopération avec l’Equipe de travail présidentiel sur les marchés financiers

En réfléchissant aux événements de la semaine dernière, il est clair que le bureau des gouverneurs de la Réserve fédérale (FED), en coopération avec l’Equipe de travail présidentiel sur les marchés financiers (« équipe anti-plongeon »), tente de tirer d’affaire le marché hypothécaire et de protéger les 16 700 milliards de dollars de la bulle hypothécaire à haut risque américaine. Cette tentative mènera au désastre. Le 22 avril, Lyndon LaRouche a déclaré que « la seule chose à faire est de geler les hypothèques et de stopper les saisies, comme je l’ai déjà dit. Nous devons empêcher les expulsions massives. Si ce que je propose n’est pas fait, nous entrerons dans une phase où ce processus provoquera l’explosion totale du système financier. »

Ces deux dernières semaines, une multitude de réunions publiques et privées se sont tenues en grande panique. Le lundi 16, au siège de l’Agence fédérale d’assurance pour les dépôts (FDIC) à Washington, une grande réunion a rassemblé pendant sept heures les dirigeants du FDIC, de Fannie Mae et Freddie Mac, des officiels de la FED, ainsi que des banquiers, des organismes de crédit et des groupes de consommateurs. D’après les déclarations qui suivirent, tous sont « d’accord pour laisser leur maison aux clients méritants ayant des hypothèques à haut risque ».

Le 17 avril, le bureau des gouverneurs de la Réserve fédérale a publié une « Déclaration concernant les arrangements avec les détenteurs d’hypothèques », rédigée en collaboration avec le département américain du Logement et du Développement urbain (HUD), le FDIC, l’administration de l’Union nationale du crédit, le bureau du Contrôleur de la monnaie et le Bureau de surveillance de l’épargne.

En voici quelques extraits :

« Les agences fédérales de régulation financière encouragent les institutions financières à travailler de façon constructive avec leurs clients qui sont dans l’incapacité de rembourser leur emprunt immobilier. Des arrangements prudents, cohérents, avec des pratiques de prêt sûres, sont généralement, à long terme, dans l’intérêt de l’institution financière comme dans celui du client.

« Dans les prochains mois, beaucoup d’emprunteurs fonciers vont faire face à un accroissement du montant de leurs échéances, suite à la mise à jour du taux d’intérêt variable (ARM) de leurs hypothèques. Ces emprunteurs pourraient se retrouver dans l’incapacité d’honorer leur remboursement, surtout s’ils avaient bénéficié d’un taux de départ particulièrement bas...

« Les agences de surveillance continueront d’examiner et de surveiller les institutions financières en accord avec les standards actuels. Les agences ne poursuivront pas les institutions financières qui se sont engagées dans des arrangements avec leurs clients en difficultés financières. Plus encore, les conseils de surveillance existants et les standards de comptabilité en application ne requièrent pas la saisie immédiate, par les institutions, des garanties du prêt lorsque l’emprunteur rencontre des difficultés de paiement. Les institutions doivent identifier et rapporter le risque du crédit, maintenir une indemnité concernant la perte du prêt et reconnaître la perte le moment venu. » (c’est nous qui soulignons.)

La phrase en exergue nous rappellera la période de 1989-1992, lorsqu’en 1991, la Réserve fédérale et d’autres agences de régulation avaient publié une directive destinée aux contrôleurs bancaires, qui poussait avec clémence et grande discrétion pour que l’on définisse ce qu’est un mauvais prêt. Le 7 novembre 1991, s’était tenue une réunion d’urgence à Baltimore (Maryland) à ce sujet. A l’époque, Citibank, la plus grosse banque américaine, ainsi que d’autres, avaient leurs comptes pleins de mauvais prêts et se trouvaient donc menacées. La FED redoutait une interprétation trop stricte de cette déclaration qui ruinerait Citibank et bien d’autres.

Se tirer d’affaire par un mur d’argent

Le 17 avril 2007, en accord avec cette « Déclaration concernant les arrangements avec les possesseurs d’hypothèque » publiée le même jour par la FED et d’autres agences de surveillance, un mur d’argent a été dressé.

Daniel H. Mudd, le directeur exécutif de Fannie Mae, témoigna devant le comité des services financiers de la Chambre que Fannie Mae changeait ses standards de prêt afin d’« aider le marché à haut risque à passer cette crise », ajoutant que « nous sommes concernés par ce crissement des liquidités dans le secteur de l’hypothèque à haut risque ». Mudd annonça que Fannie Mae, l’une des deux principales agences du marché immobilier, lançait un nouveau programme nommé « Opération rester à la maison », qui va diriger des fonds vers le marché hypothécaire poubelle. Aucun ordre de grandeur n’ayant été donné, les rapports de presse parlent de 5 à 20 milliards de dollars.

Le 18 avril 2007, Freddie Mac, l’autre géant du marché immobilier, a annoncé son intention d’allouer 20 milliards de dollars pour acheter des produits hypothécaires, à taux fixes ou variables, afin de permettre à des institutions de prêt hypothécaire d’offrir plus de « choix » aux prêteurs à haut risque. Le même jour, la « Mutuelle de Washington » basée à Seattle - l’un des plus gros préteurs hypothécaires - annonçait un programme de 2 milliards de dollars pour aider les emprunteurs d’hypothèques « poubelles ». De même, les 18 et 19 avril, Citigroup Inc. et Bank of America corp. ont annoncé qu’ils fourniraient 1 milliard en refinancement d’hypothèques à la Corporation américaine d’assistance aux quartiers, association à but non lucratif basée à Boston, afin d’aider les détenteurs de prêts hypothécaires.

En 96 heures, la Réserve fédérale et l’équipe anti-plongeon ont ainsi orchestré un arrangement avec Fannie Mae, FreddyMac et les plus grosses banques afin de constituer un mur d’argent ; à l’heure qu’il est, entre 28 et 43 milliards de dollars ont été sortis... Cette somme représente sept à huit fois celle collectée par la FED en septembre 1998 pour sauver le fond d’investissement LTCM. Cet intérêt grandissant de la FED, de la City de Londres et de l’oligarchie financière de Wall Street n’a rien à voir avec une quelconque préoccupation pour les propriétaires de logement. Pour eux, il s’agit uniquement de sauver leur système en banqueroute. Il est évident pour tous que l’effondrement de la bulle de 1 200 milliards de dollars d’hypothèques poubelles déclencherait l’effondrement des milliers de milliards de dollars de tout le marché immobilier des Etats-Unis et avec lui, l’effondrement systémique du système financier mondial.

Le 20 avril, LaRouche a déclaré que même des centaines de milliers de milliards ne suffiraient pas, car ce procédé ne traite pas le vrai fond du problème.

Maintenant, il est temps de geler les hypothèques véreuses et d’assurer un toit aux gens.

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