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La Russie, place financière internationale ou économie productive ?

La rédaction

Paris, le 11 novembre (Nouvelle Solidarité)—Dans une déclaration à Russia Today, à la conclusion du sommet des ministres des Finances et des gouverneurs des Banques centrales du G20 qui eut lieu à Sao Paolo (Brésil), le 10 novembre dernier, le ministre des Finances russe, Alexei Koudrine, a cité parmi les propositions que prépare son pays pour le Sommet du G20 du 15 novembre prochain, a Washington, celle de créer un système de type « Maastricht au niveau international ».

L’économiste américain Lyndon LaRouche a observé que si ces déclarations correspondent aux conseils que Koudrine livre réellement au Président Dmitri Medvedev, « alors ce sont de très mauvais conseils qui montrent un grave manque de compréhension de la situation qui menace le monde aujourd’hui ». « Une collaboration entre les Etats-Unis et la Russie, avec la Chine et l’Inde, en tant que principaux partenaires, est clé à toute solution praticable du problème », a déclaré LaRouche. « Ces quatre puissances doivent travailler ensemble, dans un processus de collaboration rassemblant des nations culturellement dissimilaires ».

Elles doivent soumettre le système monétaire post-1971, actuellement en voie d’effondrement, à une procédure de « redressement judiciaire »ouvrant ainsi la voie rapidement à la création non pas d’un nouveau système monétaire, mais d’un système de crédit. Ce nouveau système de crédit doit promouvoir et créer les conditions d’un développement de l’économie productive au niveau national et, par biais d’un système de coopération, au niveau international, tel que celui envisagé par le Président Franklin Roosevelt à Bretton Woods en 1944, dans le contexte d’un monde décolonisé dans l’après guerre. « A moins d’être prêts à lancer de telles mesures maintenant », a souligné LaRouche « il sera impossible de sauver le monde de la pire dépression économique que la planète ait jamais expérimentée. »

Les accords de Maastricht de l’Union européenne, cités par Koudrine en exemple, ont pour but d’empêcher toute mise en cause du système monétariste libéral anglo-hollandais, dont la matrice remonte aux origines de l’empire britannique. Le traité de Maastricht a institué une dictature supranationale de la Banque centrale européenne, dont les statuts furent conçus par les principaux banquiers centraux européens en relation avec les marchés financiers. Dans ce contexte, les nations européennes ont été dépouillées de leur souveraineté, et interdites de pouvoir émettre du crédit public pour leur propre développement.

Selon Russia Today, Koudrine a énuméré trois des propositions que le président Medvedev a fait parvenir aux autres dirigeants du G20 la semaine dernière. Celles-ci incluent de « nouvelles régulations », et une interdiction des « aspirations égoïstes » des pays dont les monnaies servent des monnaies de réserve, tels que le dollar états-unien.

Aussi, Koudrine a évoqué la nécessité de « restructurer et réorganiser » le Fonds monétaire international, en accordant des pouvoirs plus étendus à la Russie et à la Chine. Avant tout, cependant, il a établit le parallèle avec Maastricht en disant que partout dans le monde, les pays ont besoin de se soumettre aux mêmes types de conditionnalités que ce traité a imposé sur les pays membres en Europe. « Prenons l’exemple de la zone Euro », a dit Koudrine, cité par Russia Today. « Tous les pays du monde devraient adopter ce type de traité, avec des réserves cependant à l’égard de certains groupes des pays. Des limites devraient être établies concernant le déficit budgétaire, la taille de la dette publique, la politique de change, et ce genre de questions. Dans ce cas, nous serions favorables à un Maastricht international ».

Koudrine situe ses remarques clairement dans l’optique de développement d’un marché financier russe qui serait plus fiable et plus structuré que les autres, et non dans le contexte d’une réforme qui réorienterait les flux financiers vers l’économie physique. Parmi les nouvelles régulations proposées par la Russie, Koudrine a appelé à la « création de groupes d’économistes professionnelles qui devraient aider dans ces prises de décisions. Nous devons nous restructurer dans un système de transparence et de responsabilité, où les sub-primes et autres crédits immobiliers à haut risque ne s’accumuleront où passeront inaperçus, créant de sources de crises supplémentaires. » « Des règles pour le fonctionnement des marchés des titres financiers internationaux devront être créées. Elles devraient être obligatoires pour les compagnies qui veulent émettre des titres sur ces marchés. » « Nous renforcerons notre marché des titres, le nombre des émetteurs sur le marché augmentera et les règles seront plus libérales. Beaucoup souhaiteront placer des titres sur notre marché qui deviendra ainsi plus autonome », a indiqué Koudrine sans aucune ambiguïté.

Répondant a la déclaration d’un assistant de la présidence russe, Arkadi Dvorkovich, il y a quelques semaines, selon qui la Russie a besoin de construire un système financier « indépendant de l’occident », Koudrine a répondu que « créer un système indépendant est impossible. Il s’agit de devenir moins dépendants, surtout face aux chocs extérieurs. Si nous nous intégrons dans l’économie mondiale et souhaitons avoir une circulation libre des capitaux et une monnaie convertible, nous ne pourrons pas créer un système indépendant. Mais nous pouvons atténuer l’influence négative  » du monde extérieur.

LaRouche a tout de suite réagit à ces déclarations, notant que Koudrine s’était embarqué dans une politique réellement néfaste. « Sachant qu’il a fait siennes depuis des années, beaucoup des recettes monétaires de la City de Londres » LaRouche a souligné « que Koudrine n’a jamais été compétent en politique économique. Il s’est trouvé une niche au sein du gouvernement russe, malgré ses limites, mais il ne doit pas être traité comme un économiste sérieux ».

Koudrine a été recruté au ministère des Finances russe en 1997 par le Premier ministre adjoint de cette époque, Anatoli Chubais, l’un des architectes des désastreuses réformes libérales russes des années 1990. Il est resté à ce poste durant la crise de GKOs en 1998 et par la suite, en tant que responsable de l’épurement de la dette de l’ère soviétique aux créanciers internationaux et de la création du Fonds de stabilisation de matières premières où les centaines de milliards de dollars provenant de la vente des matières premières russes ont été investis dans des titres étrangers, plutôt que dans l’économie russe.

La décision de maintenir Koudrine au ministère des Finances lors de la formation du cabinet du Premier ministre Vladimir Putin au printemps dernier, avait provoqué la réaction suivante de l’économiste russe, Stanislav Menshikov. Il a avertit que la composition du gouvernement n’était pas cohérente avec l’objectif annoncé d’organiser « une relance industrielle ». Tout au long de ce krach financier que nous vivons depuis août 2007 et qui s’est accéléré en 2008, Koudrine a toujours prétendu que la Russie serait un havre de paix pour les investisseurs internationaux.

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  • Crésus • 11/11/2008 - 22:33

    Les grands argentiers et leurs apprentis ministres des finances n’ont pas de nationalité. Ils sont clonés à Londres.

    Ce qui est navrant c’est que les dirigeants des pays n’aient pas plus d’éducation économique que leur population.

    Je dis une évidence : c’est vrai qu’ils ne seraient pas au pouvoir si les citoyens étaient éduqués.

    • Roland Mader • 19/11/2008 - 11:41

      L’on nous rebat les oreilles avec le mot "démocratie" en laissant toujours entendre que c’est une invention des Grecs. Rien n’est plus faux. Les Grecs sont les inventeurs de la politique et c’est déjà beaucoup.Par ce subterfuge les tenants du système font croire qu’un bulletin de vote déposé tous les 5 ans est synonyme de démocratie.Leurre ! c’est de la discution POLITIQUE que nait la démocratie et c’est elle qui est bannie ! C’est pas beau la politique, affaire de spécialistes !! Hazards........

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C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

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Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

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