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La junte de Cheney lance une campagne de diffamations contre LaRouche

La rédaction

De source washingtonienne, en octobre dernier, le bureau du vice-président Dick Cheney a été le siège d’une série de débats houleux, portant sur l’opportunité de déclencher une campagne publique de diffamation contre le candidat démocrate Lyndon LaRouche. En effet, celui-ci fait campagne depuis un an contre le vice-président pour son rôle de chef de file du parti de la guerre néoconservateur au sein de l’administration Bush, dénonçant ses visées pour créer un empire américain unilatéral, sa responsabilité dans la désastreuse guerre d’Irak et la folie que constituent ses futurs projets d’engagements militaires.

Si certains collaborateurs politiques du vice-président ont déconseillé une telle confrontation avec LaRouche, certaines « têtes brûlées », dont Cheney lui-même et son chef de cabinet, Lewis Libby, auraient proposé de riposter aux accusations du candidat démocrate par la diffamation. C’est ainsi que le plumitif néoconservateur Kenneth Timmerman a signé une attaque contre LaRouche dans le magazine Insight du 24 novembre, magazine qui appartient à la secte Moon, exprimant ainsi l’intention de Cheney et de sa clique de s’en prendre au candidat présidentiel démocrate.

D’autre part, une campagne de diffamation a été lancée depuis la Grande-Bretagne, avec des répercussions en Allemagne et ailleurs. Le sujet apparent en est le suicide d’un jeune britannique, venu participer à une conférence de l’Institut Schiller en Allemagne. Malgré une enquête de fond menée par les autorités allemandes et britanniques, les calomnies persistent, semant la confusion chez beaucoup d’Européens. La publication de l’article d’Insight vient confirmer que les absurdes allégations des médias britanniques s’insèrent dans la stratégie conduite par Cheney pour contrecarrer les aspirations présidentielles de LaRouche aux Etats-Unis.

En fait, Timmerman accuse LaRouche d’être l’architecte de la campagne dénonçant l’Office of Special Plans (OSP) du Pentagone comme une « cabale de renseignement ripoux » derrière la guerre injustifiée et illégitime en Irak.

Tout en défendant la légitimité de l’OSP, révélant qu’il avait eu directement accès à ce bureau et à la liste des visiteurs, Timmerman pose la question : « Comment un bureau de planification légitime et efficace [de la guerre] d’Irak a-t-il pu être décrit comme une sinistre "cabale" ? Aussi incroyable que cela puisse paraître, cela a commencé avec le théoricien de la conspiration Lyndon LaRouche, un prétendu aspirant présidentiel du Parti démocrate, qui a affirmé en mars qu’une "cabale" de conservateurs pro-israéliens, qu’il dénomme "les enfants de Satan", dirigeait une opération de renseignement ripoux au Pentagone. Leur mission : fabriquer des renseignements et entraîner les Etats-Unis dans une guerre inutile, le tout sur ordre d’Israël. Tout cela dans une ambiance très sombre, trouble et conspiratrice. Si des journalistes responsables avaient fait leur travail, cette histoire ne serait jamais sortie du site internet de LaRouche . »

« Au lieu de cela, se lamente Timmerman, comme un virus qui saute de l’animal à l’homme, cette histoire est apparue dans un article de Seymour Hersch dans le New Yorker du 6 mai. De là, la documentation de LaRouche - y compris le rôle de Leo Strauss, le gourou intellectuel des néoconservateurs - a été reprise dans les pages du Guardian, du Times et de nombreuses autres grandes publications . »

Selon Timmerman, « les sénateurs Rockefeller et Carl Levin sont en train d’accuser le bureau de Luti d’organiser des opérations clandestines de renseignement à l’étranger ». Timmerman mentionne deux allégations, dont la paternité ultime est attribuée à LaRouche : l’OSP de Luti aurait coordonné ses opérations de renseignement avec une « petite unité » du bureau du Premier ministre israélien Ariel Sharon, et des fonctionnaires de l’OSP auraient organisé des réunions officieuses à l’étranger avec des « Iraniens », ce qui constitue en soi de graves délits.

En effet, l’OSP a été créé au sein du Pentagone pour fabriquer, entre autres, des renseignements permettant de justifier une guerre que Cheney et sa clique avaient déjà décidé de lancer. Dirigée par Luti et Doug Feith, sous-secrétaire à la Défense, cette unité était en fait, selon certains témoignages, supervisée par Libby pour le compte de Cheney. George Tenet, le directeur de la CIA, aurait confié à plusieurs parlementaires qu’il était convaincu que le Pentagone était engagé dans des opérations clandestines non autorisées, nécessitant normalement une autorisation spéciale. On a affaire à de graves délits qui dépassent de loin l’étendue du scandale du Watergate. Et le fait d’attaquer LaRouche pour son acharnement à dénoncer Cheney et ses complices n’y changera rien.

Qui est Kenneth Timmerman ?

Le plumitif chargé d’écrire dans Insight que LaRouche est à l’origine des révélations sur le parti de la guerre néoconservateur est un certain Kenneth Timmerman, qui appartient depuis longtemps au courant politique associé à Dick Cheney.

Timmerman est connu pour : 1) ses virulentes attaques contre la Chine ; 2) ses diatribes contre les pays du Moyen-Orient, notamment contre les prétendus programmes d’ADM en Irak, en Iran, en Syrie et en Libye, développées dans ses livres The Death Lobby : How the West Armed Iraq (1991), et Weapons of Mass Destruction : the Cases of Iran, Syria and Libya (1992), publiés par l’Institut Simon Wiesenthal ; 3) son soutien, en collaboration étroite avec l’Institut Simon Wiesenthal et la Coalition d’unité nationale pour Israël (CUNI), à la politique d’Ariel Sharon et à l’espion israélien Jonathan Pollard ; et 4) ses attaques contre l’Islam, avec Daniel Pipes, Steven Emerson, Michael Ledeen et d’autres.

Editorialiste du Wall Street Journal depuis dix ans et journaliste à Insight, il collabore avec le JINSA, la CUNI, la Fondation pour la démocratie en Iran et l’Institut Simon Wiesenthal (1992-1993). De 1987 à 1993, il dirigeait à Paris le Middle East Defense News et préside aujourd’hui le Middle East Data Project, Inc., qui publie The Iran Brief.

C’est à travers le JINSA et la Fondation pour la démocratie en Iran que Timmerman est le plus étroitement lié au groupe de Cheney. Au conseil d’administration du premier, il siège aux côtés de Richard Perle, Michael Ledeen, James Woosley et Stephen Breyen. Rappelons que Cheney lui-même était membre de longue date de ce conseil d’administration jusqu’en 2001. La Fondation pour la démocratie en Irak (FDI) a été créée en 1996, avec Peter Rodman, aujourd’hui sous-secrétaire à la Défense chargé des Affaires de sécurité internationale, et avec Joshua Muravchik, de l’AEI, qui vient d’attaquer LaRouche dans un récent numéro de Commentary, le premier magazine néoconservateur. La FDI travaille étroitement avec la Coalition pour la démocratie en Iran de Ledeen en vue de renverser le régime actuel.

La spécialité de Timmerman consiste à distiller une propagande favorisant l’adoption de lois comme l’Iraq Liberation Act ou autres projets similaires contre la Syrie, l’Iran et aujourd’hui l’Arabie saoudite. En 1993, Timmerman a siégé brièvement à la commission des Affaires étrangères de la Chambre des Représentants, où il a organisé des auditions et présenté des témoignages sur les « ADM » irakiennes. Il a même rédigé un rapport pour cette commission, intitulé « L’Irak rebâtit son industrie militaire ». Sous l’administration Clinton, Timmerman a fortement attaqué la Chine, et surtout l’ancien secrétaire à la Défense William Perry.

En mars 2002, Timmerman est même allé jusqu’à accuser l’Irak de l’attentat d’Oklahoma pour mieux inciter à la « guerre au terrorisme » contre ce pays.

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