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LaRouche à Berlin : la synarchie veut détruire les capacités créatrices de l’homme

La rédaction

Le 27 juin, à l’occasion du 5ème séminaire de l’EIR dans la capitale allemande, Lyndon LaRouche a pu discuter avec quelque 70 représentants politiques et académiques venant d’Allemagne, France, Pologne, République tchèque, Russie et Slovaquie. Outre l’économiste américain, on a pu entendre le professeur Wilhelm Hankel, ancien économiste de la Banque de reconstruction économique (KfW), Cliff Kiracofe, ancien collaborateur de la Commission des Relations extérieures du Sénat américain, Jeffrey Steinberg, membre de la rédaction de l’EIR, Helga Zepp-LaRouche, président du BüSo en Allemagne, et Jacques Cheminade, président de Solidarité et Progrès en France et candidat présidentiel en 2007.

Le thème principal du séminaire était le danger représenté par l’oligarchie financière synarchiste, dans le contexte de l’effondrement du système financier et économique mondial. Parallèlement à cette crise, on assiste à des changements dramatiques du paysage politique mondial, comme en témoigne le sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, qui s’est tenu les 15 et 16 juin dans cette ville.

Si Franklin Roosevelt avait vécu après 1945, dit LaRouche, sa vision du nouveau système de développement économique et social dans le monde, pour l’après-guerre, serait devenue réalité. Sa conception originale du système de Bretton Woods de 1944 aurait permis de remplacer les structures coloniales de l’alliance anglo-hollandaise et des synarchistes français, celles-là mêmes qui ont conduit à deux guerres mondiales et à bien d’autres catastrophes internationales. La relance de cette dynamique « rooseveltienne », dans le contexte d’un nouveau Bretton Woods, représente la seule voie de sortie à la crise actuelle. Bien que la question du nouveau système monétaire à créer fût au centre du débat, LaRouche souligna cependant qu’on ne trouverait pas de solution monétaire « technique » au problème, sans avoir étudié et compris la dynamique historique et culturelle à l’origine des deux aspects du conflit, à savoir la perspective de développement industriel d’un Roosevelt et le monétarisme des synarchistes.

Le principal point constamment soulevé par LaRouche concerne le rôle joué par les forces synarchistes dans le monde politique et bancaire américain, dont l’exemple type est l’ancien PDG de Lazard Frères, Felix Rohatyn, un « faiseur de rois » du Parti démocrate et ennemi de longue date de LaRouche lui-même. Cette faction américaine fait partie intégrante de la structure synarchiste anglo-hollando-française. On peut résumer ainsi la conception fondamentale du synarchisme, qui ouvrit la voie au fascisme du XXème siècle : l’homme est un être foncièrement méchant, à peine différent de la bête, et il a besoin d’une oligarchie impériale pour le contrôler. Le nouveau Bretton Woods, par contre, ne pourra réussir que s’il se base sur la notion des facultés créatrices naturelles de l’homme à faire le bien. Voilà, dit LaRouche, le principe qui doit guider la réorganisation de l’économie mondiale par le biais d’accords de crédit à long terme, ainsi que le développement scientifique et culturel, dans une perspective longue de 25 à 50 ans.

Pour le professeur Wilhelm, qui est renommé en Allemagne pour son opposition bien fondée à l’euro, la « globalisation » représente un « monde chaotique et anarchique, dans lequel les propriétaires de capitaux pénètrent dans une zone sans foi ni loi », à la recherche des marchés qui sont les moins régulés. Il a décrit deux déséquilibres fondamentaux dans le monde : le déficit gigantesque des Etats-Unis vis-à-vis du Japon, la Chine et l’Allemagne, et les déséquilibres entre pays déficitaires et excédentaires au sein de la zone euro, au détriment de l’Allemagne. Si la date de l’effondrement du système est encore incertaine, sa chute, elle, est inéluctable. Cette crise peut être résolue dans le cadre du droit international, à travers un accord de nouveau Bretton Woods qui respecte la souveraineté nationale ainsi que l’égalité des économies nationales, puisqu’aucune monnaie ne repose sur une puissance économique sous-jacente suffisante pour devenir l’« ancre » du nouveau système. Lorsqu’on lui a demandé quels investissements il recommanderait en période de krach, il a répondu qu’en l’absence d’un nouveau Bretton Woods, il conseillerait « les pommes de terre ». Thorsten Schulte, un jeune banquier de Francfort, a présenté une série de graphiques impressionnants sur l’endettement et la bulle hypothécaire aux Etats-Unis, ainsi que la croissance explosive des produits dérivés et l’évolution de l’inflation, que les banques centrales essaient d’occulter par diverses ruses, notamment en refusant de publier désormais les statistiques sur la masse monétaire M3.

Le thème du synarchisme a été développé par Jeffrey Steinberg, qui a lu des extraits de rapports de renseignement militaire américain pendant la guerre, qualifiant de « synarchistes » pro-fascistes le réseau bancaire Lazard-Banque Worms et André Meyer, le mentor de Rohatyn. Si ce dernier exerce une forte influence sur certains dirigeants démocrates, il ne jouit d’aucun soutien de la base, pas plus que parmi la population américaine. Il est donc parfaitement possible de briser son emprise sur le Parti démocrate. Le Dr Kiracofe a évoqué les intérêts bancaires et commerciaux de Wall Street qui ont soutenu la montée du fascisme en Europe, ainsi que leur tentative de coup d’Etat contre Roosevelt en 1934. Pour ce qui est de l’Allemagne, Helga Zepp-LaRouche a présenté le réseau synarchiste à l’œuvre, en particulier au cours des seize dernières années, depuis la réunification. Elle a insisté sur le rôle de John Kornblum, ancien ambassadeur américain à Berlin et actuel PDG de Lazard Allemagne, qui a récemment recommandé le « modèle de désindustrialisation de Boston » pour Berlin. Mme Zepp-LaRouche a également rappelé le rôle de Brigit Breul, la directrice du Treuhand qui a imposé un démantèlement brutal de l’industrie dans les Laender de l’Est, après l’assassinat de son prédécesseur Detlev Carsten Rohwedder. Présentant à son tour la situation en France, Jacques Cheminade a fait le constat qu’au bout de quatorze années de Mitterrand et douze de Chirac, le pays est à l’agonie.

Pendant la discussion, trois invités russes, le professeur Stanislav Menchikov, le professeur Kobyakov et le Dr Konstantin Tcheremnich, ont évoqué les récentes initiatives stratégiques et économiques de la Russie et de l’OCS, les situant dans le cadre du nouveau Bretton Woods. Le tableau de la situation financière et stratégique a été complété par le professeur Kwiczak de Pologne, Stanislav Fischer et le professeur Tibor Vasco de la République tchèque, et l’ancien vice-Premier ministre de Tchécoslovaquie, Jan Czarnogursky.

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Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
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