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LaRouche : la puissance de l’économie physique et la valeur de la monnaie

La rédaction

L’EIR a tenu les 29 et 29 juin à Berlin un séminaire stratégique sur le thème « Vers un nouveau Bretton Woods ». Dans sa présentation, Lyndon LaRouche a évoqué la manière de déterminer la valeur des monnaies et les taux de change relatifs, dans le cadre de l’élaboration d’un nouveau système monétaire international. Participaient à ce séminaire privé, des scientifiques, économistes et personnalités politiques de nombreux pays : Allemagne Chine, Croatie, Egypte, France, Hongrie, Inde, Israël, Italie, Pologne, République tchèque, Russie, Slovaquie, Suisse et Etats-Unis.

Selon LaRouche, « la valeur d’une monnaie n’est pas sa valeur moyenne statistique actuelle, sur la base des taux de change. Sa valeur, c’est sa puissance. Et comment cette puissance s’exprime-t-elle ? Par le taux de croissance de l’économie. (...) La détermination de la puissance d’une monnaie découle d’une décision politique entre les gouvernements concernés. (...)

« Certains disent que les Etats-Unis sont un cas désespéré ; ce n’est pas vrai. Nous pouvons déterminer la valeur du dollar, et nous le ferons. (...) Les Etats-Unis, en particulier, n’ont pas investi assez, en termes de crédit, dans l’infrastructure, ils n’ont pas généré une puissance suffisante en matière de crédit. Si, en tant que Président, je devais autoriser, avec le soutien du Congrès, une émission de crédit, comme le prévoit la Constitution, pour le consacrer au développement de l’infrastructure, à des projets dont la faisabilité est confirmée, dans le domaine de l’eau, de l’électricité, des transports en commun, des soins médicaux, etc., nous pourrions augmenter, automatiquement, le taux de production net de l’économie américaine dès cette annee. (...) Une nation a les moyens de décider de sortir de la faillite. »

La valeur du dollar sera déterminée par les effets découlant de la décision du gouvernement américain et d’autres gouvernements d’assurer la croissance de l’économie physique. Il faut convoquer d’urgence une conférence monétaire internationale, à laquelle « les comptables ne seront pas invités, mais uniquement des économistes qui ont une compréhension de ce type de choses. » Les Américains peuvent dire : « Par un accord souverain, par un engagement, nous allons assurer la croissance. Nous allons vous montrer comment nous sommes devenus, à partir de 1945, la plus puissante économie du monde. » Ils devront montrer comment ils comptent y parvenir : « Quel sera le taux de croissance ? Quels sont vos engagements technologiques ? Quel développement est prévu au niveau de l’infrastructure ? »

A titre d’exemple, LaRouche a cité l’Allemagne : « Vous pouvez lancer une opération basée sur la Banque de reconstruction (Kreditanstalt für Wiederaufbau). Vous pouvez relancer les petites et moyennes industries (Mittelstand) et vous engager dans des projets à long terme comme ceux qui se développent déjà en Allemagne, en Russie, en Chine et en Inde. Mais, compte tenu des besoins, c’est presque ridicule . »

Dans une telle conférence monétaire internationale, dit LaRouche, on demandera aux différents pays : « De quel taux de croissance avez-vous décidé ? Est-ce réalisable ? Avez-vous les projets qui apporteront les résultats escomptés ? » C’est sur cette base que l’on déterminera la valeur des monnaies.

LaRouche a proposé une approche à deux vitesses dans certains cas : « Si vous créez une monnaie d’investissement à long terme que vous voulez protéger, vous ferez en sorte que l’autre monnaie atteigne une valeur conforme à cette monnaie à long terme. Cette monnaie lourde à long terme sera la monnaie comptable, celle du début des relations entre Etats. On s’efforcera ensuite de relever la performance de la monnaie interne courante, afin qu’elle soit conforme à la valeur à long terme de la monnaie nationale officielle . »

« On définit les devises par une tendance vers l’égalité de la puissance de reproduction. Autrement dit, c’est un concept leibnizien, un concept dynamique et vernadskien, dans le sens où on n’utilise plus la méthode de comptabilité cartésienne. (...) La puissance d’une espèce réside dans sa puissance de reproduction. La puissance d’une économie, ou d’une monnaie, est une puissance de reproduction, un taux d’amélioration. (...) En définissant une relation de puissance, on prend en considération au moins deux générations à venir dans chaque pays. Sur cette base, on peut alors fixer la valeur de la monnaie.

« Pour assurer la croissance, nous allons nous endetter. Nous allons augmenter l’endettement du monde, mais de manière calculée. (...) Nous allons créer une dette pouvant être remboursée en vingt-cinq ou cinquante ans. Nous devons donc savoir où nous en serons lorsque arrivera l’échéance. (...) On peut émettre indéfiniment du crédit, pour la croissance de l’économie, tant que le taux de croissance net de l’économie dépasse le taux de croissance net de la dette. (...) Si nous estimons pouvoir développer l’économie jusqu’à un certain niveau, en vingt-cinq ou cinquante ans, nous pourrons alors créer le crédit correspondant qui lui permettra d’atteindre ce niveau. (...) Ainsi, la puissance de l’économie, la puissance relative d’une monnaie, c’est son taux de croissance potentiel au cours de cycles à long terme.

« C’est au cours des délibérations de cette conférence monétaire internationale que l’on doit annoncer les décisions en matière d’économie physique qui seront prises au cours des vingt-cinq à cinquante années à venir, sur deux générations. Les participants doivent alors se mettre d’accord sur ce qu’ils sont prêts à faire pour "soutenir le développement de chacun". Plutôt que de conclure un accord sur la base d’un conflit hobbesien, il faut un accord reposant sur la volonté des nations à s’entraider. C’est le même principe que celui du traité de Westphalie. Cela, nous pourrons le faire . »

Le texte intégral du discours de Lyndon LaRouche au séminaire de Berlin sera publié dans Executive Intelligence Review, ainsi que les contributions des nombreux autres orateurs.

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