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Le dollar en chute libre

La rédaction

Quelques semaines à peine après la victoire à la Pyrrhus des forces anglo-américaines en Irak, le dollar et la livre s’effondrent. Le 12 mai, le dollar s’échangeait à 1,16 pour un euro, tandis que la livre tombait à son plancher de six ans par rapport à un panier de grandes devises.

Face à l’euro, la livre a chuté de 10% cette année. La monnaie anglaise se trouve sous pression depuis la baisse-surprise des taux à 3,75% décidée en février par la Banque d’Angleterre, soit le plus faible taux depuis 48 ans. Des médias britanniques commencent à noter des parallèles avec la « crise de la livre sterling » de septembre 1992, quand la livre dût sortir du système monétaire européen. Comme aux Etats-Unis, le déficit du compte courant britannique échappe à tout contrôle, le secteur industriel se contracte, et la consommation des ménages dépend du crédit immobilier et hypothécaire dont la bulle est au bord de l’implosion.

A l’autre bout du monde, la Banque du Japon serait intervenue sur les marchés des changes les 8 et 9 mai pour soutenir le dollar et abaisser le yen, sans grand succès. Elle a déclaré avoir dépensé 20,5 milliards de dollars en interventions sur le marché des changes au cours du premier trimestre 2003.

Entre-temps, le prix de l’or est à nouveau à la hausse. Après avoir augmenté de 10 dollars dans la semaine se terminant le 2 mai, il a encore augmenté de 8 dollars la semaine suivante, pour atteindre les 350 dollars l’once le 12 mai. L’économiste en chef du FMI Kenneth Rogoff, qui avait récemment évoqué le danger d’un krach de 50% du dollar, a déclaré dans une interview au Washington Post publiée le 9 mai, qu’une chute soudaine du dollar « pourrait révéler des faiblesses du système financier », en provoquant de lourdes pertes chez les grands acteurs du marché, notamment les hedge funds avec leurs portefeuilles de produits dérivés.

A l’origine du déclin accéléré du dollar, on trouve la perte de confiance des investisseurs qui ne croient plus que les Etats-Unis arriveront à soutenir leur gigantesque déficit des comptes courants - quelque 500 milliards de dollars - auquel il faut ajouter 300 à 400 milliards de dollars de déficit budgétaire.

En 2002, le déficit du compte courant américain a atteint un record de 503 milliards de dollars, contre 393 milliards de dollars l’année précédente. Il est essentiellement dû à l’énorme déficit de la balance commerciale qui s’est fortement aggravé l’année dernière : alors que les exportations de biens ont baissé de 718 milliards à 682,6 milliards de dollars, les importations ont augmenté, passant de 1146 milliards de dollars à 1167 milliards, soit un déficit de 484 milliards de dollars, contre 427,2 milliards en 2001.

De toute évidence, les investisseurs étrangers ne veulent plus financer les déficits américains en achetant des titres financiers américains. C’est ainsi que les achats nets de valeurs américaines ont subi un recul dramatique, passant de 1024,2 milliards de dollars en 2000 à 752,8 milliards en 2001 et à seulement 630,2 milliards en 2002.

A l’époque où l’illusion de la « nouvelle économie » éblouissait encore nombre d’investisseurs dans le monde, les achats nets étrangers d’actions américaines doublaient chaque année, atteignant 192,4 milliards de dollars en 2000. Depuis, les marchés boursiers ont partout chuté et ce chiffre est tombé à 119,6 milliards en 2001 et à 55,8 milliards en 2002.

De même, les fusions et acquisitions de sociétés battaient leur plein à la fin des années 1990 et en 2000, et bon nombre d’entreprises américaines avaient été achetées par des étrangers. Ces investissements étrangers directs ont atteint un sommet en 2000, avec 307,7 milliards, pour tomber ensuite à 130,8 milliards en 2001 et 30,1 milliards en 2002, soit un dixième de leur valeur deux ans plus tôt.

En revanche, l’afflux de capitaux vers les Etats-Unis s’est poursuivi ces deux dernières années sur le marché obligataire. Les obligations étant perçues comme rentables et - surtout après les krachs boursiers - comme des valeurs « sûres ». Les achats nets étrangers d’obligations américaines ont ainsi atteint un niveau record de 288 milliards de dollars en 2001. Cependant, on assistait en même temps à des faillites géantes de sociétés américaines - 7 des 10 plus grandes faillites de tous les temps ont eu lieu en 2001 et 2002 - qui n’arrivaient plus à honorer leurs obligations. Si bien que les achats nets étrangers d’obligations américaines ont chuté à 228 milliards de dollars en 2002.

La seule catégorie de titres marquée par une hausse de la demande étrangère en 2002 a été les bons du Trésor américains. Si en 1999 et 2000, on a constaté une liquidation nette des titres gouvernementaux par les investisseurs étrangers, cette tendance s’est renversée et 2002 a été marquée par un afflux net de capitaux dans cette catégorie, atteignant 127,3 milliards de dollars. Cependant, suite aux 12 baisses successives des taux directeurs de la Réserve fédérale, le rendement sur les bons du Trésor a chuté au niveau le plus faible depuis 40 ans. La seule façon d’encourager l’achat de la dette du Trésor serait une hausse des taux, qui aurait l’inconvénient de faire éclater la bulle immobilière et de provoquer selon toute vraisemblance un défaut de paiements de nombreuses sociétés et de ménages.

On voit alors apparaître un très grave problème : pendant que l’économie et les marchés financiers américains déclinaient fortement au cours des deux dernières années - et avec eux, les achats nets d’actifs américains par les étrangers -, le déficit du compte courant américain continuait à monter. Les Etats-Unis ont davantage besoin aujourd’hui de capitaux étrangers qu’il y a deux ans, mais pas autant que l’on pourrait le croire en considérant seulement la forte réduction des investissements étrangers aux Etats-Unis. Que s’est-il donc passé en 2002 ? Les Américains ont réduit leurs investissements à l’étranger bien plus vite que les investisseurs étrangers ne diminuaient leurs achats de valeurs américaines. De 581 milliards de dollars en 2000, les achats nets de titres étrangers par les Américains sont passés à 371 milliards en 2001 et à 156,6 milliards en 2002. Dans la catégorie des titres étrangers, il y a déjà eu une liquidation nette de la part des investisseurs américains en 2002.

Comme les Etats-Unis ne peuvent plus offrir d’investissement attractif aux investisseurs étrangers, et que la liquidation des actifs étrangers ne représente plus une alternative viable, le déficit du compte courant américain va vers un désastre.

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Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
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Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

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