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Le flamand Bart de Wever, l’étoile filante du séparatisme européen

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Le 13 juin, la Belgique a élu ses représentants. Véritable tremblement de terre politique, avec 29% des voix en Flandres (27 des 150 sièges à la Chambre), la Nieuw-Vlaamse Alliantie (Nouvelle alliance flamande), un parti à fortes velléités indépendantistes, vient de détrôner l’hégémonie traditionnelle des chrétiens démocrates (CD&V) et s’impose comme la principale force politique des Flandres. Du côté wallon, c’est le Parti socialiste qui emporte la mise en recueillant 36% des voix.

Il est utile de relativiser ces résultats, car à l’échelle belge, le N-VA ne pèse que 17,4 % (bien qu’il faille y additionner les 7,7 % de la liste d’extrême-droite Vlaams Belang et les 2,31 % du parti populiste Dedecker, pour mesurer la poussée séparatiste). Orienté bien différemment, le PS représente 13,7 % de l’électorat (auxquels il faut ajouter les 9,3 % obtenus par les socialistes flamands du SP.A).

Pour résumer, on pourrait dire qu’à travers ces deux grandes tendances, deux projets de société s’affrontent, l’un fondé sur l’individualisme, l’autre sur la solidarité.

Professeur d’histoire anversois, cultivé et parlant plusieurs langues, Bart de Wever et son parti le N-VA ont su mêler un nationalisme décomplexé, un européisme à la mode et un libéralisme libertarien. Les Flamands qu’il a tant fait rêver en leur parlant de baisse des charges salariales, risquent de se réveiller bientôt en plein cauchemar. Car son projet, en dehors des prémisses idéologiques malodorantes sur lesquelles il est fondé, est totalement suicidaire car hors du monde réel.

D’abord, la référence permanente du N-VA et de Wever est la théorie élaborée par Alesina et Spolaore, deux professeurs du MIT, auteurs du livre The Size of Nations. Selon cette doctrine, l’intégration économique et monétaire conduit légitimement à la dissolution des grands Etats-nations en une multitude de petits Etats « optimaux ». Car l’obstacle principal qui retient des régions comme la Corse, la Bretagne ou la Catalogne dans un cadre national, c’est le double impératif de pouvoir disposer d’une monnaie solide et d’un marché pour leur production. Or, avec l’euro, point de problème, car ces deux obstacles sont levés.

Inversement, la faillite morale et économique de l’UE et surtout l’implosion de la zone euro qui s’annonce, et que Bart de Wever s’efforce d’ignorer, rétablira précisément la nécessité existentielle de l’Etat-nation. Le professeur d’économie Jan Jambon, qui conseille de Wever sur les questions économiques, le reconnaît implicitement dans son article « La crise financière, une opportunité ». Pour défendre un euro devenu condition sine qua non du projet indépendantiste, Jambon prône un renforcement massif des prérogatives et pouvoirs supranationaux de la Banque centrale européenne (BCE), qu’il veut transformer en prêteur de dernier ressort. Or, si ce statut n’est pas prévu pour la BCE, c’est justement parce qu’il est du domaine exclusif d’un véritable Etat-nation et non d’une construction monétariste, impériale et administrative ! En clair, la « Flandre indépendante » du N-VA ne deviendrait qu’une province d’un empire européen omnipuissant, mais en faillite !

Le programme électoral du N-VA précise d’ailleurs, en page 5, que « la Flandre doit évoluer vers un Etat membre de l’UE. A terme, nous envisageons l’évaporation du niveau intermédiaire, celui de la Belgique. Car la Belgique ne nous offre pas les avantages d’échelle que l’Europe peut nous offrir (par exemple le marché intérieur, la politique concurrentielle, l’union monétaire, la défense, etc.). Ce que la Flandre ne peut résoudre par elle-même, la Belgique ne le peut pas non plus. Ainsi, c’est l’intégration européenne que ce processus rend possible ».

Rien d’étonnant donc que pour sauver à tout prix l’euro, de Wever veuille « mettre de l’ordre dans les finances ». Comment ? Grâce aux méthodes patronales cuisinées par le think-tank du patronat flamand In de Warande, dirigé par l’ancien patron de la Kredietbank (KBC) [1], par ailleurs en pleine campagne pour l’indépendance.

Il ne s’agit pas seulement de se délester de la Wallonie, devenue source de déficits et comparée à la Grèce, mais d’une bonne cure d’austérité pour les Flamands, d’une chasse aux (petits) fraudeurs, de charters pour les clandestins et du démantèlement d’un système de sécurité sociale et d’assurance maladie qu’on estime suranné. Ainsi, de Wever est bien plus qu’une simple petite peste pour les Wallons, il est avant tout une ignominie pour les Flamands. Son parti devrait s’appeler la « nouvelle alliance européenne », car il n’a rien de vraiment flamand.

Si le patron du PS wallon, Elio di Rupo, se dit partant pour entrer dans une coalition gouvernementale, y compris comme Premier ministre, il devrait méditer ce que de Wever vient de déclarer au Figaro Magazine du 12 juin : « Je ne suis pas un révolutionnaire. Mon objectif est que la Belgique disparaisse sans que personne ne s’en aperçoive (…) A Bruxelles, le Premier ministre ne préside plus qu’une vaine conférence diplomatique. Il faut laisser le processus aller à son terme. »

Devant un effondrement financier qui menace de plonger toute l’Europe dans le chaos, les responsables politiques belges doivent se ressaisir au plus vite. La première réforme « institutionnelle » doit être celle des banques et du crédit.

Paradoxalement, bien qu’étant sans gouvernement, la Belgique est le seul pays d’Europe où une proposition de loi visant à séparer les activités des banques de dépôt de celles des banques d’affaires est en attente de débat au Sénat.

Le référendum,
une arme pour éteindre la bombe séparatiste ?

Une des solutions possibles pour mettre fin à la surenchère communautaire qui vise à dresser en permanence les populations les unes contre les autres, consisterait à organiser un référendum populaire, ce qui n’est pas prévu par la Constitution. Aucun parti autonomiste ou séparatiste ne réclame une telle procédure et l’on comprend aisément pourquoi. Pour sa part, l’européiste farouche Bart de Wever du N-VA se prononce contre la « démocratie directe ».

Rappelons qu’en 2004, le Premier ministre Guy Verhofstadt avait annoncé l’organisation d’une consultation populaire sur la Constitution européenne, mais il n’avait pas été suivi. Le Parti socialiste, entre autres, s’y était opposé, bloquant l’obtention d’une majorité des deux tiers nécessaires à la révision de la Constitution. Son président Elio Di Rupo avait toutefois, à cette occasion, lancé l’idée d’un référendum sur l’avenir de la Belgique : veut-on préserver l’unité du pays ? Pour lui, il ne faisait guère de doute que la grande majorité des habitants du pays répondrait « oui ».

En 2007, un sondage Ivox montrait que 12 % des Wallons et 39 % des Flamands étaient pour l’indépendance de leur région respective. Cependant, le dernier sondage du même bureau, daté du 22 avril, affirme que « pour un Flamand sur trois, la solution à la crise est l’éclatement de la Belgique ». Ce n’est pas seulement une proportion moindre qu’en 2007, mais un chiffre à diviser par deux quand on le reporte à l’échelle nationale. La réalité est donc qu’au moins 70 % des Belges refusent tout suicide national et seraient d’accord avec le général de Gaulle : « La Belgique, il ne faut pas y toucher. »


Articles :


[1Rappelons que KBC fut une des banques fondatrices du Groupe InterAlpha. D’après le chroniqueur flamand Manu Ruys, du journal De Standaard, dès 1979, Luc Wauters, à l’époque grand patron de la Kredietbank KBC, avait ordonné à ses services, dirigés par le professeur Jaak Stockx, de mener « dans le plus grand secret » une étude sur la dissolution de la Belgique « prouvant » la rentabilité d’un tel projet… pour KBC.

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La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

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