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Le franc-parler de Vladimir Poutine a semé le trouble à la conférence de Munich sur la sécurité

La rédaction

Au départ, l’agenda de la Conférence annuelle sur la sécurité, réunie à Munich du 9 au 11 février, prévoyait de fortes attaques contre la politique russe et des appels au renforcement de l’engagement de l’OTAN en Irak et en Afghanistan, ainsi que des incitations à une action militaire contre l’Iran. Dans cette optique, la politique du gouvernement Bush-Cheney était représentée par le secrétaire à la Défense Robert Gates, les sénateurs John McCain, Joe Lieberman et John Kyl et, pour compléter le camp néo-conservateur, par trois anciens ambassadeurs : John Kornblum, Richard Burt et Richard Holbrooke. Près d’un tiers des 250 participants venaient des Etats-Unis. Outre des hommes politiques et experts de la défense des pays membres de l’OTAN, il y avait également le principal négociateur iranien du dossier nucléaire, Ali Larijani, le conseiller indien à la Sécurité nationale, MK Narayanan et le vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Zhang Yesui.

Effectivement, les attaques contre Téhéran n’ont pas manqué. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Tzipi Livni, l’a accusé d’être la plus grande menace de la région, la chancelière Merkel, a exigé qu’il abandonne son programme nucléaire et les représentants de Washington ont fustigé les intentions belliqueuses des dirigeants iraniens. Cependant, les participants ont été considérablement déstabilisés par l’intervention du président russe Vladimir Poutine le 9 février, qui a prononcé un véritable réquisitoire contre la politique unilatérale du gouvernement Bush-Cheney. D’emblée, il a annoncé qu’il allait exposer « ce qu’il pense vraiment de la sécurité internationale » sans subtilités diplomatiques. Et il l’a fait. Outre les affaires militaires en tant que telles, il a noté que la sécurité inclut aussi « la stabilité de l’économie mondiale, la lutte contre la pauvreté, la sécurité économique et le développement du dialogue entre civilisations ». Cette nature indivisible et universelle de la sécurité s’exprime dans le principe de base selon lequel « la sécurité pour l’un est la sécurité pour tous ». Voulant bien montrer que ses propos n’étaient pas « anti-américains », mais seulement dirigés contre la faction au pouvoir à Washington, Poutine cita alors le président américain Franklin Roosevelt, au lendemain de l’invasion nazie de la Pologne : « A chaque fois que la paix est rompue quelque part dans le monde, la paix de tous les pays est menacée. »

Pour le Président russe, la fin de la guerre froide n’a pas donné naissance à un « monde unipolaire » et il s’oppose à toute tentative d’établir un tel modèle. « Bien sûr, il y a eu des périodes d’unipolarité dans l’histoire humaine et des tentatives d’instaurer un gouvernement mondial. (...) En fin de compte, cela ne signifie en pratique qu’une chose : un centre de pouvoir, un centre de force, un centre décisionnaire. C’est un monde avec un maître unique, un souverain unique. En fin de compte, c’est un désastre, non seulement pour tous ceux qui sont au sein de ce système, mais pour le souverain lui-même, car il se fait détruire de l’intérieur. » Vladimir Poutine a qualifié d’« impossible » et d’« inacceptable » le concept unipolaire, même si on tente aujourd’hui de l’imposer.

« Quel est le résultat ? », demanda le président russe. « Les actions unilatérales, et souvent illégitimes, n’ont pas résolu un seul problème. Elles ont généré de nouvelles tragédies humaines et des foyers de tension. Jugez vous-mêmes : le nombre de guerres, de conflits locaux et régionaux n’a pas diminué. (...) Aujourd’hui, nous constatons une utilisation démesurée de la force, pratiquement sans contrainte, dans les affaires internationales - une force militaire qui pousse le monde dans une succession de conflits. » Or les forces manquent pour aboutir à un règlement global de chacun d’eux par voie diplomatique. Les principes fondamentaux du droit international sont de plus en plus souvent bafoués. « De plus, pratiquement l’ensemble du système juridique d’un pays, avant tout, bien sûr, celui des Etats-Unis, a débordé ses frontières nationales dans tous les domaines : économie, politique, affaires humanitaires, et le droit est imposé à d’autres pays. Qui peut apprécier cela ? »

A juste titre, Poutine fit remarquer que le règne de la force incite de nombreux pays à vouloir se doter d’armes de destruction massive. Par conséquent, il faudrait repenser toute l’architecture de sécurité internationale. Quant à l’économie, il a noté qu’en termes de pouvoir d’achat, la Chine et l’Inde rivalisent avec les Etats-Unis, alors que le PIB combiné du Brésil, de la Russie, de l’Inde et de la Chine pèse plus lourd que celui de l’UE. Les nouveaux centres de croissance économique vont « inévitablement se traduire par une influence politique, renforçant la multipolarité ».

Provoquant la consternation de nombreux participants, le Président russe a abordé diverses questions militaires et sécuritaires, réaffirmant la volonté russe de respecter les accords sur la limitation des armements et la non-prolifération. Pour ce qui est de l’installation de systèmes anti-missiles américains en Europe centrale et le « stationnement de forces de l’OTAN à nos frontières », il s’y est fermement opposé. En matière nucléaire, il a réitéré la proposition russe de mettre en place des centres internationaux de traitement du combustible nucléaire pour les pays qui sont en passe de développer une industrie nucléaire.

Pour conclure, Vladimir Poutine a rappelé que « la Russie est un pays riche d’une histoire de plus de mille ans, qui a presque toujours joui du privilège d’une politique étrangère indépendante. Nous ne sommes pas prêts à changer cette tradition aujourd’hui. »

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La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

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a vu juste sur...

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Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

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