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Le système économico-financier s’effondrait déjà avant le 11 septembre

La rédaction

De nombreux responsables de banques, d’instituts de recherche économique et de médias financiers prétendent maintenant qu’un fanatique saoudien caché dans les montagnes afghanes « a déclenché une crise financière mondiale et une récession mondiale, voire une dépression ». Ils craignent que si les consommateurs américains perdent confiance dans les marchés, il s’ensuivra une récession américaine et mondiale, assortie de l’effondrement des marchés boursiers dans le monde entier.

En réalité, le processus de désintégration de l’économie américaine et du système financier mondial était déjà bien avancé avant l’attaque du 11 septembre, et s’est même accéléré de manière brutale en août et début septembre.

Entre avril 2000 et avril 2001, la capitalisation des actions détenues par les entreprises et les ménages privés américains est passée de 20 150 milliards de dollars à 14 880 milliards de dollars. Cette perte (-26,2 %) correspond à plus de la moitié du PIB américain. Mais pendant les deuxième et troisième trimestres 2001, la situation s’est encore considérablement aggravée. Au cours de la deuxième semaine d’août et de la première semaine de septembre combinées, l’indice Dow Jones a plongé de 817 points, soit 8 %.

Sur les marchés européens, août 2001 a marqué le pire mois depuis les orages financiers de l’automne 1998, lorsque le système mondial se trouvait au bord de l’effondrement. Certaines grandes sociétés comme Deutsche Telekom ou Bayer AG ont connu la plus forte chute boursière mensuelle de leur histoire. Les 600 sociétés composant l’indice Dow Jones Europe ont perdu 437 milliards d’euros et la capitalisation boursière des 30 sociétés allemandes formant l’indice DAX-30 a perdu 94,7 milliards d’euros durant ce même mois. Au cours de la première semaine de septembre, elle a encore baissé de 64,4 milliards d’euros puis, la semaine d’après, de 85,5 milliards d’euros supplémentaires. En tout, la capitalisation du DAX-30 a décliné depuis le 31 juillet de presque un tiers, passant de 824,9 milliards d’euros à 579,3 milliards, soit une baisse de 245,6 milliards. Les deux tiers de cette perte se sont produits avant le 11 septembre.

Certains nouveaux rapports sur l’économie américaine permettent de mieux prendre conscience de la désintégration en cours depuis presque une année. L’indice de confiance des consommateurs américains, publié par l’université du Michigan et reposant sur une enquête terminée avant le 11 septembre, a dégringolé de 91,5 en août à 83,6 en septembre, niveau le plus bas depuis mars 1993.

Entre-temps, le ministère américain du Travail a annoncé que le nombre de nouvelles demandes d’allocations chômage a augmenté de 431 000 durant la semaine qui s’est terminée le 8 septembre. Le nombre total d’Américains recevant des allocations chômage pendant la semaine précédant le 1er septembre a atteint 3,35 millions, chiffre le plus élevé depuis août 1992.

Selon un autre rapport gouvernemental, publié le 14 septembre, la production industrielle américaine a chuté en août pour le onzième mois consécutif. La production des usines, des mines et des centrales électriques a baissé de 0,8 % en août, beaucoup plus qu’au mois précédent (- 0,1 %) et bien au-delà de ce que les économistes avaient pronostiqué. La succession de déclins mensuels est la plus longue depuis 41 ans. L’utilisation du potentiel industriel est tombée à 76,2 % en août, niveau le plus bas depuis juillet 1983.

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